mercredi 21 mars 2018

Ton théorème préféré

Je lance actuellement un podcast mathématiques, «Ton théorème préféré» adaptation française libre du podcast «My favorite theorem». Voici une présentation à destination des invités. Merci de me contacter si vous voulez participer. Le temps que ça devrait prendre aux invités, serait, dans l'idéal, entre 20 minutes (le temps d'enregistrer) et une heure (si tu décides de te préparer, ce qui n'est pas obligatoire).

Le principe est simple: aller voir des gens qui aiment les maths et leur poser cette question: quel est ton théorème préféré ?

  • Donner son nom s'il en a un
  • Donner son énoncé (et introduire quelques notions autours)
  • Pourquoi c'est ton théorème préféré
  • (rarement) Une idée très rapide de la preuve si elle n'est pas trop complexe.
  • Pour partir un peu plus dans l'imaginaire, essayer de trouver comment ce théorème pourrait être une métaphore de notre société, de la vie, etc...

Le tout se faisant sur le ton de la discussion, ce qui me permettra d'obtenir des précisions, ou de reformuler histoire de voir si j'ai bien compris.

Puisque, par hypothèse, c'est ton théorème préféré, il y a des chances que tu connaisses déjà bien les trois premiers points, et peut-être même le quatrième (pour rappel, on parle d'une idée de preuve, pas d'une démonstration complète). Le but est réellement qu'il y ait peu de préparation en amont pour l'invité-e. Ce théorème peut être un théorème qui t'as donné envie de faire des mathématiques, un théorème que tu aimes particulièrement enseigner, un théorème que tu as prouvé toi-même, un théorème fondamentale de ton domaine de recherche... Voir ça peut ne pas être un théorème au sens strict (e^{ip}+1=0 est plus une équation qu'un théorème, mais serait acceptable. Puisqu'on peut prouver des algorithmes, un algorithme pourrait aussi être envisagé. )

Pour donner deux exemples tiré de la VO:

  • Si tu prends 4 points dans l'espaces, ABCD, et relie les milieux de AB BC CD et DB, tu obtiens un parallélograme. Via 4 applications de Thalès.
  • Il existe une borne supérieur explicite au nombre de mouvement à faire sur un nœud avec n croisements pour le transformer en unknot. (ici, aucune idée de preuve n'a été donnée, par contre, l'invité à expliqué ce qu'était un nœud mathématiques)

J'espère varier les niveaux, avoir des contenus accessible à des lycéens scientifiques, et d'autres contenus accessible aux gens ayant fait des mathématiques en étude supérieure. Donc, ne vous en faites pas si vous trouvez que le théorème est trop simple/basique. Ou au contraire si le théorème doit utiliser des notions d'algèbres/d'analyse de licence/prépa. Nous devrons donc décider avant l'enregistrement les notions qui sont supposées acquises, celles qui seront rapidement rappellé, et celles qu'on prendra le temps de bien introduire. Cette information sera communiqué au public via la description de l'épisode. Par exemple, si vous voulez aborder le théorème d'Euclide, on passera du temps sur les nombres premiers. Si vous voulez parlez de théorème plus poussé de théorie des nombres, on pourra supposer les nombres premiers connus pour se concentrer sur des notions plus compliquées

Toi

Par ailleurs, je présente l'invité, donc j'aurai besoin de savoir quel nom/pseudo tu veux donner, s'il y a des réseaux sociaux, podcasts, blogs, livres, dont tu t'occupes et que tu veux voir présenté (pas nécessairement relié aux mathématiques). Et ce que je peux dire de ton parcours mathématiques. (doctorant-e/docteur/doctoresse en mathématiques, informatique, physique..., ATER, prof de math au lycée, amateur sans qualification universitaire)

Techniques

Pour l'instant, c'est encore en phase de rodage, un pilote a déjà été tourné, mais je ne suis pas encore en mesure de garantir que toutes les prises seront exploitables. Je préfère prévenir en avance par transparance.

L'enregistrement se fait d'une des deux façons suivante:

  • De préfèrence: en face à face. Je m'occupe de la technique. Il me suffit d'avoir une table où je peux fixer un bras de micro, dans une pièce qui n'est pas très bruyante/qui n'ait pas énormément de reverberation, et je peux me déplacer enregistrer là où ça te conviendrait.
  • Sinon: via le web, mais uniquement si tu sais enregistrer un son de bonne qualité de ton côté. Je tiens fortement à éviter les grésillements typiques d'un certains nombre de podcast via skype.

N'hésite pas à me recontacter si tu as des questions, si tu veux plus de précision, si tu veux vérifier que ton idée collerait avec le podcast.

samedi 17 mars 2018

Penser à contre-attaquer

Deux fois en un an, j'ai été attaqué, de manière que je trouve particulièrement injuste. Par deux personnes avec qui j'avais passer un temps pas totalement négligeable auparavant. Une attaque par derrière, en disant du mal de moi[1] à pas mal de connaissance commune, et l'autre était une attaque physique.

J'ai eu deux fois des pensées similaires. Que j'apprécie pas forcément beaucoup. À défaut d'en tirer une conclusion, je me les note.

La première reflexion est de savoir si j'utilise les armes à ma dispositions pour contrattaquer. Je connais un secret de la première que quelques gens apprécieraient de connaître, histoire de l'ennuyer. Et je suis clairement plus fort que la seconde personne.

Ensuite, je réalise que, finalement, c'est quelque part une belle preuve de confiance de la part des attaquantes. C'est assez flatteur de se dire que j'ai une assez bonne image pour que ces gens sachent que je n'utiliserai pas d'attaque déloyale pour me venger. Je ne trahirai pas de secret, et n'utiliserai pas de force une fois que je n'ai plus besoin de me défendre. Image pas totalement fausse, parce que j'ai presque eu de la peine pour mon attaquante, en réalisant ce qu'elle risquerait si elle faisait la même chose à quelqu'un de violent.

Ensuite, je réalise que c'est probablement mon intérêt. Plusieurs de mes connaissances actuels prendrait très mal le fait que je trahisse un secret.Ou en tout cas se confierait moins à moi. Quant à attaquer quelqu'un, si mon imagination est bonne et que j'ai raison, c'est un coup à se prendre un procès. Et j'aurai du mal à prétendre la légitime défense quand je suis clairement plus costaud que la personne qui m'a attaqué.

Puis, quelque part, je me demande si cette confiance est bien placée. Après tout, dans l'idéal, ces idées n'auraient même pas du me traverser la tête. Enfin, je pense. J'ai du mal à savoir pourquoi je me dis que ça ne devrait pas me traverser la tête. Peut-être parce que si ça se répète trop souvent, je finirai par penser à me venger. Et ce n'est pas quelques chose que je veux me mettre à faire en craquant. Je crois que je suis gêné par ces idées surtout parce que je les trouve injuste: Je serai privilégié par rapport à des gens ne pouvant pas se défendre. Je trouve cette idée moche.

Enfin, je réalise surtout que, dans tous les cas, je n'ai pas besoin de contre attaquer parce que le risque est probablement ridiculement faible. Je n'ai plus de connaissance en commun avec la personne qui dit du mal de moi. Et puisque la majorité de nos connaissances en communs étaient des bénévoles de l'association où j'étais, le risque majeur que j'avais, dans le pire des cas, était de ne plus pouvoir être bénévole. Ce qui est quand même assez négligeable comme risque. Quant à la personne qui m'a attaqué physiquement, elle a dans les 70 ans, n'a jamais été très costaude. Je ne m'attend qu'à des attaques sous le coup de la colère, donc sans arme, et donc je ne pense pas que je risquerai plus que lors de sa première attaque. Ergo, contre-attaquer ne m'aurait rien apporté que je n'ai déjà, à part un mesquin plaisir de vengeance.


P.S.: À une personne hypothétique qui en conclurait qu'il n'y a aucun risque à m'attaquer: je promet pas de pas changer de réaction plus tard. Je ne fais que constater ce qui s'est passé cette année.

Note

[1] Sans que je sache précisément quoi exactement

mercredi 21 février 2018

Problème du Trolley, ce que vous devez faire si je suis sur la voie

TW: mort, suicide et meurtre. Problème du Trolley.

Un problème super classique d'éthique est le suivant: tu es devant une voie de chemin de fer. Un train arrive. Il va rouler sur 4 personnes qui sont attachés aux rails de la voie principale. Mais tu peux le faire changer de voie pour qu'il roule seulement sur le seul type attaché à la voie secondaire. Doit tu le faire changer de voie ?

Je pense que la manière la plus intéressante de poser cette question est: que choisis tu si tu es sur une des voie ? En particulier, si tu es sur la voie secondaire, celle vers laquelle le train ne se dirige pas encore. Dans mon cas, la réponse est simple, je souhaite que la personne au levier n'ait aucun doute sur le fait qu'elle doit détourner le train ! Parce que, n'ayant aucune autre information, je suppose que les 4 autres personnes sont aussi des copies de moi. Grosso modo. Pas des clones moi, mais indistinguable pour toutes questions pratiques. Autrement dit, je suppose que j'ai une chance sur 5 d'être seul, et 4 chances sur 5 d'être dans le groupe de 4. Et je préfère mourir avec 20% de chance, à cause d'une action d'un autre, que de mourir avec 80% de chances parce que personnes n'a voulu prendre de responsabilités.

Je sais que des gens auraient du mal à faire changer le train de voie. C'est pour ça que j'écris ce billet, que je dis publiquement mon opinion à ce sujet. Et surtout, c'est pour ça que j'aimerai qu'énormément de gens déclarent aussi partager cette opinion. Parce qu'alors, la personne qui se trouve effectivement en charge du changement de voie saura qu'elle peut effectuer ce changement la conscience tranquille. Et ne subira pas de conséquences négatives de la société pour son action. Ce qui, in fine, augmente ma chance de survie de 60 points !

Et si ça arrive ?

À noter que je ne dis rien de plus que ce qui est littéralement écrit dessus. Je me réserve pleinement le droit de l'incohérence, que le jour où je serai sur la voix seul, je plaiderai autant que possible pour dire de ne pas tourner le bouton, pour faire croire que les 4 autres personnes sont pire qu'Hitler, pour tenter de faire croire à celui qui va changer la voie qu'elle aura ma mort sur la conscience. Bref, une fois que je sais que c'est 100%, et non pas 20%, je soupçonne fortement que je tenterai de survivre. En particulier, si je suis sur la voie seul et que c'est moi qui peut détourner le train, je ne m'engage en aucun cas à appuyer sur le bouton.

Ou alors je réussirai à être cohérent. Dans la chaleur de mon appartement, là où le pire danger que je peux prévoir est que mon contrat de travail ne soit pas renouvelé l'an prochain, c'est impossible d'imaginer ce que je ferai vraiment. Je peux juste dire que j'espère réussir à être cohérent. Parce que donner ma mort sur la conscience à la personne qui a fait changer la voie, ça serait excessivement injuste et n'aurait aucune utilitée.

Paradoxalement, je ne vois qu'un seul vrai problème lié à la politique que je défend ici. S'il devait arriver que cette situation se répète suffisament souvent pour que ce choix ait une influence sur la survie d'une population entière, alors les populations altruistes finiraient par disparaître au profits des populations égoïstes. Je vais donc tenter de faire preuve d'optimisme, et, dans ce billet, rester dans l'hypothèse que le problème du trolley ne se pose que de façon exceptionnelle.

Préalable

Comme beaucoup de problèmes de ce genre, il me semble qu'un des souci principal est tout ce qui n'a pas été dit. Tout ce qui fait le problème en pratique, qui est ignoré dans le cadre tellement théorique qu'il est impossible.

Ainsi, si le super vilain à attendu de connaître l'opinion des gens, et qu'il a décidé de mettre, sur la voie principale, que des gens préférant qu'on ne change pas le train de voie. Et sur la voie secondaire quelqu'un préférant qu'on change le train de voie, alors je serai sur la voie secondaire, et m'écouter me tuerait alors que je survivrai si on écoutait la majorité. En écrivant la phrase précédente, je remarque qu'il y a un côté assez paradoxale. Mais ce qui m'intéresse à la base, c'est que sous cette hypothèse, on détruit l'hypothèse 20/80 %. Et c'est un peu ce qui me fait peur en écrivant ce billet, que ça serve d'argument pour sacrifier ce qui tiennent le même propos que moi, plutôt que d'en sacrifier d'autres. Dans un cas où je n'ai rien dit, puisqu'ici, l'hypothèse implicite «on est placé au hasard» ne tient plus.

Un autre préalable que j'ai ignoré est: qui sont les autres personnes attachées ? Si le train me tue, alors que les 4 autres sont pire qu'Hitler, ça m'ennuierait un peu. Enfin non, puisque je serai mort. Mais disons que, théoriquement, si on mettait Hitler et quelques autres tyransd en face, je préfèrerai quand même avoir la vie sauve. Je suis contre la peine de mort, sans exception, et plutôt pour le droit à un procès équitable, toujours sans exception. Mais ici, ce n'est pas la question qui m'intéresse. Dans ce cas là, j'ignore encore quel serait la réponse que je préfère. Je n'ai aucune envie que ma vie soit sacrifié pour sauver des tyrans. Mais je n'ai pas non plus envie d'être le genre de personne qui considère que sa vie vaut mieux que celle de 4 autres personnes, a fortiori que ça peut se décider en quelques secondes.

Le dernier préalable qui a été ignoré, c'est comment on en est arrivé là. C'est quand même pas anodin comme question. Surtout si on veut éviter que ça se reproduise. L'hypothèse d'un super vilain est assez fantaisiste. Par contre, il semble que des problèmes de ce genre arrivent, pour de vrai, dans des cas techniques où des décisions doivent être prises rapidement. La question peut alors se poser entre un piéton et une voiture remplie de passager. Ou bien 4 piétons et une voiture avec une seule personne. Ou bien des employé à un poste solitaire VS des employés à des postes où ils sont en groupes, etc...

Pour être encore plus cynique, 4 personnes ayant le pouvoir face à une personne n'en ayant pas. Alors ma demande d'action ne pousse pas ces 4 personnes à éviter la reproduction de l'incident, puisque chaque fois elles sont sauves. Et que chaque fois, une unique personne est tée, même si à long terme, ça aurait été moins mortel de les forcer à changer les conditions qui créent ce dilemne. Dans ce cas, encore une fois, je ne demande plus nécessairement que la personne effectue une action pour changer la voie.

Conclusion

Bref, tout ça pour dire, je prend un engagement très fort, pour des conditions tellement fortes que je n'envisage pas qu'elles se produissent. N'empêche, avant d'écrire un billet sur Atlas Shrugged (Spoiler alert), je sentais que je devais expliquer pourquoi je n'aurai pas prêté le serment “I swear, by my life and my love of it, that I will never live for the sake of another man, nor ask another man to live for mine.” Ou alors je l'aurai prêté de façon cynique, non par choix, mais parce que, même si ce serment me semble néfaste à long terme, il m'aurait permis une survie à court terme.

lundi 19 février 2018

Post-mortem de Trajectoires

Trajectoires s'est arrêté. Au moins temporairement. Au moins dans sa forme actuelle. Trajectoires est, ou était, «Le podcast de la culture mathématiques». Chaque émission dure autour de deux heures.

Ce n'est pas un manque de succès. Nous avions quelques milliers d'auditeurs par mois - je n'ai pas les chiffres exacte, puisque je n'ai pas accès à toutes les plateformes d'écoutes. C'est clairement bien plus que ce que nous pensions pouvoir atteindre en commençant. Une notoriété suffisante, au moins autour de moi, pour qu'il arrive qu'en sortant de scène[1], des spectateurs me disent qu'ils ont écoutés trajectoires. Ce qui est fort sympathique.

J'ai plusieurs fois songé à quitter Trajectoires. C'est donc un sentiment assez mitigé que j'ai en voyant qu'à la place, ce soit Trajectoires qui s'arrête.

Pourquoi je participe à Trajectoires

Plusieurs personnes m'ont demandé pourquoi je faisais ça, pourquoi je continuais.

La première raison concernant la forme est que ça me fait participer à un projet. Potentiellement intéressant comme ligne de CV, participé à de la vulgarisation touchant des milliers de gens, dans un projet ayant été aidé par l'IHP et l'institut Blaise Pascal, donc avec un minimum de reconnaissance. Et puis, comme quelqu'un disait récemment «La vulgarisation d'aujourd'hui ce sont les étudiants mais aussi les crédits de demain...».

La première raison concernant le fond, c'est que j'aimerai créer quelque chose qui, si je l'avais écouté étant ado, m'aurait conforté que faire des maths peut-être vraiment plaisant. N'ayant aucune statistiques sur nos auditeur/trice-s, j'ignore entièrement si ce but a pu être atteint ne serait-ce qu'un petit peu.

J'aime beaucoup entendre les gens penser. André Sauvé, humoriste, fait ça super bien. Je suivais aussi quelques blogs persos, où des gens tentaient de dérouler leur pensées tels quels venaient. C'est un style qui s'est un peu perdu, ou alors je ne sais plus le reconnaître. En tout cas, je trouve que, avec la discussion après chronique, on s'approchait de ça. Quand les chroniqueurs non-spécialistes reprenaient le spécialiste pour demander des précisions, pour tenter de donner leur intuition. Ça montre l'évolution de l'idée dans le/la mathématicien-ne qui la découvre et je trouve ça très joli.

Et puis, Trajectoires me poussait à me plonger à fond, une fois un thème choisi, dans des livres intéressant, mais que j'aurai probablement procrastiné. C'était particulièrement vrai dans l'émission sur les géométries non-standards, qui est un sujet que, comme beaucoup de monde, je connais mal.

Enfin, c'était marrant d'expérimenter. De tester la forme. Avec l'émission sur Pi, où l'on s'interdisait de parler de cercle. Ou encore l'émission de Noël où l'on donnait des résultats qui nous plaisent, juste pour eux.

Pourquoi je pensais arrêter

Théoriquement, nous deviens faire un débrieffing à la fin de chaque émission. Je pense que ceci a duré environ trois émissions. 2 heures d'enregistrement, plus une heure pour se mettre en place, régler les micros, discuter du déroulé une dernière fois... ça faisait déjà long, à la fin, on était tous crevé. Finalement, j'ai peu eu l'occasion de parler de ce qui me gênait, on prévoyait vaguement de débriefer après, en ligne. Et quand je posais des questions sur slack, ou avait des remarques, finalement, c'était assez souvent ignoré. C'est un fonctionnement qui n'est pas très plaisant, mais après tout, on est tous très occupé.

Bien sûr, je ne prétend pas savoir comment le podcast doit être. Par contre, j'apprécie de savoir pourquoi il est comme il est. Parfois, j'avais des échos d'amis qui ont écouté un épisode puis arrêté, et souvent je partageai leurs points de vues. Mais après tout, ce n'est pas étonnant que mes amis pensent de manière similaire à moi. J'ai beaucoup d'amis qui ont au moins une licence de maths, qui viennent de normal sup'... bref, qui n'est pas représentatif de grand monde. Et même si j'aurai aimé que l'émission leur plaise, perdre une part importante du public pour gagner des gens déjà passionné par les maths, ça n'aurait pas vraiment eu d'intérêt.

Pour prendre un unique exemple de chose qui me gênait un peu: les chroniques vagues. Fibre a réussi à trouver des chroniqueurs ayant des visions très différentes des mathématiques. Sur le principe je trouve ça cool, parce qu'il y a des gens qui disent des choses que je n'aurai jamais pensé à dire, quand bien même j'aurai connu leurs domaines des mathématiques. Ça montre des approches différentes, entre le pure théoricien, et ceux qui veulent atteindre un but. Le souci, c'est qu'après certaines chroniques, je n'avais absolument rien à dire. Je ne pouvais pas réagir. Parce que je n'avais pas l'impression d'avoir compris ou entendu quoi que ce soit de précis. Aussi bien pour les chroniques d'introduction que pour les chroniques difficiles.

Enfin, parce qu'on avait du mal à renouveler les gens. On a passé pas mal de temps à contacter des gens qu'on connaît pour leur proposer de nous rejoindre, juste pour une émission. On a plutôt été contacté des gens qu'au moins un des chroniqueur-se-s actuel connaît, je n'aurai pas su aborder un-e chercheur/se qui m'est inconnu-e. Mais peu de gens étaient intéressée, ils avaient peur que ça prenne trop de temps, il fallait venir à Paris, ou bien l'épisode qu'ils ont écouté pour se faire une idée leur a pas plu. De manière paradoxale, Denise a eu l'occasion de parler de son domaine, l'informatique quantique, alors que moi, je n'en ai jamais eu l'occasion. La majorité des autres chroniqueur-se n'avaient rien à dire sur l'informatique fondamentale, ni sur la logique.

Pourquoi on s'arrête

Nous nous arrêtons (au moins temporairement, et dans la forme actuelle) par décision de Fibre. C'est le présentateur, mais c'est surtout l'organisateur. Nous autres, chroniqueurs, écrivions nos chroniques, discutions à l'antenne. Mais il se chargeait de trouver le lieu, la date, de relancer les chroniqueurs, de faire le fil de fer. Et il est aussi le comptable de Qualiter, notre production. Il se chargeait aussi de décider, parmi nos idées, quel sera le sujet des émission classique. Et d'imaginer le thème et l’exécution des émissions exceptionnelle. Il se chargeait aussi de discuter avec les nouveaux chroniqueurs de l'émission. Bref, il faisait le plus gros du boulot. Il a ses raisons, qu'il communiquera ou non quand et comment bon lui semblera.

Quelque part, c'est assez triste, parce que je m'étais pas mal investi dans Trajectoires, me l'était approprié. Et je réalise après coup que c'était principalement une création de Fibre, sur lequel je n'étais qu'un intervenant, pas un décideur.

Pourquoi je ne reprend pas

J'ai indiqué précédemment tout ce que faisait Fibre. Tout cela fait qu'il serait très difficile de continuer sans Fibre. En premier lieu, ça serait difficile techniquement. Parce que j'ignore si on pourrait toujours avoir accès au matériel. Et même si j'imagine qu'on peut prétendre à y avoir accès, au moins pour ce qui a été obtenu[2] grâce à l'aide de la fondation Blaise Pascal pour la médiation en mathématiques et l'informatique, nous aurions toujours besoin d'être formé quant à l'utilisation de ce matériel.

Ça serait difficile de continuer avec la même équipe, parce qu'il faudrait qu'on prenne des décisions en groupe. Ce qui est loin d'être évident quand des gens mettent longtemps à répondre et qu'il faut les relancer. Un des talents de Fibre, c'est qu'il arrive à mener des projets à bien. Il nous a présenté un projet déjà monté, on avait plu qu'à écrire nos chroniques et venir. Je ne serai pas capable de faire ça pour l'instant. Et, si le passé est signe de quoi que ce soit, personne dans l'équipe n'est assez investi pour remplacer Fibre non plus.

Enfin, si je reprenais, je n'aurai pas envie de faire trajectoires comme on faisait avant juste sous prétexte qu'on faisait comme ça. Que c'est l'idée qu'en a eu Fibre Tigre, et que je suis par inertie. Comme je l'ai dit plus haut, j'avais pas mal d'insatisfaction, de questions restées sans réponses. Bref, si je reprenais, ça ne serait juste plus Trajectoires. Ça signifie que, outre les questions matériels, il faudrait imaginer un tout nouveau podcast. Ça peut être envisageable, mon expériences Trajectoires me donnerait d'ailleurs de la crédibilité pour lancer le projet. Mais je ne suis pas persuadé que c'est ce que j'ai envie de faire, alors que ça prend un temps assez énorme à préparer, et que je n'ai même pas de certitude quant à savoir si j'aurai encore un boulot en septembre. Ce qui, en terme de priorité, est quand même plus important à préparer.

Notes

[1] Je suppose que les gens qui font l'effort de chercher les podcast sont positivement corrélés aux gens prêt à faire l'effort de découvrir des artistes.

[2] Et encore, difficile de dire ce qui a été obtenu comment. Les fonds sont fongibles. J'ignore si la demande de subvention précisait explicitement ce qui serait acheté avec cet argent.

dimanche 18 février 2018

Tentative de compréhension d'une couverture de magasine télé

«Exclusif:
Franck Dubosc
"La comédie se porte bien en France"»

C'est ce que j'ai lu sur un magasine télé trouvé chez mes parents.

Je suis resté perplexe devant cette accroche. Plusieurs minutes. Je n'ai pas réussi à comprendre.

Pas concernant l'affirmation que la comédie se porte bien. Je sais qu'il est de bon ton de cracher sur le cinéma français, et la comédie en particulier. Je veux bien croire qu'elle se porte bien financièrement, en terme de place vendue, de nombre de film produit. Quant à la qualité, je veux éviter de juger sans avoir vu. Et j'ai pas spécialement envie d'aller voir.

Exclusif

Par contre, que peut bien signifier le mot «Exclusif» ici ? Ce qui est exclusif, c'est l'«information» "La Comédie se porte bien en France" ? J'espère bien que c'est pas une exclusivité. Ça voudrait dire que les gens étaient pas au courant. Ça serait très inquiétant pour le domaine de la comédie, si c'était quelque chose de totalement nouveau au point que c'est une exclusivité de dire qu'elle se porte bien. Pire, ils en seraient au point où ça va tellement mal qu'ils savent que les lecteurs d'un magasine télé savent que ça va mal, et qui faut leur dire que ça a changé.

Ou alors, ce qui est exclusif, c'est que Dubosc pense que la comédie va bien ? Dubosc n'est pas la personne la plus critique qui soit quand à son métier. Pour autant que je le connaisse, c'est un bon client des médias, pas contrariant, plutôt consensuel. J'espère bien qu'il pense que la comédie va bien. Ça fait des décennies qu'il gagne sa vie et sa notoriété avec ça ! Et quand bien même ça irait un peu moins bien en ce moment, je doute que ça soit lui qui tire le signal d'alarme quant à l'état de la comédie, ça ne collerait pas trop à son personnage.

Ou alors, ce qui est exclusif, c'est qu'ils aient une interview de Dubosc contenant la phrase "La comédie se porte bien en France". Mais dans ce cas, pourquoi nous dire que c'est une exclusivité ? Je veux dire, c'est un peu le principe des interviews qu'une personne donne à un journal en particulier. Le fait que le verbatim de l'interview soit exclusif à ce journal.

Conclusion

Comme m'a dit le membre de la famille à qui j'ai fait ces réflexion à haute voix, étant bloqué devant le journal télé: ça ne sert à rien de réflechir autant à ces trois lignes. En supposant que la couverture n'ait pas été créé par un générateur de texte aléatoire, je me demande encore ce qui est passé par la tête de la personne rédigeant ce morceau de couverture là.

dimanche 11 février 2018

Quitter un groupe, selon le réseau social utilisé

Parmi les quelques modes de communications que je connais, twitter a une particularité assez étranges. Il est particulièrement difficile de s'éloigner d'un groupe.

AFK

Le premier mode de communication est celui AFK. Avec des gens qu'on voit physiquement. À part mes grands-parents, il n'y a personne avec qui c'est le canal privilégié. C'est aussi celui qu'il est le plus jouissif de quitter. Ne jamais retourné au lycée - sauf pour voter, c'est cool.

Quitter un lieu qui a eu de l'importance pour moi, c'est un peu étrange. Souvent, ça me met un moment avant d'avoir envie de revenir devant l'adresse exacte où a eu lieu ce qui était important. Comme ça, pour voir si je croise quelqu'un par hasard. C'est assez libérateur quand ce sentiment disparait. Sauf que justement, s'il disparait, je ne réalise pas qu'il disparait. D'autant que, souvent, c'est parce que ce lieu devient attaché à autre chose. Par exemple, j'ai eu une petite peine de cœur à Chatelet. À une époque où je sortais peu. Depuis que j'ai fait mes études au centre de Paris, forcément, chatelêt à été détaché de tout attachement émotionnel, c'est juste devenu un point quotidien.

Le seul problème de l'AFK, c'est que parfois, on croise effectivement des gens par hasard. Ainsi, j'ai été prendre un déjeuner dans un commerce aléatoire qui servait un plat végétarien. Puis je découvre que j'avais connu, autre fois, la personne qui me sert. Qu'il fait parti d'un groupe que j'avais laissé derrière moi. Poli, il demande comment je vas, mais s'excuse de pas avoir le temps de discuter, puisqu'il y a beaucoup de clients. Ce qui me fait bizarre, vu que je venais pour me substanter, et pas spécialement pour parler. Donc il s'excuse d'un truc que je cherchais même pas à la base. Il avait mon numéro de téléphone, s'il avait un truc qu'il devait me dire, il pouvait toujours au pire. À la limite, j'ai bien songé à partir, si ça avait simplifié les choses. Sauf que ça aurait été étrange aussi d'entrer, puis partir sans rien prendre.

Bref, le problème de l'AFK, c'est que, dans les situations non voulues, c'est encore plus difficile de s'ignorer.

Discussions

Les premiers modes de communications en ligne auxquels je peux penser sont MSN, AIM, Skype. C'est majoritairement des conversations privés, donc j'ignorerai ce cas ici, puisque je parlais de groupe.

Ensuite, il y a les chats, que ça soit IRC, slacks, ou des conversations groupées. Et les mailings listes. Là, il y a rarement des traces, et même si quelqu'un conserve les logs, c'est pas en ligne. Dans les deux exemples ci-dessous, si je m'en vais, je quitte un groupe, et hop. Ou alors une personne décide de venir me contacter en privée pour une raison précise. En tout cas, ce groupe ne me revient pas par hasard dessus.

Forum

Concernant les conversations publics, il y a les forums. La majorité de ceux que j'ai connus ont fermés. Et en tout cas, si je quittais un forum, j'en rentendai rarement parlé. Ou alors d'un membre, à la limite, que je recroisai ailleurs, s'il avait pas changé de pseudo.

Facebook

Facebook est différent. Ici, les amitiés sont de pairs à pairs mais les conversations sont groupée. Chaque membre de différents groupes que je fréquente, je peux choisir de les ajouter ou retirer séparémment. Mais les gens peuvent se répondre les uns-les autres. Régulièrement, je fais la liste des «amis» facebook et j'en retire un paquet. Il y a eu les gens qui m'ont rajoutés à cause d'ONDAR. Il y a eu les intervenants en milieu scolaire, que je retire dès qu'ils arrêtent d'intervenir. Il y a des humoristes que j'apprécie moyennement ou peu, croisé sur des scènes ouvertes, certains devenus célèbres depuis. Ensuite, il y a eu les gens du café poly. Il y a eu les créateurs de sagas mp3, que j'avais ajouté en masse. J'aurai bien retiré les camarades de lycées, mais je les ai jamais rajouté de base. Bien sûr, dans chaque cas, il y a des exceptions, j'ai gardé quelques gens que j'apprécie vraiment parmi les intervenants, des gens qui m'ont connu à ondar et avec qui j'ai eu des discussions intéressantes. Des gens du café poly qui appartiennent à un milieu dont je n'ai pas cherché à me séparer. Dans tous les cas, facebook ne me rapporte plus de nouvelles de ces gens, ne me proposent pas de les rajouter de nouveau comme ami. Bref, la séparation a effectivement lieu.

Ça a un côté étrange, puisque c'est le seul endroit où partir est effectivement une action. Alors qu'un lieu, on arrête simplement d'y revenir. Une personne, on ne lui envoie plus de texto. Donc pour certaines personnes, j'ai en tête ce que arrêter une intéraction signifie. Par exemple, j'avais donnés mes cheveux longs à quelqu'un pour qu'elle s'en serve comme accessoire. Je ne verrai peut-être jamais ce que mes cheveux sont devenus, ou même si elle a réussi à les utiliser. Mais ça vaut pas forcément le coup de rester dans un milieu pour lequel j'ai perdu mon intérêt juste pour ça.

Un côté paradoxale, quand je retire des gens, c'est qu'il est parfois plus simple de retirer de sa liste d'«ami» les gens que je connais. Il y a des gens, je ne sais plus qui ils sont, donc ça me prend du temps de relire les conversation, regarder le profil, pour essayer de deviner. C'est le cas, en particulier, d'amis qui ont acquis une notoriété, et qui ont passé leurs profils en privée afin de ne pas être ajouté par tous leurs fans. C'est aussi le cas d'ami-e-s qui out changés de prénom depuis que je les ai connus. Ou qui ont quitté leurs pseudo pour mettre leurs noms.

Twitter

La différence de twitter, par rapport au reste, c'est l'asymétrie. Ainsi, il arrive que des gens que je ne suis plus me suivent. Je ne bloque pas des gens quand j'arrête de les suivre, il serait paradoxale que n'importe qui puisse lire ce que j'écris sauf des gens que je connais. À la limite, je trouve même intéressant de me dire en toute connaissance de cause que ce que j'écris, je dois être prêt à ce que parent et/ou directeur de post-doc le voit s'ils décidaient de venir lire twitter/le blog. Je ne masque même pas les gens dont je m'éloigne. Après tout si cette personne souhaite me contacter, je ne veux pas l'en empêcher[1]. Et si la personne pense m'envoyer un message et ignore qu'elle est masquée, ça me semble assez ennuyeux. Puisque la personne pensera m'avoir contacté, ignorant que ce n'est pas le cas. Donc je trouve que ça serait presque mentir de faire ça. Or je pars indiférrent, mais pas faché.

L'asymétrie donc je parle plus haut à une conséquence qui m'étonne un peu. C'est que je revois régulièrement des milieu dont je me suis éloignés. Parce que ces personnes likent, ou plus rarement répondent et/ou retweetent.

Et puis, il y a des gens que je suis parce que j'apprécie leurs tweets sur la science, mais qui, en plus d'être scientifiques, sont aussi engagés dans des questions qui m'avaient intéressé autrefois. Donc qui partagent les tweets de gens que j'ai arrêté de suivre, que je retrouve donc dans mon flux twitter par des biais détournés.

Note

[1] En effet, je souhaite juste m'éloigner, pas ignorer. Ce n'est pas parce que je n'ai pas envie de moins intéragir avec quelqu'un que je serai contre le fait que la personne me rende les livre que je lui ai prêté. Je suis, aujourd'hui, incapable de compter le nombre de gens qui doivent me rendre un livre. Je peux au moins dire que je possède des livres dans au moins 5 villes différentes. Je pense aussi à une fois où quelqu'un m'a demandé si j'ai des nouvelles d'une tierce personne qui a disparu depuis des jours.

mardi 30 janvier 2018

Hundred's of deck in Anki: why it can be useful


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vendredi 26 janvier 2018

Souvenirs marquant en guise de conclusion des IMS

Mes années à faire des intervenions en milieu scolaire(IMS) contre l'homophobie, la biphobie et la transphobie et le sexisme sont finies. Voici, dans le désordre le plus complet des événement aléatoires qui m'ont le plus marqués. Les seuls fois où je suis remonté en arrière dans ce billet - c'est pour refaire ce paragraphe d'introduction, et pour compléter des anecdotes. Le reste est juste un cheminement de pensée aléatoire. Sans surprise, il y a surtout des événements de ces dernières années. J'ai très peu de souvenir du début, et je ne prenait pas de notes.

En premier lieu, histoire de l'évacuer: le moment où l'on m'a reproché de trop parler et ne pas assez laissé l'autre intervenant-e parler (on intervient à deux par défaut). Enfin, plutôt, le fait qu'on me l'ait signalé peu de temps après que je me sois fait, seul, une journée de quatre foix deux heures d'IMS. Où le lycée s'était plaind de moi - pour des raisons que je trouve parfaitement injuste, et pour lesquels je ne peux bien sûr apporter aucune preuve pour me défendre puisque j'étais seul. Et que au moment où notre responsable me répète cette longue liste d'accusation par email, il rajoute: «tu ne fais que je ne fasse pas d'effort pour laisser plus la parole. Il y au moins cinq personnes qui se sont plein que tu les empêches de parler». Alors que PERSONNE ne m'avait jamais prévenu directement qu'il y avait un problème de ce côté là, et que notre responsable a donc attendu des mois avant de m'en faire part ! Et m'en a fait par dans un long email, sans jamais avoir trouvé le temps pour qu'on en parle face à face malgré plusieurs promesses de prendre un rendez-vous. Des co-intervenant-e-s m'ont précisé après que ça allait mieux, que je faisais enfin un effort. Ce qui est pas moins énervant, puisque c'est assez moche de me reprocher de pas faire un effort sur un problème dont personne ne m'avait parlé ! Je précise que le responsable à changé, à ma connaissance il n'est plus actif au mag, donc le reproche que je fais ne présage en rien de ce que vous trouverez si vous décidez d'aller faire du bénévolat aujourd'hui.

Un truc dont je suis fier, c'est d'avoir introduit la coutume, après avoir parlé de certains sujet (par exemple, les intersexes), de demander aux élèves pourquoi on leur a parlé de ce sujet. J'espère que ça les pousse à réfléchir activement. Et surtout que ça leur faire voir pourquoi la question peut les concerner. Je suis surtout fier d'avoir vu d'autres intervenant-e-s reprendre cette méthode, copié sur des intervenant-e-s qui l'avaient copié sur moi.

Il y a bien sûr les trois élèves qui m'ont expliqué qu'il serait normal de me tuer. Parce que j'ai été avec un homme. Et le fait qu'à la troisième fois, je n'étais même plus choqué.

Il y a ce lycée professionnel, qui demandait le jeudi aux élèves de porter une tenue professionnel, avec des critères très précis, distinct pour les hommes et les femmes. Je me sentais assez mal d'y parler sexisme alors qu'on a une règle disant de pas s'opposer aux lycée pour ne pas lui donner de raison de ne pas nous faire revenir. Dans ce lycée, le surveillant discutait autant que les élèves, ce qui le rendait plus pénible qu'autre chose. Je me souviens aussi avoir été impressionné par ma/mon co-intervant-e, qui faisait ça sa première intervention. Iel était animateur de colonie de vacance, iel m'avait expliqué que ça aide.

Il y a cette étudiante de science po, qui nous a observé. Qui faisait par de son choc lié au fait que l'on semble parfois prendre le côté des homophobes. Ce que je revendique ! J'ai toujours préféré le «oui, mais...» au «non.». Il me semble que l'exemple qui l'avait choqué ce jour là était «On ne dit pas que refuser le mariage pour tous est homophobe.» Malgré qu'on ait complété par un «On dit que ça a tel et tel conséquence sur les couples, leurs enfants, qui sont déjà là, etc...». On dit ça afin de ne pas braquer en qualifiant les enfants, et potentiellement leurs entourage, d'«homophobe». Je me souviens d'elle surtout parce qu'elle devait faire sa première intervention avec moi, et m'a fait faux bon. J'ai appris par le responsable qu'elle était vexé que, en lui répondant par texto, je n'ai pas commencé mon texto par un «bonjour». Elle m'avait dit «bonjour» avant de me demander où on se retrouve, et moi j'ai du répondre un truc comme «directement au lycée». J'espère que ce n'est pas la seule raison qui a fait que, finalement, elle n'est jamais intervenue.

En terme d'intervenant-e, je ne peux pas ne pas évoquer une des rare intervenant-e-s hétéro, qui est resté avec nous un petit moment. Super douée, c'était toujours un grand bonheur d'intervenir avec elle. Elle doit être une des rares personne que je n'ai pas viré de mes amis facebook après avoir fini les IMS. Même si, depuis des années, elle doit me rendre un livre que je lui ai prêté, ce qui est quand même pas cool. L’événement le plus étrange avec elle s'est déroulé non pas durant une intervention, mais dans un transilien en revenant vers Paris. Je lui demandais des conseils de livres pour s'initier au féminisme. Elle m'a conseillé «l'Ennemie principale». Et une bonne partie de la discussion tourne autour de sujet lié au féminisme. En cours de chemin, notre voisine - à laquelle je n'avais prêté aucune attention - se lève pour partir, et nous remercie pour la discussion, bien plus intéressante que ce qu'elle entend d'habitude dans ce train, souvent autour du foot.

La dernière chose marquante qu'un intervenant à dit qui m'a marqué, c'est «c'est intéressant d'intervenir avec toi.». Ça me marque, parce que je réalise que c'est typiquement ce que je pourrai dire à quelqu'un que je veux pas vexer, à qui je veux pas mentir. Je compléterai alors intérieurement par «comme ça, je vois quel fautes je ne dois pas commettre».

En terme d'établissement, il n'y en a pas beaucoup qui m'ont marqués. Cependant, je dois forcément faire référence au lycée Rosa Parks de Mongeron. Je crois qu'on m'avait expliqué que c'était le second lycée de France, premier d'Île de France. Plus d'une trentaine de classe de seconde. On les voyait toutes tous les ans. Donc on y allait pendant 3 semaines, à raison de 3 classes par jour. Et ce lycée est bien plus élevé que la gare, et le bus pas totalement régulier. Puisque en plus il fallait arriver à 8h30, en banlieue parisienne, loin du RER, ça donnait des journées assez épuisantes ! Heureusement, le personnel était très aimable.

J'ai toujours une appréciation pour les profs qui demandent la permission de venir assister, alors que ce n'est pas leur classes. Qui expliquent qu'ils viennent parce que des collègues leur ont dit du bien de nos IMS. Donc ils voulaient voir ce que c'est.

Parfois, les profs nous disent après nous avoir vu qu'ils étaient étonné. Ils auraient pensé que leurs classes serait pire. Qu'on a eu des élèves plus discipliné que ce qu'ils sont en cours. Quand un prof nous dit ça, c'est presque toujours ce qui, pour nous, constitue les pires classes. Si les profs disent la vérité, j'ignore comment ils peuvent exercer leur profession.

Malheureusement, je me souviens aussi de quelques profs homophobes, qui nous ont fait savoir que si ça ne tenait qu'à eux, on serait pas là. La palme étant à la prof qui nous a interrompu plusieurs fois, et nous a fait croire que c'était la fin une demi heure avant la fin réelle. On n'a compris le souci qu'au moment où un élève nous a demandé qui était cette dame. Car l'établissement avait fait attention à ce que cette prof - qui mettait des tracs de la manif contre tous dans la salle des profs - ne soit jamais chargé de surveillé la classe quand on intervient. Mais elle s'est incrustée. C'est le même endroit où, quand un élève à dit, sur un ton provocateur, comme pour nous montrer qu'on est ridicule «s'il y a le mariage pour tous, pourquoi pas la polygamie.» la CPE a répliqué «c'est illégal» «mais on peut en discuter» «si tu veux ça, retourne dans ton pays.» C'est aussi le lycée où un élève m'a dit que ça se voit que je suis gay, car j'avais des chaussures de villes. On a donc tenté de lui dire que, selon le travail, il aurait peut-être aussi l'obligation d'en porter - après tout il faisait un lycée professionnel lié au commerce. Il a dit qu'il s'en ficherait et qu'il obéirait pas au patron. Je lui souhaite bonne chance. Enfin, c'est aussi le lycée où j'ai du faire un aller retour chez moi en urgence. Parce que j'avais un invité que j'avais laissé dormir dans mon lit, et que j'avais enfermé par erreur, en fermant à clef par habitude.

En terme d'élève, j'ai forcément une pensée pour tous les élèves non cis-hétéro. Enfin, pour ceux qui nous l'ont dit, bien sûr. J'ai déjà écrit sur deux cas m'ayant mis mal à l'aise. Je pense aussi à un élève qui draguait lourdement ses camarades de classes. Quand quelqu'un le lui a reproché, ce premier élève a dit que c'était de l'homophobie. Et quand le second élève nous a demandé pourquoi c'était homophobe de reprocher au premier de draguer lourdement, j'ai bien du répondre que ce n'était pas homophobe. Je suis pas fan d'enfoncer un élève homo, mais si ce qu'on nous a rapporté est vrai, c'était effectivement aussi déplacé que si un hétéro l'avait fait.

Je pense aussi à quelques - rares - profs et infirmières qui nous avaient demandé conseil sur ce qu'il/elle-s pouvaient faire pour aider des jeunes élèves trans. Ce à quoi on a malheureusement peu de réponse. Dans un cas, ce que le lycée a été, c'était de dire aux professeurs que - en dehors du rapport trimestriel officiel - ils pouvaient s'adresser à l'élève comme ils le souhaitaient, et il parait que tous avait respecté la volonté de l'élève. Dans un autre cas, l'établissement à dit que c'était impossible de faire quoi que ce soit à cause d'un risque de contrôle de l'inspection académique. J'étais très triste pour l'élève qui nous avait rapporté ça. Je partageai l'opinion de ce garçon trans, c'est très hypocrite de la part de l'établissement de nous faire venir pour lutter contre les LGBTphobies chez les élèves si eux mêmes ne font rien !

Ce dernier établissement, je me demande très fortement si j'aurai accepté d'y retourner. Ils organisent une unique IMS, avec uniquement les élèves qui veulent être présent. C'est pas le fonctionnement habituel, mais laissé aux élèves la liberté de venir ou non a du sens. Par contre, on a découvert sur place que certains avaient court la première heure ou la seconde heure. Donc en gros, on a eu environ 150 élèves, dont seul une trentaine sont resté sur l'ensemble du temps. Ça avait peu de sens. Mais puisque ça semble avoir fait bien plaisir à quelques élèves LGBT+ de nous entendre, je suppose que ça valait le coup.

Dans les grandes classes, j'ai un énorme souvenir pour cet établissement, où on venait deux semaines, et un-e prof s'était trompé, avait dit à sa classe de venir une semaine trop tôt. Puisqu'il est impossible de dire à des élèves qui arrivent à 8h30 du matin qu'on s'est trompé et qu'il faut revenir la semaine d'après, on a pris les deux groupes à la foi. Ce qui serait déjà dur, mais en plus, on avait une journaliste radio qui nous suivait pour voir comment sont les IMS et enregistrer un peu. Avec un unique micro qu'elle porte sur elle. Ouille

Dans le sens inverse, certains élèves n'avaient pas été prévenu qu'on venait. Ils avaient habituellement cours en demi groupe, donc une semaine sur deux, la moitié de la classe venait à 9h30. Les élèves arrivé à 9h30 ont donc demandé s'ils pouvaient avoir leurs qu'ils ont raté durant la pause déjeuner. Ça fait vraiment plaisir de voir qu'on arrive à intéresser assez pour qu'ils aient cette demande. La prof a accepté, sauf qu'elle a oublié qu'on était deux et a acheté un unique sandwich pour nous.

Dans les gens peu sympathique, j'ai souvenir d'une concierge qui nous a sévèrement engueulé car on n'était pas venu à la loge donné nos cartes en échange d'un badge. Elle nous explique qu'il faut prendre un badge dans tous les établissement à cause de vigipirate. Donc qu'on aurait du savoir ! Sauf qui c'est faux, on bouge dans bien plus d'établissement qu'elle. On doit parfois montrer une carte d'identité, ou s'inscrire sur un registre. Mais c'est le seul lycée où on avait un badge. Elle était tellement désagréable qu'à la sortie, ma co-intervenante a préféré me demander d'aller chercher sa carte d'identité plutôt que d'aller la récupérer moi même. Ce qui n'a pas l'air de rien. Mais signifie quand même qu'elle préférait que j'apprenne son deadname (nom de naissance) plutôt que de faire affaire à cette concierge. Il y a d'ailleurs un truc qui est très marrant. J'ai eu plusieurs retours comme quoi cette intervenante disait du mal de moi - et de tout un tas de gens d'ailleurs. Une connaissance commune m'a dit, plusieurs mois plus tard, ce que cette intervenante me reprochait précisément. Reproches je trouve très injuste. Je trouve ça assez admirable par contre que cette co-intervenante ait assez confiance en moi pour dire du mal de moi en sachant que je révèlerai pas son dead name... même si, d'un autre côté, tous les gens qui nous connaissent tous les deux me pardonneraient probablement pas si je me retrouvai à faire ça. Donc peut-être qu'elle a uniquement confiance en nos connaissance communes. À noter que, quand j'ai envoyé un email à cette intervante pour m'excuser et demander des détails - au moins pour ne plus commetre la gaffe avec d'autres - elle s'est excusée, disant qu'elle était énervée mais que ce qu'elle avait dit était très exagéré. Vu le milieu militant, et la réputation de cette intervenante, c'était très innatendu. Mais finalement, je ne sais toujours pas ce qu'on me reproche précisément.

Pour revenir aux élèves LGBT, j'ai souvenir d'une élève demandant si elle pouvait être non-binaire même si elle avait un vagin. Je me demande si elle confondait pas non binaire et intersexe. Ma co-intervenante pensaint qu'on lui avait fait se poser des questions sur son genre. On ne saura jamais. Parlant d'intersexe de manière anatomique, un élève nous avait demandé si les bébés intersexe pouvaient naitre avec des seins. Ce qui m'a un peu inquiété sur son éducation quant à la reproduction.

Parlant de reproduction, un élève de 5ème avait demandé comment on fait des bébés. Et un autre avait employé le mot zizi. Après quoi on a conclu qu'on n'avait pas d'outil adapté aux 5èmes et on en a pas refait. Il faut dire aussi que c'était juste après Charlie Hebdo, et que quelqu'un avait marqué sur un tableau «une bombe explosera à 14H20». Ce qui a bien sûr annulé les interventions de l'après midi. Je n'avais jamais vu un tel déploiement policier d'ailleurs.

Une question qui vient parfois, c'est «comment draguer quand on est homo. Comment savoir qui est homo pour pouvoir être en couple.» Dans une classe, deux élèves avaient posé cette question là par écrit, de manière anonyme. J'ignore toujours quelle est la bonne réponse que j'aurai du apporter, puisque je peux pas juste leur dire de façon certaine «dites à tout le monde que vous êtes homo» - c'est parfois risqué - et que pourtant je suppose que ça aurait été intéressant que ces deux lycéens soient au courant l'un pour l'autre.

Dans la même salle, il y a eu une élève qui était resté là, mais a 90° de nous, refusant de nous regarder. On a fait avec. Mais là où ça devenait ridicule, c'était qu'elle a voulu participer et lever la main. Mais quand on l’interrogeait elle ne nous répondait pas. En effet elle ignorait quand c'était elle à qui on donnait la parole. Sinon, on a eu quelques élèves parti durant l'IMS, pour des prétextes plus ou moins bidons. Et un bon nombre qui sont pas venus, le prof nous disant qu'ils pensent que c'est à cause de l'IMS qu'ils ont séchés. Cela a d'ailleurs parfois été un mouvement de masse, les «Journées de retrait de l'école», durant la période de débat du mariage pour tous. De même, à ce moment là, les élèves refusaient souvent de croire qu'on ne venait pas là qu'à cause du débat, mais qu'on faisait ça depuis plus d'une décennie. À leur décharge, chaque année, il y a de nouveaux établissement faisant appel à nous. Il est possible que certains y aient effectivement pensé à cause de ce débat là.

Toujours dans la même salle - j'y ai passé des dizaines et des dizaines d'heures - je me souviens de l'unique élève avec qui je pense que j'aurai aimé gardé contact. Je pense avoir peu de risque de me tromper en le supposant neuroatypique. Des réponses très longues, trop parfois, mais toujours bien construites et argumenté. On devait hélas le couper, car ses raisonnement allaient trop vite pour que je sois certains que tout le monde le suive, surtout sans être famillié avec les concepts qu'il manipulait. C'est une des très rare fois où un élève m'a apporté une idée pertinente que j'avais jamais vu en IMS. On parlait de sexisme en jeu vidéo. Que c'est très souvent un héros, et une femme à libéré: Zelda, Peach... et que les héroines sont rare, à part Lara Croft et Métroid, on ne compte pas grand monde de célèbre. Ce à quoi il m'a fait remarqué qu'il fallait aussi avoir des hommes prisonnier à délivré si on veut l'égalité. Je ne dis pas que cette idée est révolutionnaire. Après coup, elle est même plutôt évidente. Mais sur le moment, je n'y avais pas pensé - et je n'avais pas réalisé que Dixie Kong allait sauver Donkey Kong deux fois. Et j'ai donc réalisé que j'avais un gros biais dans ma perception, puisque je n'avais même pas imaginé un homme prisonnier à aller secourir.

Il y a aussi deux élèves avec qui je pourrai théoriquement rester en contact. Car je connais leur compte twitter. Dans un cas, l'élève me connaissait, et m'a dit que j'étais plus beau en vrai que sur ma photo de profil. J'ignore totalement ce que je peux faire de cette information.

Un jour, un élève m'avait demandé quel garçon je trouvai beau dans la salle. j'ai répondu que j'avais presque deux fois leur age. Ils m'ont alors demandé ce que je pensais du prof. Je crois me souvenir qu'il était assez mignon, mais je l'ai pas dit.

Dans un style de réflexion poussé assez différent. Un élève déclarait que la zoophilie ne pouvait pas être interdite, puisque la chèvre ne peut pas se plaindre. Jusque là, la réflexion est assez classique, et la réponse aussi: ce n'est pas parce que tu ne te fais pas chopper quand tu voles à l'étalage que ça devient légale. Ce qui était inattendu, c'était la suite: «de toute façon, tu peux tuer la chèvre et la manger.» Pendant une seconde, j'ai failli demandé s'il voulait vraiment manger un animal dans lequel il venait de jouir. Mais une seconde, ça a suffit pour réalisé que je ne voulais PAS la réponse ! Et probablement personne non plus.

Il y a des choses que j'ai appris en enseignant. En particulier: la raison d'être des lieux de sociabilisation gays. C'était pour moi aussi un mystère. J'ai eu de longues discussion sur le forum de l'école normale supérieur, à tenté de comprendre pourquoi certains tiendrait à avoir des amis gays. Après tout, sauf si je compte coucher avec eux, je me fiche de leur orientation sexuelle. Il a fallu que je me mette à l'expliquer, à tenter de donner le point de vue de quelqu'un fréquentant ces lieux, pour que je me mette enfin à comprendre que j'ai l'immense privilège d'être dans un milieu absolument pas homophobe, ce qui rend ces lieux gay bien moins indispensable pour moi.

Une autre discussions autour des IMS, avec une femme trans, m'a marqué. Elle m'avait traité de transphobe parce que je dis que je parle aux élèves de non-binarité. C'était comme si un vulgarisateur médicale parlait d'homéopathie, selon elle. Je crois que l'autre problème pour elle était que je distinguai les notions de genre et de sexe biologique. J'ai déjà longuement discouru de la question sur le blog, et c'est un sujet qui, pour moi, n'est toujours pas résolu.

Un jour, alors que je parlais d'un-e ami-e gender fluid, j'expliquais que soit j'écoutais comment iel se genre, soit je lui demandais ce qu'iel préférait quand on se revoyait. Un élève m'a demandé comment je faisait pour parler de mon ami-e alors que je ne sais pas quel genre utiliser en ce moment. La question est extrémement pertinente, je l'ai dit à l'élève d'ailleurs. Cela montre que l'élève avait vraiment saisi de quoi on parlait. Je pense qu'on aurait été incapable d'expliquer à l'élève à quel point ça peut faire plaisir que quelqu'un pose cette question, et ait une réelle action pour ne traiter correctement une personne non-binaire !

Dans les autres questions dont les élèves ne réalisent pas forcément la pertinence: les toilettes publiques. C'est pas spécialement captivant comme question. Mais c'est intéressant que des élèves réflechissent sufisament aux conséquences de ce qu'on leur dit pour réaliser par eux même que choisir dans quel toilettes public aller peut être une réelle difficulté pour les personnes trans.

Un matin, un élève a demandé à moi et à l'autre intervenants depuis combien de temps on était ensemble. On s'était rencontré une heure au paravant. Mais j'étais plutôt flatté, mon co-intervenant était très beau. Cependant, je ne l'ai pas dit. Une élève a demandé à une intervenante qui ne voulait pas d'enfant ce qu'elle ferait si elle tombait enceinte. Elle n'a pas voulu répondre. Un autre à demandé à une intervenante bie comment elle faisait pour savoir si quelqu'un était bi avant de la draguer. Un autre élève à une autre intervenante bie a demandé si elle était toujours vierge. Bien entendu, elle n'a pas répondu à cette question par trop personnelle. J'aurai adoré répondre, il y a des trucs très intéressant à dire sur le concept de virginité. Malheureusement, déjà que je parle trop, je pense que ça serait très mal venu ici. Même si j'étais bien plus expérimenté qu'elle en matière d'IMS.

La dernière année, j'ai eu plusieurs fois des gens me parlant de polygamie. J'ai donc fait la différence entre polygamie: plusieurs mariage, qui est illégal, et le polyamour pratique d'avoir plusieurs amoureux. J'ai l'impression que j'aurai pu commencer à parler de polyamour, puisqu'ils amenaient le sujet. Je n'ai jamais osé. Ils faut dire qu'ils avaient peu de question, et je n'avais pas grand chose à dire de plus que la définition. Dire que si on considère que «tromper» signifie juste «ne pas respecter ses engagements» alors si tout le monde est d'accord, ce n'est même pas de la tromperie. Et dans tous les cas, polyamour ou tromperie, ce n'est pas spécifiquement lié à une orientation sexuelle particulière. Je suppose que j'aurai eu plus de questions si je disais que je suis poly, mais j'ai déjà expliqué ici pourquoi ça me semble être un risque trop important pour que je le prenne. Au moins un autre intervenant à songé à parler de polyamour. Puis je lui ai passé ce billet à lire. Et il a été convaincu que c'était une mauvaise idée. Je regrette beaucoup, j'aurai bien aimé qu'il m'explique pourquoi j'ai tort et qu'on finisse avec une approche non risqué pour abordé cette question.

De même, quand je parle à des potes poly des IMS, beaucoup m'ont dit que c'est pas grave si on parle pas des poly, on s'attaque déjà aux LGBTphobie, les poly viendront après. En pratique, c'est ce que je fais. Mais je déteste l'idée de prioritiser, donc je déteste que des gens soient d'accord avec moi.

Encore des anecdotes d'élèves homo. Une fille est venu nous voir après une intervention en nous disant «je suis lesbienne, mais ne le répéter pas.» Je me demande encore à qui on l'aurait répété, on ne revient jamais dans une classe. Mais je comprend sa peur. La majorité de la classe était très homophobe. Au point que j'ai fini l'intervention seule, ma co-intervenante craignait de se mettre à pleurer. En particulier, une élève était limite en pleure, car on tentait de convertir ses camarades de classes à l'homosexualité. On lui a dit qu'on ne savait pas faire ça. Lui demandant si elle pensait réellement qu'en lui parlant deux heures, on la ferait aimer les filles. Elle dit que non, mais d'autres élèves sont plus influençable. Visiblement, c'était ce que ses parents lui avaient dit, puisqu'elle nous a accusé de traiter ses parents de menteurs.

D'autres élèves viennent parfois pour parler de YAOI/Shonen-ai avec nous, je suis pas vraiment expert, ou des documentalistes pour des conseils d'ouvrages adapté à leurs élèves traitant de ces sujets. Dans le premier cas, mes co-intervenants sont en général meilleurs que moi. Dans le second, SOS homophobie a un site cool à ce sujet.

Dans la liste des orientations sexuelles, un élève nous a mis «mécaphilie». Dans une classe de lycée pro mécanique. Je m'interroge encore sur le lien entre les deux précédentes phrases. Dans un autre établissement, plusieurs classes nous ont parlé de l'amour pour les extraterrestre. Ce sur quoi j'avai franchement rien à dire.

Un prof nous a dit qu'il a vu un collègue sur grindr. Il est malheureusement parti à la fin de la première heure. C'est dommage, car parler de la notion d'outing devant lui aurait probablement été très intéressant.

J'ai une immense admiration pour un intervenant que j'ai vu énormément progressé. Il me semble qu'une fois qu'on lui faisait remarquer un souci, il ne refaisait jamais la même erreur. Il a donc fallu explicité énormément de choses qui m'auraient semblé évidentes, mais en quelques interventions il était devenu excellent. L'exemple qui m'a marqué concerne la bisexualité. On explique que bi, ça ne signifie pas 50% homme, 50% femme, que c'est un continuum. Lui disait que ça pouvait être 87,2% hommes, 9,3% femme, 2,5%non binaire, par exemple. Ce à quoi j'ai signalé qu'en réalité, personne n'a de pourcentage aussi précis non plus. J'avais peur sinon que ça ne fasse un peu trop robotique. Je ne l'ai jamais vu redonner des pourcentages précis.

À ce moment de l'écriture, je suis à court d'anecdotes. Je regrette quelque part de ne pas en avoir sur certain-e-s intervenant-e-s qui sont restés longtemps, qui ont beaucoup agis. Il y a un dernier intervenant auxquel je pense. Je suis un peu déçu de n'avoir rien à dire sur lui. Parce que il a totalement recréé les IMS, il est à l'origine des formations obligatoires - des formations tout court en fait - ainsi que du guide de l'intervenant-e - le document où on peut se renseigner durant une IMS pour les questions les plus fréquentes, les chiffres importants, tout ce qu'un-e intervenant-e doit savoir. C'est pendant qu'il était responsable qu'on a arrêté de dire - comme le faisait le responsable d'avant - «on va supposer que vous êtes tous hétéros». En fait, je n'ai rien à dire sur lui parce qu'on lui doit tellement les IMS tels quelle se font ses dernières années que je ne peux pas tirer une anecdote du lot. Ce type était assez psychorigide, et pas toujours très doué pour se faire apprécier. J'ai moi même eu du mal à discuter avec lui parce qu'il tournait mes idées en ridicule si elles ne lui plaisaient pas. Je donnerai un unique exemple: je suis intimement persuadé que l'interdiction des sex-toys aux moins de 18 ans est un véritable danger public. La sexualité et la découverte de son corps commence avant 18 ans. Si tu veux utiliser un sex toy, mais que tu n'en as pas, tu utiliseras autre chose. Par exemple, un objet de remplacement, par prévu pour ça. Avec tous les risques sanitaire que ça implique. Bref, je trouve qu'interdire l'accès aux sex-toys à moins de 18 ans est aussi con que d'interdire l'accès aux préservatifs aux gens de moins de 18 ans. Ce à quoi ce type a simplement répondu que je ne pouvais pas être sérieux, que je ne pouvais pas proposé d'autoriser les sex-shops aux mineurs. La raison pour laquelle je parle de cette anecdote, c'est que je n'aime pas être tourné en ridicule. Et que j'aimerai bien pouvoir discuter sérieusement d'idées qui sont mal vues, mais qui me semble cohérente. Bref, je lui en voulait. Mais ce type a fini par être haït au sein de l'association, puisque tout le monde avait ce genre de différend avec lui. Sur des points très variés, mais toujours autour de la psychorigidité. Et je me suis donc retrouvé à défendre ce type. Parce que malgré tout, il a fait énormément pour l'association, et pour les IMS en particulier. C'est probablement parce qu'il avait des idées si accroché qu'il a été si loin dans ses réformes, qui allaient globalement dans le bon sens, même si on n'était pas tous d'accord sur des détails ou des façons de faire. Je suis content de ne plus revoir ce type. Mais je suis triste d'avoir du prendre sa défense, souvent, quand les accusations devenaient franchement trop injustes et factuellement mensongères.

Pour finir, je rajouterai un lycée que j'aimais beaucoup. Avec en même temps pleins d'association autours de pleins de discriminations différentes. On a passé une troisième heure à la fin de la journée avec les élèves qui avaient envie de rester discuté plus longtemps. Et vu à quel point un-e élève était calé sur ces questions, elle menait bien plus que nous le débat. Ce lycée avait, entre autre, laissé les élèves organisé un groupe activiste. Je sais plus le terme exacte. Mais avait laissé liberté aux élèves de mener des actions de sensibilisation, des affichages, un local pour se regrouper. C'était franchement cool. J'étais très impressionné par une élève qui avait même assez de conscience pour réaliser que ses camarades de classes ne se rendait pas compte d'à quel points ils avaient de la chance d'être dans un lycée comme ça. De façon non étonnante, c'est le lycée où j'ai vu le plus d'élèves nous dire être non-cis, et avoir des notions sur ces sujets. Hélas, cette élève savait aussi que, non-binaire, iel était rejeté par certaine personne trans qui la voyait comme une ennemie. En plus, iel est fan de Mrs Yéyé.

samedi 6 janvier 2018

Ancien gay et draguer une femme

Quand je me retrouve à vouloir donner mon orientation sexuelle, je me décris plus comme bi que comme gay. Cependant, j'ai dragué en immense majorité des hommes, ainsi que quelques personnes non-binaires, mais jamais de femmes. Je m'interroge sur le pourquoi dans ce billet. Je n'ai pas la réponse. Mais elle m'intéresserait beaucoup, parce que, comme me le répète parfois une relation de longue date: «si je ne l'avais pas pris pour un homme quand on s'est rencontré, on n'aurait pas été ensemble ces dernières années». Trouvant cette hypothèse triste, je préfère éviter; au moins pour les potentielles relations futures.

Quelques précisions de vocabulaires d'abord. Draguer est un terme très vague. Dans ce terme, j'indique toute action qui permet de montrer à l'autre un intérêt pour une proximité physique. Que ça soit un compliment sur son physique, ou la proposition d'une interaction physique qui n'est pas habituellement du domaine de l’amitié (par exemple, se serrer dans les bras/se tenir la main). Donc draguer, de mon point de vue, est un jeu, et dont je ne m'attend pas à ce que ça change ma relation à l'autre. Sauf en cas de bonne surprise, ce qui a une faible probabilité.

Quand je parle du genre d'une personne, je parle du genre que je suppose que cette personne a au moment où je la drague. En effet, dans mon processus de décision pour draguer quelqu'un, je ne peux pas tenir compte du futur. Il y a probablement une variable caché[1] qui explique qu'une part importante des gens que j'ai dragué ces dernières années font leur coming-out trans/non-binaire. Mais la recherche de ces variables n'est pas le propos de ce billet.

Qui je fréquente.

La première explication qui me vient en tête, c'est que, lorsque je sors de chez moi, je suis dans des milieux principalement masculin. Quand j'étais étudiant, je fréquentais majoritairement mes camarades de classe, et allait peu vers les autres départements, je participai peu aux activités extra scolaire. J'étais étudiant en informatique, domaine où il y a bien plus d'hommes que de femmes. Donc bien plus d'hommes que de femmes qui puisse m'intéresser.

Pire, avant bac, j'étais dans un lycée privé catholique qui était en grande majorité féminin. Je ne regrette pas entièrement d'être allé dans ce lycée, puisque contrairement au collège où j'ai fait ma 6ème, je n'ai jamais eu à courir pour échapper à d'autres élèves après les cours. Cependant, je n'ai grosso modo pas de bon souvenir du lycée. Je pense donc que j'ai inconsciemment associé les filles à l'élève moyen de ce lycée privée, et les hommes aux milieux geeks[2] que j'apprécie.

Mais peut-être que je m'invente des raisons fausses. Après tout, c'est en première que j'ai commencé à ressentir de l'attraction physique pour des gens; uniquement des hommes; et je ne peux pas dire qu'ils étaient plus sympathiques que ces femmes. D'un autre côté, il est aussi possible que ce qui fait que je suis attiré par quelqu'un à 17 ans n'est pas la même chose que ce qui fait que je suis attiré par quelqu'un à 30 ans.

Ou peut-être que la raison mentionné plus haut est vraie. Je crois que j'ai commencé à considéré être bi à peu près au moment où j'ai eu, pour la première fois, des discussions intéressantes avec des femmes. Ce qui finalement est arrivé assez tard, puisque je ne sortais pas de chez moi en dehors des cours, et que mes camarades d'université étaient principalement masculins.

Les lieux

Une autre explication, peut-être plus simple encore. J'utilise beaucoup les sites de rencontres. Ok Cupid est le seul site où je suis(j'étais) qui ne soit pas un site gay. J'ai aussi été dans des lieux destiné principalement à la drague entre homme. Étonnamment, je n'y ai pas dragué de femme.

Vu que je suis assez flemmard, et que découvrir quelque chose de neuf demande un effort assez considérable, je n'ai pas cherché à savoir s'il existait des équivalent hétéro. Ou plutôt, si j'en crois les innombrables histoires de dragues que je peux entendre - que ce soit des articles réalistes ou de la fiction - je réalise que ce type de drague à l'air immensément plus compliqué. De ce que j'entend, le nombre de messages que les femmes reçoivent, en moyenne, sur un site de rencontre, est tellement énorme qu'envoyer un "salut" en plus ne ferait que renforcer le bruit. Alors que mon expérience indique que sur les sites que je connais, c'est un moyen efficace de dire à l'autre «Eh, va voir mon profil. Si ça t'intéresse cool, voyons ce qu'on peut faire. Sinon bye».

Mon passé de gay

Les premières femmes que j'ai pu songer à draguer, je ne les ai pas dragué. Ça aurait été extrêmement bizarre. Tous les gens qui me connaissaient un peu savaient que j'étais gay[3]. Donc dire un simple «tu m'intéresse» m'aurait paru très étrange sans rajouter de précision. Et vu que je ne me dis pas vraiment bi non plus - après tout je suis en relation avec quelqu'un de non-binaire - mais que je me dis pas pan (je ne suis clairement pas indifférent au genre de la personne) l'explication est complexe et m'épuise avant même de la commencer[4].

Soit dit en passant, j'ai deux femmes en particulier qui me viennent en tête en écrivant ce dernier paragraphe. Et la première de ces deux femmes, je sais qu'elle en avait marre que des gens trouvent qu'elle soit «garçon manqué». Cette affirmation est sûrement corrélé au fait que je la trouvai attirante d'ailleurs. C'est aussi ce qui fait que je pense qu'elle n'aurait vraiment pas bien pris d'apprendre que je la trouvais attirante.

Remarquez que, de ce côté là, draguer une femme trans serait encore pire sur le message que ça risquerait d'envoyer.

En fait, les seules femmes à qui je me souviens d'avoir fait un compliment sur son apparence, c'est pour leur dire que je suis assez envieux, et aimerait bien savoir me créer une apparence aussi cool. En général, elles l'ont bien pris. Certaines m'ont proposé de me donner des conseils/de m'aider. Mais cela ne s'est jamais concrétisé. Et les questions de modes, de maquillage, ça a l'air super compliqué de trouver des avis qui ne soient pas influencé par des publicitaires et des marques, ce qui fait que chercher à me renseigner par moi même sur internet à ces sujets m'épuise systématiquement.

Les questions de sexisme

De ce que je comprend, beaucoup d'hommes insistent, lourdement, une fois qu'ils ont commencé à draguer quelqu'un, et ont du mal à prendre un refus. Suffisamment pour que la drague soit quelque chose de stressant pour un certain nombre de femmes. Je ne sais pas pour qui, d'ailleurs. Dans l'hypothèse où je souhaiterai draguer une femme, elle ne m'aurait pas forcément dit avant que la drague est pour elle un sujet épuisant. Et je me vois mal demander spécifiquement à quelqu'un si elle a un problème avec le fait d'être dragué avant de la draguer. Puisque cette question serait probablement déjà un début de drague.

Par contre, je sais qu'il y a pas mal d'hommes qui m'ont dit que j'étais le premier homme à les avoir draguer. Donc ce n'est - à priori - corrélé à rien de particulièrement négatif en général pour eux. Il s'ensuit que le comportement que je me permet d'avoir avec des hommes, je ne me sens pas de l'avoir avec des femmes.

La chaire

J'ai réussi à faire tout ce billet sans parler de ce qui vient après la drague. Mais il y a un moment où l'hypocrisie s'envole et il faut en parler aussi.

J'ai énormément de mal à distinguer l'amour de l'amitié. À part que je peu tenir la main, embrasser et câliner mes amoures sans que personne ne trouve ça bizarre. Mais il y aussi des choses que l'on ne fait pas en public. Et pour le coup, entre homme et femme cis, il y a une différence pas exactement négligeable.

Dans mon livre de recette idéal j'avais déjà expliqué à quelque point je me sens plus à l'aise à refaire quelque chose qui a fonctionné et que j'ai aimé. J'avais déjà dit que tenter de découvrir quelque chose de neuf, sans mode d'emploi - ou avec un mode d'emploi peu clair, c'est mentalement épuisant. Je retrouve exactement la même pensée ici. Tenter de découvrir quelque chose de neuf, de faire les choses correctement demanderait un temps d'apprentissage que je n'ai pas forcément envie de prendre quand je peux me permettre de refaire ce que je sais déjà faire.

Notes

[1] Le milieu poly parisien ?

[2] Je fréquentais aussi beaucoup d'humoriste, mais c'est aussi un milieu très masculin, donc je me limiterai au milieu geek dans ce billet, afin de ne pas me répéter.

[3] Enfin je pensais. Il y a au moins un type qui l'ignorait il faut croire: le prof du cours d'impro théâtrale où j'étais. Une règle disait qu'il était interdit de draguer quelqu'un du cours avant au moins 6 mois. Je n'avais pas compris que ça s'appliquait aussi aux improvisations. Je me suis fait engueuler parce que mon personnage dans une impro à drague une femme. Ce qui est assez comique, puisque je sais que j'avais dragué des hommes aussi, et il m'avait rien dit.

[4] Ou alors faudrait que la personne ait lu ce billet de blog, je suppose. Puisque l'explication y est faites.

vendredi 5 janvier 2018

Lists in anki: desiderata and partial solution

In this text, I assume you are familiar with anki, and in particular know what is a field, a card, a card's type (aka template), a note and a note's type (aka a model), and that you have an idea of what are the rules used by anki to decide which cards should be generated or not.

There is one big limitation in anki, it concerns lists[1]. Here I list my trouble, the existing work arounds I know, their limits, and the functionnality I would really want. Sadly, this functionnality seems to require such a big modification of anki's underlying model that I fear that no add-on can answer my request. In particular if I want this request to also be satisfied in smartphone's application, which does not allows to add add-ons.

Learning a list of things is hard, but it's something I sometime want to do. A poem/song is just a list of line. Sometime, a mathematical notions have 4 distinct names. E.g. a pullback is also called a fiber product, a fibered product and a Cartesian square. In some othe case, a mathematical objects admits many distinct definitions[2]. E.g. I've got 5 definitions of left-trivial monoids. And I'd also wanted to see if I can learn the list of the prime number less than 100. Mostly to see how hard it is to learn an arbitrary list.

Work around

Creating a note by question

Currently, I used the add-on «imports lyrics/poetry» for lyrics of song I like. This add-on creates a note by line of the lyrics. The main trouble is that, if you have an error in a line, you need to correct many notes since the error is repeated. And it's hard to correct many notes from the smartphone, while it is easy to just correct the current note. The second problem with this method is that, since each lines correpsond to a distinct note, there is no way to ask Anki to bury the other notes(lines) related to the same song.

Furthermore, it is really inneficient in term of memory. Indeed, the first line of a 120-line lyrics is copied 120 times in memory.

A field by question

Concerning the definitions, I have in my note type «name», «name 2», «name 3» and «name 4». And my note's type contains 4 similar card's type, with similar templates. And I did the same thing for the four fields «notation». Normally, it means that when I do want to change a template, I'll need to change it - at least - 4 times. In order to avoid this, I created MetaTemplate, a template for card's type. But it's not really easy to learn how to use it and I have no idea of how to make it more user friendly. And anyway, having four fields works only because it is a small list.

Let us imagine I would like to have a single note for an entire song. And this song is 120 lines longs. The only solution I see would be to create a field by note, hence for a song with 120 lines, I would need a note type with 120 fields and 120 cards. Which is not technically impossible, but unreasonable. In particular because anki is already slow when I edit a note type with 30 cards.

Cloze

The first thing I did to learn lyrics is to use cloze deletion. A single line would be deleted, and I have to remember it. The trouble is that, seeing the line after the deleted one is a really strong hint I'm not supposed to have when I recite the song. I would rearry prefer Anki to give me the start of the lyrics and asking for the next line. As is done by «imports lyrics/poetry».

My ideal world

I know explain what I would love to see when I use list. When I create a card type, I'd want to tell anki, «here is a list of thing» and maybe «its order matter» (for song) or «it order does not matter» (for list of names of an object). In the first case, I'd like to be able to ask Anki to randomize the order of the elements shown in a card. I don't think it'd be complicated, since we can use javascript.

The first option I want is to write in a card's type: «here, show every element of the list "name", separated by a "comma"» (of course, "name" and "comma" could be replaced by any other field and any other separator.) Thus, my card would show «name: fiber product, fibered product, Cartesian square». This is specially important if the question is «what is the name of "the limit of a product"». In this place, I should remember one of the name. Thus the answer need to show me every possible answer, and I would accept iff I remembered at least one of the name.

Similarly, I'd like to be able to tell anki to generate n cards, where n is the number of elements of the list. In card i I want the option to tell anki to shows only the ith element of the list. In my example above, each card would contains one of the name of the objects which admits multiple definitions, and each card would ask to give the other name. Hence the question would be «What is(are) the other name of "fibered product"» and the answer would be "fiber product, Cartesian square".

I also want the option to tell anki to show each elements appart from the i-th one. For example, this would let me tell to anki to ask me the i-th name given the n-1 other name. This would be especially usefull in order to learn lyrics. Assuming that you know the 10 first line, it makes sens to let you read them again in order to find the i-th line. By symmetry I probably want to see the n-i last line. (I don't yet see the usage I would have of it, but no reason not to do it too)

I'd also love the option to ask Anki for lines i-4 to i-1. For example, in the case of learing lyrics, you probably could remember the i-th line with only the four last lines, and not the entire beginning of the lyrics. That is what the add-ons «imports lyrics/poetry» does. But with this add-on, it is not possible do simply change the value of 4 to 10 if I realize that 10 would be better.

Implementation

The main problem I see with this option is that some power-user may intend to put multiple lists l1, ..., lm into a type field. Assuming that the list lj has nj elements, the numbers of card to generate may be up to n1 times ... times nj elements. This may quickly be unreasonnable. This would mainly be a problem for the user, reviewing a lot of cards is not necessarily usefull. But it would also be a technical problem because each cards has a name. For clozed cards, the name depends on the card number. Here the name would depends of multiple number, it should be sure that we find a correct method to generate name, without ambiguity, and which does not vary if the content of a note vary. The name could be card_n1_..._nj but its not really beautiful nor practical when a card's type is changed. (Technical note: Actually, in the database, the card's number is used instead of its name. Here, I could state that the card n1 ... nj would be numbered as 2n1 times .... times pj^nj, with pj being the jth prime. But it would means that the length of the card number is linear in the number of card, which is technically ugly and innefficient.

Concerning the input, I think there should be at least two distinct kinds of input. The field should be either a text or a list. Nothing should be changed for the text field (what already exists). For a field F which is a list, the interface would have a button (+), stating to add a new text input for F.

Or maybe, each elements should be entered in a single text input area, with a special separator symbol. The separator should probably be a parameter, either in the add/edit window, or in the template. For example, it makes sens to consider that the separator of a lyric is the newline. But it would also makes sens to accept that the user just copy-paste the list of elements they want to learn, separated by a comma or a tab. (à la CSV)

I don't know enough about database to know the ideal way to obtain a column of a table which is a list of things. So I do hope that it would not be particularly complicated. I can imagine multiple solutions, but I don't know what is the best practice. But since, in the current database, a note is a list of field with a separator symbol, I guess it would not be really complicated to add a second separator.

Notes

[1] I assume here that sets are list, with an arbitrary order

[2] This is in general considered to be a proof that the object is really interesting

dimanche 31 décembre 2017

Réflexions liées aux transitions d'amies

Une amie a écrit un texte, que je trouve fort intéressant, Votre deuil justifie ma transition[1], qui me questionne pas mal. En très gros résumé, tel que je comprend le texte, je lis «si vous faites votre deuil quand je vous annonce ma transition, c'est qu'une transition a effectivement lieu dans votre manière de me considérer.»

En 140 caractère, ma question était «Je ne peux m'empêcher de me demander. Si j'ai jamais fait ce genre de deuil, est-ce un signe que je ne tiens pas compte de vos transitions ?».

C'est un billet assez compliqué à écrire[2]. Je n'aime pas trop parler d'une personne en particulier, écrire quelque chose de trop personnel. Je préfère coucher sur ce blog des questionnements assez généraux, qui pourraient s'appliquer à des situations reproductibles. Sauf qu'ici ça risque d'être peu reproductible. J'ai pas des dizaines de proches qui entament une transition tous les ans[3]. Si encore tout le monde transitionait pour les même raisons, alors réagir au texte mis en lien plus haut serait aussi une réaction aux transitions de mes autres ami-e-s. Mais il semble que les gens soient des individus distincts pouvant avoir des raisons très diverses de transitionner[4].

Bref, ce billet est tellement peu général qu'il serait presque plus pertinent que je discute simplement de la question avec cette amie, et quelques proches potentiellement concerné-e-s par ce genre de sujet. Il est pas clair qu'il soit pertinent que je partage la réflexion au reste des lecteur/trice-s. Sauf que je n'ai rien à demander à cette amie. De ce qu'elle m'a répondue, de ce que je peux deviner de nos interactions, il n'y a pas de problèmes qui me concernent, pas de demande que j'agisse autrement avec elle. Donc toute ma réaction à ce texte est une réflexion purement personnel qui n'a pas de raison de la concerner. Enfin si, ça peut la concerner uniquement en ce que son texte est la cause de la réflexion[5].

Rappel de la question

Contrairement aux gens mentionné dans le texte cité plus haut, je ne fais pas de deuil quand un-e proche me dit transitionner. Le seul effet que cette annonce à sur moi est le suivant. J'ai, pendant quelques temps, des nœuds dans le cerveau à essayer de ne pas me gourer quand je formule des phrases. Au point que, parfois, je réemploi l'ancien genre de la personne par accident. Ou bien je me met à accorder des adverbes, ou des adjectifs se référant à d'autres gens de la conversation. Et ensuite je présente mes excuses. Ces nœuds dans le cerveau, j'ai les mêmes quand je tente de me souvenir qu'il faut dire septante et nonante mais PAS huitante/octante[6]. Remarquez que je discute juste de l'effet dans mon esprit, je ne dis pas que être mégenrer est aussi peu grave qu'utiliser un mot d'un autre pays.

Vu que ces nœuds cérébraux ne sont clairement pas un deuil, qu'est-ce que je dois conclure du fait que je ne fasse pas ce deuil. Si j'en crois ce texte, ce deuil est signe qu'une action positive a lieu. L'action de «considérer la personne dans son genre». Il me semble donc que que ne pas faire ce deuil est mauvais signe. Mauvais signe ne signifie pas nécessairement que ça soit mauvais en soit, mais ça signifie au moins qu'il faut envisager que ça soit mauvais. D'où la réflexion entamée dans ce billet.


%

L'interprétation optimiste du fait que je ne fasse pas de deuil, c'est: je ne considère pas le genre des gens quand j'interagis avec eux/elles. Ou en tout cas je le considère de manière limitée.

Un premier exemple de considération que j'ai, qui dépend du genre d'une personne. Je sais que si quelqu'un a une apparence féminine, elle a plus de risque d'avoir été harcelée, agressée, de moins se sentir en sécurité dans la rue tard. Voir que, si elle se fait agresser dans la rue tard, il risque d'avoir des policiers qui rejettent la faute sur elle car elle aurait du savoir que c'était risqué. Bref, que je considère le genre en tant qu'il influe comment les autres vont considérer la personne.

Mais même en excluant les raisons liés à des tierces personnes, malheureusement, dire que je ne tiens pas compte du genre est faux. Pour deux raisons.

Drague

La drague est un cas où je reste très biaisé par le genre que je pense que la personne a. Je ne me souviens pas avoir dragué quelqu'un que je suppose être de genre féminin depuis que j'ai quitté l'école primaire[7](Non pas que j'utilisais ce vocabulaire à l'école primaire). Je peux imaginer tout un tas de cause à ça, mais ça serait listé dans un autre billet.

Bon, la drague, en général, c'est un effet à court terme, ça influe pas énormément ma manière d'être avec quelqu'un-e. À quelques très rares exceptions près, quand je signal à quelqu'un mon intérêt, celui-ci n'est pas réciproque. Donc l'interaction reprend comme avant. Mais dans les rares cas de dragues réussis, forcément, ça influence beaucoup l'interaction que j'ai avec cette personne. Prenons le cas d'une amoureuse que j'ai connu et dragué avant qu'elle commence une transition sociale. Le fait qu'on soit ensemble aujourd'hui est une conséquence directe du fait que j'ai cru qu'elle était un homme. Ceci indépendamment de la question de savoir si je la considère «vraiment» comme un homme ou comme une femme aujourd'hui.

Pour résumer, le genre que la personne semblait avoir à notre rencontre a une influence importante, en particulier dans le cas des gens qui me sont les plus proches aujourd'hui. Donc je ne peux pas dire sérieusement que le genre de quelqu'un n'a pas d'importance.

Certes, cette amoureuse, si je ne l'avais pas dragué, on serait peut-être devenu amis, à défaut d'amoureux/se. Après tout, je ne l'aime pas que pour son physique, aussi mignonne soit-elle. Je met même une probabilité assez forte à ce que ce soit devenu, dans tous les cas, quelqu'un que j'apprécie de revoir et avec qui j'apprécie de discuter. Donc on pourrait imaginer de façon naïve que, finalement, le genre que j'assignais à cette personne lors de notre rencontre ne change pas grand chose, à part des câlins. Malheureusement, c'est encore faux. Parce que je me sens beaucoup plus à l'aise d'inviter cette personne à venir passer un week-end chez moi, où à aller dormir chez elle, sous prétexte qu'on est pas que ami. Je me verrai proposer à «juste un-e ami-e» de venir passer du temps dans mon studio, en ma compagnie, sans rien de précis à faire, juste pour profiter de la présence de l'autre. Et forcément, par cercle vertueux, plus on passe de temps ensemble, plus la complicité naît, et plus la relation évolue. La relation que j'ai avec elle au bout d'un peu plus d'un an, la confiance que j'ose lui porter, ce n'est pas inédit. Il y a d'autres amis à qui je fais vraiment confiance[8], à qui je pense que je peux demander des choses importantes si besoin[9]. Mais ces amis, ça m'a pris des années d'arriver à leur faire confiance à ce point.

Autrement dit, quand bien même je supposerai que le genre que j'assigne à la personne lors de notre rencontre n'influence pas ce que la relation va venir, ça influence au moins la vitesse à laquelle la relation évolue.

Biais

L'autre raison pour laquelle je ne crois pas qu'il soit vrai que je ne tienne pas compte du genre des gens que je vois est le suivant. la société est biaisée, j'ai grandi dedans. Il est incroyable que j'ai réussi à me débarrasser des biais. En particulier, j'estime qu'il est totalement impossible que je me sois débarrasser de mes biais sans même avoir du faire un effort pour obtenir ce résultat.

Le gros souci, pour moi, c'est que je ne connais pas mes biais personnels. Je n'ai donc pas d'idée de ce que je devrai corriger si je voulais faire l'effort d'effectivement corriger. Si j'en crois le texte qui m'inspire ce billet - ainsi que beaucoup d'autres témoignages de personnes trans - les biais de la société en général sont extrêmement clair quand on a été perçu des deux genres. Mais connaître un biais global donne peu d'information sur une personne biaisé en particulier[10]. Donc ça ne me dit pas comment me corriger pour ne pas être biaisé moi. Au mieux, ça m'indiquerait comment corriger pour être biaisé dans un sens opposé à celui de la société, pour faire une moyenne.

Et puis, pour être honnête, l'absence totale de biais, dans l'absolu, ne m'apparaît pas comme un but en soit. Mais plutôt comme un moyen. Un but pourrait être que les autre soit à l'aise dans notre interaction. Et dans les autres, j'inclue aussi bien les gens que je connais déjà que ceux que je pourrai connaître plus tard. Gens qui, de toute façon, ne pourraient pas me dire le biais qu'ils ressentent. Concernant les gens qui me sont proche, mon but sera que notre interaction plaise à l'autre. Et c'est un but qui semble être possible à atteindre sans avoir la certitude testé scientifiquement du fait que je ne sois pas biaisé de manière statiquement significative. Alors me poser plus de question me semblerait inutile[11].

Notes

[1] Copié avec la permission de l'autrice.

[2] En particulier parce que je n'avais plus de blog pendant quelques mois, et que c'est plus simple d'écrire si je m'attend à pouvoir partager après.

[3] Même si la fréquence des transitions autour de moi augmente pas mal depuis quelques années. Ce qui est pas compliqué vu qu'il y a 4 ans, elle était de 0 transitions par ans.

[4] Par oppositions aux raisons de ne pas transitionner, qui semblent majoritairement être: «mais pourquoi est-ce que je transitionnerai ?»

[5] Et que je lui ai demandé d'accepter que je publie ce texte, avant de le mettre en ligne, vu que quand même, ce texte la mentionne.

[6] À ce sujet, les belges sont BIEN plus tolérant de mes soixante-dix (j'ai faillé écrire «70») que les français ne le sont de mes septantes.

[7] À l'école primaire, j'embrassais des filles de forces. J'en suis pas fier. Et j'ai pas souvenir que des maitre-sse-s aient tenté de m'arrêter. En entrant au collège, je m'étais dis que j'étais grand, et donc que j'arrête d'embêter les filles. Selon le psy que j'ai vu au lycée, ça pouvait être ce qui m'a rendu gay.

[8] Ça fait des années que j'ai envie d'écrire un billet sur la confiance, mais je n'y arrive pas.

[9] Un exemple bête: confier à quelqu'un un double de ma clef. Comme ça, si je m'enferme dehors, je peux demander la clef à cet personne. Mais faut que je sois certain que la personne en profite pas pour me cambrioler.

[10] Pour prendre du vocabulaire rationnaliste, ça serait un ecological fallacy.

[11] Assez ironique comme phrase, vu la longueur du billet.

Mauvaise vulgarisation: pourquoi c'est dur à corriger

Mundaneum Dans un musée, le Mundanéum, j'ai vu un texte expliquant la cryptographie quantique. Je ne suis pas expert, je ne serai pas capable d'écrire un texte juste et accessible en étant certains de ne pas dire d'erreur, mais je suis assez connaisseur pour savoir que ce texte là n'était pas correct. Je m'en suis un peu moqué avec le compte twitter de Trajectoires - comme en plus on préparait une émission sur l'informatique quantique le mois prochain[1], c'est bien à propos. Et le Mundanéum a proposé d'en discuter. J'ai refilé la question à des gens plus calé que moi.

Ce billet explique pourquoi c'est dur de répondre. J'ai tenté d'être accessible à des gens n'ayant aucune connaissance du domaine. Ça serait simple de répondre si je pouvais sortir une phrase du texte et dire «là, c'est faux». Avec référence à l'appuie, ça serait indiscutable. Sauf qu'ici, chaque phrase à laquelle je pense, elle est pas fausse, juste incorrect. Pour faire une comparaison hasardeuse, je peux pas dire que «2+2» est faux. Je peux dire que «2+2=5» est faux, mais dire que «2+2» est faux n'a même pas de sens[2]. Soit Pm une phrase du Mundanéum. Je peux imaginer comment la corriger, sans la changer beaucoup, pour en faire une phrase qui serait vrai. Appellons Pv cette phrase. J'ai donc peur qu'on me réponde «je voulais dire Pv, mais j'ai dit Pm car c'est plus simple, plus compréhensible.»

Prenons la première phrase

«La cryptographie quantique est basée sur les lois de la physique quantique et non plus sur les principes mathématiques.»

Pourquoi c'est faux 1

C'est faux de manière évidente parce que la théorie quantique est elle même modélisée par des mathématiques. C'est d'ailleurs le problème, beaucoup de gens perdent leur intuitions dans le quantique, et constatent que les mathématiques donnent des résultats correct sans savoir pourquoi.

Mais ici, ce n'est pas très pertinent, parce que la crypto quantique n'utilise pas vraiment l'outillage de la physique quantique. Ça utilise une propriété beaucoup plus simple:
«Quand tu envoie un 0 ou un 1, un bit, tu peux l'encoder de deux façon. Si tu le décodes de la mauvaise façon, le message envoyé est détruit et irréccupérable.» Ça, c'est une propriété qui est exprimée mathématiquement. C'est une propriété intéressante car on a un support physique pour la réaliser, mais cette propriété pourrait très bien être réalisée sans la physique quantique. Donc c'est pas vraiment exacte de dire «sur les lois de la physique quantique»

Exemple d'implémentation de cette propriété:

Prenez une pièce, disons que pile c'est 0 et face c'est 1. Vous voulez envoyez un 0 ou un 1 à quelqu'un. Pour ça, vous lui envoyez un coffre, avec la pièce côté pile ou côté face. Et sous la pièce, un explosif assez fort pour faire tourner la pièce dès que quelqu'un force le coffre. Comme ça, si quelqu'un tente de voler l'information, il ne pourra pas savoir s'il a reçu la bonne information ou pas.

En fait, vous allez envoyez deux coffres comme ça. A et B. Vous mettez votre information dans A ou B aléatoirement. Et dans chaque coffre, vous mettez en plus la clef de l'autre coffre. Ce que vous ferez, c'est que vous détruirez un des coffres aléatoirement, pour avoir la clef du second coffre. Et comme ça vous récupérer une des pièces, un 0 ou un 1.

Ici, les deux façons d'encoder 0 et 1, c'est de mettre la pièce dans le coffre A ou dans le coffre B. Si on décode de la mauvaise façon, si on ouvre la mauvaise boîte, le message est détruit.»

Bien sûr, on va pas utiliser ça dans la vraie vie, car c'est juste pas pratique du tout. Et puis, si c'était utilisé, on pourrait probablement faire des tas d'attaques contre le coffre, rayon X, etc... donc il vérifie pas exactement la propriété disant que l'information sera détruite en cas d'erreur. Mais admettons.

Pourquoi c'est faux 2

Une fois qu'on a cette propriété de la physique quantique, il faut pouvoir l'utiliser. Et il faut montrer que l'utilisation qu'on en fait permet effectivement d'envoyer un message de manière certaines. Ou plutôt, ici, avec une probabilité d'erreur tellement faible qu'elle en est négligeable. Un calcul de probabilité, analyser une méthode, c'est aussi des mathématiques.

Qu'est-ce que je pense qu'ils ont voulu dire

La cryptographie quantique se base sur la théorie des nombres. Une théorie mathématique pure, tellement pure qu'on a longtemps cru qu'il n'y avait pas d'application. Et effectivement, l'hypothèse physique utile est très faible: on peut envoyer un message à un destinataire. Dans le monde classique, la sécurité ne vient pas de la physique: en effet, n'importe qui peut lire le message que vous envoyez.

L'envoie et la réception sont des étapes mathématiquement compliquées. Pas hyper compliquée, mais qui peuvent être lourdes en calcul, et qu'on ne peut pas expliquer en une minute à quelqu'un ignorant les mathématiques. Pire, la preuve qu'un recepteur malhonnête qui aurait intercepté le message ne puisse pas le lire est très compliqué. Puisqu'on cherche à montrer qu'il n'y a pas de calcul, ou du moins pas de calcul rapide, qui puisse donner le message déchiffré depuis le message chiffré.

Dans la crypto quantique, il n'y a plus de théorie des nombres, il n'y a plus de mathématiques super compliqué. Si les maths qui restent sont négligeable, on pourrait presque accepter «non plus sur les principes mathématiques». Après tout, si ce qui reste, c'est faire des additions et des multiplications, on parlerait plus de principe mathématique, juste de petit calcul.

Autrement dit, en passant du classique au quantique, on a simplifié la preuve mathématiques de la sécurité, on a simplifié les calcus à effectuer, et on a complexifié le dispositif physique. Et cette dernière phrase n'est pas tellement loin de la phrase du Mundanéum. C'est pour ça que je n'ose pas dire que la phrase du Mundanéum est «fausse». Simplement, pour comprendre le véritable sens, il faut déjà savoir tellement de chose que cette phrase est en pratique inutile.

Troisième phrase

«En cryptographie numérique les bits informatiques n'ont que deux 2[3](sic) états possibles: 0 ou 1. Il est donc aisé d'intercepter le message puisqu'il suffit de déterminer dans lequel de ces 2 états se trouve le bit informatique.»

Pourquoi c'est vrai.

Formellement la phrase est totalement vraie. Un peu comme si je vous disais «les messages de radio londres sont en français. Donc il est facile pour n'importe quel ennemie de la france libre qui parle français de comprendre le message.»

Pourquoi c'est faux

Ici, il y a une grosse ambiguité, c'est que «message», dans cette phrase, réfère au message vraiment envoyé, au message codé. Mais qu'une lecture innatentive indique fait croire que «message» c'est ce que l'émetteur/trice voulait vraiment envoyer, l'information vraiment utile. Il aurait fallu employer des termes différents, et peut-être les définir, si on voulait que cette phrase soit clair. Et ça aurait permi de se rendre compte que cette phrase est d'une grande platitude.

Oui, un ennemi peut intercepter le message codé. Et justement, on suppose qu'il va le faire, même qu'on veut bien lui donner une copie du message chiffré -- c'est ce qu'on fait quand on envoie le message sur les ondes radio. C'est donc un peu étrange de présenter ça comme un défaut du procédé.

Cependant, il est certains que, avec nos coffres à explosif, il y a une différence au niveau de l'interception. Maintenant l'interception sera remarquée.

Conclusion:

Maintenant, allez dire tout ce que j'ai dit en quelques phrase. Vous comprenez pourquoi j'ai du mal à répondre au musée. Heuresement Hugo, autre chroniqueur, a réussi le texte suivant:

« La cryptographie quantique est basée sur les propriétés et les mathématiques de la physique quantique, plutôt que sur la théorie des nombres, sur laquelle repose la cryptographie actuelle. Les techniques sont ainsi très différentes : la sécurité des systèmes se base notamment sur le principe d'incertitude et l'impossibilité de cloner des états quantiques (des propriétés générales de tout système quantique) plutôt que la résolution mathématique de problèmes difficiles (comme la cryptographie moderne). Ceci permet par exemple de résoudre le problème de distribution des clés : en effet, un message quantique ne peut pas être écouté par une tierce personne, car le simple fait d'observer le message transmis le modifie – et le destinataire du signal s'en aperçevrait immédiatement ! Cependant, ce type de cryptographie requiert des ordinateurs et des systèmes de communications bien différents physiquement des puces, condensateurs et câbles de nos ordinateurs modernes, et peu de ces systèmes ont pour l'instant été construits. La révolution apportée par le quantique n'est pas encore pour demain ! »

P.S.

J'ai été moi même un peu rapide dans mon explication là haut, j'ai fait en gros ce que je reprochais au musée.

Je vous disais qu'à la reception, une explosion serait remarquée.

Pourquoi c'est faux.

On peut supposer que l'ennemi est capable de faire un coffre neuf, identique et d'y mettre une pièce. Il ne sait pas dans quel sens était la pièce originale, donc il mettra la pièce dans le mauvais sens avec une chance sur deux. C'est ça ce qui sera detecté, que la pièce à changer de sens.

Enfin, ça sera repéré avec une chance sur deux. Si ça se trouve, à la reception, on forcera l'ouverture du coffre que l'ennemi à ouvert, donc on fera une explosion, et on ne pourra plus savoir si la pièce avait changé avant l'ouverture ou non. Ce qui signifie que ce système fonctionne uniquement quand on vérifie beaucoup de pièce, de façon a avoir une bonne probabilité d'avoir, à un moment où l'autre, lu la pièce envoyée par l'ennemi. Et en plus, de l'avoir lu à un moment où l'ennemi s'est trompé de sens.

Il reste encore un problème. Je suppose qu'à la réception, on peut vérifier que l'ennemi s'est trompé de sens. Sauf que, pour repérer que la pièce a changé de sens, il faudrait que le sens dans lequel devrait être la pièce soit connu du destinataire. Or, ce n'est pas le cas, à priori. Si le destinataire connaissait le sens, il ne servirait à rien d'envoyer cette information.

Donc il faut que l'émetteur envoie quelques informations au destinataire pour que ce destinataire puisse vérifier qu'aucune pièce n'a changé de sens. L'information, ils peuvent la passer à haute voix, au téléphone, ce n'est pas un problème. Simplement, tous les bits qui sont vérifié devront ensuite être jeté, puisque ils sont compromis, puisqu'il est possible que l'ennemi ait entendu la conversation à haute voix. Bref, il faut en plus de la vraie information envoyer des informations qui servent à piéger l'ennemi, sans que l'ennemi ne sache où e trouve la vraie information et où se trouve les pièges.

Pourquoi c'est vrai.

On pourra effectivement repérer les interceptions. Simplement, c'est pas évident, et dire juste «on repère que la pièce à changer de sens» n'est pas correct.

Notes

[1] En novembre. Donc ce billet a été écrit en octobre. Deux mois durant lesquels mon pauvre blog était mort.

[2] On est en mathématiques. Merci les informaticiens de ne pas me dire que 2+2 vaut vrai partout sauf en bash.

[3] Il a fallu que j'écrive la phrase pour réaliser que deux était en texte et en chiffre. C'est fou comme le cerveau arrive à ignorer ces fautes

lundi 17 juillet 2017

Comment écrire un sketch à la manière d'Arthur Milchior

Je ne vois pas trop pourquoi tu voudrais écrire un sketch à ma manière. Mais enfin, je te donne le schéma que j'utilise en ce moment. Parce que tout mes (3) sketchs finalisé, ainsi que ceux que je prévois de faire, sont basé sur le même schéma. Ce qui en soit ne me dérange pas, tous les sonnets ont le même schéma, ça n'empêche pas le style d'avoir eu du succès.

Introduction

D'abord, décider comment on se tient pendant le jingle/les applaudissements. C'est le premier contact avec le public qui ne me connait pas. Ça peut être, grave, sérieux, pour dire que ça va être un sujet important. Ça peut être scruter tout le public du regard, afin de signaler qu'on veut se connecter à lui...

En quelques phrases courtes, faire savoir ce dont on va parler. À ce moment là, on n'a pas encore vraiment établi de communication avec le public. On doit attirer leur attention pour qu'ils acceptent d'écouter. L'idéal, c'est à la fois de choquer, et de faire savoir qu'on sait que ça choque. Le choc garde l'attention, et dire que l'on saît que le choc existe évite d'installer de la distance.

Conclusion

Il semblerait que la règle soit de s'arrêter sur un éclat de rire. Je trouve ça triste, parce que je ne verrai jamais certains spectacles en entiers. Quand on arrive à une minute de la fin, si le public éclate de rire, l'humoriste s'arrête et salue. En effet, la dernière phrase du texte est certainement drôle, mais elle l'est peut-être moins que celle qui vient de déclencher cet énorme rire.

Comme je prétend avoir des idées, des informations, que j'ai envie de passer, je fais autrement. Je pense que, si le reste du sketch était bien, je peux me permettre de tenir l'attention du public une demi minute sans les faire rire. Essayer de passer une idée peu courante, enseigner un petit truc. Finir en disant que, finalement, ce sujet, c'est sérieux. On peut en rire, mais on peut aussi l'approcher de face, sans considérer qu'il ait quoi que ce soit de particulier. J'en veux pour preuve que, souvent, des spectateur/trice-s viennent me parler du sujet de mon sketch après. Soit ramener mon sujet à une expérience qui leur est personnelle. Soit me dire que c'est bien de parler de tel sujet. Quelque part, je trouve ça plus cool que quand on me demande si j'ai un spectacle, si on peut me voir quelque part. Parce que j'aime bien l'idée que le contenu passe avant ma personne.

Corps du texte

Ça, forcément, c'est le plus dur. Parce que la conclusion, il suffit d'avoir écrit son idée. L'introduction, c'est une phrase. C'est dur à trouver, mais c'est la base du métier d'humoriste. Le corps, il faut sélectioner parmi toutes les idées, faire un plan, et un tout cohérent. J'ai encore beaucoup de mal avec ça.

Mon but, plus précisément, c'est d'aller du début à la conclusion. À la fin de l'introduction, normalement, ils sont choqués. Ils sont sorti de leur habitude et ne savent pas ce qu'il y aura ensuite. Mon but après est de défaire ce choc, de garder le même sujet, mais en lui donnant l’apparence d'un sujet classique, d'un sujet dont on peut parler dans la vie de tous les jours. Simplement, le choc a attiré l'attention des spectateurs. La vie de tous les jours est moins captivante. Donc il faut que le cheminement de pensée soit assez rapide pour qu'ils n'aient pas le temps de s'ennuyer sur cette pseudo-vie-de-tout-les-jours. Il faut faire rire régulièrement, ou au moins les décontenancer. C'est à dire, rester dans la vie de tous les jours, et de temps en temps, faire un petit pas de côté pour dire: «ça ressemble à la vie de tous les jours, mais pas tout à fait, vous pouvez encore être surpris».

Ce dernier point, c'est clairement celui que j'ai le plus de mal à respecter pour l'instant.

Et le spectacle ?

Je ne sais pas comment je ferai quand j'aurai 50 minutes de sketchs. Car 10 sketchs de 5 minutes, 10 thèmes différents, ça fait énumération. Et de toute façon, je ne peux pas faire 10 introductions. Mais bon, ce problème, j'y réfléchirai plus tard.

mercredi 12 juillet 2017

Ce que m'a appris les cheveux longs

Petit historique de mes cheveux pour d'éventuels lecteurs de ce blog qui ne me verraient pas dans la vraie vie. En novembre 2011, je me coupe les cheveux très courts, pour un sketch à On n'demande qu'à en rire, où je joue un prisonnier. Je les ai laissé poussé jusqu'à juin 2016, où ils faisaient plus de 40cm. En juin, ils ont été coupé. Pour ceux qui s’inquiètent du gâchis, sachez que j'ai essayé de les vendre. Puis de les donner à solid'hair[1]. Une coiffeuse habilité solid'hair m'a engueulé car je ne prenais pas assez soin de mes cheveux, et les considère comme inutilisable. Finalement, une amie me les a coupé, elle tentera de les mettre sur un chapeau, car elle n'arrive pas à utiliser perruque et chapeau à la fois.

Voici donc quelques choses que j'ai appris grâce à ces cheveux. Et grâce à des expérimentations physiques plus ou moins liées. Déjà, contrairement à ce que tentent de faire croire Dixie et Tiny Kong, des cheveux longs ne permettent pas de voler où de ralentir une chute.

Difficile de changer d'avis

Depuis un moment, je ne gardais pas les cheveux longs parce que j'aimais les cheveux longs. Je les gardais, car j'avais peur de changer d'avis et de les regretter. D'ailleurs, je regrette, en y repensant, j'aurai bien gardé une toute petite tresse fine de cheveux, je trouve ça assez beau. Mais, hélas, c'est bien trop tard pour recoller les cheveux coupés. Et plus je les gardais, plus j'avais peur de les couper. Parce que, si je préfère les cheveux courts, alors c'est ridicule de ne pas les avoir coupé plus tôt. Alors que si je les gardais longs, personne ne saurait que je les préférait court. Plus ça allait, plus ma peur du ridicule m’empêchait de les couper. Car, malheureusement, les gens allaient forcément voir que j'avais coupé les cheveux, et m'en parler, moi qui déteste qu'on me signale que j'ai changé.

Je remarque aussi, ce que je savais déjà théoriquement, que des gens permettent de juger le changement que tu fais ou compte faire. Et que c'est assez désagréable, parce qu'alors, mon choix d'action ou d'inaction ne se fera pas que pour moi, mais prendra en compte ce que je m'attend à avoir comme retour de la part d'autrui. Ne serait-ce que la charge mentale de devoir décider si je répond ou non, et ce que je répond.

Entretien

D'abord, 40cm ou 0,5 cm, c'est une différence d'entretien énorme. D'ailleurs, je ne me suis pas encore réhabitué à diminuer la dose de shampoing, j'en gâche énormément ces dernières semaines. De temps en temps, j'aime bien prendre soin de mon apparence, pour des occasions particulières. Mais c'est un jeu, du déguisement, du maquillage comme dans les kermesse quand j'étais enfant. Je comptais aussi prendre soin de mon apparence pour draguer. Parce que, on ne sait jamais quand on peut rencontrer une personne intéressante[2]. Je suis maintenant sûr que, les cheveux longs, c'est un investissement en temps et en action beaucoup plus grand que celui que je suis prêt à mettre.

Pour dire ça autrement, je suis geek, je préfère largement la culture qui demande à s'entretenir le moins possible, à faire au plus rapide, pour garder du temps pour des activités intéressantes. Je suppose que, entretenir son look, créer des styles, pourrait être une activité intéressante[3], mais je ne m'y investissais pas assez pour que ça vaille le coup de garder les cheveux, avec lesquels de toute façon, je ne faisais rien de bien créatif.

De manière plus générale, ça m'a fait réaliser à quel point le physique se travaille. Je sais bien que, une belle apparence, le maquillage, être mannequin, c'est un métier. Mais mon instinct ne savait pas que, s'il voyait quelqu'un de sexy, ou de classe, ce n'était pas une caractéristique intrinsèque de la personne, mais le fruit d'une volonté de ressembler à ça. C'es absurde d'ailleurs, parce que ça me semble plus cohérent d'apprécier une personne pour ce qu'elle choisit de faire que pour ce qu'elle est par hasard. Mais l'attirance physique ne fonctionne pas comme ça, pas logiquement. C'est comme quand tu apprends à bricoler. Avant de savoir bricoler, tu vois des meubles, le mur, les portes, comme un tout fonctionnel. Puis tu apprends comment c'est créer, et quand tu regardes attentivement, tu vois que chaque objet est composé de plusieurs morceau, chacun ayant été fait d'une façon précise. Façon que tu ne connais pas, en général. Mais finalement, t'as pas un objet «placard à porte coulissante», mais tu as tout un tas de petit objets, qui tiennent ensembles. Et j'ai l'impression que c'est de la triche, le placard où la «personne sexy» n'existent plus.

Féminité

Pendant quelques temps, je m'amusais à ne m'occuper que du côté gauche de moi-même. Je le rasais, mettait du vernis sur les ongles de la main gauches, .... Des gens ont cru que je voulais faire mi-homme, mi-femme. Alors que à la base, je voulais faire juste moitié entretien, moitié naturel. Ça m'a vraiment fait réalisé à quel point, être «féminine» prend du temps et était lié à des actions.

Quand je suis entièrement rasé, on me disait madame. Ma voix n'étant pas très masculine, certaines personnes ne se corrigeait pas. Je suis donc sûr que je suis totalement indifférent au fait qu'on me dise monsieur ou madame. Qu'on me parle au féminin ou au masculin. Que, être considéré comme un homme, n'est pas quelque chose auquel j'attache de l'importance. Pour l'anecdote, un soir, j'étais avec deux hommes trans, et une personne non-binaire, et l'on m'a interpellé en me disant «madame». Tant qu'à mégenrer quelqu'un, je trouve assez drôle que ça tombe sur moi.

J'assume ondar

Ce point semblera probablement très étrange. Mais couper mes cheveux veut dire que j'assume d'avoir fait «On n'demande qu'à en rire». C'était là la dernière fois où l'on m'avait coupé les cheveux, et le moi au cheveux court était celui qui avait été vu par plus d'un million de gens. Je ne suis pas très fier de mes passages. Et surtout, avec la télé, des gens te reconnaissent dans la rue. C'est un truc dont Palmade, Robin, Desproge, Dédo[4], Patrick Sébastien,Serge Lama ont parlé sur scène, ce que ça fait quand on te reconnait. Mais c'est un truc que je n'ai compris qu'une fois que je l'ai moi-même vécu. J'ai rit aux sketchs de ces humoristes[5], parce que l'on voyait bien que les gens qui parlent aux humoristes sont des crétins. C'est drôle les crétins. Mais je n'ai vraiment pu commencer à comprendre ce que vivait ces gens qu'en le vivant à mon tour. Et c'est vraiment pas quelque chose d'agréable. Surtout quand tu sais que les gens te connaissent pour une création que toi même tu n'apprécies pas. Donc, j'avais besoin d'avoir un physique différent de celui d'ondar.

Aujourd'hui, que je reprend petit à peu la scène, le stand up, que j'ai changé de style, que j'écris des choses dont je suis content, j'arrive à assumer les erreurs passé, à assumer ondar comme une bêtise de jeunesse, et donc à réavoir les cheveux courts.

Notes

[1] Ce n'était pas mon premier choix. Parce que Solid'hair ne donne pas mes cheveux, mais les revends. Puis utilise cette argent pour rembourser des perruques de cheveux à des personnes cancéreuses. Or, si je devais décider de donner de l'argent à des malades, je préférai que ces gens soient libre de choisir le meilleur usage pour l'argent.

[2] En fait, si. Statistiquement, ces rencontres ont lieu, pour moi, au café poly.

[3] J'ai tenté de lire des sites et livres d'introduction à la couture, parce que ça pourrait être marrant de savoir me créer des costumes fantaisiste, et pas juste des t-shirt à gags. Mais tout ce que j'ai trouvé supposait que tu avais déjà une machine, et quelqu'un pour te montrer les bases avec la machine. Ce qui gâche un peu l'intérêt des livres.

[4] Bon, lui, c'était sur facebook; mais c'est similaire.

[5] Sauf pour Serge Lama, qui a écrit «être star» qui n'est pas drôle.

lundi 10 juillet 2017

Comment ne pas me demander de relire

J'ai relu des textes pour pas mal de gens. Je ne relis pas l'orthographe, cela va sans dire. Mais j'ai eu l'occasion de relire des textes de saga mp3, de la vulgarisation scientifique, des articles de recherche... Il y a deux actions, si vous les faites, j'arrêterai de relire pour vous:

Partie incompréhensible, ambiguë

Si je vous dit que je ne comprend pas une partie d'un texte, et que vous m'expliquez ce texte, j'arrête de relire. Vous ne serez pas là pour expliquer cette partie du texte à tout vos lecteur/rice-s. Si je ne comprend pas, soit je suis trop bête pour votre texte, et dans ce cas, c'est une erreur de m'avoir choisi comme relecteur. Soit vous avez expliqué de manière ambiguë, et c'est votre boulot de corriger. Soit vous cherchez à ne pas être clair - ça peut être le cas pour l'intrigue d'un roman, qui doit laisser planer un doute, ou parce que l'explication 100% explicite est trop technique, dans ce cas, c'est à vous de décider si vous rendez ça plus clair, si vous prévenez les lecteur/rice-s que le manque de clarté est normal.

L'unique exception que j'accepterai est: «ok, c'est pas clair, je corrigerai ça. Pour que tu puisses comprendre la suite, sache que ce que j'avais voulu dire, c'est : (mettre ici une explication orale de ce qu'il fallait comprendre) »

Expertise

Si vous venez me voir parce que j'ai des connaissances sur un sujet, et que je vous dit que quelque chose n'est pas correct, ne venez pas m'expliquez que, si, c'est correct. Soit vous acceptez mon expertise, soit vous n'avez aucune raison de me faire relire dès le départ.

Ainsi, j'ai suggéré à un youtubeur de changer le terme «sexualité» pour «orientation sexuelle». Il parlait de l'homosexualité dans le jeu vidéo. Et dans tout ses exemples, ce qu'on sait, c'est:

  • avec qui les personnages sont en relations,
  • qui est attiré par qui.

Par contre, on ne voit pas les personnage avoir de rapports sexuels. Donc, utiliser le terme sexualité, ici, entretien la confusion entre l'acte et la relation de couple. Je ne dis pas que ce youtubeur est homophobe parce qu'il emploie le terme sexualité, je ne l'aurai même pas repris dans une conversation de la vie courante. Mais, puisqu'il me demandait mon avis sur son texte, je tentais d'améliorer les détails qui me semblent améliorable.

Il me répond:
-Je ne veux pas encourager les gens à l'hyper catégorisation non plus
(Ici, je tente de mieux expliquer le point que j'ai donné plus haut)
-Je ne parle pas de catégorie je parle d'hypercatégorie. Par exemple, vouloir fermement éviter le mot "sexualité" et tenir à l'introduction d'un nouveau terme, j'estime que c'est de l'hypercatégorisation.
Il n'apporterait rien de plus, sinon le plaisir de créer une case supplémentaire»

Ici, je ne comprend plus du tout la raison pour laquelle on m'a demandé de relire le texte de départ. J'ai laissé tomber.

Généralisons

Je dirai plus généralement que, si votre but, c'est d'obtenir une validation de votre texte, alors demandez «est-ce que tu aimes/valides ou pas». Ne demandez pas une relecture. C'est une perte de temps, pour moi, qui prend le temps de noter des détails et de réfléchir à ne pas laisser passer des choses que je n'aurai pas vu en lecture plus passive. C'est une perte de temps pour vous qui lisez ma réponse et contre-argumentez.

mardi 20 juin 2017

Les coming-outs que l'on me fait

Je m’entraîne à refaire des billets courts.

Beaucoup de gens m'ont fait des coming-out (CO), confidentiels, à ne pas répéter. Ce qui est flatteur, parce que c'est un signe de confiance. J'ai quand même une interrogation.

  • Il est assez cohérente que des gens m'aient dit se questionner sur polyamour, ou sur le couple libre, ou encore vouloir découvrir le shibari. Pour un-e habitué de ce blog, il n'est pas un secret que je m'intéresse et pratique cela.
  • Des gens m'ont aussi dit se questionner sur leurs genres - alors que je suis cis. Ou encore sur la manière d'agir avec un-e proche qui se questionne sur leur genre. Des femmes m'ont aussi fait des CO en tant que lesbiennes ou bis - en me demandant des conseils sur le fait de draguer des filles - alors qu'à l'époque je me disais gay ! Je peux vaguement comprendre, parce que je parle régulièrement des sujets LGBT, et semble m'y connaître un peu. De fait, j'ai pu les rediriger vers des gens plus à même de répondre à leurs questions. Mais c'est assez surprenant pour moi, parce que ça semble indiquer que ces gens, faisant leurs CO, n'avaient personne de concerné autour d'eux. À cause de mon entourage, rempli de gens concernés par ces questions, j'ai l'impression que des LGBT, il y en a partout. Et, dans tous les cas, comment un gay est sensé savoir comment une femme doit s'y prendre pour draguer une femme ?

Par contre, aucun homme ne m'a jamais fait de CO confidentiels homo ou bi. Il y a des mecs que je sais être homo, bi ou pan, mais ce n'est pas confidentiel, je le sais parce que c'est connu de tout le monde. Par exemple parce que tout le monde sait qui sont leurs conjoints ou leurs exs. Mais des gens qui doutent, qui se questionnent, qui veulent en discuter, ça n'est jamais arrivé.

  • Peut-être est-ce de la timidité, car ils auraient peur que je prenne ça pour de la drague.
  • Peut-être qu'ils ont peur que je les drague. Peur pas totalement injustifié par ailleurs, je me met assez facilement à draguer. Cependant, je trouverai que c'est de très mauvais goût dans ce cas là. Parce que ça serait profiter d'un moment de doute, d’interrogation, bref, de la confiance d'un autre. Après tout, s'il vient pour de l'aide, théoriquement, il est beaucoup plus sensible au suggestion qu'on peut lui faire.
  • Peut-être que plus aucun homme n'a besoin de discuter pour l'aider à avoir des réponses concernant son orientation sexuel/romantique. Ou alors tout simplement qu'ils ne savent pas se confier.

lundi 12 juin 2017

Est-ce que je n'ai pas mieux à faire que les Interventions en Milieu Scolaire contre les LGBTphobies

Ceci est le billet que je procrastine depuis le plus longtemps. Est-ce que je n'ai pas mieux à faire que les Interventions en Milieu Scolaire contre les LGBTphobies (IMS) ? J'ai beaucoup tardé à l'écrire car j'ai très peur de la conclusion qu'aura cette réflexion. J'ai fait 155 IMS, une dizaine d'intervention et formation pour adulte (IFPA), près de 300 heures à animer des formations, sans compter les[1] centaines d'heures de transport, formation, lecture, et toute l'écriture au sujet des IMS et IFPA. Si ma conclusion devait être que c'est du temps qui auraient pu être utilisé bien plus efficacement, ça serait dur de faire le deuil de ce gâchis. Heureusement pour moi - je spoile la fin - j'ai pas réussi à trouver de conclusion. Dans ce billet, j'ai réussi à écrire et détaillé la problématique, et c'est déjà ça.

Bien sûr, c'est plus simple d'écrire ce billet aujourd'hui, parce que je vais bientôt arrêter les interventions en milieu scolaire (IMS) contre les LGBTphobies. Parce que je vais avoir 30 ans, âge limite pour être bénévole au Mag jeunes LGBT. Parce que je partage l'opinion du mag: il vaut mieux laisser des plus jeunes parler aux jeunes.

Il est impossible de répondre à la question posé dans ce billet sans dire quel est mon but. «Mieux à faire» n'existe pas tout seul. Mieux à faire pour atteindre un but précis, la question a du sens. Elle est très compliquée, mais sensée.

Point de vue égoïste

Considérons d'abord un point de vue égoïste. Les effets qu'on les IMS sur moi.

Les conséquences des IMS sur ma vie sont excellentes. Par exemple, j'ai expliqué que je dois indirectement aux IMS d'avoir rencontré la personne avec qui je suis en relation depuis le plus longtemps. Cependant, vu que c'est arrivé totalement par hasard, je ne compte pas ceci comme une justification des IMS.

Avant de m'intéresser aux IMS, je comptais participer à TALENS et aider des jeunes, prometteur mais pas aidé, à rejoindre les classes prépa, et donc les grandes écoles. Ça m'intéressait beaucoup plus, parce que c'est très motivant de faire découvrir les maths à des gens vraiment intéressés ! Je n'ai pas pu le faire, car je sentais que je n'avais pas le niveau en physique, et surtout aucune écoute ou soutiens de la part de TALENS à ce sujet. À fortiori, j'ai eu énormément de chance. J'ai des potes à TALENS, qui aident bénévolement aux devoirs, qui luttent contre l'illettrisme. C'est tout un tas d'activités bénévoles tout à fait admirable, mais aucun-e n'a autant d'anecdotes que moi.

Le premier avantage des IMS, c'est que ça se renouvelle beaucoup, et qu'il est rare que je sorte d'une IMS sans 3 ou 4 anecdotes intéressantes. Ce qui signifie que j'ai souvent l'occasion de parler de ce que j'ai vu. Et sous prétexte de témoigner, de faire un état des lieux de ce qu'on entend en lycée. Sous prétexte de permettre à des gens de réaliser ce qu'est la LGBTphobie aujourd'hui, je rappelle souvent aux gens que je suis bénévole, et que je fais des trucs biens. Parfois, je n'ai même pas besoin de leur rappeler, des potes me demandent quels sont les derniers trucs que j'ai entendu là. Finalement, je le signalais déjà il y a 3 ans, cela fait 3 ans que je me contente de prendre des compliments, en faisant le faux modeste et en prétendant qu'ils ne sont pas mérités.

Quitte à parler des anecdotes, il y a encore plus efficaces: mon témoignage youtube. J'ai plusieurs milliers de vues, un article sur yagg. Automatiquement, j'augmente d'autant ma notoriété. Deux articles sur yagg sur mon travail, ça peut commencer un dossier de presse; si j'ai un one-man-show où je parle de LGBT, ça me facilitera la démarche de les contacter et de leur demander de parler de moi. Certes, des milliers de vues, c'est une petite notoriété, mais pas si petite que ça si on compare au nombre de gens qui s'intéressent vraiment aux LGBTphobies. Donc je tombe régulièrement sur des gens qui connaissent cette vidéo, parfois sans me connaître moi. D'ailleurs, une de mes relations m'a connu via cette vidéo avant de me connaître en personne. Au point où j'en suis, va pour le name dropping. Un compliment en message privé de Guillaume Meurice, c'est super flatteur. C'est un humoriste que j'admire énormément.

Enfin, puisque je candidate comme enseignant, 6 ans d'expériences d'interventions devant des élèves, c'est un plus sur le CV. Même si je ne suis pas certains que c'est LA ligne qui fera la différence.

L'efficacité contre les LGBTphobies.

Maintenant que je me suis bien descendu en montrant que je suis un monstre d’égoïsme hypocrite, je vais commencer la partie effrayante du billet. Se demander si c'est efficace pour le but que je veux atteindre.

D'où me vient cette question

À la base, la question me vient de mes lectures sur l'effective altruism, mouvement propagé par pas mal d'aspirants rationalistes que je suis. Mais, pour être honnête, la question a vraiment pris tout son sens pour moi un jour très précis. Ce jour là, je co-animais pour SOS homophobie une formation aux LGBTphobies à destination de fonctionnaires, qui seront eux même formateurs à la diversité dans leurs administrations respectives. Cette formation était à 9h30 du matin et devait durer 2 heures. Et surtout, elle était à Nantes, alors que je suis parisien. Je me suis retrouvé à la faire parce que personne de proche n'était disponible. Depuis 2013 et la loi du mariage pour tous, SOS homophobie - et les assoces LGBT en général - ont été déserté. J'ai donc accepté de prendre le train de 6 heures du matin, me faire deux fois 3 heures de train dans une journée, et avancer le billet de ma poche[2]. Une fois arrivé au centre de formation, à 9h45 (le train a été détourné, travaux sur les voix), je découvre avec horreur que le président du centre de formation fait un discours. Nous avons 20 minutes sur l'importance de la diversité, et d'accueillir tous les citoyens comme des égaux. Puis 10 minutes sur la nouvelle plateforme qu'ils ont mis en place, qui est amené à évoluer. Bref, un forum et un système de partage de fichier en intranet. Pour couronner le tout, il s'en va; il explique qu'il est trop occupé pour rester à la formation...

Là, je me suis vraiment demandé si ce que je faisais à le moindre intérêt. Pas immédiatement, puisque à ce moment là, je commençais à me demander à animer une formation, dans un format nouveau pour moi, et qu'il fallait décider en direct quel demi heure on retirait du planning. Mais rapidement, une fois la formation finie, épuisé mentalement par le fait d'argumenter sur des sujets nouveau pour moi[3], et physiquement par le fait que j'ai peu dormi, je me suis demandé si ce que je faisait avait de l'intérêt.

Selon les gens qui nous ont invité, c'était intéressant: ils ont dit qu'ils referraient appel à nous. En ce qui me concerne, j'ai décidé de plusieurs conditions: ILS payent le billet de train. Un mois pour se faire rembourser, c'est long. Et on demande à notre contact s'il est possible de passer un mot au président, afin qu'on commence à l'heure. Parce que, deux heures, c'est trop court. La formation des intervenants de SOS homophobie dure 3 demies journée, sans compter les observations. Mais si en plus on perd deux heures, on ne peut même plus couvrir autant que ce que l'on couvre avec des élèves, c'est un comble.

Selon les gens formés, c'était intéressant. On a pu parler au déjeuner, ça permet quelques retours, puisqu'on passe de la position de formateur a une position d'égalité. Certains nous ont demandé comment nous faire venir dans leurs administrations respectives, ce qui est positif[4]. On a aussi eu des questions plus personnelle, du style: comment j'explique l'homosexualité à mon enfant.

Dans tous les cas, j'espère qu'on a pu faire passer quelques notions: par exemple, même s'il leur est administrativement/informatiquement impossible de mettre dans les documents officiels autre chose que le genre indiqué sur les papiers officiels, au moins quand ils sont en face à face, d'humain à humain, dans une démarche de vivre ensemble et d'inclusivité, alors ils peuvent dire Monsieur/Madame si la personne dit être un homme/une femme, indépendamment de ce que le papier indique. On a aussi pu leur enseigner un outil qu'ils pourront utiliser dans les formations que eux animeront: le mur des insultes. Cela consiste en demander aux gens formé d'énumérer les insultes (LGBTphobes) qu'ils connaissent, et commenter avec eux ces insultes, voir ce qu'elles cachent, quels message sont envoyé derrières. Tout ça pour dire, cette heure et demi n'a pas été totalement inutile. Il y a sûrement un petit progrès, et, avec un peu de chance, celui ci se répercutera sur les gens formé par les gens qu'on forme. De là à dire que ça vallait l'effort que j'ai fait, je n'en suis pas certains.

Mais même si ce n'est pas inutile, je pense que j'aurai pu faire plus efficace pour les LGBTphobies ce jour là. Par exemple, en ajoutant le texte français de Shades of A sur les pages de Shades of A, et en ayant une bd de plus, en français avec des persos principaux ace, NB, et s'intéressant au consentement. J'aurai peut-être pas fini toute la bd, mais j'aurai bien avancer, et ça pourrait parler à énormément de gens non anglophone.

Où est la limite ?

Maintenant que j'ai admis que je n'étais pas prêt à payer n'importe quel coût en temps pour une activité contre les LGBTphobies, il reste la question de savoir quel limite je mets. Comment choisir cette limite. Et la même question se pose concernant mon auto-formation. Deux formations par ans sont obligatoire pour rester intervenant au MAG, et c'est cool. Même si ça veut dire que les nouveaux/elles interviennent sans avoir suivi des formations sur la totalité des sujets dont on parle. Je fais donc ces formations.

Mais, dois-je continuer de me former par moi même ? Par exemple, quand je lis «les LGBT disent ce truc, et c'est *phobe», je vais quasi-systématiquement lire. Parfois, moi même, je dis ce truc. Je ne suis pas d'accord sur le fait que j'ai été *phobe quand j'ai utilisé ce mot, si j'étais simplement ignorant. Par contre, ça serai surement *phobe si je continuais de le dire après avoir été prévenu. Il suit parfois que je décide de changer ma façon d'exprimer une idée. Par exemple, puisqu'on parle de sexisme et d’identités de genre, je précise maintenant que certains avantages/discriminations seront lié à la manière dont on est perçu, et non pas au genre qu'on ressent. Par exemple, il ne suffit pas de se déclarer NB pour subir/ne plus subir le harcèlement de rue. Parce que ça répond à un argument classique contre la non-binarité, disant que ce concept s'oppose au féminisme et tente de rendre invisible la discrimination sexiste. Seulement, c'est un détail auquel à peu près aucun-e élève ne pensera durant les IMS; rajouter une phrase de ce genre ne changera pas le souvenir que les élèves auront de l'IMS, ni l'effet que cette IMS aura sur eux/elles. Donc cette auto-formation n'a finalement eu aucun effet notable dans la lutte contre les LGBTphobies ou le sexisme.

Je vais généraliser encore plus. On a deux heures avec une classe. On pourrai certainement parler 5 heures sans se répéter tellement il y a de sujets qui nous semblent pertinents. Alors on s'adapte, selon ce qui semble important à tel ou telle intervenant-e, selon les questions/réactions des élèves. On peut se demander ce qui est un changement important, ce qu'il faut rajouter. Et par conséquent ce qu'il faut virer aussi. Ce ne fait pas forcément de grand changements de rajouter un nouvel exemple de sexisme, de rajouter un nouveau témoignage qu'on répète[5]. Donc, est-ce vraiment utile de chercher de nouvelles choses à raconter, quand l'effet sera peu différent finalement ? Je n'en suis plus sûr.

Mais je ne suis pas sûr que, rajouter de nouveaux sujets ne soit pas important. Parce qu'on a rajouté des sujets importants. Et je ne suis pas sûr qu'on sache en avance ce qui était important et ce qui ne l'était pas. Par exemple, c'est un changement important d'ajouter d'autres identités. Parce que l'on parlera à des gens concerné, qu'on aidera certains à se découvrir, parce que d'autres, qui se sont déjà découvert, apprécieront qu'un groupe, approuvé par leur école, par les officiels, leur disent que leur identité est valides. J'ai vraiment découvert l'importance de ces sujets quand j'ai eu des élèves qui nous ont fait par de leur impression. Des élèves concernés par les sujets qu'on aborde, ou qui ont de très bons amis concernés. En tout cas, des gens pour qui c'est important. Et pour qui, c'était très important d'entendre quelqu'un dire ça a haute voix, de manière officielle, en dehors des groupes de potes. À titre personnel, c'est une sensation bizarre, parce que tout le monde se fiche que Arthur Milchior dise à haute voix un truc ou un autre. Ça me force à réaliser que je ne suis pas «Arthur Milchior», je suis «Arthur, intervenant du MAG jeunes LGBT». Et parfois, ces élèves trouvent extrêmement important aussi que leurs camarades de classes entendent ce que le MAG jeunes LGBT a à dire[6].

Parler des IMS

Une chose qui me prend beaucoup de temps, c'est l'écriture. Témoigner des vécus des IMS, ça prend un quart d'heure en plus par IMS. Le témoignage en audio, texte, ça m'a pris environ 65 heures. Ce billet est le 28ème sur ce blog dans la catégorie IMS[7]; avant relecture, il m'a pris 6 heures à écrire - sans compter tout le temps où il a traîné dans ma tête. Comme beaucoup de gens qui écrivent, je considère qu'écrire me fait du bien. Que ce soit des idées ou des propos d'élèves, ça me trotte en tête. Coucher le texte par écrit permet de me débarrasser de ce qui encombre mon esprit. Et de le retrouver plus tard si j'en ai besoin. Ça me permet surtout d'avancer dans ma réflexion, celle ci est bien plus précise, claire, et détaillée quand j'ai finit un billet de blog. Coucher par écrit me permet de formaliser et expliciter mes pensées. Et une fois que c'est fait, qu'elles ne bloquent plus mon cerveau, je peux en tirer les conclusion qui s'imposent à moi.

Simplement, tout ça, c'est des raisons égoïste d'écrire. Ce n'est pas une raison de publier, de rendre public. Je publie, parce que ça me donne une raison pour écrire, je ne prendrai pas le temps de le faire si je ne savais pas que j'avais le blog pour finaliser mon texte. Mais, surtout, mon excuse habituelle, c'est que j'ai convaincu des gens de se lancer dans les interventions, ou dans le bénévolat. J'ai poussé des profs à faire venir des associations dans leurs classes pour parler de ce sujet. Et comme j'ai convaincu plusieurs personnes, je suis une étape d'un processus d’expansions exponentielle... pas super efficace, parce que la plupart des mes enfants spirituels ne parlent pas autant des IMS que moi, et donc ne propagent pas la contamination. Remarquez que, d'un point de vue égoïste, ça m'arrange, parce que ça pourrait rendre mes témoignages moins uniques.

Enfin, récemment, je publie aussi pour partager mes reflexions avec d'autres intervenant-e-s. Peut-être ont ils eu les mêmes problèmes, les mêmes questions et questionnement que moi. Peut-être pas. Mais j'espérai que ça les aide dans leurs IMS. J'espérais aussi qu'ils me donnent leurs avis sur mes reflexions. Concernant le premier espoir; j'ignore si mes billets aident les intervenants, mais en tout cas mes réflexions intéressent d'autre gens. Parfois on me le dit, où je le vois quand on partage mes billets. Concernant le deuxième espoir, malheureusement, je n'ai été que déçu. Je n'ai pas eu de retours. Des intervenant-e-s m'ont confirmés qu'ils avaient lu les billets que je partageai aux membres des IMS. Certain-e-s m'ont discutés entre eux. Un-e intervenant-e m'a même dit qu'on lui a dit du bien de mes billets et qu'il faudrait qu'il prenne le temps de les lires. Mais ça n'est pas encore aller jusqu'à m'apporter un retour qui ferait avancer ma réflexion.

Mesurer l'efficacité

Mon énorme regret, en tant que scientifique, c'est que je ne sais pas comment on pourrait mesurer l'efficacité des IMS. Depuis que j'ai commencé, le but est de lutter contre l'homophobie. Ça semble très dur de mesurer l'efficacité. Parce qu'on ne cherche pas à obtenir des changements en deux heures. D'ailleurs, au moins un intervenant nous a quitté parce qu'il ne voyait pas de changement entre le début et la fin de l'IMS[8]. De plus, on n'a pas de suivi à long terme. Ça serait cool de faire un questionnaire, un an après, pour demander aux élèves comment ils ont évolués. En pratique, ça semble impossible à faire. Même en supposant qu'ils soient tous toujours dans le même établissement, les classes se re-mélangent. Les profs ont autre choses à faire. Et la plupart des élèves auront oublié notre existence - en gros. On pourrait demander aux profs/surveillant s'ils ressentent un effet sur les insultes/moqueries remarqué dans les cours de récréation, mais ça leur demanderait un gros travail, pour conscientiser des choses auxquels ielles ne font pas nécessairement attention. Le risque de biais serait gigantesque.

Depuis, on a rajouté comme but de lutter contre les BTANb+phobies... ça serait encore plus dur à mesurer, il y a peu d'insulte asexuel/aromanticophobe. Aujourd'hui, le but officieux est beaucoup de parler aux jeunes LGBT+ perdu au milieu de la classe, et de leur envoyer un message positif. Puisqu'il y a pleins d'élèves dans le placard, ou en questionnement, il est impossible de leur demander vraiment de s'outer. Même sur les questionnaires anonymes, ils n'ont pas de garantie de l'anonymat, peut-être qu'un-e voisin-e jettera un œil, que le prof reconnaîtra l'écriture en nous piquant les feuilles.

Choisir le sujet sur lequel je bénévole

Cette troisième partie est LA partie dont je voulais parler, celle qui m'a fait tant hésiter à commencer ce billet. J'ai peur qu'elle ne soit peu clair si vous n'êtes pas habitué à la notion d'effective altruism. Je suis encore en train de me renseigner, petit à petit, à ce sujet, je ne suis pas encore très clair sur ce que j'en pense, mais je suis déjà globalement convaincu.

Officiellement, le ministère a autorisé les IMS pour lutter contre l'énorme taux de suicide chez les jeunes homos. Les IMS existaient déjà avant l'autorisation officielle, mais n'étais pas explicitement conseillées aux professeurs. Simplement, si le but est de lutter contre le nombre de mort, il semblerait qu'il y ait bien plus efficace, à l'aide de moustiquaire, qui aident à éviter à la malaria de se rependre. Si mon métier me permettait de faire des heures supplémentaires, est-ce qu'il ne serait pas plus efficace que je gagne un maximum et donne aux association qui s'occupent de ces moustiquaires ?

Simplement, je n'ai pas le droit aux heures supplémentaires[9]. Je ne peux donc pas me dire que le temps passé en IMS m'empêche de gagner des sous à donner pour une cause efficace. Sauf à considérer changer de boulot pour un qui paye plus, mais ça commencer à devenir carrément hors sujet.

Un jour, un homme assistant à une de mes interventions nous a signalé que c'était égoïste de s'occuper de l'homophobie, alors qu'il y a tant de racisme. C'est pas faux, j'estime que tout sujet mérite des interventions, mais je n'en choisi qu'un seul. Et je le choisi parce que j'en suis plus proche, c'est donc égoïste... Enfin non, officiellement en IMS, on porte aussi notre témoignage, donc j'apporte aux IMS quelque chose que statistiquement peu de gens peuvent apporter. Il est donc sensé que je privilégie cette activité.

Le raisonnement que je défends au paragraphe précédent tiendrait s'il y avait un surplus de bénévole. Si toutes les associations avaient plus de bénévoles que nécessaire, et que ma présence contribuait simplement à alléger la charge de travail des autres bénévoles, alors il serait vrai que choisir l'action la plus simple pour moi est un bon choix. Simplement, beaucoup d'associations manquent de bénévoles, et il n'est pas évident du tout que toutes les actions soient aussi efficaces. En tant qu'aspirant rationaliste, en tant que personne qui aimerait être convaincu qu'il agit pour faire des bonnes actions, et pas seulement pour donner une bonne image, alors j'aimerai savoir si j'agis vraiment pour le but le plus utile qui soit, - au moins parmi les buts pour lesquels je peux agir. Et je n'en suis pas sûr du tout.

Par exemple, une amie prof m'a indiqué qu'elle a vu une association intervenir en se centrant sur la notion d'identité. Ce qui permet de parler de discriminations en général, et - théoriquement - évite de devoir faire venir une assoce par sujets. Ça donne aux élèves des clefs pour réfléchir en général, et pouvoir appliquer ces réflexions à de sujets qui apparaîtront plus tard, au lieu de juste entendre des témoignages très particuliers. Peut-être que c'est eux que j'aurai du rejoindre, que c'est eux qui ont raisons, et que c'est l'action la plus efficace. Certes, ils ne luttent ainsi que contre les discriminations explicites, contre la discrimination par action, ça n'aborde pas l'hétérocentrisme ou l'outing par exemple. Mais après tout, en IMS, on aborde rarement ces notions, par manque de temps, et parce que ce n'est pas abordable quand il y a beaucoup d'homophobie explicite.

Peut-être qu'on serait plus efficace en enseignant des modes de réflexions, qui pourront être utilisé pour découvrir ses préjugés par soi même. Par exemple, j'ai eu la discussion suivante:
-Les homos sont efféminés.
-Comment tu le sais ?
-On le voit, dans la rue.
-Tu vois quoi ?
-Des mecs efféminés dans la rue.
-Comment tu sais qu'ils sont homos ?
-Ça se voit.
Il y a un biais de confirmation, et un résonnement très mal fondé. Apprendre ces notions, réussir à montrer aux gens à quels points elles sont importantes, pas uniquement pour la science, mais pour la vraie vie, ça serait super important. Peut-être que ça serait une meilleure utilisation de mon temps. Peut-être aussi que les lycées ferait moins appel à nous, réduisant d'autant l'efficacité de la démarche.

Finalement, je n'ai pas de réponse

Je m'arrête ici, je pense que j'ai rendu mon interrogation aussi clair que possible. Je ne sais comment mieux la formuler, la formaliser. Je ne sais comment conclure. Je suppose que, pour l'instant, je continuerai par habitude. Je ne suis pas sûr d'en être heureux.

Notes

[1] Au moins deux.

[2] Billet dont j'attend toujours le remboursement un mois plus tard.

[3] Un exemple: certains se plaignaient qu'un contractuel est trans, mais ne leur a pas dit à l'entretien d'embauche. C'est un boulot physique, où ils ont uniquement des douches communes pour hommes, et donc ils ne voulaient embaucher que des contractuels hommes, parce qu'ils n'ont pas la place ou les moyens d'installer de nouvelles douches. Et donc ils ont du faire des douches à des moment séparé, perturbant le travail. Y a énormément de trucs à répondre à ce sujet, je suis vraiment pas habitué, et pas spécialiste en droit du travail dans la fonction publique.

[4] Ou alors, on peut aussi considérer que c'est la preuve qu'on ne va pas assez loin, et qu'on reste dans ce qui est socialement acceptable au lieu de dire les vrais revendications.

[5] Parfois, on est forcé de répéter les témoignages, parce que personne de concerné n'est présent dans la salle de classe. Mais ces témoignages répétés sont bien moins parlant que les témoignages en face à face.

[6] J'ai souvent l'impression que ces élèves sont persuadés de n'avoir rien à apprendre. Ce que je trouve assez mignon.

[7] Et je crois que j'arrive à peu me répéter. Ce qui a probablement un coût en lisibilité, puisque j'ai tendance à renvoyer vers les anciens billets plutôt qu'à réexpliquer les idées qui sont communes à deux billets. Et que la majorité des gens lisant actuellement ce billet n'ont probablement pas lu les billets d'il y a trois ans.

[8] Anecdote vaguement liée: j'ai participé à un projet de recherche européen en science de l'éducation. Il s'agissait de médiation scientifique à l'aide du théâtre auprès d'un public de collégien. Ils avaient l'obligation dans leur projet d'intervenir avec des jeunes chercheurs (bénévoles) en science dites «dur». J'ai accepté de participer, aimant bien la science et le théâtre. Ça a été un désastre, j'avais 1h30 de transport aller, et le 1er jour, j'ai passé 10 minutes avec les collégiens. Le 2ème jour, on m'avait dit que j'aurai plus d'interactions, effectivement, j'avais trois fois 5 minutes avec trois groupes.... Je les ai abandonné. Le côté comique, c'est que un des responsable du projet était l'ancien intervenant, celui qui nous a abandonné par manque d'effet des IMS; il m'a même avoué après qu'il savait que le projet était pourri, mais qu'il avait besoin des bénévoles que nous sommes pour avoir les sous de l'Europe, c'est pour ça qu'il a quand même fait appel à nous.

[9] J'ignore les scènes ouvertes et plateau, où le public met dans un chapeau, que les artistes se partage. J'y gagne en général moins de 10 euros.

samedi 10 juin 2017

Comment vous réussissez à affirmer: «Ne faites pas ça»

Comment vous faites pour avoir des certitudes sur la façon correcte d'(inter)agir avec d'autres humains ? Qui plus est sur la façon dont les autres humains doivent interagir entre eux ?

En vrai, je ne sais pas qui me lit, qui a des certitudes. Mais je sais que plusieurs potes me lisent, et plusieurs potes ont des idées très tranchées sur ce qui est correct ou non. Un peu comme les manuels de savoir-vivre, mais adapté à une époque qui prônent la liberté et l'égalité. De ce que j'en comprend, l'étiquette, telle que décrite dans le manuel de savoir-vivre, sert à envoyer le message «je suis de votre monde». Une sorte de code, pas secret, mais qu'il faut avoir pratiqué et travaillé, afin de montrer qu'on est prêt à s'intégrer dans un monde dont on ne remet pas en cause les règles. Cette étiquette a un sens - je ne l'apprécie pas, mais le comprend. On dit «il faut faire ceci», et la règle se justifie elle-même.

Mais, quand son but est de changer une partie du monde, parce que celui-ci nous ignore ou nous rejette, je ne comprend plus le sens de ces certitudes. J'ai énuméré récemments quelques certitudes avec lesquels j'étais en désaccords; plusieurs personnes me disaient que j'avais l'air énervé; je crois que «exasépéré» serait plus juste. Parce que, et c'est le sujet de ce billet, je ne comprend vraiment pas. J'ai lu des gens pour qui il était clair qu'il fallait (ne pas) ajouter certains groupes aux LGBT/queers, j'ai heureusement lu quelques avis plus modérés, dont le mien[1].

Enfin, j'ai lu que certains termes ne doivent pas être employés. C'est l'exemples dont je me servirai dans ce billet. Il ne faut pas utiliser le terme féministe si l'on est un homme, mais préféré proféministe. J'ai aussi lu qu'il fallait bannir le terme proféministe, et qu'on était féministe ou rien[2]. J'ai lu qu'il ne fallait pas employer les termes polygame, pédé, homosexuel, homoflexible, transexuel, xénogenre, nègre. Parfois, simplement accompagné de l'explication: c'est polyphobe, homophobe (deux fois), biphobe, transphobe (deux fois), raciste. Ce qui est un peu court comme explication. C'est suffisant pour faire comprendre à la personne ayant employé ce terme qu'iel ne sera plus le bienvenu si iel le réemploi, et qu'il risque d'y avoir des conséquences. Que ça soit une engueulade, l'expulsion du groupe, etc...

Mais quand vous dites ça sur twitter, à des gens qui ne font pas parti d'un groupe proche, que vous ne suivez pas... Quand vous dites ça sur un blog, sans savoir vraiment qui vous lit. Ça a quoi, comme sens, de juste dire «ne faites pas ça !» ? Quand je lis ces ordres, j'ai l'impression de voir comme une menace creuse ? Si vous dites, «ne faites pas ça, sinon vous allez poussez des gens au suicide», je comprend l'idée générale. Je peux être en désaccord, et pensez qu'on causera encore plus de problème si on respecte votre ordre que si on le suit pas. Je peux me dire que, en l'absence de certitude, il vaut mieux écouter ceux qui ont reflechi à la question. Mais si, en lisant un billet de blog, je repars avec la certitude que, l'unique raison pour laquelle j'écouterai son ordre, c'est de faire plaisir à l'auteur, ça ne me donne aucune envie de suivre son ordre. Et je suppose que ça sera le cas de la majorité des lecteur/rice-s.

Tout le monde est d'accord

Tout ces termes, des gens l'emploient. Parfois car ils ne connaissent pas d'autre, pas mieux. S'il y avait une unanimité, si tous les gens ayant réfléchi à la question refusent un terme, je comprendrai qu'on dise, sec, court: «n'emploie plus ce mot». Et qu'on donne l'ordre de le faire à ceux qui n'ont pas encore réfléchi, qui ne se sont pas renseigné. Après tout, ce sont des sujets qui n'intéressent pas grand monde, même pas moi. Par exemple, les mots «mariages gays» ou «théorie du genre» font partie du vocabulaire de la manif pour tous, tandis que «mariage pour tous» et «études de genre» feront parti du vocabulaire de leurs opposants. Employer tel ou tel terme indique dans quel camp on est. Ça peut aussi indiquer l'image qu'on met derrière ce terme. Le mariage étant le même pour les couples homos que pour les couples hétéro, on peut dire «pour tous»[3], si l'on pense que l'idée même de marier deux hommes ou deux femmes dénaturent le mariage, alors parler du mariage gay permet de préserver le «vrai» mariage, qui n'a pas besoin d'adjectif. Bref, le mot est important.

Les avis divergent

Mais parfois, des gens ayant réfléchi à ces questions emploient les mots que d'autres disent interdits. Et pas des gens à qui j'ai envie de m'opposer. Parce que les termes pédé, nègre et transsexuels ont une histoires, que des gens les ont utilisé pour se désigner eux même, pour désigner leurs groupes politiques, ou pour se réapproprier l'insulte. Et je ne vois pas de raison de leur dire de ne pas se qualifier ainsi. Bien sûr, on peut dire, «n'utilise pas ce mot, n'importe où, n'importe quand, sans savoir qui t'entoure». On peut préciser que ces mots peuvent mettre extrêmement mal à l'aise certaines personnes, parce que leur histoire n'est pas joyeuse, parce que ces mots sont, aujourd'hui, majoritairement utilisé par les ennemis de ces gens et que tu sembleras être un ennemi.

Mais, à force de répéter un simple «n'utilise jamais ce mot», des gens voulant bien faire, voulant montrer qu'ils sont avec nous, qu'ils appartiennent au groupe, répètent l'ordre «n'utilise jamais ce mot», et vont même le répéter à des gens qui l'emploient pour se désigner eux même. Si la personne n'est pas désigné par ce mot, si un hétéro dit à un pédé[4] de ne pas utiliser le mot «pédé», ça veut dire que des membres du groupes dominant vont dire au groupe dominé ce qu'il peut ou ne peut pas faire. Il me semble que ça s'oppose totalement au but initial de ces luttes. Si ce même hétéro le dit à quelqu'un qu'il ne connaît pas, peut-être le dira t-il à un pédé sans le savoir - et ça nous ramène au point considéré plus haut. Si un homo dit ça a un pédé ça me semblera toujours absurde, d'ailleurs, même si l'argument que je donne plus haut ne tiens plus.

Il suit de cet exemple que je n'ose qu’extrêmement rarement dire aux gens «ne fais pas ça», parce que j'ai toujours peur d'être cet homo qui dit «utilise jamais le terme pédé». J'ai peur d'être simplement extrêmement ignorant de tout un pan d'histoire et de réflexion, très pertinent mais peu connu. Je préfère souvent le questionnement: «y a t-il une raison pour laquelle tu utilises ce terme, même si argument contre ?». Même si, hélas, ce questionnement est parfois compris comme une manière poli de dire «tais toi», si l'interlocuteur/trice est de bonne foi, il lui arrive de réaliser que ça question est une vraie question.

Conclusions

Dans ce blog, je tente de donner mon opinion, et de rendre clair qu'il ne s'agit que d'une opinion personnelle. Si je change les idée des gens, cela me fait plaisir, mais pour autant que je sache, ça arrive extrêmement rarement. Je tente souvent de faire part de mes interrogations, de mes doutes, et en tout cas de ne pas faire ce que je suis en train de reprocher à d'autres.

Bien sûr, je ne vous dirai pas de ne pas avoir de certitudes. Je n'écrirai pas «ne faites pas de phrases impératives exigeant des gens d'agir d'une manière précise». Ça serait contraire à tout le billet. N'empêche, si j'arrive à avoir une réponse de la part de gens ayant l'habitude de dire «faites ceci», «ne faites pas ça», ça me rassurerait. Surtout si cette réponse n'est PAS «je fais ça, parce qu'on m'a dit de faire ça, et ça montre à mes proches que mon blog est un blog bien».

Notes

[1] Oui, je me lis. Et je dirai même que j'aime bien ce que j'écris.

[2] J'avais déjà parlé de cette question.

[3] Même si c'est mensongé, car il y a toujours des restrictions qui empêchent le mariage: age, capacité intellectuelle, nationalité...

[4] Je suis pour l'auto-désignation, si quelqu'un se dit pédé, pour moi, il est pédé.

jeudi 8 juin 2017

Question sur le boycott pour des sujets polémiques

Une question que je me pose, à laquelle twitter ne m'a pas apporté de réponse.

Je ne m'y connais pas beaucoup en économie, mais il me semble qu'il est bénéfique pour les entreprises que les marchés soient séparés. Parce que cela donne, certes, un marché plus petit, mais sur lequel il y a moins de concurrence. Et donc la possibilité de vendre plus cher le même produit.

Dans ce cas, quel est l'intérêt du boycott quand deux idées s'opposent ? Boycotter une marque qui contribue à la déforestation, à la mort d'espèces protégée, qui abuse trop de ses employés, qui fait met son argent dans des paradis fiscaux, je comprend. Je ne connais personne qui est pour tout ça. Par contre, disons qu'une marque de gâteaux supporte la manif pour tous, et un autre supporte des associations LGBT. Et que chaque personne ayant des convictions politiques choisisse de boycotter les gâteaux politiquement opposés[1]. Alors, le marché sera divisé en deux, et au final, les deux boites y gagnent.

Donc, quel est l'intérêt on aurait à boycotter ces vendeurs de gateaux ? Il me semble que le seul truc auquel ça pousse les marques, c'est à se politiser, à se rependre pour couvrir tout le spectre politique. Ce qui n'avantage ni les droits LGBT, ni LMPT. Sauf à supposer que les entreprises ayant donnés aux assoces LGBT aient vraiment une politique d'inclusivité envers les personnes LGBT - ce qui serait cool, mais est un autre sujet.

Note

[1] Ce groupe nominal est très bizarre.

dimanche 4 juin 2017

Rajouter des groupes aux LGBT - queers

Ce billet est probablement inutile. Il va défendre un point de vue qui semble tellement accepté dans les milieux que je fréquente[1], que je n'ai jamais vu personne prendre la peine de défendre ce point de vue. Après tout, pourquoi défendre une idée évidente. Puis, j'ai découvert l'univers LGBT anti-mogai, et ait décidé de faire ce billet. Je situe d'où je parle: je suis cis, bi, la majorité de mes amis sont cis-het pour autant que je sache, et mes fréquentations de groupes LGBT consiste majoritairement en les interventions en milieu scolaire et interventions et formation pour adulte.

Est-ce que les aces[2]/aros[3]/polys[4]/kinksters[5]/demisexuel[6] peuvent légitimement faire parti des groupes LGBT/queer même si elles ne sont ni homo, ni bi, ni trans ?

Un des arguments que j'entend le plus est «Ça donne justement l'impression d'heteros qui veulent s'infiltrer parmi les LGBTQ+ juste pour faire genre». Est-ce que quelqu'un-e connaît des cas d'hétéros ayant vraiment cette volonté ? Pour moi, ça ressemble beaucoup aux arguments interdisant aux trans d'aller dans les toilettes de leur genre. Qui disent que les femmes trans sont des hommes pervers qui veulent aller dans ce lieu pour agresser des «vrais» femmes.

Avant de répondre à cette question, j'aimerai dire pourquoi je considère ces groupes, et pas les geeks, les gamers, les personnes âgées, les personnes racisées etc.

L'invisibilisation

C'est à dire que, quelqu'un qui serait concerné par ces notions à énormément de risques de ne pas en entendre parler, ou d'en entendre parler très tard dans sa vie. Ce qui implique, soit qu'il/elle a l'impression d'être seule et unique dans son cas, différent du reste de la société. Soit simplement qu'elle/il n'arrivera pas à savoir ce qui cloche, pourquoi les règles sociétales ne lui conviennent pas.

L'anormalité

Si ce n'est pas invisible, si on parle de ces sujets, c'est souvent en tant que chose «anormale». On leur conseillera de se faire soigner, de vérifier leurs hormones, on cherchera la cause de cette déviance. Et les représentations seront moqueuse: nécessairement efféminé et obsédé sexuel pour les gays(Pour rappel, le problème n'est pas l'existence de tel représentation. Le problème est que cette représentation soit extrêmement majoritaire au point que ça pousse à croire que c'est effectivement ainsi que les gays sont). Pour les aces, ça sera une représentation de personne extrêmement stricte, ne sachant pas s'amuser. Pour les kinkster, quelqu'un en tenu cuir, cravache partout, toujours, tout le temps, comme si ces pratiques empêchaient de savoir se comporter de manière standard dans le reste de la société.

Les gens similaires ne sont pas dans notre entourage

On peut supposer qu'une personne âgée soit entouré de personnes agées, qu'elle ait connus d'autres personnes agées. La société n'est, malheureusement, pas bien adapté à elles/eux, mais les gens ne seront pas choqués de voir une personne agée. Une personne racisée pourra probablement parler des problèmes de discriminations avec sa famille, qui ont probablement connu des problèmes similaires. Sauf peut-etre si cette personne est adoptée. Dans tout ces cas, il y a des gens vers qui se retourner, ce n'est pas du tout évident pour les personnes LGBT, ni pour les aces/aros/poly/kinkster/demi.

Cela concerne les pratiques amoureuses et/ou sexuelle

Pas grand chose à développer concernant cet argument.

Être activement discriminé

Alors, je ne connais pas d'exemple d'ace/aro ayant perdu leur job parce qu'ils/elles sont ace/aros. Par contre, des exemples de LGBT qui ont perdu leur job à cause d'un employeur LGBTphobe, ça ne manque pas. Il y a aussi quelques cas connus de gens ayant perdu leurs jobs car quelqu'un a appris au boulot que la personne était kinkster, et que cette notion était directement mélangé à la notion de viol.

Les différences

Bon, après avoir dit tout ça, on peut aussi mettre en avant les différences entre LGBT et les autres groupes. Voici quelques arguments: les aces/aros/demi ne se font pas insulter dans la rue en montrant leur différence. Il semble rare que le seul fait de ne pas vouloir être en couple/avoir de relation en général, déclenche des actes discriminatoires. Si une femme se fait attaquer par un homme avec qui elle refuse de coucher, on peut supposer que l'attaquant soit indifférent à l'orientation de cette femme.

Une partie non-négligeable des revendications LGBT sont de natures législatives. Changement d'état civil, accès à la PMA, certains demandent aussi celui à la GPA. Ces revendications sont très pratiques d'ailleurs, parce qu'il est relativement simple de voir si le texte de loi passe ou non, on est donc directement capable de dire si la revendication a été remplie. À ma connaissance, ni les kinksters, ni les aces/aros/demi ne demandent de changement législatif. Même concernant les polys, je connais peu de gens prétendant demander l'ouverture du mariage à plus que deux personnes. À la limite, j'ai entendu la demande lié au fait d'étendre le statut de beau-parent, donner une sorte d'autorité à une troisième personne, mais ce n'est même pas spécifiquement une demande des polys, puisque c'est un problème qui concerne aussi les familles recomposées.

Groupe LGBT/Queer

Petit rappel, la question parlait de «faire parti de groupe LGBT». Et c'est pour ça que c'est dur de répondre à la question. Parce que je ne sais pas ce qu'est un «groupe LGBT», ou la «communauté LGBT». Si on prend au sens le plus restrictif, une personne cis (hétéro/ace et aro), n'est dans aucune des quatre lettres. C'est la définition, et ça ne nous apprend rien d'intéressant. Après tout, faire respecter les définitions et des normes n'est pas vraiment dans l'ADN des mouvements LGBT. Encore moins des mouvements queers.

Groupes informels.

On peut parler de groupe informel, des potes, des gens qui se rencontrent, s'apprécient. Il est courant que, une fois rejeté par son entourage, une personne LGBT s'entoure majoritairement d'un groupe de pote LGBT. J'ai pas non plus grand chose de pertinent quant à savoir si une personne aro/ace, par exemple, peut se faire plusieurs amis dans un tel groupe de potes. J'ai pas vraiment d'idée de comment on pourrait poser des règles à ce que doit être l'amitié.

Simplement, puisque certains de ces groupes sont uniquement homo, et vont rejeter bi et trans, la question des autres groupes est peu pertinente.

Concernant enfin les groupes formels, je connais trois buts à ces groupes.

La convivialité

Ici, on parle d'avoir un endroit où l'on peut passer un moment agréable sans se faire juger. C'est typiquement le cas du mag, qui organise maintenant des permanences spéciales pour les personnes aces/aros. Je concède que ça peut rendre plus difficile de maintenir un lieu safe pour tout le monde. Après tout, cela augmente le nombre de sujet sur lequel il ne faut pas commetre d'impair. Mais j'ai déjà argué que, de toute façon, un tel lieu ne peut pas être entièrement safe. Parce qu'un tel lieu accueil des nouveaux/elles et qu'on ne peut pas s'attendre à ce que quelqu'un, en plein questionnement, soit déjà totalement formé sur toutes les autres discriminations. Après, il faut voir quels sont les limites acceptables, et pas nécessairement tout accepter sous pretexte qu'une personne appartienne à une minorité. Mais après tout, ça tombe bien, ces lieux peuvent déjà avoir des règles, et des procédures pour exclure les gens qui ne respectent pas les règles, qui ne respectent pas les autres membres.

L'avantage pour les aces/aros/polys qui désireraient accéder à un tel lieu, c'est que ces lieux existent déjà. Il peut être considérablement plus simple d'utiliser ce lieu, plutôt que de devoir tout créer à partir de zéro. L'avantage pour ce lieu, c'est de pouvoir aider plus de personnes, ce qui est son but de base. C'est aussi que, avec des vécus différents, des ressentis différents, ses membres pourront entendre plus de témoignages, peut-être que des membres actuels, des membres LGBT, pourront découvrir d'autre manière de s'envisager.

La sensibilisation

C'est clairement le point que je maîtrise le plus. Et pour moi, il me semble évident que certains sujets peuvent être abordés en même temps que les LGBTphobies. Tellement évident que ça fait plus de deux ans qu'on les aborde. D'abord, parce que, si ce n'est pas nous qui leur disons qu'il y a des aces, aros, intersexes, alors je ne sais pas qui en parlera, quel association le fera. Or, on pense que c'est important qu'ils en entendent parler.

Pour les intersexes, on leur explique qu'on leur en parle parce que, certains seront futurs-parents, et qu'on préfère que les gens soient informés avant que ça n'arrive à leur enfant. Bien sûr, des gens à qui on a parlé était concerné, vu qu'on parle à des milliers d'élèves par ans. Mais pour l'instant, on n'a pas vraiment quoi que ce soit à leur dire directement.

Concernant les aces/aros, si certain-e-s sont concernés, ça peut aider d'entendre qu'ils/elles sont pas seul-e-s. En gros, on répète ce qu'une association d'ace/aro nous avait dit qu'ils auraient voulu entendre quand ils étaient ados. Et surtout, ça nous donne un angle pour aborder la question de la pression sociale lié au fait d'avoir des rapports. Aces ou pas aces, c'est utile d'entendre un point de vue qui n'est ni «il faut s'abstenir» ni «si vous ne le faites pas, c'est que vous êtes coincés». On en profite aussi pour parler de consentement à ce moment là.

Réciproquement, mélanger les aces/aros aux LGBTs durant les interventions à un énorme second avantage. Nous avons maintenant des intervenants aces/aros. En soit, c'est pas plus surprenant que le fait que nous ayons des intervenants cis/hétéro. Dans tous les cas, c'est cool, parce que ça permet de se répartir le travail, et que le nombre d'IMS par intervenant-e-s LGBT diminue. Pour dire ça autrement, c'est pas que j'aime pas faire de la sensibilisation, mais si quand on a une intervention à 8h30 du matin à 1 heures 30 de chez moi, je suis totalement ravi de laisser ma place à un-e autre intervenant-e, même si celui/celle-ci est pas LGBT. Et puis, après tout, il y a deux intervenant-e-s, donc ça n'empêche pas l'autre intervenant-e-s d'apporter un témoignage sur les questions LGB ou T.

Concernant les questions poly j'ai déjà indiqué que je pensais qu'il fallait les séparer. Parce que ça risque d’entraîner de la confusion entre poly et homo (alors qu'il me semble dur de mélanger ace/aro et homo). Je dirai la même chose pour les kinkster. Ça pourrait être cool de donner certaines règles de bases, du style «avant de tenter un truc nouveau, renseignez vous pour être sur de le faire sans risques». Simplement, je pense que ça doit être distinct des questions de LGBTphobie, pour éviter toute confusion. Pour la même raison que, durant les interventions sur les LGBTphobies, je n'aurai pas envie de parler de prévention contre les ISTs.

Les revendications

Concernant ce sujet là, j'aurai tendance à proposer de séparer les luttes. Typiquement, si, pour faire plaisir aux polys, le mariage/adoption à plus de deux étaient demandé en même temps que le mariage pour les couples de même genre, ça aurait probablement eu comme unique effet de bloquer tout changement. Ou peut-être que ça n'aurait rien changé, après tout, mélanger la revendications du mariage pour tous et celle de la PMA pour toutes n'a pas eu comme effet d'apporter la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes.

Certaines marches des fiertés ont mis en avant l'éducation, la lutte contre les discrimination chez les jeunes. Ou simplement, leur faire savoir que ces gens existent, même s'ils ne correspondent pas aux clichés habituels concernant ce que doit être un-e adolescent-e à l'éveil de ses hormones. Comme j'expliquais dans le paragraphe précédent, il me semble que ces revendications peuvent se mélanger. Et même si, après discussion, on conclu qu'il vaut mieux séparer les revendications, je maintiens qu'il ne me semble pas évident que ces revendications soient séparé.

La marche des fiertés

En France, ont dit Marche des Fiertés, plutôt que Gay Pride. Une des raisons étant que ça permet de lutter contre l’omniprésence des cis gay dans le mouvement, et rappelle qu'il y a d'autres gens, qui ont d'autres raisons d'être fiers. À ce moment là, il me semble cohérent de ne pas faire aux ace/aro/kinkster/poly/demi ce que les cis-gay ont déjà fait aux LBT.

Pour rappel, la marche des fiertés est, officiellement, une manifestation. Il y a un communiqué - des revendications. Je reviens donc à ce que je disais au paragraphe précédent: Soit ces groupes ont des revendications, qui ne s'opposent pas aux revendications LGBT. Dans ce cas, la convergence des luttes ne me semble pas absurde. Ou alors ils n'ont pas de revendication. Et ça fait toujours plus de monde à la manif', plus d'activités, plus de visibilité. Ce qui est - il me semble - un but des manifs'. La différence entre ces groupes là et tous les gens venus pour faire la fête, c'est qu'ils ont une banière en plus. Ça ne me semble pas bien grave de rajouter des bannières, du moins, tant qu'elles ne s'opposent pas aux revendications de la manifestations.

Notes

[1] Et qui s'intéressent à cette question

[2] asexuel

[3] aromantique

[4] polyamoureux

[5] pratiquant du BDSM, en gros

[6] Ceux qui n'ont pas d'attirance physique avant de bien connaître une personne. Le contraire du cliché des hommes qui se retournent sur n'importe quel belle personne pour son physique.

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