lundi 29 octobre 2018

Quelques questions sans réponse pour être un bon allié pour ses potes trans

J'ai récemment écrit au sujet des règles que j'ai vu plusieurs personnes trans demander les concernant. Plus précisément, j'avais écrit au sujet des règles qui se contredisent d'une personne à l'autre. J'ai entendu tout un tas d'autres règles - qui devraient être évidentes - et qui semble universelle. Parmi ces exemples de règles, il y a: ne pas demander de photo de la personne avant la transition, ne pas demander son deadname, ni quoi que ce soit au sujet de ses parties génitales.

Il y a plusieurs autres sujet qui me turlupine, où je n'ai entendu aucune autre règle. Où je me dis qu'il manque un manuel de savoir vivre en milieur non cis-het, et où je le regrette. Encore une fois, je ne cherche pas à théoriser, juste à comprendre comment, en tant que cis fréquentant des personnes trans, je peux être un bon allié en pratique.

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jeudi 26 avril 2018

Cas concret de questionnement sur l'action pertinente en milieu féministe

Petit exemple de réflexion qui me trotte dans la tête, pour savoir quel conduite tenir en milieu que je suppose féministe.

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samedi 6 janvier 2018

Ancien gay et draguer une femme

Quand je me retrouve à vouloir donner mon orientation sexuelle, je me décris plus comme bi que comme gay. Cependant, j'ai dragué en immense majorité des hommes, ainsi que quelques personnes non-binaires, mais jamais de femmes. Je m'interroge sur le pourquoi dans ce billet. Je n'ai pas la réponse. Mais elle m'intéresserait beaucoup, parce que, comme me le répète parfois une relation de longue date: «si je ne l'avais pas pris pour un homme quand on s'est rencontré, on n'aurait pas été ensemble ces dernières années». Trouvant cette hypothèse triste, je préfère éviter; au moins pour les potentielles relations futures.

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dimanche 31 décembre 2017

Réflexions liées aux transitions d'amies

Une amie a écrit un texte, que je trouve fort intéressant, Votre deuil justifie ma transition[1], qui me questionne pas mal. En très gros résumé, tel que je comprend le texte, je lis «si vous faites votre deuil quand je vous annonce ma transition, c'est qu'une transition a effectivement lieu dans votre manière de me considérer.»

En 140 caractère, ma question était «Je ne peux m'empêcher de me demander. Si j'ai jamais fait ce genre de deuil, est-ce un signe que je ne tiens pas compte de vos transitions ?».

Note

[1] Copié avec la permission de l'autrice.

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dimanche 16 octobre 2016

Décider comment militer pour un groupe auquel on appartient pas

Tiens. Encore un article compliqué à écrire[1]. Une sorte de réponse à Être quelqu'un de bien malgré les contradiction du milieu, avec un exemple de contradiction relativement important[2]. Et de comment je tente d'y répondre[3]. Et plus précisément d'y répondre avant mardi 18 octobre, puisque je reprend les interventions en collège ce jour là.

Notes

[1] J'ai l'impression que, plus ça va, plus les billets de blogs sont difficiles à écrire. Et sont des choses qu'il me semble importantes à dire.

[2] C'est à dire, très important pour des gens que ça intéresse. Et dont on peut très bien ne jamais avoir entendu parler sinon.

[3] Il est trop tard pour y répondre sans me faire insulter par des gens dont je respecte l'avis. Mais au moins, je peux tenter d'y répondre avec une réponse qui me convaint.

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mardi 31 mai 2016

Pourquoi je suis un homme

Un blog aujourd'hui disparu et pour qui j'avais énormément d'affection a écrit:

Une question récurrente que les personnes cisgenres posent c’est « pourquoi est-tu trans ? ... D’abord, cette question ne devrait pas se poser que pour les personnes trans. En effet, pourquoi une femme cis est femme, pourquoi un homme cis est homme.

Cette citation me permet donc d'expliquer[1] la question de «pourquoi je suis un homme/cis». D'autant qu'un-e amyi me demande régulièrement[2] pourquoi je ne suis pas non-binaire.

La meilleure réponse que j'ai trouvé jusqu'à présent est: parce que j'ai 28 années d'expériences à être un homme. Ça donne une sacrée force d'inertie à ce fait.

En fait, c'est la meilleure réponse que je trouve, car c'est à peu près la seule aussi. S'il n'y avait pas de notion de genre, ou qu'elle soit facultative et pas présupposé, ça m'irait aussi très bien. Quand je suis rasé, on me dit régulièrement madame[3], je ne reprend jamais. Mais je ne ressens pas non plus quoi que ce soit qui me fasse dire que je suis non-binaire, ou agenre ou quoi que ce soit... J'ai pas de disphorie, pas de problème avec le fait d'être traité comme un garçon. Donc, même si je ne ressens rien qui me fasse spécifiquement dire que je suis un garçon, je ne ressens rien qui me fasse dire que je suis quoi que ce soit d'autre en terme de genre. Or, de ce que j'ai lu et entendu, il semble que beaucoup de non-binaire ressentent le fait qu'ils soient non binaire, avant de mettre des mots dessus.

J'écris au dessus que je ne me pense pas homme. Geek est un point qui fait bien plus parti de mon identité que mon genre, de mon point de vue. Tout comme je mettrais mathématicien bien avant ma couleur de peau dans ce qui fait parti de mon identité. Mais il me semble que, ce que la comparaison entre ces deux exemples montre, c'est pas que je suis non-binaire. C'est que je suis dans une société où les hommes sont - en moyenne - privilégié, où mon genre est le genre par défaut, celui qui permet les histoires «universel»[4], que je ne vis pas un certain nombre de problème sexiste dont des tas de femmes peuvent témoigner. Et j'ai beau ne pas tenir à mon genre, c'est quand même pratique de n'avoir jamais de doute sur ce que je peux me permettre de cocher sur les formulaires administratifs, donc je profite du fait d'être cis.

Tout ça pour dire, je n'ai jamais eu autant besoin de réflechir à ce qu'impliquait le fait d'être un homme, comme j'ai pu avoir besoin de reflechir à ce qu'implique d'être non-hétéro et poly.

Enfin, en supposant que le fait que je ne ressente pas spécifiquement le fait d'être un homme pourrait potentiellement me pousser à me dire non-binaire, il reste un point. De deux choses l'une: soit ça n'a aucun effet sur le reste de la vie, sur les interactions avec les gens... dans ce cas, j'ai un peu l'impression que ça n'est pas plus pertinant pour moi de discuter de ça que de discuter de savoir si je suis un zombi philosophique. Ou alors ça a des effets, et dans ce cas, ça a quand même l'air super compliqué, parce qu'il faut reexpliquer sans arrêt ce que c'est à des gens qui pensent que c'est n'importe quoi, que ça n'existe pas, qui ne comprennent pas comment s'adresser correctement à la personne[5], etc... Certes, ces explications, je les fais parfois, mais dans un cadre temporel et géographique délimitié, ça serait très différent si ça devenait être quelque chose à faire en permanence. Et franchement, de mon petit point de vue personnel, pour moi, ça ne vaut pas le coup.

Notes

[1] avec beaucoup de mauvaise foi. L'article de Troll date du 19 mai, et j'évoquais déjà le billet que vous êtes en train de lire dans mon billet du 9 mai.

[2] en rigolant, histoire d'inverser les questions qu'iel reçoivent régulièrement,

[3] et quand je suis rasé aussi, mais uniqumenet au téléphone.

[4] vu qu'une histoire avec une héroïne est souvent faite uniquement à destination des filles, etc...

[5] Et parfois je me goure aussi sur la manière de s'adresser à quelqu'un. À ma décharge, j'ai déjà du mal à retenir les noms des gens. Au bout d'un moment, je commence à avoir du mal à retenir les genre.

dimanche 7 juin 2015

Mon approche positiviste du genre.

J'ai adopté une méthode, récemment, que je m'en vais vous livrer. Je l'appelle l'approche positiviste du genre.

J'y ai repensé hier, durant une discussion avec la personne assise à côté de moi, au concert le Laurent Viel: D'Éon dit... Le chevalier. Spectacle que je vous conseille très fortement d'ailleurs, ne serait-ce que parce que c'est une histoire captivante sur de belles musique. Et que ce personnage historique ramène à des sujets bien contemporains.


Je parlais donc de mon approche positiviste du genre. En vrai, je ne suis pas sûr d'avoir vraiment bien compris ce qu'est le positivisme. Mais je suis sûr de ne toujours pas comprendre ce qu'est le genre. En même temps, je n'ai jamais participé à un cours d'étude du genre, donc c'est un peu comme si un étudiant en langue après un bac L me disait ne pas bien comprendre les mathématiques... C'est pas vraiment étonnant.

La différence, par contre, c'est que je rencontre peu de personnes qui sont des objets mathématiques dans la vie de tous les jours, alors que je rencontre beaucoup de gens, de tout un tas de genre.

Bon, tout un tas, c'est exagéré. Je connais des hommes, des femmes, (trans et cis), genderfluid, genderqueer, agenre, bi/trigenre, et j'ai fait le tour... Même si j'y comprend rien. J'ai bien lu à ce sujet, j'ai discuté avec ces gens.

J'ai d'ailleurs discuté de tout un tas de sujets. Ce qui m'intéresse quand je parle avec quelqu'un, c'est pas tant de savoir le genre de la personne, que de savoir s'il/elle/... aime les maths[1]. Et, étonnament, c'est pas car quelqu'un est agenre, par exemple, que la notion de genre l'intéresse... Au contraire, je connais quelqu'un d'agenre que la notion de genre désintéresse totalement, et, de son point de vue, c'est tous les autres qui s'y intéressent, et qui se font fort de lui rappeler sans arrêt que, pour eux, iel a le genre masculin.

J'ai employé des tas de mots, plus hauts, genderfluid, genderqueer, agenre, bi/trigenre. J'aurai aussi pu rajouter genderfucker[2], pangenre...

Ben, en vrai, je vais vous dire, j'y comprend rien. Je sais pas ce que ça veut dire. Ce à quoi ça correspond pour une telle personne. Je comprend l'intérêt que ces idées peuvent avoir pour une démarche militante féministe, pour casser les codes, pour remettre des choses injustes en causes. Mais ici, ce n'est pas un combat, c'est une identité. Et comme j'ai la chance d'être un mec cis (option facile du jeu de lavie), ben, j'ai pas eu à me poser tant de question sur mon identité. Tout ça, ça ne me parle pas.

Pas plus qu'un neutron, un proton ou un éléctron. J'y comprend pas grand chose, j'ai pas d'intuition... mais ça m'a pas empêché de suivre les cours de physique du lycée et de répondre aux exercices en appliquant les méthodes qu'on nous a donné. Et, si, j'ai bien compris, ça empêche pas les chercheur de faire des raisonnement, car il se trouve que, en pratique, quand on mesure, ça marche de supposer que l'univers est fait avec ces objets...

Alors, finalement, je fais pareil. J'ai pas compris. Mais j'applique les méthodes qu'on m'a donné. Quelqu'un-e veut que je mette des tirets, que j'alterne entre l'accord au masculin et au féminin, que j'évite tout mot à l'oral qui indique un genre... Pourquoi pas. Si ça leur fait plaisir. En fait, c'est même amusant comme jeu, un peu oulipien.

J'y comprend pas grand chose, je sais pas si ce que j'ai compris est correcte, mais ça marche. Ça me permet d'avoir des amis proches non binaires, et visiblement, je ne pense pas trop m'avancer en disant que ces gens sont biens avec moi aussi. Donc, sans comprendre, ça me suffit. :D

Notes

[1] j'exagère... un peu

[2] Oups, je m'ai gourré, ça s'est le spectacle de Florence Foresti, MotherFucker