jeudi 13 octobre 2016

Relation anarchique

Ce blog a un tag polyamory. Mais en vrai, je m'intéresse plus à la notion de relation anarchique qu'à celle de polyamory. Je garde ce tag car le mot est plus connu, et que j'ai l'impression d'avoir plus à dire au sujet du polyamory qu'à celui des relations anarchiques. Ou en tout cas qu'en général, ce que j'ai à dire au sujet de l'un concerner aussi l'autre.

Et ici, c'est une exception. Je parlerai spécifiquement de relation anarchique. Après avoir discuté avec une relation poly, il me prend l'envie d'écrire un petit billet pour préciser ce que j'entend par relation anarchique. Parce que quand je dis que je suis anarchiste relationnel, ça semble être mal compris. Plus précisément, ça semble être mal compris par des polys (par des monos, j'ai l'habitude, vu que souvent j'entends l'amalgame entre poly et sexe à plusieurs.)

Relation anarchique ne signifie pas que les relations n'ont aucunes importances. Que les gens avec qui je semble avoir une relation sont aussi important que le premier passant dans la rue ou qu'une personne, croisé à une soirée, avec qui j'ai eu une discussion sympa puis dont j'ai totalement oublié l'existence.

Il y a des choses qui sont traditionnellement associé à la notion de couple. Par exemple le fait de dormir régulièrement dans le même lit[1] alors qu'on pourrait faire lit à part. Le fait de se tenir la main dans la rue. Ou le sexe. Relation anarchique, pour moi, ça veut dire que personne n'a le droit de me dire si je peux faire ça avec X, à part bien sûr X dont le consentement reste indispensable. La seule signification que ça a pour moi, c'est que ces actions sont agréables sur le moments. Ou que nos plans créera des actions qu'on suppose qu'on appréciera plus tard. Mais mener une action traditionnellement réservé au couple n'est même pas une promesse que ces actions se répéteront.

Et réciproquement, ça veut dire aussi que l'absence de ces actions n'a pas non plus d'importance. L'obligation conjugale est aussi un non-sens d'un point de vue d'anarchiste relationnel[2]. Il est tout à fait possible de ne pas être asexuel et d'être en relation avec quelqu'un-e d'asexuel-le. Je peux même témoigner que ça peut avoir un côté assez génial, car ça amène à considérer encore d'autres manières de vivre une relation.

Dans mon cas, ça veut dire aussi que je ne suis pas capable de distinguer toutes ces relations dont je parle plus haut, de mes amis. Pour dire ça autrement, me dire anarchiste relationnel veut simplement dire qu'on aura beau partager autant d'activité que l'on veut, je n'accorderai pas plus d'importance à cette personne qu'à mes ami-e-s proches. Et ce, même si l'ami considère ne pas être en relation avec moi. Une relation anarchique ne veut pas dire que je prend ce que je veux et me casse. Ça veut dire que je ne lui donnerai pas plus que ce que je serai déjà prêt à donner à un ami proche. Ce qui peut quand même dire aider à un déménagement, dépanner l'ordinateur, ou lui permettre d'avoir quelqu'un à qui parler de son chagrin d'amour, je peux être là.

Quand je dis qu'avoir fait une action n'implique aucune promesse de la refaire dans le futur, je veux juste dire que je peux arrêter de vouloir embrasser quelqu'un, ou arrêter de vouloir dormir avec quelqu'un. Tout comme j'ai pu décider d'arrêter le karaté car je n'avais plus d'envie d'en faire. Ça ne veut pas dire que la personne n'a plus d'importance et que je peux l'ignorer comme le dernier des malpropres. Je ne me donne aucune autorisation, et certainement pas celle de dire «je t'avais prévenu que je suis anarchiste relationnel, donc tu devrais t'attendre à ce que je te pose un lapin/arrête de te répondre/t'ignore». Il me semble que le bon sens et le fait d'être quelqu'un de correcte implique au minimum que je prévienne l'autre d'une rupture, d'une envie de s'éloigner, de ne plus se voir. S'il y a des choses à finir, des affaires à rendre, on peut toujours le faire comme le feraient deux amis qui se sont prêté des objets ou qui ont travaillé sur un projet commun. Et honnêtement, si je pensais que me dire anarchiste relationnel me donnerait une sorte de joker pour finir les relations n'importe comment, je ne vois pas pourquoi quelqu'un voudrait/accepterait de participer à une relation avec quelqu'un de si égoïste. Ici, ce n'est plus une question de définition de terme, c'est une question de savoir si la personne est fréquentable ou pas.


Et maintenant, par symétrie, considérons le cas où ce soit l'autre qui veuille arrêter la relation[3]. Je ne crois pas que le simple fait que j'utilise le terme de relation anarchique soit une explication que je devrai juger satisfaisante au fait de me faire poser un lapin. Ou au fait que quelqu'un avec qui j'ai vécu des choses décide de ne plus m'adresser la parole, sans même me dire qu'il ne m'adresse plus la paroles.

P.S.
Bien entendu, ce billet est personnel, et quelqu'un d'autre aura une autre définition de relation anarchique. D'autant que dire ce que signifie ce terme pour moi dépendait de ce que j'attend de mes relations. Et qu'une relation anarchique signifiera certainement quelque chose d'autre pour quelqu'un qui veut acquérir un logement ou avoir des enfants.

P.P.S
Notez que, selon relationship anarchy is not about sex or polyamory/, n'étant pas anarchiste, et n'ayant pas la revendication de faire de mes relations un acte politique, je ne suis pas légitime à utiliser le terme d'anarchie relationnel. Eh bien, je me rebelle contre cette anarchiste, qui n'entendra sûrement jamais parler de moi, et je garderai ces mots !

Notes

[1] Si c'est un week-end, et qu'on est plein, et qu'on manque de lit, ça ne compte pas.

[2] Pour beaucoup d'autres gens aussi d'ailleurs

[3] Ce qui me rammène à la discussion dont je parlais en début de billet avec une relation.

jeudi 28 juillet 2016

Mes relations (anarchiques) n'ont ni début :), ni fin :(

Je tiens à préciser, avant tout, que ce billet n'est en aucun cas représentatif des relations polyamoriques en générale, ni des relations anarchiques. Pour ceux qui connaissent ce milieu, c'est même un truc souvent répété, il n'y a pas de relation typique. Donc si on peut en conclure quoi que ce soit de négatif, ça sera sur moi et pas sur la notion de poly en général.

Un truc que j'ai trouvé, et trouve encore, magnifique avec ce milieu, c'est que les relations se créent «Sans aller chercher plus loin»; pour citer le titre d'une magnifique chanson de Barthelemy[1]. En effet, je me souviens, ça doit dater du lycée, plusieurs garçons me plaisaient. Et même si, timide, je n'osais rien faire de ça, je me demandais comment je me débrouillerait dans un monde où les deux seraient aussi intéressé (et faisait le premier pas. Vu que par symétrie, il doit bien y avoir quelqu'un qui fasse le premier pas, alors pourquoi pas l'autre. Moi j'étais trop timide, mais si des relations gays se nouent, c'est bien une preuve que des gays/bis non timide, il doit y en avoir.) Logiquement, dans ce monde très hypothétique ou deux de mes crush auraient été réciproques, j'aurai pas eu d'autres choix que d'accepter le premier qui se déclare pour ne plus être célib'. Puisque je n'aurai pas eu moyen à ce moment là de savoir qu'un deuxième se révélerait plus tard. Mais choisir le premier est une méthode assez absurde de choix.

En particulier, une fois que l'un de ses crushs qui n'ont jamais eu lieu commencerait à se concrétiser, ça m'interdirait d'en créer d'autres. Donc, ce moment de création de relation serait important en ce qu'il affecterait les possibilités envers les autres. Une remarque en passant, je ne jure pas que je pensais en ces termes au lycée, mais je crois que c'était pas bien loin, au niveau de la formalisation des humains en tant qu'algorithmes à comprendre. À part que j'avais un langage bien plus formel, poli et châtié que celui que j'ai aujourd'hui. Bref, le simple fait de se dire avec quelqu'un n'était donc pas une décision à prendre à la légère. Ce qui me serait confirmé plus tard quand je voyais des camarades d'études me parler de leur relation à distance. En effet, ils sont forcé de rompre cette relation avant de chercher quelqu'un de local.

Et le côté, que je trouvé génial dans la polyamory, c'est que il n'y a plus cette grande importance à savoir si on est en relation avec une personne ou pas. Parce que, si A[2] et B sont en couples ça n'affecte pas de tierce personne; à part peut-être leurs enfants, mais c'est une question dont je me soucie assez peu.

Je ne sais pas qui est capable de compter précisément son nombre d'amis, moi j'en suis pas capable. Et de même, je ne serai pas capable de dire combien j'ai de relations. Après, il y a quand même des indices qui me mènent à croire que je suis en relation avec certaines personnes. Par exemple, on m'a dit que si une personne passait le balais ou l'aspirateur chez moi[3], c'est qu'on était en relation. Comme autre critère, je peux me dire que si je fais assez confiance à quelqu'un pour lui laisser vivre chez moi pendant une semaine avec un double des clefs[4], le mot relation commence à être crédible. Enfin, si je suis invité en vacances chez les parents/que l'on s'embrasse devant les parents, c'est peut-être que c'est une relation. Mais même en admettant que tout ces gens là sont des relations, je serai incapable de vous dire quand ces relations ont commencées.

Ces relations et moi avons discuté de ce qu'on avait envie de faire ensemble: une partie de go, des cordes[5], un diner vegan[6], un câlin, une escape room[7],... Mais, de mon point de vue, demander si on est ensemble ou pas n'aurait jamais eu de sens, ou en tout cas, jamais eu d'intérêt qui rende nécessaire de demander. Ça serait même très délicat de le demander, puisque je serai incapable de définir ce que j'entend par cette locution «sortir/être ensemble». L'unique truc sur lequel j'ai une exclusivité avec certains, c'est les séries. J'écoute Night Vale avec une personne et n'avancerait pas sans iel. Et à fortiori, je n'avancerai pas avec d'autres. Mais «quelqu'un avec qui j'écoute une série que j'ai pas encore finit» c'est une définition du couple qui me semble étrange.


Quand je disais que je commençais à découvrir les relations, j'ai dit à quelques amis que, logiquement, je découvrirai sous peu les chagrin d'amour[8]. Pour l'instant, la seule rupture pour laquelle j'ai pleurée qui ne soit pas une mort, c'est celle du duo que je formais pendant 6 mois. Il ne s'agissait pas d'une relation, mais il s'agissait d'un truc auquel j'ai accordé beaucoup d'importance, avant que ça ne s'arrête par manque de temps. Avant que l'autre moitié du duo ne dise explicitement qu'il arrêtait.

Cela fait un an et demi que j'ai commencé à dire que je découvrirai la rupture. Pour l'instant, ce n'est toujours pas fait. Chaque médaille à son revers. Je disais en long, large et travers que la relation poly/anarchique telle que je la connais et telle que je la vie, n'a pas de début. Par une symétrie toute logique, elle n'a pas non plus de fin. Ou plutôt, elle n'a pas de fin marquée, contrairement à la fin du duo. Ainsi, quelqu'un m'a récemment[9] demandé comment allait un homme que j'avais ramené au club cirque, et que certains prenaient pour mon copain sous prétexte que quand on ne faisait pas d'accrobaties on se prenait quand même dans nos bras. Il n'y a pas de moment précis où je peux dire qu'on a arrêté d'être ensemble, puisqu'on était pas ensemble de base. Pourtant, pour reprendre ma tournure utilisée plus haut, il y a des indices. Le fait qu'on ne se soit pas vu depuis plus d'un an, qu'il devait venir plusieurs fois à Paris et ne l'a pas fait. Que, après une rapide vérification auprès d'une amie commune, j'ai su qu'il n'était pas mort[10], mais juste très occupé, et bien, je pense que la conclusion: on n'est pas/plus ensemble, est assez légitime.

Il est très perturbant de ne pas savoir si la relation est finie ou pas. Et il est encore plus troublant de ne pas être capable de dire précisément pourquoi c'est perturbant. D'abord, je ne suis pas capable de répondre à la personne qui me demandait des nouvelle de celui qu'elle croit être mon copain, mais pas non plus de lui dire que j'ai rompu, ce qui est assez étrange. Une autre question, à laquelle je suis incapable de répondre, est: comment je réagirai s'il me disait qu'il était de nouveau à Paris ? Aurai-je encore envie de le voir après être resté si longtemps sans nouvelle ? Et je sais même pas pourquoi je me pose la question. Quand des amis fait en 2008 au Québec passent à Paris, je suis ravi de les revoir, même si on a pas forcément discuté tous les ans depuis. Alors, si je prétend ne pas donner d'importances spécifiques aux relations, il n'y a pas de raison que je réagisse différemment pour cet ex-relation.

Soit dit en passant, ce n'est pas un cas isolé. Après tout, quelqu'un qui romp sans rien dire, il ne serait pas le premier. Le monde mono regorge de gens qui partent chercher des cigarettes. Je remarque que, pour tous les gens dont je me suis rapproché puis éloigné, la démarche est à peu près similaire. J'avais cru commencer une relation avec une personne adorable, puis iel a arrêté de venir chez moi. Je la croise encore, mais je n'ai pas réussi à savoir s'il y avait une raison pour cet arrêt. Et même sans les gens que je vois à domicile, si je reprend l'exemple des cirqueux donné plus haut, il y en a plusieurs qui sont parti de la région parisienne, même si je les appréciais, je ne suis pas persuadé que je les recroiserai tous. Et on n'a jamais vraiment discuté de cette question.


La conclusion logique de ce billet est sûrement que je suis très mauvais en communication, et en relation inter-humaine. Mais ça, ça n'a rien de nouveau.


P.S.[11] ce que vous venez de lire est, pour une raison que je ne m'explique pas, le billet le plus dur à écrire de ce blog. Cela fait des mois qu'il traine dans les brouillons, et qu'il a été réécrit de fond en comble de plein de manière différentes. D'ailleurs, une autre version sortira probablement, mais vous ne serez peut-être pas capable de savoir que c'est une autre version tellement le contenu est différent. En particulier, depuis l'écriture du billet, mes relations ont évoluées; ce billet ne reflète pas cette évolution; j'estime que, dans l'hypothèse où ce billet ait de l'intérêt pour qui que ce soit[12], c'est l'état d'esprit et la réflexion qui le rendront intéressante, et pas l'état de ma vie sentimentale à un moment précis.

Notes

[1] Cherchez pas, c'est une vieille chanson, pas sur le net. J'ai la chance que Bathelemy m'ait offert ses deux premiers cds. Encore un chanteur qui n'a vraiment pas le succès qu'il mérite !

[2] J'ai voulu marqué $A$. C'est grave ?

[3] Et n'était pas payé pour, je suppose, ni de la famille.

[4] J'ai très envie d'écrire un billet sur la confiance inter-personne, c'est une notion que je trouve très étrange.

[5] deux manière de restreindre les libertés sans loi antiterroristes

[6] je n'ai fait de plat de viande à aucune personne avec qui je suis en relation aujourd'hui.

[7] Sérieusement, c'est super galère à organiser une escape-room; réussir à obtenir des disponibilité de plein de gens à la fois, quand on a déjà du mal à voir ces gens séparément !

[8] Non ! Cliquez-pas ! C'est une chanson, comme tous les autres lien. Mais c'est pas une chanson que je conseille.

[9] récemment au début de la rédaction du billet, i.e. il y a pleins de mois.

[10] Ce qui serait une explication possible pour une absence de réponse.

[11] Étonnament, la version originale de cette chanson ne semble pas être trouvable en ligne.

[12] Je suis honnêtement totalement incapable de prédire quels billets vont intéressé des gens.

lundi 25 juillet 2016

Chanson francophone et Polyamory

Merci de me donner en commentaire/email, toutes les chansons que vous connaissez que j'aurai oubliée. Je n'exige pas que le mot polyamour/polyamory/amour libre/amour pluriel/relation plurielle... apparaisse dans la chanson. Juste qu'il y ait une notion d'amour/désir envers plus d'une personne.


Wikipédia a une page traitant le l'homosexualité dans la chanson française. J'ai donc eu envie de créer une liste similaire, pour la polyamory. L'absence d'ouvrage sur ce sujet ne permet pas de publier ce «travail original» sur l'encyclopédie collaborative. Une partie de la liste ci-dessus vient de la playlist Poly Phonie de MétaZét sur deezer. J'ai cependant restreint, car même si dans La chanson des vieux amants, Brel dit «bien sûr tu pris quelques amants», je pense qu'on est hors-sujet.
J'ignore d'ailleurs ou tracer la limite entre ce qui rentre/ne rentre pas dans cette liste. Par exemple:

  • Une chanson qui rentre totalement dans ce que je veux lister: Les deux amants d'Yves Jamait. Une femme a deux amants, qui visiblement se connaissent, sont au courant, et l'aiment tous les deux.
  • J'ai besoin de toi, j'ai besoin de lui, ça ressemble énormément à ce que j'etend des poly raconter; mais là, elle est dans un monde où «ça ne se dit pas», donc ce n'est pas exactement de la polyamory.
  • J'ai des doutes sur La nymphomane. Le côté contre, c'est qu'il ne s'agit plus que d'histoire de sexe. Le côté pour, c'est que explicitement, l'homme, Serge Lama, explique que, si ça fait plaisir à sa femme, il ne s'oppose pas à ce qu'elle est d'autre amant, même si ça lui fait peur.
  • Enfin, j'aimerai bien exclure Car l'amour des Wriggles, et Déchiré de Notre Dame de Paris, qui parle bien plus de tromperie que de poly; mais je n'arrive pas à formaliser le concept qui me permet d'accepter la chanson de Nicole Croisille et pas celle là. D'autant que, la demande de la femme, de faire comme l'homme, est assez lié aux questions traité dans le poly.

Note

[1] Le clip, pas les paroles.

mercredi 6 juillet 2016

Lutine

J'ai récemment assisté à la projection de Lutine qui est un film indépendant et récent. À la fin de la projection, la réalisatrice/scénariste/actrice principale, Isabelle, nous a dit que, si quelqu'un connait des journalistes ou blogueur, ça serait sympathique de lui en parler pour aider le bouche à oreille. Vu que je suis blogueur[1], et comme j'ai bien aimé le film voici ce billet. Je préfère d'abord préciser par honnêteté envers mon faible lectorat que j'ai déjà croisé, une dizaine de fois, Isabelle, ainsi que quelques figurants et petits rôle, et que j’apprécie les personnes, ce qui biaise probablement mon avis sur le film. Enfin, il y aura vers la fin un petit avis qui risque de spoiler, et que j'indiquerai clairement; le reste serait déjà spolié par la description et le site du film.

Cet œuvre est décrite comme une comédie documentaire. Le documentaire lui même porte sur la notion de «lutinage». C'est une notion proche de celle du «polyamory»[2]ou en tout cas c'est ce dont Isabelle m'a convaincu[3], et qui en gros signifie que l'amour n'est pas limité à une seule personne. La partie documentaire elle-même ne m'a pas semblé très poussée. Ou plutôt, je n'y ai rien appris, mais je pense que ça vient du fait que j'ai déjà lu un livre sur les relations libres, et que cela fait presque deux ans que je fréquente des café poly. Je pense par contre que ce film est très intéressant pour quelqu'un curieux sur ce qu'est la polyamory en vrai, en pratique, et qui ne connait pas encore. Par exemple pour un-e ami-e/membre de la famille d'un-e polyamoriste. Ou alors pour un-e personne qui se demande s'iel veut s'y essayer, histoire de voir que, malgré les peurs légitimes, parfois, les relations libres se passent bien. Parfois, parce qu'il n'y a pas de miracle, et que même ses relations se finissent parfois mal. Encore que je doive dire que ce film ne suffira pas à cellui qui souhaiterai se lancer dans le lutinage, et que ça n'a pas prétention à répondre en pratique à toute interogation et problème que pourraient rencontrer ses personnes.

On nous explique aussi que le film porte sur la création du documentaire. Et donc tous les problème que ça pose pour une créatrice indépendante, et les problèmes, c'est rigolo, c'est donc bien la partie comédie de «comédie documentaire». Pour dire ça autrement, c'est une comédie sous la forme d'un making-of. J'insiste sur les mots «sous la forme», car c'est ce qui a énormément géné l'amyi avec qui j'étais venu, qui avait cru qu'il s'agissait d'un vrai making-of, ce qui aurait été extrêmement problématique. Je finis par le point qui me semble être le plus important, qui n'est pas mis en avant explicitement dans la communication, et que vous pourriez considérer comme du spoil. Se documenter sur la polyamory affecte la reflexion de la documentaliste-réalisatrice sur les sujets du polyamory, sur le sujet des relations entre personnes, et par ricochet sur sa relation. C'est cette raison qui pousse à penser que ce film serait très intéressant pour quelqu'un cherchant à se renseigner sur le lutinage, parce que l'on accompagne le personnage principale, qui, comme le spectateur, ne connait pas grand chose au début. Et que le spectateur peut donc faire des découvertes de plus en plus poussé au fur et a mesure que le personnage en fait. Et le côté comédie dédramatise bien ce qui aurait risqué d'être «juste» un documentaire sur des groupes alternatifs.

Bref, si vous avez l'occasion, je vous conseille fortement de le voir. Même si, si vous êtes comme moi, il va falloir pas mal patienter, vu que le film n'est pas (encore ?) disponible à la vente, ce qui oblige donc à quitter son ordinateur pour le voir.

Notes

[1] même si j'ai jamais du me décrire avec ce mot là, et que ma première réflexion était que le blogueur/se que je cotoye le plus régulièrement est Typhon, mais que je pense pas qu'il serait particulièrement intéressé.

[2] «Polyamory» étant un mot moins connu, mais plus exacte, que «polyamour»

[3] , tout simplement car les relations polyamorique ne concernent pas que l'amour.

vendredi 13 novembre 2015

Café monoamour

Je suis membre de SOS Homophobie et du Mag Jeunes LGBT, et participant de temps en temps au café poly.

Il y a des lieux de réunions - de réunion et pas de rencontre, c'est important de préciser - pour parler de sujets concernant une minorité de la population. Mais les gens dans ces lieux ne sont pas que des membres de cette minorité. Il y a des militant cis-hétéro pour les LGBT, et il y a aussi des curieux. J'ai vu passer un certain nombre d'étudiant pousser la porte du mag pour faire un mémoire sur diverses question relative à l'homosexualité des jeunes. J'ai participé récemment à une étude d'un anthropologue sur le polyamour, et même (En note de bas de page, une autre activité similaire mais que certains peuvent préférer ne pas lire car plus intime)[1].

La curiosité des gens poussant la porte de ces lieux sans être concerné n'est pas que académique, j'ai déjà vu un monoamoureux au café poly car il souhaitait mieux comprendre sa copine polyamoureuse. Je suis assez perplexe sur la démarche, par exemple, parce que ça permettra de comprendre la notion de manière générale, et pas forcément son amoureuse. En tout cas, quand j'ai lu des textes sur l'asexualité pour mieux compendre une personne asexuelle dont j'étais amoureux, j'ai réalisé que, à la fois, j'en savais plus que lui sur les différentes questions liés à cette notion, les différents types d'asexualité, de couples que des gens asexuels ont formé, soit entre eux, soit avec des gens non asexuels... et qu'à la fois je ne comprenai pas forcément beaucoup mieux cette personne et les manières d'interagir avec lui. Puisque ce qui était important était pas la notion, juste de savoir ce avec quoi il était confortable ou pas. Et en fait, c'est une question qu'il faut se poser en permanance, pas qu'avec un-e asexuel-le. Bref, si ma lecure a sûrement amélioré ce que j'ai pu dire sur cette notion en IMS, ça n'a pas du tout atteint son but initial.

Mais en vrai, je suis surtout jaloux de ce monoamoureux qui pouvait aller au café poly[2]. Parce que si moi je suis curieux, je ne connais nul part où aller. Pas de «café mono», pas de «mouvement d'affirmation hétéro» (d'ailleurs, je serai assez inquiet à l'idée de gens qui prennent le temps de créer une telle association). Il y a bien des livres sur les couples mono-hétéro, mais il me semble que, soit c'est les livres pour expliquer l'amour et le sexe aux enfants, soit c'est de la psychologie, soit c'est des guides de self-aide pour les gens déjà en couple ou qui veulent l'être. Bien sûr, j'ai un certain nombre d'ami et de connaissance que je suppose être mono et/ou hétéro[3], mais ça serait étrange de leur poser des questions sur le monoamour, puisque c'est déjà sensé être la norme. Qu'ils peuvent donc supposer que toutes mes questions ont des réponses évidentes. Qu'ils ont pas forcément cette habitude que je peux avoir acquis avec les IMS et avec les gens indiscret, (et avec ce blog et le stand-up ?) de répondre à des questions intimes.

Je donne un exemple de question, ça sera peut-être plus clair. Durant l'étude, l'anthropologue m'a demandé comment je définissais le polyamour. J'ai répondu «Quand ma copain a été amoureuse, j'ai été sincérement ravi que son amour lui soit rendu par celle qui l'intéressait.» Ce n'est pas une caractérisation du polyamour en général parce qu'il y a des polyamoureux qui sont jaloux - qui justement cherchent à lutter contre cette jalousie parfois. Mais à titre personnel, c'est ce qui me convainc d'utiliser le terme polyamour, le fait qu'il aille de soi pour moi que mon copine puisse aimer d'autres que moi. C'est pour ça que j'utilise ce mot là, et pas le mot de couple ouvert ou d'échangisme. Bref, pour moi, si on respecte cette définition, on est sûrement polyamoureux, donc ça suffisait pour mon témoignage...

En passant, c'est extrémement étrange pour le matheux que je suis, de me demander de définir ce qui est son sujet d'étude. Puisque c'est son sujet, je m'attendrai à ce qu'il sache le définir. Ça ne me viendrai pas à l'esprit de demander à quelqu'un «comment tu définis la logique de Presburger» après avoir passé des mois à l'étudier[4]. Et de manière général, il m'a convaincu que je suis content d'être en informatique, ne serait-ce que parce que je n'ai JAMAIS eu besoin de transcrire une heure de conversation avec quelqu'un qui parle vite et saute du coq à l'âne !


Puis j'ai repensé à ma définition plus haut. Et je réalise que je n'ai aucune idée de si cette définition correspond uniquement aux polyamoureux. Est-ce qu'il y a vraiment si peu de gens en général qui respectent cette définition[5] ? Et pourtant, je trouverai très étrange de demander à une amie A, «comment tu réagirais si ton copain, B, tombait amoureux de quelqu'un C (avec C différent de A), et que C lui retournait cet amour.» La seule chose qui me laisse supposer que la réponse est «je réagirai mal», c'est la littérature, les séries, bref, la fiction. Utiliser la fiction comme référence est potentiellement pertinant, puisque la fiction repose souvent sur la réalité, qu'elle modèle la réalité. Mais ce n'est pas une preuve car la fiction repose aussi sur ce qui est communément admis et pas sur ce qui est vrai. Certes, demander à des amis leurs opinions ne me donnerait pas non plus la réalité, puisqu'il y aurait un énorme biais de représentation.

Après, y a sûrement une part de timidité de ma part, qui m'empêche de poser cette question. J'ai remarqué être timide après avoir entendu la discussion suivante :
«D: J'ai invité E et F à mon mariage
G: Tiens, E est avec F ? Je ne savais pas qu'il avait rompu avec H. Ou qu'il avait plusieurs copine»
G a remarqué que sa réponse m'a fait tréssaillir, mais j'ai trouvé trop bizarre de dire «merci» juste parce qu'il a envisagé le polyamour comme une possibilité chez quelqu'un qu'il n'avait pas de raison de supposer polyamoureux. Parce que, à la fois, il a objectivement pas fait grand chose, mais à la fois c'est tellement rare que ça fait du bien d'entendre ça.


La question que tu te poses peut-être depuis quelques paragraphe pourrait être «Mais pourquoi diable est-ce que ça t'importe de savoir si y a si peu de gens qui seraient ravi de voir leur amoureux lui même amoureux de quelqu'un d'autre.». En tout cas, c'est la question que je me pose en écrivant ce billet. Il y a d'abord une part de pure curiosité. Mais surtout, j'ai des petits problèmes de communication parfois, ainsi quand je dis «la copine de mon copain» ou encore «mes copain/ine» ça a surpris des gens, qui ont donc posé des question, au minimum pour vérifier s'ils ont bien entendu ce que j'ai dit, et parfois pour savoir s'ils ont bien compris ce que j'ai voulu dire. Et c'est compliqué pour moi de savoir comment expliquer si je ne sais pas ce qui est inhabituel et ce qui est courant. De même que je n'expliquerai pas ma recherche de la même façon a un autre informaticien qu'à une personne croisé à une soirée, j'aurai besoin de savoir quel est la pensée de mon interlocuteur sur l'amour avant de lui dire pourquoi je m'intéresse au polyamour. Mais la question étant plus personnelle, c'est plus délicat de lui demander ce qu'iel pense[6].

Eh puis, surtout, le café poly, ça permet d'entendre ce que les poly disent entre eux quand ils découvrent ces notions. Ça permet d'entendre ce qu'ils se posent comme questions lié au fait qu'ils sont poly. Et même si j'avais après ce billet un-e ami-e qui me dit «pose moi les questions que tu veux», je serai toujours jaloux du monoamoureux plus haut, car, il manquerait dans les réponses que j'aurai la part de spontanéïté qu'il y a au café poly grâce au fait que les gens discutente entre poly.

Notes

[1] J'ai participé à une étude hospitalière sur la douleur, s'intéressant aux masochiste pour voir s'ils pouvaient découvrir chez nous des moyens pour faire que la douleur soit moins désagréable aux patients. Ceci dit, je pense que ma participation a été une perte de temps et d'argent pour eux, puisque l'étude était totalement hétérocentré, et que me montrer l'image de vieil homme dominé par des femmes, c'était pas forcément ce qui réveillerait le plus mon côté masochiste. D'autant qu'ils devaient quantifier les limites du sujet à certaines douleurs, et les réglages de sécurité des machines ne leur ont pas permis d'atteindre ma limite dans certains cas.

[2] Oui, on peut être poly et jaloux, c'est absolument pas incompatible

[3] En général je ne sais pas s'ils le sont vraiment puisqu'ils ne se définissent pas comme tel

[4] à ce sujet, ça fait des semaines que j'ai un billet sur la logique dans mes brouillons, que j'arrive pas à finir.

[5] J'avais d'abord écrit «est-ce qu'il y a si peu de monoamoureux qui respectent cette définition», mais j'ai reformulé, car je n'ai pas envie de découper le monde en «monoamoureux» et «polyamoureux».

[6] Même si j'en ai probablement le «droit» vu que c'est lui qui a commencé. Mais en général, utiliser cet argument, la notion qu'iel se permet de faire quelque chose qu'iel m'interdit, ça ne fait pas avancer la discussion. Et discuter de polyamour n'implique pas que je veuille discuter de la notion de checker ses privilège.

mardi 7 juillet 2015

Polyamour par l'exemple

Ces derniers temps, j'ai beaucoup parlé de polyamour ici. Comme d'un savoir froid.

Si ça se trouve j'utilise mal le terme de «savoir froid». Une connaissance s'intéressant à l'éducation populaire m'a expliqué que durant les conférences gesticulées on mélange le savoir froid, celui théorique, au savoir chaud - son vécu, son expérience - pour obtenir un discours qui éclate, en partant de l'intime pour aller vers l'universel[1], montrant que le sujet du discours n'est ni une anecdote ni une pure abstraction. Montrant aussi pourquoi ça doit intéresser les spectateurs et pourquoi ça a intéressé l'orateur.

Tout ça pour dire, je vais tenter un petit morceau de savoir chaud, ou pour être encore plus compréhensible, je vais vous raconter des anecdotes en rapport avec le polyamour. Je raconte peu d'anecdote pour deux raisons distinctes: J'ai peur qu'elles ne soient pas très intéressantes en elle-même, à part pour dire Eh, j'ai des amoureux(ses). Et surtout car une anecdote concerne d'autres gens que moi, qui peuvent me lire, donc qu'ils vont apprendre ce que je pense de nos interactions - ou bien dont les amis peuvent me lire et apprendre des choses sur des amis communs. Parce que, sans surprise, des amis de mes amis sont mes amis.
Certes, je n'aurai pas trop de timidité à dire qu'un côté positif du polyamour, c'est d'avoir des relations avec des gens différents, par exemple une personne qui code en C et l'autre en coq. Mais il vient ensuite des notions plus intimes, comme tenir la main, embrasser, et aussi des cordes[2].

Cependant, les anecdotes me semblent intéressante en tant qu'elles éclairent un précédent billet, et surtout car elles décrivent une réalité que je vois autour de moi depuis peu, mais que je ne vois décris nulle part. Bien sûr, je ne prétend pas que sous prétexte que parce que ce type de relation soit moins dans les normes qu'un couple de petit ami monoamoureux, il soit plus intéressant pour autant. Mais c'est mon blog, donc je parlerai de ça, car «il se marièrent et eurent beaucoup d'enfant», je le vois déjà suffisamment ailleurs. Je dirai même plus, je ne dirai pas que un couple mariage/enfant soit plus ou moins hors norme qu'une relation anarchique/polyamoureuse, je ne connais aucune fille de mon entourage rêvant la vie d'une princesse Disney et il y a des tonnes de manière de ne pas suivre totalement le schéma disneyen, sur des tas de points où je le suis sans me rendre compte. Mais encore une fois, je ne peux parler que de ce que je connais.

C'est de pire en pire mes introductions de billets. Maintenant faut cliquer sur «lire la suite»

Notes

[1] À non, ça c'est le crédo du Grandiloquent Moustaches Poésie Club - Bonsoir.

[2] Encore que les cordes soient le moins intime de mon point de vue. C'est comme les acrobatie, ça peut finir parfois finir par un câlin, mais souvent, c'est fait juste pour le plaisir de faire l’acrobatie/l'encordage.

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mercredi 27 mai 2015

Engagement

Au dernier Café Poly le sujet était «polyamour et engagement».

Une des questions principale était: quand est-ce qu'il faut dire les choses. Qu'est-ce qu'on attend de l'autre, et qu'est-ce qu'on lui donne ? [1]

En particulier, on est habitué à la norme monoamoureuse. Le parcours classique étant: se rencontrer, sortir ensemble, présenter le chéri aux proches, se fiancer, aménager ensemble/acheter ensemble, se marier, avoir des enfants, être sentimentalement exclusif, être toujours là pour sountenir l'autre, faire des activités en couple (sortie avec les amis, vacances, loisirs...).

Bien sûr, il y a des tas de variantes, le mariage n'est plus obligatoire[2]. Les child-free ne veulent explicitement pas d'enfants - mais le présupposé qu'un couple aura des enfants reste : «quand est-ce que tu nous fera un petit-enfant ?» ou «Je ne veux pas engager de jeune femme, elle va bientôt partir en congé maternité».

Mais le polyamour remet beaucoup de chose en cause. Parce que, sauf si tout le monde est amoureux de tout le monde, il faut ménager du temps avec chacun. Ce n'est plus forcément «vivre avec la personne», ça peut être: «toujours revenir vers la personne». Visiblement, pour certains, le plus compliqué avec le polyamour (à part le regard extérieurs), c'est tenir l'agenda. Réussir à voir les différentes personnes, en plus des activités de la vie de tous les jours.


Et je crois que c'est la 1ère fois qu'une discussion de ce lieu me laisse perplexe. La notion d'engagement me semble étrange. Probablement pour la même raison que j'étais surpris en parlant d'invitation à un mariage.

De ce que j'ai compris, il était distingué, en gros, trois formes d'engagements. Court, moyen et long terme. Clairement, un enfant, un emprunt, l'achat d'un appartement, c'est un engagement à long terme. Bon, là, je comprend totalement la notion d'engagement. Il faut avoir confiance en l'autre pour savoir que ça se passera bien, ne serait-ce que parce qu'en cas de problème, si l'autre nous laisse tomber, on peut avoir d'énormes souci.

Quelqu'un disait qu'elle a accepté l'idée de dire: «Quand je te dis, «Je t'aime», je ne m'engage pas à t'aimer toute ma vie, ni même à t'aimer le mois prochain. Je sais juste que là, aujourd'hui, je t'aime.». Mais ce n'est pas incompatible avec l'engagement à long terme, il faut juste prévoir d'avance ce qui se passe si la relation cesse. Ce qui est déjà le cas de ceux qui ont un contrat de mariage, en fait[3].


À moyen terme, l'exemple était: on prévoit de prendre deux semaines de vacances ensemble. Et à court terme c'était: on passe la journé ensemble demain. Quant on est en relation, il leur semble normal de s'attendre à ce que l'autre respecte son engagement. Quelqu'un a donné l'exemple, qui a semblé choquer des gens, «En fait, je peux pas venir, j'ai trop de repassage à finir.». Visiblement, annuler un rendez-vous avec sa relation semble innacceptable... Bien sûr, il était tout de suite dit qu'il peut y avoir des raisons justes. Si tu te casses la jambes, qu'un membre de ta famille est à l'hopital, etc... Mais c'est exceptionnel.

Et, sincérement, je ne comprend pas en quoi c'est innacceptable. Bon, je comprend pas non plus l'intérêt de repasser des vêtement, mais c'est une autre question. Parce que, si son amoureux est là, mais stresse car il aura des tonnes de trucs à faire en rentrant chez lui - ou plus simplement, si son humeur lui donne envie d'être seul - quel intérêt de lui dire «Tu t'es engagé, tu dois être là !» ? Ça serait très égoiste, de lui faire faire quelque chose dont il n'a pas envie. Et puis, être avec quelqu'un qui tire la gueule, ou qui se force à être joyeux, c'est pas ce qu'il y a de plus sympathique.

Après, il y a deux cas:

  • soit ces annulations arrivent de temps en temps. Dans ce cas, ça veut dire qu'on le voit encore de temps en temps. Mais ça veut aussi dire qu'on le voit quand il est content de nous voir. Et ça, a priori, c'est quand même assez cool !
  • Soit ça arrive tout le temps, donc on ne le voit jamais. Et dans ce cas, je suppose qu'il est pertinant de remettre la relation en cause - en tout cas j'aurai du mal avec l'idée de faire comme si tout était normal.


J'ai souvent dit que je ne comprend pas la différence entre amour et amitié. Et c'est encore vrai ici. Tout ce que je dis vaudrait aussi bien pour l'amitié. L'année dernière j'ai passé un week-end avec une vingtaine d'amis, 2 n'ont pas pu venir, je vois pas non plus où est le problème. À la limite, s'ils avaient refusé de payer leurs parts et que certains étaient juste niveau argent, ça aurait pu géner, mais c'est tout ce que je peux imaginer comme souci.

Alors, ok, si on monte une pièce de théâtre, ou un spectacle de cirque, et que quelqu'un manque à l'appel le jour de la représentation, c'est grave. Mais c'est un point qui me semble indépendant. D'ailleurs, sans vouloir vexer qui que ce soit, je ne suis pas ami avec tous les acteurs de ma troupe, il y en a certains que je n'ai jamais revu depuis la représentation.


Bref, pour résumer, je comprend pas comment on peut demander à quelqu'un qu'on apprécie de s'engager. Mais, ceci dit, je suis pas cohérent, je suppose, parce que d'un autre côté, je me sentirai mal à l'aise d'annuler un rendez-vous, ou un projet, sans une vraiment bonne raison.

Notes

[1] Ce billet sera gay-centré, car ça m'évite d'accorder des adjectifs, mais reste vrai dans tous les cas.

[2] et tant pis pour les spectacles de cirques qui n'ont pas lieu.

[3] Certes, la question des enfants reste un cas épineux, et j'ai pas d'idée à ce sujet.

lundi 13 avril 2015

Pas de polyamour en IMS.

Un truc me gène depuis quelques temps en Intervention en Milieu Scolaire (IMS). Parmi tous les mots dont je parle, il n'y a pas le polyamour. Même quand les élèves me donnent l'occasion de parles de ce sujet. Les intervenants rajoutent de plus en plus de mots dans les IMS. Tout le monde parle de LGBT, encore que j'ai connu des interventions à mes débuts sans que les trans soient évoqués. Ensuite se sont rajoutés d'autres mots, qui varieront un peu selon les personnes. Ainsi il y les intersexe, les asexuel, aromantique, androgyne, agenre, certains parlent aussi des pansexuels. Je ne parle pas de pan, car j'ai l'impression que la différence avec bi n'est pas claire en générale pour les élèves, déjà que elle n'est pas claire entre différents pan et différents bis.

Asexuel, aromantique, on passe assez vite dessus, en particulier car c'est le seul moment où la différence entre orientation romantique et sexuelle et faite. Donc si on pousse la réflexion, on passe dans: il y a du sexe sans sentiment. Et on revient sur l'amalgame qui consiste à dire que les homos ne pensent qu'au sexe. En effet, nous sommes pour la plupart homo/bi et qu'on parle de ça.


Tout ces mots concernent le genre, et le sexe, mais pas le nombre. Il peut arriver de dire un mot sur les familles monoparentale, en particulier soit pour dire «Dire que 2 femmes peuvent pas élever un enfant, ça implique que une ne peut pas. Pourtant il y a des familles monoparentales. Au contraire, à deux, c'est plus simples puisqu'elles peuvent se répartir les taches familiales.» Mais au delà de deux, on en parle pas.

D'abord, il y a la question de l'amalgame, comme plus haut. C'est le premier danger que je vois. Les gays ne sont pas forcément poly, et il y a des poly hétéro; j'en connais. On introduit déjà beaucoup de notion, je n'aimerai pas trop que ça se mélange. En plus, il y a la difficulté de faire comprendre que poly, c'est pas «tromperie», «coucher ailleurs», ni même «couple ouvert» c'est juste des sentiments pour plusieurs personne. Si l'explication vient d'un homo, y aura de nouveau cet amalgame qui est fait, entre homo et sexualité.


Ensuite, il y a le fait que je ne suis pas formé sur ce sujet. J'ai beau avoir été 3 fois au café poly, avoir lu à ce sujet, le vivre plus ou moins[1], je serai bien incapable de tenir un discours aussi réfléchi et construit que ceux que je peux tenir sur d'autres sujets. Donc pour l'instant, j'évite, m’emmêler les pinceaux devant les élèves n'aident pas ma crédibilité et n'apporte rien à aucun débat.


Et surtout, il y a que le polyamour s'approche de la polygamie. Et ce mot a une très mauvaise connotation. Au point que j'ai entendu un polyamoureux dire du mal de la polygamie. Ce qui étymologiquement signifie juste plusieurs mariages. Mais c'est associé à la domination masculine, car on entend plus parler de cultures où l'homme a le contrôle sur plusieurs femmes. Comme s'il n'y avait pas de sexisme dans les couples monogames. Cette notion est tellement encré que quand j'ai parlé de ça à quelqu'un, elle m'a sorti que c'était un manque de respect de la femme. Alors que je parlais de gens que j'aime[2], et que, étant quand même plutôt gay, je vois pas à quel femme je peux bien manquer de respect.

Une fois, un élève m'a sorti «S'il y a le mariage gay, pourquoi pas le mariage à plusieurs.» Intérieurement, je me disais oui, mais la CPE a été la 1ère à répondre:
«Non, c'est interdit.
-La loi peut changer.
-Non.
-On peut débattre.
-Si t'aimes pas ça, retourne dans ton pays.»

J'avoue, humblement, je n'ai pas su gérer. J'avais déjà vu du racisme/de la xénophobie, mais jamais en face des élèves. Si je parle de polyamour, j'ai peur de retomber sur cette réaction là, et je préfère éviter, garder le dialogue sur les autres sujets.


Accessoirement, je n'en parle pas, car c'est pas dans notre guide, ce n'est pas dans les sujets dont mon association a choisi de parler (pour l'instant ?), et je ne m'aventure pas loin des sujets sur lesquels l'association à une opinion officielle, histoire d'éviter qu'on se contredise. Je ne pense pas que tous les intervenants partagent mes opinions - le contraire serait d'ailleurs assez inquiétant, vu que ça voudrait dire que je n'ai aucune vraie opinion personnelle.

Si l'occasion m'était donné de faire des IMS sur ce sujet, j'aimerai beaucoup le faire. Une amie poly me disait récemment que ça viendra plus tard, chaque chose en son temps. Je n'aime pas l'idée de prioritiser. Souvent dire «il y a plus important», «ça attendra que ce problème soit réglé», c'est juste un moyen de lutter contre rien. Mais pour le coup, j'espère vraiment qu'elle a raison.

Notes

[1] plutôt moins que plus d'ailleurs

[2] plus ou moins, je simplifiais.

jeudi 26 mars 2015

Le Mot et l'Ami

Allez, un billet plus joyeux cette fois ! Pour expliquer un problème de mot. Y a pas de problème d'ami, au contraire ! D'ailleurs, c'est un billet sur mon sourire. Qui traîne depuis 3 semaines sur mon ordi tellement il est compliqué à écrire ! Version censurée et prolongé d'un billet qui était sur l'autre blog.

Pour résumer, y a quand même des préjugés bizarres. Des amis ont rencontré un homme qui m'embrasse et ils pensent pouvoir en déduire que c'est mon copain.


En ce moment, 2 personnes me font sourire[1]. Logiquement, vous savez qui vous êtes. Une copine semblait trouver tout mignon que ça me fasse cette tête là que je ne sois plus célibataire. D'autant que depuis j'ai amené une de ces personnes au club cirque[2].

Stop, stop... Plus célibataire ? En fait, je suppose que si. Une personne qui m'est proche depuis longtemps m'a demandé « Couple ? T'es en couple ? o_O». Visiblement, ça la surprendrait encore plus que le fait que j'ai des piercings. À ma question: « Déjà, va falloir définir le mot couple.», elle me répond «Le mot couple est définit dans le dico xD t'as des variantes après !!». Je vais donc refaire mon geek, inadapté social, qui ne comprend rien aux relations humaines et regarde la définition pour parler aux autres humains.

Alors, y a 12 définition de couple dans le wiktionnary, j'éviterai les jeux de mots sur les maths, les sens vieillis, la marine, la mécanique, la physique, et les québécisme, il reste «Deux personnes unies ensemble par amour, par mariage ou par relation sexuelle.». Pour le mot «unies», j'éviterai les jeux de mots sur le bondage, l'union par les cordes n'étant pas dans la liste. Clairement, non je suis pas marié. Par relation sexuelle, je pense que la liste de ces relations n'intéresse personne[3]. Il reste la dernière, «par amour».

C'est encore plus vague, ce mot, non ? Drôlement utile cette définition. C'est comme si en discutant on disait:
«C'est à Paris ?
-Où ça ?
-En France.»

Regardons donc la définition du mot amour. «Sentiment intense et agréable qui incite les êtres à s’unir.» J'ai pour ces gens des sentiments agréables, c'est indéniables. Qui ont pu être intense au début et se sont un peu calmé après. Mais il n'y a pas d'union. Certes, on a dormi ensemble, mais parfois plusieurs jours d'affilés, mais c'est tout. Nul projet à long terme, nul envie de s'installer ensemble - d'ailleurs l'un d'entre eux vit déjà chez sa copine, loin de Paris. Même pas de projet artistique, j'ai essayé de co-écrire avec un qui travaille sur son roman, mais on a des méthodes d'écritures totalement incompatible. J'ai essayé de jouer de la musique avec l'autre, mais ça n'a pas été un grand succès non plus, je travaille à la partition et lui à l'oreille.

Bref, je les aime. Mais je ne suis pas sûr que je puisse dire que je les aime plus que pas mal d'ami. De mémoire, j'ai été tout autant ravi les 1ère fois que j'ai découvert la phalange de la tétine[4] en vrai, des gens très sympathiques que je suis toujours ravi de revoir[5]. De la même façon, ça me fait un bien fou de revoir les copains cirqueux, l'endroit où je me détend et oublie tout tracas pour quelques heures en faisant du sport et des blagues bêtes. Mais je peux pas vraiment dire que je suis amoureux de ces gens, aussi beau et/ou sympathique que soient certains hommes dans ces endroits.

Factuellement, la seule différence entre l'homme dont je parle depuis le début et un autre homme qui est au club cirque, c'est que je l'ai embrassé et enlacé devant des amis. Mais dans l'absolu, il y a peu d'ami que je ne câlinerai pas si l'occasion m'était donné, il se trouve que ce n'est pas l'habitude des (mi)lieux que je fréquente[6].

Parce qu'avec aucun d'entre eux, on a dit qu'on était petit ami, on n'a dit qu'on sortait ensemble. En plus, y en a deux. Et puis ces deux là ont aussi de l'intérêt pour d'autres gens. À ce sujet, sachez qu'il y a mardi une réunion pour les nouveaux et les curieux au café polyamoureur. Je suppose que si on mettait de l'importance sur la jalousie, sur l'exclusivité, ça serait plus simple. Ça serait «mon» copain, sans ambiguïté, jusqu'à ce qu'on rompe et que ça soit mon ex. Mais je l'ai déjà dit ces notions n'ont pas de sens pour moi !

Accessoirement, je déteste l'expression «mon copain». Il y a un côté propriétaire dans le «mon», qui me déplaît. C'est pas comme «mon» ordinateur, il n'est pas à moi, et n'importe qui peut l'utiliser s'il est d'accord[7]. Ceci dit, c'est absurde, vu que je dis bien «mon père» ou «ma mère», sans qu'il y ait de notions de propriété dedans.


Le souci, parce que dans ce petit monde de bisounours il y en a un, c'est donc: comment je parle d'eux ? Après m'avoir vu l'embrasser, un ami[8] a parlé de lui en disant «ton copain». Et ça m'a fait buggé, j'ai demandé «mon copain ?» car je ne le considère pas comme ça. On ne s'est pas dit entre nous ce qu'on était l'un pour l'autre et que je ne vais pas lui imposer ce terme. Et pourtant, c'est vrai que ça se rapproche. Et si j'utilise pas ce mot, je peux utiliser quoi ? J'ai failli utiliser le fameux «c'est compliqué» de Facebook, mais en fait non, c'est merveilleusement simple, sauf quand il faut en parler. D'où d'où «le mot» dans le titre de ce billet.

Dans le monde polyamoureux, on me donne la réponse «Est-ce que t'es forcé de mettre un mot?». L'un des deux ne veut explicitement pas mettre de mots, par esprit de liberté, et volonté d'être loin des normes - et je l'admire pour ça. Mais moi j'ai envie de dire que «oui, c'est bien d'avoir un mot». Pour des raisons pratiques. Car si je ne le fait pas, des gens le font pour moi. C'est même plus facile pour eux, pour leur représentation mentale du monde qui les entoure, et j'ai pas de désire spécifique de leur dire de me mettre dans une casse à part[9].

Et puis même, je suis bavard. Je suis ravi de voir ces deux personnes, ravi de savoir quand l'un deux revient à Paris. Donc j'ai envie de partager ma joie avec mes amis. Sauf que si je dis ça «Anatole et Barnabé[10] reviennent», ça n'a pas de sens si on ne sait pas qui sont ces gens. Et le mot «petit ami», le mot «mon copain» à l'avantage d'être assez clair, ça ne nécessite pas plus d'explication. Donc si je me prive de ce mot, je suis forcé de passer par une périphrase. Et dire «Un ami avec qui j'aime particulièrement dormir revient»... ça fait bizarre !

Je prend une métaphore, si une femme dit «je suis enceinte», on peut lui demander «qui est le père»[11]. La question cache une question bien plus personnelle est intime, puisque si officiellement la question signifie «qui s'occupera de l'enfant avec toi ?», on suppose aussi qu'elle est de la forme «avec qui t'as couché ?». Et bien, pareil, j'ai envie de pouvoir parler de ce qui m'est important, sans rentrer dans les détails qui pourraient mettre mal à l'aise.


Quand à la question plus haut de savoir si je les aime. Juste pour donner quelques détails en plus. J'ai dit «je t'aime» aux deux. Donc je suppose qu'en vérité, la réponse est probablement oui. Mais c'est en questionnement, je ne sais pas précisément ce que ça veut dire, et il m'est déjà arrivé de changer d'avis et de dire «je ne suis plus sûr que je t'aime, je sais pas, j'ai un doute». Et je vais pas attendre d'avoir résolu cette question pour aller faire des activités avec ces gens, donc pour les présenter à des amis. Mais encore une fois, ça devient bizarre, comme si je devais avoir une réponse précise à ces questions.

Réciproquement, l'un m'a dit «je t'aime», et l'a aussi retiré. L'autre «je t'adore».

Je ne conclurai pas, j'y arrive pas, mais bon, postons !

Notes

[1] Tristement, un des deux d'aujourd'hui n'est pas le même qu'à l'époque d'écriture de ce billet

[2] Ce qui est énervant, c'est qu'il fait en un soir des acrobaties qui m'ont pris plus d'un an à réaliser !

[3] Voir que certains aimeraient en savoir moins, et regrettent des questions qu'ils ont cru bon de me poser.

[4] Référence à l'œuvre d'Asp Explorer, blague d'autant meilleure qu'il ne l'a jamais expliquée !

[5] Même si je me bouge jamais pour organiser les party.

[6] Exception faites de Place des Cordes.

[7] Alors que pas touche à mon ordi !

[8] J'ai l'impression de parler de cet ami dans 50% des billets de ce blog

[9] Comment ça, j'y suis déjà ?

[10] Les noms on été changé en A et B

[11] Oui, c'est hétérocentré, j'assume l'exemple.

dimanche 11 janvier 2015

Aimer n'est pas transitif

Compersion: «La compersion est un état empathique de bonheur et de joie expérimentée lorsqu'une autre personne que soi vit ces sensations. »

J'ai rarement été aussi perplexe qu'après avoir appris ce mot. Je suis compersif. Si j'aime quelqu'un, je ne suis jamais aussi heureux que quand j'apprends qu'il l'est, y compris si ça veut dire qu'il est en couple[1]. Donc, je me projette et cherche à comprendre: Comment peut on ne pas aimer ce qui rend heureux quelqu'un qu'on aime?

Je vais prendre un exemple: Alexandre aime Benoit qui aime Carole[2]. Benoit va voir Alexandre et lui dit en souriant que Carole a accepter de sortir avec lui. Puisque Benoit sourit, normalement Alexandre est heureux, non ? Pourtant toute la culture romancière dit que non ! La jalousie est non seulement considérée comme normale, elle est même un sentiment bien vu.

Bien sûr, je suis forcé d'admettre que l'on ne contrôle pas ses sentiments, ce que l'on ressent. Je ne vais pas demander à quelqu'un de m'expliquer pourquoi il est triste que celui qui aime soit heureux. Ce que je ne comprend pas est qu'on en ait pas honte. Pour prendre un autre exemple, il y a 2 personnes au monde que je hais, quand je pense à eux, le premier réflexe qui me vient est l'envie de les frapper. J'en suis pas fier. Je peux rationaliser en expliquant que j'ai (trop) longtemps essayer de discuter, que ça n'a jamais marché, qu'ils m'ont fait perdre trop, en temps, en argent et en énervement. Mais de toute façon, je ne suis pas fier du fait d'avoir cette envie. Eh bien la nuance que je cherche à comprendre est pareille: je ne demande pas pourquoi on ne souhaite pas voir celui qu'on aime heureux[3], juste pourquoi est-ce qu'il est normal de ne pas le souhaiter heureux.

Alors, je peux totalement comprendre que Alexandre soit triste que Benoit ne l'aime pas/plus, avoir une envie non assouvie est désagréable. Mais si Benoit était célibataire et n'aimait pas Alexandre, la situation serait la même, la présence de Carole ne change rien au tout.

Bien sûr, il y a la possibilité que Benoit ne soit pas avec Alexandre parce qu'il est avec Carole. Sous-entendu, parce que Benoit ne peut sortir qu'avec une personne à la fois. Mais que dans l'absolu, Benoit aime aussi Alexandre. Dans ce cas, il me semble que le problème, ce n'est pas Carole non plus, c'est l'hypothèse: «Benoit ne peut sortir qu'avec une personne à la fois». Qui peut venir du fait que Benoit ne connaisse pas la notion de polyamour, ou qu'il a peur de l'assumer, car c'est dur à vivre et expliquer. Et dans ce cas, le problème n'est pas Carole, c'est le fait que la notion et l'acceptation du polyamour soit si peu répandu. Ou alors Benoit connaît, pourrait assumer, mais n'en a pas envie, alors, encore une fois, c'est Benoit le responsable et pas Carole. Dernière possibilité, le polyamour est connu, accepté par Benoit, mais Carole ne le souhaite pas. Dans ce cas, et dans ce cas seulement, je peux comprendre qu'Alexandre en veuille à Carole.

Simplement, ma question reste la meme, mais au lieu de s'adresser à Alexandre elle s'adresse à Carole. Je ne comprend pas comment Carole peut aimer Benoit et refuser quelque chose d'important[4] qui lui ferait plaisir. Et dont le coût pour Carole, sans être nul, ne serait pas nécessairement incroyablement élevé. Si tout est bien organisé, Benoit devrait rapporter ni maladie, ni enfant imprévu; je veux dire, on ne parle pas de Benoit qui quitte Carole, juste qu'il passe du temps avec une autre personne, tout comme, on pourrait espérer, il peut passer du temps avec des amis ou a une passion.

Un autre point que je trouve désagréable est que je suis totalement conscient que cette question semblera étrange à la plupart des lecteurs, - sauf si le billet tourne dans une communauté polyamoureuse[5]- l'expérience me montre que ce qui me semble étrange est tellement évident pour tout le monde que c'en est probablement incompréhensible.

Notes

[1] et ce n'est pas avec moi

[2] A,B,C...

[3] avec quelqu'un d'autre, mais je ne répéterai pas cette note de bas de page à chaque fois

[4] Je précise d'important, car je comprend parfaitement qu'on puisse ne pas avoir envie d'une pizza, un soir où Benoit pensait en commander une, par exemple, où de ne pas avoir envie de rapport à un moment où Benoit en veut. Mais ici, il s'agit d'une décision à plus long terme, et il me semble, plus importante, que simplement savoir ce qui se fait un soir donné.

[5] Et vive les cafés poly

mercredi 19 novembre 2008

Fidèle

Tu me demandes si je te serais fidèle?
Si je regarde mon portefeuille, je suis déjà très fidèle.
Carte de fidélité Darty, Fnac, Surcouf, Auchan, Carfour, G20, Franprix, monoprix, prisunic, Décathlon, Go Sport, Air France, Air Canada, America Airlines.

Alors oui, toi aussi, je te serais fidèle.
Sans problème.