Minorité › Intervention en milieu scolaire

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vendredi 26 janvier 2018

Souvenirs marquant en guise de conclusion des IMS

Mes années à faire des intervenions en milieu scolaire(IMS) contre l'homophobie, la biphobie et la transphobie et le sexisme sont finies. Voici, dans le désordre le plus complet des événement aléatoires qui m'ont le plus marqués. Les seuls fois où je suis remonté en arrière dans ce billet - c'est pour refaire ce paragraphe d'introduction, et pour compléter des anecdotes. Le reste est juste un cheminement de pensée aléatoire. Sans surprise, il y a surtout des événements de ces dernières années. J'ai très peu de souvenir du début, et je ne prenait pas de notes.

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lundi 12 juin 2017

Est-ce que je n'ai pas mieux à faire que les Interventions en Milieu Scolaire contre les LGBTphobies

Ceci est le billet que je procrastine depuis le plus longtemps. Est-ce que je n'ai pas mieux à faire que les Interventions en Milieu Scolaire contre les LGBTphobies (IMS) ? J'ai beaucoup tardé à l'écrire car j'ai très peur de la conclusion qu'aura cette réflexion. J'ai fait 155 IMS, une dizaine d'intervention et formation pour adulte (IFPA), près de 300 heures à animer des formations, sans compter les[1] centaines d'heures de transport, formation, lecture, et toute l'écriture au sujet des IMS et IFPA. Si ma conclusion devait être que c'est du temps qui auraient pu être utilisé bien plus efficacement, ça serait dur de faire le deuil de ce gâchis. Heureusement pour moi - je spoile la fin - j'ai pas réussi à trouver de conclusion. Dans ce billet, j'ai réussi à écrire et détaillé la problématique, et c'est déjà ça.

Note

[1] Au moins deux.

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vendredi 19 mai 2017

Que répondre aux élèves demandant pourquoi il y a de l'homophobie

Une question revient souvent cette année; qui était assez rare quand j'ai commencé les Intervention en Milieu Scolaire (IMS). «Pourquoi certaines personnes n'aiment pas les homos», «pourquoi il y a des homophobes», «pourquoi certains disent que c'est contre-nature»... Ce billet ne s'intéressera qu'au point de vue des interventions, sans quoi ça pourrait être un bouquin entier, et j'ai pas les compétences pour ça. Même si certains s'y sont essayé.

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dimanche 30 avril 2017

Que dire aux élèves partageant déjà nos idées

Une petite réflexion sur les IMS pour quelques classe partageant nos idées.

Quand on intervient dans les établissement, on revient sur certaines idées que beaucou d'élèves[1] ont. Par exemple: en voyant les gens, on voit leurs orientation sexuelles. On leur demande donc de deviner celle des intervenants. Puis on explique que; puisqu'ils ne sont pas capable d'être tous d'accord entre eux, ça ne se voit pas vraiment. On fait aussi lister les clichés homme/femme; et quand ils discutent, ils voient qu'entre leurs différentes familles, il y a des rôles genrés qui sont différents d'une famille à l'autre de leur classe. Ce qui parfois les surprend. Histoire de dire que ce n'est pas une telle évidence que les rôles soient biens définis.

Mais parfois, il y a des classes où la grande majorité des élèves qui s'expriment sont déjà avec nous. Soit qu'ielles se renseignent avec le net; que beaucoup de gens sont ouvert sur le fait qu'ils sont LGB ou T (le dernier étant bien plus rare, mais pas inédit) et en parlent à leur classes. Il me semble donc que ces exercices sont moins utiles. Ma question est donc: que faire à la place ? Que faire de l'heure 50 qu'on a avec ces élèves. J'ai quelques idées en vrac:

Note

[1] et d'adultes

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mardi 11 avril 2017

Deux malaises en IMS

C'est assez étrange. J'en suis à ma 138ème IMS. Et j'ai réussi à être assez déstabilisé pour être mal à l'aise. C'est rare, et pourtant c'est arrivé deux fois en une journée.

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jeudi 6 avril 2017

Dire en IMS comment faire son coming-out

Mon premier souvenir relatif au coming-out (co) des élèves, c'était une classe de 4ème. Un élève y fit un co bi, dans l'indifférence de sa classe. Quelqu'un a demandé s'il avait bien entendu, et c'est tout. J'ignore si c'est lui ou pas, mais sur un questionnaire après débat, quelqu'un a suggéré qu'on parle de coming-out à l'adolescence.

Récemment, une personne a demandé des conseils pour faire un CO. En particulier, iel demandait comment expliquer ce que c'était qu'être non-binaire. En effet, faire un CO concernant un mot qui n'est pas connu rend le mot plus complexe à faire. Ce jour là, j'ai enfin compris pourquoi «comment faire son CO» n'est pas un sujet qu'on aborde. Quand bien même ça a été quelque fois demander. Ou plutôt, on donnait des témoignages, par vidéo ou directement en face à face. Mais c'est tout.

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vendredi 24 mars 2017

Faut-il être formé pour participer à une action

En général, quand j'écris un billet de blog, j'ai soit une question, soit une opinion. Là, j'ai deux avis contradictoires sur le même sujet. Est-ce qu'il faut être formé-e pour participer à une action ? Bien su, je parle de mon expérience de faire des interventions contre des discriminations, mais je pense que certaines réflexion se généralise. Je vais parler de LGBTphobie et sexisme, mais je suppose que ça se généralise facilement à d'autres sujets. Je précise aussi que je parle uniquement de formations théoriques ici, se renseigner sur les sujets dont on va parler, ainsi que sur les sujets liés. Il me semble aller de soit que des formations pratiques restent indispensable. Qu'on ne met pas un intervenant-e devant une classe sans qu'il ait observé des interventions, et sans qu'ils ne soient déjà intervenu avec un intervenant-e confirmé. L'échange entre intervenant-e-s, qui constitue aussi de la formation, est rapidement indispensable.

La formation théorique est une question vraiment importante, parce que un certains nombre de gens nous rejoignent en en pensant, plus ou moins, qu'il suffit de bonne volonté, de temps libre, de savoir que être *-phobe c'est mal. Et parfois aussi qu'il faut accepter de témoigner de son vécu... En tout cas, c'est ce que je pensais en commençant. Il devrait vous sembler clair que j'ai changé d'avis depuis.

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samedi 22 octobre 2016

Évolution des Intervention en Milieu Scolaires

C'est ma sixième année à faire des interventions en milieu scolaire. J'ai été plutôt absent l'an dernier, pour cause de fin de thèse. Ci-bien qu'à la réunion de rentrée de cette année, je ne connaissais plus grand monde. Et je réalise un truc génial: quand moi je vois tout le chemin parcouru, eux ils voient ce qui reste à faire. Si je me dis qu'on a énormément progressé, certains jeunes se disent qu'on est encore loin et ont des idées pour aller plus loin. Je ne les verrai peut-être pas toutes, car elles prennent parfois du temps à mettre en place et je finirai par atteindre l'âge limite de l'association.

Ça me donne en tout cas envie de faire un petit récapitulatif des différences entre le souvenir que j'ai des IMS en 2012, quand j'ai commencé, et celles de 2016.

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mercredi 17 août 2016

Même si SOS Homophobie est une mauvaise association, rejoignez-nous.

Il est arrivé plusieurs fois que j'entende du mal de SOS homophobie. J'ai ici envie de prendre la défense de SOS homophobie. Ou en tout cas, la défense du fait de rejoindre SOS homophobie. Il arrive qu'on me contacte pour des renseignement sur les intervention en milieu scolaire. Si la personne n'est pas parisienne, je conseille de contacter la délégation de SOS Homophobie de leur région. C'est en général à ce moment là que j'entend ce que la personne a à nous reprocher.

SOS Homophobie a un certains nombres de qualités. Sa première selon moi est son rapport annuel, basé sur les témoignages recueilli de manière assez systématique. C'est très biaisé bien sur, puisque une augmentation du nombre de témoignage peut être causé par une augmentation de la notoriété de la ligne de témoignage, mais ça reste un outil drôlement pratique. De plus, SOS homophobie est une association avec une assez bonne notoriété, qui est consulté par des ministères et a donc une influence, certes limités, mais prise en compte, là où des décisions se prennent. Et elle a un réseau sur une grande partie de la France, ce qui permet aux non parisiens de bénéficier d'une expérience plus grande que l'expérience locale.

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mercredi 8 juillet 2015

Pourquoi je ne parle pas de queer en IMS

Un jour que je parlais d'IMS à quelqu'un, j'expliquais que nous faisions des interventions contre les LGBT, oubliant le mot phobie. Rectification faites, je rajoute dans la discussion qu'on parle d'autres sujets, tels que les A (agenre, asexuel, aromantique) et I (intersexe).

Un peu plus tard, j'entend cette personne dire à une autre que le parle de LGBTQIA+phobie. Ce sur quoi, mon côté pointilleux me force à l'arrêter[1]. Qu'est-ce que Q fait là ?

Dans ce sigle à rallonge, Q peut avoir deux sens. Dans certains endroit, c'est «questionning», ou «en questionnement». Mais c'est rare, et je n'ai jamais entendu parler de questionningphobie. Des associations peuvent le rajouter pour dire aux gens «vous êtes pas forcé de vous définir, de savoir exactement dans quel case vous êtes».

Mais le plus souvent, Q signifie queer. Et je ne parle pas de queer en IMS. Je crois qu'aucun élève ne m'en a jamais parlé, et nous n'abordons pas ce sujet. Ce qui pose la question: pourquoi on en parle pas.


D'abord, je ne parle pas de Queer car je saurais pas quoi dire. Avez vous lu l'article wikipédia queer ? Laissez moi vous citer le premier paragraphe:

Queer est un mot anglais signifiant « étrange », « peu commun », souvent utilisé comme insulte envers des individus gays, lesbiennes, transsexuels… Par ironie et provocation, il fut récupéré et revendiqué par des militants et intellectuels gays, lesbiennes, transsexuels, bisexuels, adeptes du BDSM, fétichistes, travestis, transgenres ou toute personne refusant la catégorisation du genre, de ses sentiments amoureux et/ou de sa sexualité. Ce terme est apparu à partir des années 1980, selon le même phénomène d'appropriation du stigmate que lors de la création du mot négritude. Il est utilisé comme titre de roman partiellement autobiographique par William S. Burroughs en 1953 (publication en 1985), qui y parle de son homosexualité.

Le premier paragraphe, c'est celui qui facilite la lecture en expliquant de quoi ça va parler de manière informelle... La suite est pire. Alors allez expliquer ça a des lycéens. À la réflexion, je serai bien incapable d'expliquer le concept de queer à qui que ce soit. D'autant que certains disent que le principe de queer est de n'avoir pas de définition.

Ensuite, je ne parle pas de Queer, car je n'ai vu personne le faire. D'ailleurs, c'est le Mag Jeunes LGBT, et pas Jeunes LGBTQ... d'un autre côté c'est pas LGBTQIA, et on parle de I et de A. Mais ça ne suffit pas comme argument, je n'ai vu personne parlé d'agenre ni d'asexuel la 1ère fois que j'ai rajouté ce mot en IMS, et ça ne m'a pas empêcher d'en parler.

Selon un ancien magueur, la question de rajouter Q au nom du mag a été posé en AG. Il était contre pour la raison suivante, que je reprend à mon compte pour les IMS: Queer, ça se choisit. On ne décide pas d'être homo, on décide de l'assumer ou pas, on ne choisit pas d'être intersexe, on nait comme ça, on ne choisit pas d'être trans, on choisit ce qu'on fait derrière selon les contraintes des avancées médicales et sociales. Par contre, Queer, c'est une revendication, c'est politique, c'est militant, la personne choisit - ou pas - de se dire queer et de s'approprier cette étiquette. Pour citer un billet récent, le Queer sera celui qui donne la mauvaise image. Le Mag ne lui est pas interdit, heureusement, mais ce n'est pas non plus la première personne visé par cette association. Et en tout cas, ce n'est pas du queer que nous avons envie/besoin de parler le plus en IMS.

Maintenant, si quelqu'un me lit, pense que je me trompe et a une idée qu'il hésite pas à la donner en commentaire au mag, car on a jamais assez d'intervenants.

Note

[1] ce qui est bête, je devrai laisser les gens me présenter sous un jour positif

samedi 28 mars 2015

Militant, poil au dent.

Il parait que je suis militant. C'est pas moi qui le dit, c'est Yagg: «Aujourd’hui ces huit BD ont été traduites en français par Arthur Milchior, un jeune militant du Mag Jeunes LGBT.»[1]

Ce billet dédié à une des deux personnes dont je parlais dans le billet précédant. Ça fait quatre ans que je fais des IMS, la 100ème[2] est prévu pour vendredi prochain. Elle a le recul que je n'ai plus, tout en partageant mes opinions, et ça fait du bien de discuter avec quelqu'un qui n'est pas la tête dans le guidon, qui ne fait pas les choses par habitudes mais peut dire ce qui la[3] turlupine.

Il y a une raison pour laquelle je ne me qualifie pas, ou rarement, de militant. Une raison moins profonde que celle pour laquelle je ne me qualifie pas de féministe. C'est l'étymologie, «militis: soldat». Je fais confiance à wikipedia, et même si c'est faux, il y a toujours la proximité avec le mot militaire. Dans ma tête, ce mot est accompagné d'images transgressive, je pense d'abord au plus médiatiques, que ça soit les Femen aujourd'hui, ou act-up. Ça peut aussi être des tags dénonçant l'inégalité combattue, les gréves lycéennes avec blocage d'établissements. Bref, dans mon imaginaire, militant, c'est un truc transgressif, et risqué, que ce soit administrativement ou physiquement.

Mon association est agréé par le ministère de l'éducation nationale et les 3 académies franciliennes, on entre en donnant parfois notre nom et/ou une pièce d'identité à la loge, avec l'accord de l'infirmier/ère, du/de la proviseur/e ou CPE, et on mange parfois avec eux dans la cantine de l'établissement qui nous est souvent[4] offerte. Parfois même le/la prof ou surveillant/e nous aide à garder le calme si la classe est trop agité. Autant dire que niveau transgression, je suis dans le négatif. Au pire, je sais théoriquement qu'il y a des parents d'élèves contre nous, à cause des «journées de retrait de l'école».

Bien sûr, ou hélas, ce n'est pas advenu tout seul. J'ai pu vivre ma vie de mes 17[5] à mes 23 ans[6] sans jamais me soucier de l'homophobie, grâce au travail de mes prédécesseurs. Je suis là pour la 4ème année dans les écoles, parce que des militants se sont battus pour que l'homosexualité ne soit plus considéré comme une perversion, car le Front homosexuel d'action révolutionnaire, les Gouines Rouges, et tellement d'autres associations, ont imposé la visibilité, ont lutté pour l'acceptation et ont milité pour des droits.

Aussi parce qu'il a 30 ans des gens se sont dit que pour être plus fort, mieux résister à l'homophobie, il vaut mieux être ensemble, et spécifiquement permettre aux jeunes de se retrouver, se soutenir et voir qu'ils sont pas seuls, donc on fondé le Mouvement d'Affirmation Gay, [7]. Et que je sais que des anciens d'il y a 15 ans nous on dit qu'ils en reviennent pas qu'aujourd'hui des dizaines et dizaines de lycées nous demandent de venir parler des homos[8] chez eux !


Relisons les deux derniers paragraphes. J'ai écrit «battus», «imposés», «lutté», «fort», «résister», «soutenir». Il y a une rhétorique guerrière qui vient naturellement et me déplaît. Parce que non, je ne me «bat» pas, la métaphore est fausse. Je n'ai jamais rien risqué en faisant ces IMS, j'ai entendu parler, une fois, d'un élève qui commençait à se montrer violent, donc d'une IMS qui a été écourté. C'est ma 4ème année et il y a plus de 100 IMS par ans, autant dire que même si j'en fais plus d'un tiers d'entre elle, ça reste pas grand chose. À la limite, le plus gros risque que j'ai eu l'impression d'avoir, c'est une prof qui est venu nous chercher en voiture dans une gare de RER en banlieue et dont la conduite jusqu'au lycée laissait à désirer.

Je ne suis même pas là pour imposer quoi que ce soit aux élèves, je ne lutte pas contre eux, même pas contre les élèves homophobes. Je discute avec eux. C'est tout, je parle. Des gens me font des tas de compliments quand je leur raconte les IMS, quand je répète des horreurs ou des choses mignonnes que j'entends. Mais en fait, je ne fais que ça, discuter avec des gens, pendant deux heures, avec de 8 à 35 inconnus. Parfois des inconnus très sympa, parfois en total désaccord avec moi, mais je ne fais que parler. Et ceux qui me connaissent savent que je suis très bavard. Alors si je peux faire une différence en discutant, tant mieux ! J’admets que parfois j'en ai marre de toujours parler du même sujet. Que, même si après tant de temps j'ai toujours l'impression de ne pas le maîtriser à fond, d'avoir des lacunes, parfois je me dit que ça serait cool de passer sur un autre[9]. Mais au fond, je me contente d'apporter mon vécu - parfois édulcoré -, des «faits», mes opinions, celles de l’association histoire qu'on soit d'accord et raccord entre nous, et les témoignages d'autres personnes que je répète, quand mon vécu n'est pas pertinent.

Mais j'arrive pas à me qualifier de militant, j'ai l'impression d'usurper un mot. Et si je comprend ceux qui s'énervent, et face à l'injustice c'est tout naturel, c'est pas ce que j'ai envie d'être ou de faire.

Notes

[1] Vous remarquerez que quand je parle d'actualité, que je vous sors un article, c'est avec un an et demi de retard.

[2] La 103ème aussi

[3] Oui, «la», le pronom variera, puisque la personne concerné est agenre.

[4] Il y a 2 exceptions, et j'ai toujours refusé de payer les cantines des écoles, faut pas pousser.

[5] Age où j'ai compris que j'étais gay

[6] Âge où j'ai commencé les IMS.

[7] Pour le coup, je brode, il y a un souci d'archive concernant le mag, disons que j'imagine que c'est à peu près l'idée.

[8] On parle des LGB et T, mais il est rare que les profs nous parlent d'autres choses que des homos.

[9] Je ne le fais pas, car l'intérêt de la discussion vient de la possibilité de témoigner. Il n'y a pas d'IMS sur le polyamour ou l'aromantisme, et je n'ai pas de témoignage a donner sur le racisme ou le handicap, je pense donc être là ou je suis le plus utile.

samedi 7 février 2015

Témoignage d'IMS

Eh, mais ça fait longtemps que j'ai pas mis les témoignages sur le blog. En voilà 7

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mardi 9 décembre 2014

Présentation des IMS

L'ancien président du mag m'a demandé un témoignage sur les interventions en milieu scolaire, pour notre premier rapport. Finalement, il n'y est pas, mais sera normalement dans la magazette, journal de l'association. Voici donc le texte.


Salut lecteur. Je me présente sommairement, histoire que tu saches d'où je parle: Arthur, 26 ans, doctorant en informatique, traducteur amateur de webcomics homo: Fur Piled <www.liondogworks.com/fr> et lgbt: Khaos Komix <www.khaoskomix.f> (parce qu'ils m'ont aidé, et que je veux que les jeunes lgbt francophone puissent y avoir accès !). J'ai fait 72 interventions depuis 2012, dont deux tout seul, deux devant plus de 60 élèves, dont une avec une journaliste (des souvenirs qui marquent).

Je considère qu'une IMS s'adresse à 3 publics: les LGBTphobes, les indifférents et les jeunes LGBT/en questionnement. Le tout avec une unique discussion ! Mon but est de faire réfléchir les premiers, sans leur dire qu'ils ont tort, juste en tentant de leur faire prendre conscience que s'ils peuvent avoir des pensées homophobes – ressentir du dégout n'est pas interdit - les mots et les actes homophobes peuvent avoir des conséquences graves auxquels ils ne pensent peut-être pas. Pour les derniers, je veux leur dire ce que j'aurai aimé entendre à leur age (à la place du "t'es trop jeune pour savoir" que l'intervenante pour l'éducation sexuelle m'avait sorti). Il est important qu'ils sachent qu'ils ne sont pas seuls, que ce n'est ni grave ni anormal. D'ailleurs, on peut faire son coming-out, et vivre en étant lgb sans que ça créé le moindre souci.

Concernant les trans, je suis incapable d'apporter un témoignage personnel, et si grâce aux formations organisé par le mag et à mes lectures je suis relativement à l'aise pour discuter de ce sujet, on l'aborde rarement en profondeur. Cela est arrivé principalement avec quelques classes très lgbt-friendly. Cependant, j'estime que le minimum est de leur faire comprendre la différence entre "trans" et "travesti", deux mots trop souvent confondu par les élèves. C'est même un des deux points qui sont indispensable pour moi en IMS, avec la question "Si votre meilleur.e ami.e vous dis être homo, comment vous réagiriez ?", histoire qu'ils y aient réfléchi quand ça arrivera.

Les IMS ont eu deux effets sur ma vie. Vu que j'interviens beaucoup j'estime important de me former, et je me suis retrouvé à lires des blogs/livres que je n'aurai pas forcément lu sinon, que ça soit sur l'homosexualité dans l'histoire, dans le monde, ou même le sexisme. Et surtout, j'estime extrêmement important de partager les témoignages d'IMS, j'aimerai lire les pensée d'un intervenant en 2004, voir comment étaient les élèves à cette époque (je sais que les élèves de mon lycée était plutôt tolérant, - quoi que surpris de mon coming-out, mais ce n'est pas représentatif). Depuis près d'un an, je prend donc le temps de faire des témoignages, racontant le déroulé d'IMS, les choses les plus marquantes que j'y ai entendues, d'abord en léger différé sur mon compte twitter pour que ça soit partageable, puis remis en forme sur <www.milchior.fr/blog> pour que ça soit pérenne. Et vu les retours que j'en ai eu, ça semble vraiment intéresser des gens, au point que j'en parle plus que des mathématiques, qui sont pourtant ma grande passion (mais moins facilement compréhensible).

Je conclurai donc avec 4 témoignages d'IMS qui m'ont marqué: -Une classe tellement dissipé que des élèves confondaient encore "homosexuel" et "homophobe" après deux heures. -Un élève qui trouvait bien que dans certains pays on tue les homos, demandait pourquoi ce n'était pas le cas en France, et, à ma question "donc ça serait normal qu'on me tue car j'ai été avec un homme", sa réponse s'est fini par "en four nazi". -Dans une autre classe, intervenant avec un magueur que je rencontre pour la première fois, un élève nous demande "depuis quand vous êtes ensemble", -Et pour vraiment finir, mon meilleur souvenir: un garçon me demande "Vous n'avez jamais voulu essayer avec une fille", ma co-intervenante répond "Et toi, tu n'as jamais voulu essayer avec un garçon", il nous répond que "si", fait son CO en tant que bi, et sa classe de 3ème semble ne pas y prêter d'importance !

En espérant vous convaincre d'intervenir si vous ne le faites pas déjà,
Bonne continuation, Arthur Milchior

mercredi 26 mars 2014

IMS mars 2014

TW: homophobie, racisme. (Oui, je commence avec les triggers warning, j'aurai du le faire plutôt)
Bravo pour avoir fini ce billet, il était long.


Mardi: Le truc à lire avant de faire une IMS.

6 heures d'IMS. Et avant qu'on me pose la question, ouais, je veux un cookie. Vraiment. Mais si vous me payer en cookie, c'est encore du bénévolat ?
Sinon, cette nuit, j'ai rêvé que Link (oot adulte) et Tidus (FFX) étaient en couple. Google, pourquoi tu me trouve aucun fan art ? :(

Suite à un pb d'emploi du temps, une classe a eu une heure au lieu de deux, ils ont demandé à revenir pendant la pause déjeuner :)

J'aime quand les élèves se corrigent entre eux. Un gars signale à un autre qu'il confond "trans" et "travesti" sans qu'on intervienne.

Questionnaire après débat :"j'ai grandis avec deux femmes et je le vis très bien." (on a parlé d'homoparentalité)

"Vous croyez qu'on est...?" À l'unanimité l'autre intervenant est dit gay, moi plutôt bi. Donc cet hétéro fait "plus gay" que moi. (ça m'amuse la certitude de l'erreur, mais savoir si je "fais gay" ou pas, je m'en fiche.

"Quand vous insultez, c'est pour quoi ?
-Pour insulter" (Certes, mais encore. )

Comment vous réagiriez si un ami vous disait être homo. Un a un pote bi, sans souci. Un autre pose notre question au prof, marrant.

Commentaire après débat très positif, sauf que j'ai oublié de les noter. J'ai gardé "Arrêter d'être gay et une pédale. Débat de merde"


3ème changement de salle, 6ème heure, je veux mettre le dvd dans l'imprimante. Je crois que je fatigue.

C'est dur de faire comprendre à une classe pourquoi on vient leur parler d'homophobie, quand on en voit vraiment pas chez les élèves.

Là, j'ai donné des exemple de propos entendus dans d'autre lycée. Un élève:"Mais comment vous faites pour pas les frapper?
-Je parle"

Ben en fait, j'ai pas grand chose d'autre à dire aujourd'hui. Classes super cool, donc rien de vraiment remarquable ! À demain.


Mercredi:

Une journaliste de France Info nous a observé, et a interviewé des élèves. Mon nom est cité, mais on ne m'entend pas. Il faut dire que l'ims dans un auditorium ne facilite pas la prise de son, je ne pouvais pas avoir la journaliste qui gardait son micro sous moi.

Témoignage un peu plus long qu'hier
Caffouillage d'un prof, on se retrouve aussi avec la classe de la semaine prochaine. 60 élèves et une journaliste de France Info, c'est sportif. On les prend quand même, on peut vraiment pas dire à des lycéens, vous êtes venus au lycée à 8h30 pour rien, allez 2 heures en perm'.
"Qu'est-ce que vous connaissez comme source de discrimination?
-La différence." Ils sont géniaux, ça normalement c'est notre conclusion
Classe sympa, jusqu'à ce qu'on parle d'homoparentalité
"Il y a déjà des enfant élevés par deux pères
-C'est faux"

Après l'intervention, j'entend une fille dire qu'une autre est lesbienne dans la classe, et ne devrait pas le cacher. J'essaye de lui faire comprendre que, non, le coming-out n'est pas facile, et qu'elle savait peut-être pas que la classe acceptait bien.
Maintenant, des extraits de questionnaire après débats: "Faire venir des personnes homosexuelles"(on a pas dit qu'on l'était), "C'est étrange", "Je suis contre, mais je respecte leurs choix", "certains propos des personnes de ma classe m'ont étonnées"
"Je trouve ça pas bien car de se faire enculer, ça fait un peu de douleur" (comment il sait ?)"
"il y a beaucoup de bruit ce qui gène le débat qui est intéressant" Un jour, faudra nous expliquer comment faire taire des élèves
"Je respecte les gays/lesbiennes, même si je trouve ça bizarre"
"Je suis pour juste pour les bis et les lesbiennes, sinon le reste je suis contre." Ce qui est assez marrant, car une élève ne comprenait pas pourquoi on distinguait la lesbophobie de la gayphobie.
"Respectueuse au possible" et plus bas "L'homosexualité est contre nature et imorale. L'homme est fait pour être avec une femme" wtf?
"Tout le monde n'est pas obliger de les comprendre simplement de ne pas les dénigré", ça fait vraiment plaisir, c'est ÇA notre message!
"Ne pas venir à 8h30 du matin alors qu'on a pas cours, mais merci de nous avoir accueilli". Oh que je comprend, l'école est trop tôt.
"L'homosexualité, la bisexualité et la transidentité" ne me dérangent pas". Ça m'étonne car on parle de trans, je ne crois pas qu'on ait dit le mot "transidentité", donc elle doit le connaitre d'ailleurs.
"Je suis déjà tombé amoureuse d'une femme et me sentais concerné par ce débat. Je trouve que certaines personnes sont très peu ouverte"
"La sexualité qu'elle quel soit ne se contrôle pas." aille, je pense qu'il parlait de l'orientation, mais ça sonne plutôt "violeur" là.
Un dernier pour finir bien "Débat intéressant, rien à changer. Pas d'avis du moment qu'ils s'aiment", ça fait particulièrement plaisir. En effet, "pas d'avis" ça veut dire que c'est l'avis neutre, donc en fait celui de la majorité. Et ça confirme ce qu'est la majorité dans ce lycée.

2ème classe Définissez homo "une personne qui aime quelqu'un de son sexe". Définissez hétéro "une personne normale".
Quand on fait lister les orientation sexuelle, on a "homo, bi", et ensuite hétéro qui n'est pas vraiment une "orientation" pour eux
Un élève a visiblement confondu les termes androgynes et androïd. Ce qui a du lui rendre bizarre la discussion sur sexe vs genre.
Première fois qu'une élève nous parle de "Théorie du genre" d'ailleurs. Mais la question était pas clair, j'ai peur d'avoir mal répondu. Visiblement, pour elle, la théorie du genre existe pour avantager les FTM qui vont changer pour profiter du sexisme des hommes.
Il est possible que je n'ai pas retranscris fidèlement ça pensée, ça semblait assez confus.
Une élève demande comment les homos font pour draguer. Une autre répond, surprise "Ah, parce que les homos peuvent tomber amoureux ?!"
Un truc cool, la majorité des élèves comprennent que si un ami fait son CO, c'est parce qu'il lui fait confiance, que c'est flatteur. Même si y en a toujours certains qui pensent que c'est car son ami est amoureux de lui.
Et voilà, c'est fini pour aujourd'hui. Au programme: sieste et mathématiques.


Vendredi:

Un conte pour me préparer aux #IMS. Une jolie histoire de princes charmants (en anglais)

Le plus gros souci d'un élève, c'est que ça va faire bizarre qu'on dise "Monsieur et monsieur"

On essaye de définir et orientation sexuelle et identité de genre. Ça a été un peu un échec, une fille a compris que les trans sont bis

"-Si un-e ami-e vous disait être homo...?
-ça resterait mon ami sauf si c'est une fille."

"Les gens critiquent si on a un avis différent", j'aimerai vraiment savoir comment avoir une classe calme qui s'écoute...

Quel est votre avis sur les lgbt : "Je n'ai pas d'avis, je suis indifférent, ça n'me dérange pas, j'm'en fous." au moins c'est clair !

Très bizarre comme début d'intervention, un mec semble sous-entendre que son ami et homo, il ne nie pas mais lui demande de pas le dire.

Classe très dissipé. Mais ça fait quand même super plaisir de voir des élèves globalement d'accord avec nous.

Sur l'homoparentalité, les élèves contre, c'était parce qu'on se moquerait des enfants à l'école. D'autres élèves répondent en comparant cette situations aux enfants de mères célibataire, ça deviendra normal.
Bon sang, j'aime vraiment pas ce mot "normal". Mais difficile de reprendre dans ce cas là.*

Chose rare, je me retrouve à devoir parler de réappropriation des insultes. Visiblement pas facile à faire comprendre.

Des élèves d'#IMS disent que si un ami "devient" gay ça ira à condition qu'il lui "fasse" rien. Parce que si eux une fille leur plaît...?
L'avantage de cette homophobie c'est que ça introduit bien la discussion sur le consentement et le sexisme.
Parlant de sexisme et de norme, on parle du père qui a mis une jupe pour soutenir son fils de 4 ans. Réaction d'un élève: "cool" :)

Par contre, je suis vraiment furax, on a tellement perdu le contrôle de l'#IMS qu'on a pas réussi à dire un seul mot sur les trans. :( Mauvaise gestion du temps, trop de boucan, de questions des élèves. C'est la première fois depuis presqu'un an que ça arrive :(.


Mardi: Avec un lycée en grève, je peux vous dire que l'infirmière est très sympathique et qu'elle a du vrai thé dans son bureau. Et que un groupe de lycéen, ça peut faire beaucoup de bruit (et que c'est déprimant de se dire qu'on est un vieux, qui les voit depuis l'intérieure, depuis le côté des profs)


Mercredi: la grève à fini. Un excellent podcast pour préparer l'IMS.

Dans le bus, je tombe sur des lycéens de la semaine dernière tenant des propos sexiste. Bon, on fait pas de miracle non plus.

Visiblement on a eu des élèves venu à l'#IMS qui n'auraient pas du être dans cette classe. Bizarre. En moyenne les élèves sont timides mais vraiment intéressé, ça fait un mélange bizarre et épuisant.

On a été impressionné, on listait les insultes homophobe et un élève a remarqué tout seul qu'elle sont toute au féminin. Et il en a déduit directement que c'est lié au sexisme.

Quelque part, ça fait plaisir de voir une classe s'étonner de l'homophobie tellement l'idée que ça puisse exister leur semble "conne". Mon seul regret c'est que la pression de la classe empêche les pensées homophobes de s'exprimer et donc nous empêche d'y répondre.

L'avantage de secret story(sic) c'est que la définition d'intersexe ne les surprend plus trop, même s'ils disent "hermaphrodite". Et pourtant presque toutes les classes savent que les escargots sont hermaphrodites, qu'ils changent de sexe pour se reproduire. En général ça fait rire quand je demande si c'est pareil pour la reproduction humaine. Et c'est fait amicalement, c'est bien. :)

Truc sympa: les élèves qui font un détour pour te dire bonjour. Truc triste: j'ai l'age du prof de ce matin. (très mignon en passant)

En passant, je trouve twitter intellectuellement malhonnête. Ils RT beaucoup les propos homophobes, et pas les friendly. Ça déforme la vérité. Car sans nier que l'homophobie existe à l'école, il ne faut pas cacher les élèves qui nous soutiennent. Ça fait parti de la vérité d'aujourd'hui.


Vendredi, dernière IMS de ce lycée:

Abordant la peine de mort pour homosexualité, je découvre que le mot "lapidation" fait rire des élèves. :(

Vous pensez que je suis homo/bi/hétéro/ne savez pas ?
"Toi, pourquoi t'as cru que j'étais bi ?
-Car je sais pas, donc j'ai dis les 2."

Pour eux "l'orientation sexuelle se voit". Ils ne sont pas capable de se mettre d'accord sur ce qu'ils voient, mais si, ça se voit.

Les parents gay sont un problème, seul la femme sait s'occuper de l'enfant.Changer une couche est physiquement impossible pour l'homme.

La prof m'apprend que sur la fiche de début d'année du lycée, les élèves peuvent marquer garçon, fille ou autre. J'aime ce lycée !


Et pour finir, une classe dans un autre lycée:

Cette nuit, j'ai rêvé que je faisais une IMS à Poudlard. Ce qui est pourtant inutile, si j'en crois les fan fic.

(Un message caché en milieu de poste. Si vous avez lu jusqu'à la fin, c'est cool de le dire. Je sais jamais si j'écris pour rien ou si je suis lu. Et surtout j'aimerai savoir si c'est trop long/trop répétitif/trop court. Trop trash et directe ou si ça va. Si ça vous gène de lire ça aussi, car ça peut rappeler de mauvais souvenir à certains.)

Tout d'abord, il faut savoir qu'une IMS, c'est marrant à faire. Une IMS tout seul encore plus. Alors malade, la voix moitié éteinte, le portable laissé à la maison, devant une classe agité, laissez moi vous dire que c'était l'éclate ! (mais la moitié de ma voix habituelle suffit pour une salle de classe.)
Avec dvd de 16 minutes, vu une quarantaine de fois, j'ai passé plus de 10 heures devant le même reportage. J'en peux plus.

Quelques questions avant débat:
-Avez vous une question ?
-Si c'est pour danser, non, mais si c'est pour parler, ouais"
"Est-ce que cela les dégoutte ?" Les mentalistes, help. Qu'est-ce qui dégoutte, ou pas, qui ?
"Pourquoi il y a le mariage gai ?" "Qu'est-ce que ça fait ? et comment ça se fait de l'être ?"

L'homophobie me dérange pas, je suis là pour ça. Le racisme, ne pas croire qu'un-e arabe/noir-e peut être lgbt, j'ai plus de mal.

Parlant d'handiphobie:
"-Il y a des aveugles homo ?
-Bien sûr, comme partout.
-Mais comment ils savent quel garçon leur plait ?
-Comme les hétéros".
Bon, décidément, j'aurai pas réussi à leur faire comprendre que "homo" concerne les fille aussi. Et les bis...

Une fille me dit que son père lui a dit qu'il préfère qu'elle revienne enceinte, à 15 ans, plutôt que lesbienne. Aoutch Par contre, elle pense qu'elle aurait le droit d'être bie, car ses parents auraient toujours l'espoir qu'elle ait un enfant J'explique que les lesbiennes ne sont pas stérile, PMA, coparentalité.. Bref, elle pourrait toujours avoir un enfant. Elle y croit pas.

Au moins avec une classe bavarde, ils se sont pas géné pour poser des questions, même perso. Par contre, pour écouter les réponses...
Ils veulent savoir pourquoi deux filles ont le droit d'être proche, de se toucher, alors que deux mecs, non. Dur de répondre.
"-ça fait quoi de coucher avec un mec?
-Ça fait du bien."
Je déçois toujours en parlant de câlin, d'embrasser. Ils veulent autre chose.
Cette dernière ligne est donc officiellement un appel à plan-câlin .

"-Pourquoi vous êtes homo ?
-Pourquoi vous êtes hétéro ?" une fille explique la beauté des mecs. Je suis d'accord et ça la surprend !
Ils tiennent absolument à connaitre mon type de mec. Je dis que j'aime bien les geeks. Qu'un mec avec un bouquin c'est attirant. (D'ailleurs je vais trop souvent aux "mot à la bouche")

Ils veulent savoir si aucune fille me plait, je dis que je trouve quelques très rares filles masculines jolie.
"Comme Justin Bieber?" (je n'ai pas réussi à avoir d'explication à cette phrase)
Je parle de ma copine en cm2, ma mère à gardé sa carte de st-valentin. Ça les fait rire. Et hop, je récupère leur attention 3 minutes.

Je n'aurai pas non plus réussi à leur faire croire qu'en couple d'homme (les filles, décidément, ils s'en fichent) il n'y en a pas forcément un qui fait la fille. Pourtant ils l'ont vu dans des reportages de W9, c'est pas de la téléréalité. Et puis, "ça se voit" qui fait la femme dans un couple, il y en a un qui a des manières. Je répète que, pas forcément. D'ailleurs, ils sont incohérent. Ça se voit, ils le savent, et pourtant me demandent si je fais la femme ou l'homme dans le couple.
J'essaye subtilement de passer de "faire la femme" au "rôle" de la femme, et au sexisme. Non, c'est le sexe qui les intéresse.
Certains ne croient pas que les femmes peuvent faire l'amour ensemble, je regrette vraiment de faire l'#IMS sans fille. J'explique donc que amour ≠ pénétration, parle de caresses... et me fait traiter de menteur.
Puis, j'ai l'air bien crédible après avoir dit que non, le faire entre garçon fait pas mal, si c'est bien fait. Comme pour les hétéro.

"Comment vous faites pour savoir si un garçon est homo, pour pouvoir le draguer." C'est totalement incroyable, pour eux, que je puisse dire à un mec qu'il me plait sans connaitre son orientation sexuelle. Et surtout qu'aucun hétéro ne m'ait frappé après que je lui ai dit ça. Beaucoup d'élèves disent qu'ils frapperaient, eux.
Bon, je peux vraiment pas leur reprocher, j'ai mis des années à le comprendre. Grâce à Nicolas Bacchus. Un grand chanteur.

"Embrassant un mec dans le métro, je me suis fait traité de pédé.
-Et vous l'avez frappé ?"
Mais pourquoi tant de violence ?

Une fille me remercie de faire ces intervention, car il y a dans cette classe peut-être de futurs homophobe. Pourquoi "futur" ?

Voilà, compte rendu fini. C'était long, pour une seule classe. Mais intéressé et très turbulente. (moins que d'habitude selon la prof, ce qui me fait être vraiment heureux d'enseigner à la fac en fait.)

Faites attention, ce billet est particulièrement long. Je suis beaucoup intervenu ce mois-ci.

dimanche 16 février 2014

IMS de février 2014

Février 2014, j'ai fait 8 interventions dans 3 lycées différents. Comme d'hab, vous avez ci-dessous un copié coller de ce que j'ai mis sur facebook, qui est lui même un copier-coller un peu mis en forme de ce que j'ai tweeté en léger différé. (Parce que quand je suis devant les élèves, je suis pas sur mon portable, mais j'ai toujours un crayon pour prendre quelques notes, certains pour vous, certaines pour le compte rendu pour le mag, et certaines pour un débrieffing avec l'autre intervenant)

4 février:

Allez, deux petites IMS aujourd'hui. J'étais crevé, je me suis fait plus de 2 heures de transports entre Créteil le matin et Champagne sur Seine l'après midi (ce qui est bête, vu qu'ils sont tous les deux aux sud-est de Paris), et les élèves étaient visiblement crevé aussi, certains dormaient littéralement sur leurs tables.
Franchement pas grand chose à raconter.
Sur un questionnaire avant débat, une question :" et si l'on ne sait pas ce qu'on veut dans la vie ?" ... je comprend pas la question.
Ça fait plaisir de voir à quel point les élèves savent que la télé ne représente pas la réalité. Malgré qu'on nous resorte les clichés question d'élève : "que pensez vous de l'IVG pour les homos ?" (Après vérification, elle a confondu IVG et PMA)

On leur demande de définir discrimination, on a eu : "faire la morale".
Et pour homophobie on a eu "la peur de devenir gay." Des élèves croient que des homophobes, des autres, pensent que c'est contagieux.
Question rituelle d'#IMS, si votre meilleur-e ami-e vous dit être homo, vous réagissez comment ? "Je le baise !"
Un autre lui signale que la réaction est absurde. "Non, mais je le frappe, je veux dire."
Quand on lui demande pourquoi, il ne sait pas. "Non, mais j'ai dit ça comme ça, sans réfléchir." (Ah ouais, ça va alors.)

La conclusion de mon dernier billet se vérifie encore. 2 filles se disent L ou B sur les questionnaires après débat, et là je réalise que j'ai grosso modo rien dit sur la biphobie. Gloups.
3 élèves de la première classe, un de la deuxième, nous ont demandé si on était en couple avec l'autre intervenant (réponse: non)

Ah et sinon, un autre lycée à annuler les interventions. Bonne nuit


11 février, début d'une semaine avec 6 IMS sur 3 jours, à côté de la recherche et des tp, et d'écriture... C'était une bonne journée d'#IMS, équipe pédagogique très sympa, dans un CDI, ma salle préféré ! Trois classe de plus en plus friendly.

Première classe, on nous a dit qu'elle était calme et sympa. Spoiler de l'#IMS : lol ! (Ça veut dire non)

Visiblement, dire qu'un arabe puisse être homosexuel les fait rire.
La classe était relativement calme la 1ere heure. Jusqu'à ce qu'un gars sorte : de toute façon, si je vois un homo, je le frappe. (rassurez vous, il m'a pas frappé, même quand à la fin de l' #IMS on a dit qu'on était gay.)
D'habitude on le dit pas en #IMS, mais comme ils croyaient pas que ça existait vraiment on a préféré dire qu'ils viennent d'en voir 2. J'ai jamais vu une classe aussi surpris que les intervenant d' #ims soient homo.

Une a peur que si elle se comporte pas en homophobe, ça encourage les gens à être homo.
On parle du Refuge, association qui accueille des jeunes lgbt mis à la porte car LGBT, un élève dit que s'il a un fils homo, il fera pareil, le frappera ou le laissera fuguer pour plus le revoir.
On demande à cet élève s'il trouverait normal d'être mis à la porte si ses parents aiment pas sa copine. Il répond que ça ne peut pas arriver car si c'était la cas il quitterait sa copine.

Questionnaire avant débat du lycée (différent de celui du mag), ça vous ferait quoi qu'un membre de votre famille soit homo ? Une élève commente : impossible, il n'y a que des femmes dans ma famille. (Et les lesbiennes alors ?)
Ça me fait penser, un jour je serai curieux de voir si : "comment vous réagissez si votre meilleur-e ami-e vous disait être homo" Aurait une réponse différente si on remplaçait "homo" par "bi". S'il y a des différence en lycée entre homophobie et biphobie.

Une élève est d'accord avec le fait de frapper. Tout se règle en frappant plus fort. La prof intervient en disant qu'elle passera l'information à ses parents pour améliorer ses résultats scolaire. A posteriori j'ai honte d'avoir trouvé la réponse drôle en fait j'ai aucun moyen de savoir si elle pas battu /n'a jamais été battue chez elle. Ce qui expliquerai son propos. On parle du plus grand risque de ce suicide. Ils considèrent que le suicidaire est faible et ça prouve que les homos sont faibles.

La prof leur demande s'ils croient qu'on peut vivre bien en ayant provoqué un suicide, en ayant du sang sur les mains. Une élève se rend compte que "ah ouais, elle a raison". J'aime bien cette prof de français


2ème classe: Beaucoup plus sympa.

Une vrai discussion et pas un cours, donc des questions inhabituelle aussi. Si on connaît des gays devenus hétéro par hasard.
Quand un élève dit que c'est pas grave d'être gay, un autre lui dit que ça veut dire qu'il est homo.
Un autre serait content d'avoir un ami gay. Nous avons des amies, et s'il traîne avec nous il pourra les draguer. Le même serait content qu'un gay le drague, ça voudrait dire qu'il est beau gosse.

"Je veux devenir gay, ça me gêne pas de le dire haut et fort." Malheureusement, ça discutait et j'ai pas eu le contexte de cette phrase

Difficile de faire comprendre que non "l'homophobie" n'est pas illégal. C'est juste une circonstance aggravante. Les pensées sont libre

Encore plus difficile d'être crédible en parlant de pénalisation de l'incitation à la haine, quand on entend tant de raciste/homophobe.

Questionnaire après débat :"je pense que c'est normal mais ça me dérange un peu car j'ai pas l'habitude."


Dernière classe super sympa, 1 unique propos homophobe: une insulte homophobe. Un mec qui insistait sur le fait qu'il est hétéro dit à un autre qui l'embête :"recommence et je t'encule". Ça a fait rire, il a pas compris pourquoi.
Je finissais par dormir debout mais les commentaire disent que c'est intéressant!
Ah et sinon, ça fait bizarre, ça ME fait TRÈS bizarre, d'entendre quelqu'un parler des Lascars Gays, même si c'était logique dans la conversation.

12 Février:

Questionnaire avant débat : On ne veut pas homosexuelle en France." (Sic), "Chez moi il n'y a pas sa !!!" (Re sic), "Je ne vous conseille pas arrêtez Arrêté ça svp." , "Dieu a crée un homme pour une femme." Mathématiquement, c'est le "un" qui me laisse perplexe.

Le témoignage DVD :"Je suis croyant et je crois en dieu, je le vis très bien" et visiblement rigolo pour cette classe.
Étonnamment la classe a été sympa, il est possible qu'on nous ait donné les questionnaires avant débat d'hier. Par exemple "comment les homos peuvent draguer ?" Bonne question, vraiment ! (si quelqu'un à la réponse, merci de la mettre en commentaire)

Très joli discours de la Cpe sur la lutte contre les inégalités, le petit plus que ce lycée leur apporte en plus par rapport à d'autre.
J'aurai pas du mettre le t-shirt à l'envers, ça fait perdre du temps quand ils veulent le déchiffrer.

J'ai dit avoir fait mon coming-out à ma femme, au lieu de dire ma mère. Bizarre comme lapsus. Très.

C'est dur de parler de la difficulté des premiers coming-out, c'est trop vieux pour moi. Mes co sont sans soucis maintenant. Oui, on continue de faire des coming-out toute la vie, ne serait-ce qu'en draguant ou en parlant de vie de couple à des nouveaux amis.


Début de deuxième IMS, un élève dit et répète "ils ont rien compris à la vie." On n'en saura pas plus, on saura pas pourquoi.
"Je peux vous poser une question ?" Ben oui, on est là pour ça !

Certains ont entendu que les homophobes sont des homos refoulés, et montrent l'élève forte gueule homophobe du doigts. Il aime pas. Je précise qu'on décourage ce comportement, et que si ça des homos ont été homophobe et se sont rejeter, ce n'est pas une généralité.

"Qu'est-ce qui vous plait chez un homme ?" Visiblement "le sourire" n'était pas la réponse qu'il attendait à la question.
"Vous êtes en couple ? - Pour l'instant non. - Rassurez vous, ça viendra ." Elle est gentille (mais ça m'intéresse pas)

Parlant du taux de suicide des 15-25 ans, ils disent que c'est parce qu'ils connaîtront l'homophobie toute leur vie. Alors que les vieux n'ont plus longtemps à la supporter. C'est rare que je me retrouve à parler d'homophobie en maison de retraite j'avoue que je ne maîtrise pas bien le sujet, mais je peux au moins dire qu'il n'est pas anodin.

Bref, 2ème classe très sympa.(j'aime quand ils font le parallèle homophobie/racisme)


14 février:

Un tout petit compte rendu d'#IMS cette fois-ci, puisque je n'ai eu qu'une unique classe de troisième, très sympathique.

Je me demandais s'ils croiraient qu'on parlerait d'homosexualité car c'est la St-Valentin (mais non). (On parle aussi de trans, mais c'est moins lié aux questions d'amour)

Questionnaire avant débat, l'un dit que son avis sur l'homosexualité change selon que c'est une fille ou un gars.

On nous dit "hermaphrodisme", on répond intersexe. On dit que dans certain pays on attend quelques années, que l'enfant choisisse. Je suis incapable de répondre à une question sur la manière dont l'enfant vit avant le choix, pour les vestiaire par exemple.
J'ai l'impression que ces notions, et celles de trans, les choque moins que les lycéens. Marrant.

Très calé niveau étymologie c'est impressionnant. "homo"="même", "philie"="aimer", "phobie"="peur". D'où une question super intéressante que je m'étais jamais posé. Pourquoi zoo/nécro/pédo PHILIE(amour) alors que homo/bi/hétero SEXUEL?

Un élève questionne sur la zoophobie, si ça existe et pourquoi on le met pas avec homophobie/xénophobie/racisme/sexisme.
On parle de consentement et d'inégalité dans la relation, contrairement à une entre majeur(sexuellement) humain. On me répond que chez les mâles, on peut parfois voir le consentement, j'ai abandonner le sujet, j'avais plus d'idée de réponse. J'ai rarement été aussi mal à l'aise, surtout que la cpe nous a dit que les profs étaient pas chaud pour l'IMS (d'ailleurs, c'est pas des mots que j'aurai eu envie d'écrire sur mon blog/facebook)
En fait, ils étaient plus aimable après qu'avant, ça semble leur avoir plus/les avoir convaincus. Cool

Question compliqué "est-ce qu'être homophobe c'est mal ?" (indice: répondre "oui" ça fait pas un débat. Répondre "non" non plus) On a défini l'homophobie: peur, haine, rejet, dégoût. Parler d'actes homophobes(harcèlement), de ses conséquences (suicides) et fait la comparaison avec le racisme/sexisme/handiphobie... enfin, comme d'habitude quoi. Et on lui a reposé sa question. Et comme d'hab', on finit par dire qu'on contrôle pas les pensé, être dégoutté c'est pas "mal". Agir en homophobe, insulter... si.
On fait lister les actes homophobes. Insulte, frapper, regards. Un élève rajoute "la loi", avec comme exemple l'interdiction de se marier. D'autres lui disent que maintenant on peut. Il répond qu'il parlait d'autre pays aussi, comme en Russie. (Il aurait pu parler de PMA ici, sinon, mais c'est déjà génial en #IMS)

Certains croient qu'être homo c'est un choix. Ça c'est classique. Mais les arguments et réactions sont inhabituelles. En gros, pour une élève, "on peut aimer tout le monde", et on peut choisir d'aimer que les gars/filles. Je ressors un arguments classique, après les listes des actes homophobes, ça serait "bête" de choisir d'être homo et de risquer ça. On me dit que si je trouve que c'est "bête" d'être homo, je dois être homophobe. J'ADORE cette classe !

Questionnaire après débat. On nous dit qu'on devrait plus parler de sexisme. (c'est vrai, à ma décharge en 1h15 on manque de temps !)
Le même élève écrit qu'on aurait du parler des blagues sexistes et des blagues homophobes. (point Uneheuredepeine atteint !)

Autre questionnaire: "Je les aime toujours pas, ça me dégoutte". (mais il coche que l'intervention était intéressante)
Un autre: "Est-ce que la tribadophobie et la gayphobie existe ? Pour votre prochain débat. une blague :" pourquoi faut-il préférer les bi aux gay(barré) homo ? -> parce qu'ils sont à moitié normaux."
Et un tout dernier commentaire après débat: "On aime un ♡ et pas un sexe."


Deux derniers mots, je suis conscient que ces billets de compte rendu manquent de lien. J'ai envie d'accuser le format de twitter, mais en fait, c'est surtout qu'il n'y a pas de plan, c'est une - longue - suite d'anecdote. Désolé si c'est illisible, je n'ai pas d'idée pour faire mieux.

D'ailleurs, ces témoignages ont pas mal de succès sur twitter, en tout cas si je m'en fie à la rubrique "connecter" qui m'informe du nombre de message retweeté, mis en favoris, et du nombre de fois où les gens me mentionnent, principalement pour dire aux autres de lire ce témoignages. En tant qu'auteur, j'avoue trouver ça presque déprimant, d'avoir plus de succès en répétant ce que disent les autres qu'avec mes créations.

lundi 3 février 2014

Moins d'IMS cette année

Finalement, je ferai peut-être moins d'IMS - Intervention en Milieu Scolaire - contre les LGBTphobies que ce que j'aurai imaginé. Et pas que grâce aux nouveaux intervenants qui me permettront d'en faire une plus petite portion. Mais des responsables d'établissements ont annulés la semaine dernière 9 interventions en milieu scolaire dans 3 établissements différents.

Dans un cas, l'intervention devait survenir suite à un gros cas d'homophobie, et le lycée a craint pour notre sécurité physique. Je suppose que j'apprécie l'annulation, j'ai aucune envie de me battre. Dans un cas, les parents ont retiré leurs enfants de l'établissement, donc ça sera reporté à un moment où les esprits se calmeront. Dans le dernier, c'est suite à la pression des parents et c'est définitivement annulé.

Je n'ai pas plus de détail que ça. Ça m'énerve. Bon, je me doutais que ça arriverai, je suis même surpris que ça ne soit pas arrivé plus tôt[1], l'année dernière par exemple. Vu les propos que nous tenaient des élèves, et vu ce qu'ils nous disaient sur leurs parents, je me doutais qu'il y avait un bon nombre à qui notre discours déplairait beaucoup. Mais ça m'énerve quand même. Et je ne sais pas explicitement dire pourquoi. D'où ce billet, pour noter les idées et tenter de l'analyser.

D'abord, ça fait deux ans et demi que je me prend des remarques LGBTphobes régulièrement grâce à ces interventions, que je me fais traiter de menteur, parfois insulter, par les élèves. J'encaisse[2]. Je crois qu'en fait j'en veux aux établissement de ne pas faire de même. Sauf que moi, je me prend des petites tranches de deux heures, puis je ne revois plus les élèves. Eux ils doivent tenir des années avec les mêmes, donc c'est être de mauvaises foi que de leur reprocher de chercher le calme quand nous on n'hésite pas à mener des joutes verbales.

D'un autre côté, ce que j'ai toujours trop tendance à oublier, et qu'ils oublient peut-être parfois, c'est qu'on n'est pas là que pour convaincre les LGBTphobes de réfléchir. Ni même les gens qui ne sont ni LGBTphobe, ni LGBT-friendly. Les indifférents quoi. C'est bien, et c'est indispensable, qu'ils réalisent que les actes qu'ils peuvent imaginer sans conséquence, comme utiliser "pd" comme insulte, ne sont pas anodins. Tout ça, on le voit, on le sait, quand on intervient, et le personnel du lycée peut le voir aussi.

Mais bon, ok, même si c'est dommage de pas pouvoir en parler avec ces élèves., à la limite, j'ai l'impression qu'il n'y pas absolument urgence, et qu'il est vrai que cette discussion se passerait mieux dans un contexte plus détendu, ce que j'espère qu'on n'aura d'ici quelques mois.

Mais je suis aussi là, et je dirai même, surtout là, pour parler aux jeunes LGBT ou en questionnement. Je dis que j'ai tendance à l'oublier, car je le vois rarement. Statistiquement, la majorité des personnes concernés ne le disent pas, ou parfois nous le disent rapidement en sortant de la salle, en chuchotant pour que personne d'autre ne soit au courant. Je dirai même qu'on ne doit pas dire aux élèves qu'on veut parler aux LGBT de leur classe, car si on leur dit que statiquement il y en a 3 dans une classe de 30, ça vire à la recherche de "qui est le gay", explicitant les clichés qui leur font croire que tel ou tel personne est homo. (Ils ne cherchent jamais qui serait trans ou bi par contre)

Bref, on ne sait pas qui sait, on ne peut pas et ne veut pas savoir qui l'est. Mais ils existent et nous écoutent. Et c'est un sujet très important pour eux, encore plus que pour nous. Car dans certains cas, c'est une des rares fois où ils ont entendu dire du bien des LGBT, que ça peut aller mieux, et qu'il existe des endroit où se retrouver, (même si leurs parents sont contre) et où on peut découvrir qu'on n'est pas unique, ni même exceptionnel. - Parce que c'est une chose de vaguement savoir qu'il y a des LGBT quelques parts. C'en est une autre d'avoir une preuve constructive, d'en connaître, de les fréquenter. Et également de se dire qu'on peut trouver des gens de même orientation sexuelle, donc potentiellement trouvé un partenaire un jour[3]. Et donc, en pensant à cela, ça m'énerve, beaucoup, qu'on retire cette possibilité à ces quelques élèves, pour calmer un plus grand nombre. Encore plus si on leur a annoncé l'intervention et qu'on l'annule, car ça revient à leur dire « finalement, c'est pas important. » et pourtant si !

Bon, je m'arrête là, je me lève tôt demain matin, et je vais parler pendant 4 heures à deux classes différentes, avec 1h45 de transport aller. Et que ce billet est déjà trop long.

Notes

[1] De même que je suis surpris, malgré les quelques retweet/follower que mes comptes-rendu m'apportent sur twitter, je me sois pas encore pris de remarque homophobe en réponse à ces commentaires.

[2] Bon, ceci dit, j'ai pas de mérite à encaisser les remarques transphobes, quasi systématique.

[3] Merci de ne pas me signaler que je suis probablement en train de projeter mes souvenirs de lycées, le témoignage n'est pas unique

vendredi 17 janvier 2014

Premiers extraits de 2014

Voici, copié depuis facebook, ce que j'avais copié depuis mon quasi-live tweet, que j'avais copié des notes sur papiers que j'ai pris durant les interventions. Avec un peu plus de mise en page, des remarques en réponses à ce que d'autres m'ont dit en commentaire.

Au fait, je ne donne jamais le nom du lycée, parce que je doute que ça soit intéressant. De toute manière, dans un même lycée je peux trouver alternativement des classes lgbt-friendly et des classes lgbt-phobe, et bien sûr des entre deux.

Lundi, 6 heures d'intervention en milieu scolaire, avec des élèves plutôt homophobes dont 4 heures seul.

Enfin, pas seul, j'ai le soutien du prof pour la discipline, et parfois d'autres profs/proviseur qui viennent voir comment c'est par curiosité. J'étais déjà venu l'année dernière, lycée très sympa.

En passant, le son du lecteur dvd est pourri. J'en veux au Netophonix, sans eux je m'en serai même pas rendu compte !

Première intervention, correcte, rien à signaler, c'en était presque ennuyeux tellement c'était la routine. Ceci dit, avec "Oui mais pour la religion être gay c'est 3 fois pire que pas être marié." le chiffre 3 me laisse très perplexe.

2ème, avec une intervenante, là ça devient vraiment costaud.

À propos d'un témoignage du DVD : "Mais c'est choquant, une noire n'a pas le droit d'être lesbienne." Oui la fille, noire d'ailleurs, explique que c'est normal que les filles noires ont moins de droit que les blanches. Après vérification, ce n'est pas simplement que selon l'élève il n'y a pas de noire lesbienne - certain le pense, - mais que ça leur est interdit.

Selon une élève on peut savoir qui fait l'homme dans un couple homo: c'est la personne qui fait la demande en mariage. J'avoue que fallait y penser !

On parlait d'homoparentalités. "Je suis contre -pourquoi ? -Je ne vous dirai pas, vous ne serez pas d'accord." C'est pas faux.

Comme actes homophobes, par rapport aux tortures, les élèves préfèrent le meurtre, c'est plus humain.

Concernant un pays où être homo c'est 3 ans de prisons: "seulement ?!" Elle pense que ça doit leur faire plaisir, les mecs profiteront d'eux Et puis si on emprisonne les gays ensemble, ils pourront se mettre en couple. Et rester gay comme les dealer redealent en sortant de prison.

-Si vous avez un enfant qui vous dit être homo, vous réagissez comment ?
-je le met à la poubelle.
Une élève fait la remarque juste qu'elle ne peut pas se projeter et savoir comment elle réagira quand elle aura vraiment un enfant.

On parle du suicide de jeunes homos. Une élève dit, tout bas : "tant mieux".

Une élève croit qu'on ne peut pas être homo et croyant. Mais que c'est mieux être homo et pratiquant que juste homo. (Quel logique?)

Après l'intervention, une élève demande comment elle peut aller à la Gay Pride car ces parents veulent pas. Je sais pas quoi répondre.


Dernière intervention, de nouveau seule, devant une classe au début quasi-muette. -Et si un ami vous dit qu'il est homo ?
-Je lui parle plus, pas être contaminé
-homo c'est pas contagieux
-je veux pas avoir le sida

"Quel pourcentage de la population est homo, à peu près ?" Un élève répond 300.

Comment vous réagissez si votre enfant est homo ? 15 je le rejette. 1 ça fait rien et 1 je l'envoie au bled. Sur 22 élèves

Un élève explique que lui même s'il disait être homo, sa mère le jetterai dehors. Enfin le tuerai puis le jetterai dehors

Le même dit que s'il avait un ami gay, il le frapperai pour son bien. Par contre il déclare avoir un copain bi. Je comprend plus rien. Apprenant qu'on peut réaliser tard qu'on aime les hommes, il semble avoir peur de devenir gay. En même temps s'il dit vrai il finirait à la rue. L'occasion de placer un mot aux élèves sur Le Refuge.

La documentaliste me dit qu'un élève fait un exposé sur le yaoi pour le cours de Japonais et me demande conseil. Je me sens inutile là. Mais c'est l'occasion de reparler de Khaos Komix et Fur Piled, 2 magnifiques LGBdT traduites par votre serviteur.


Mardi, 8 heures dans le même lycée qu'hier, avec deux intervenantes différentes.

Première classe bien sympa... Un exemple sur un questionnaire avant débat: "Pourquoi les homosexuels sont-ils attirés par le sexe opposé ? Comment font-ils ? Pour moi les homosexuels sont considérés comme une race différente, ils ne font pas partir de notre espèces. Ce sont des animaux ces chieurs."

"Considérés vous les gays comme des humains ou des êtres vivants ?"[1] Ah une question de biologie sur le questionnaire avant débat. Je vous passe les 7 autres remarques sur les 21 questionnaires, ils sont similaire. #IMS. La matinée va être bien sympatoche...

Questionnaire après débat. Un élève veut amender la peine de mort pour qu'on soit brûlé vif.

Une élève trouve charitable de pousser les homos au suicide (pour leur éviter une vie de péché)

Un autre, plus sympa, dis qu'il payerait à un ami pdsexuel une proxenète (sic) pour lui montrer comment sont les femmes.

Sinon quand on a expliqué qu'en Russie ce qu'on fait serait passible de prison, ils veulent qu'on aille en Russie.

Un élève à déjà vu des homos dans le métro et leur a craché, dessus. Il insulte les homos en arabe, comme ça on sait pas ce qu'il dit.

Un élève à confondu filiation et fellation. Un croit que bi, c'est homme en été, femme en hiver

3 disent que c'est contre nature, 2 contre dieu, 2 que les homos sont des fous [2], et 4 parlent de tolérer, même si un précise qu'il faut du temps pour accepter.

Sinon un garçon a dit que l'autre intervenante, très jolie fille, lui a brisé le coeur en se disant lesbienne.

2ème IMS super bien passé, ça fait du bien. Dont un bi et un gay dans la classe.

Homo, bi, hétéro, on demande s'ils connaissent d'autres orientations sexuelle, une fille répond "pan" et l'a défini. Elle m'a bluffé !

Si,comme mon correcteur orthographique, tu ne connais pas ce mot, "pansexuel", google est ton ami. (et contrairement à ce que Asp Explorer m'a répondu, ça n'a rien avoir avec la panspermie, même si ça serait drôle)

Une élève demande si les bis sortent avec des bis uniquement. Il faut vraiment que je fasse plus gaffe à préciser et répéter régulièrement qu'un "couple homo" n'est pas forcément "un couple d'homo".

Parlant(tiens, j'ai écrit "parant" sur twitter) de filiation, une élève nous invente le principe de coparentalité sans connaître le nom ni savoir que ça existe.

"Pourquoi sortir avec un gay s'il est effeminé, sortez directement avec une fille ! Sauf si c'est pour..." elle ne finira pas sa phrase et pourtant posera la même question pour les lesbienne avec des godes...


Question rituelle : comment vous réagissez si votre meilleur-e ami-e vous dit qu'il ou elle est homo ? Quelques réponses inédites.:
Une fille aurait peur qu'un ami gay veuille lui piquer son copain. Après tout on parlait d'homme qui s'acceptent gay à 50 ans.
Une fille dirait à son amie "que dieu te guide" mais resterait avec elle car ça se fait pas de rejeter une amie. J'aime cette classe.
Enfin un mec dit qu'il demanderait son numéro de téléphone. Il comprend pas pourquoi la classe rit, on lui rappel que la question parle de leur meilleur ami, donc qu'il a sûrement déjà son téléphone. Et il rigole aussi.

On parle avec lui après l'#IMS, il est surprit qu'on parle de bipohobie car il est bi et ne connaît pas. Ça m'attriste de lui apprendre qu'il y a même des homo biphobes, lui donnant quelques exemples pratiques. Ça semble le décevoir.

Je fais une aparté, ce garçon m'a raconté rapidement quelques détails de sa vie privé, de problème qu'il a eu. Ça me confirme une chose que je sais depuis longtemps: Je ne veux pas être accueillant au mag. Ça ne me dérange pas - ou plus - de me faire insulté, d'entendre des horreurs homophobes. Mais voir ce jeune garçon qui vient se confier à moi et me raconter, même très rapidement, des problèmes qu'il a eu lié au fait qu'il aime les garçons, ça me met horriblement mal à l'aise. Je ne sais pas que dire, je ne suis pas formé à ça d'ailleurs. Je comprend totalement que pour un mec dans sa situation, ça peut faire du bien de savoir qu'il peut se confier et ne va pas se prendre de remarque homophobe ou quoi que ce soit de similaire en retour, mais c'est vrai que ça me met franchement très mal à l'aise.

Sinon, pas mal d'élèves viennent discuter avec nous après, nous disent merci, qu'ils ont appris des trucs intéressant, c'est cool.

Une nous demande si c'est normal de ressentir de l'attirance pour les filles sans vouloir faire plus. Je parle d'asexualité. J'espère ne pas m'être gouré en parlant de ça, je manquais de temps pour en savoir plus. Mais au moins je dis qu'il n'y a rien d'"anormal", qu'elle est pas seule et qu'il n'y pas de règle absolu dans ces sujet.

Sinon, comme l'intervenant ne "fait pas lesbienne" et qu'elle parle d'intervenants hétéro, ils se demandent si on est en couple.


Et maintenant l'après midi.

Questionnaire avant débat : oui, l'homosexualité est un signe de la fin du monde.

"Rien contre les lesbienne,mais les hommes il se font rentrer dedans,c'est sale et inhumain. Les pd qu'ils aillent se faire ---" les traits sont d'origine. Mais si je devine bien la fin de la phrase, je ne sais pas s'il est particulièrement logique ou particulièrement absurde.

Après débat, certains veulent qu'on parle plus de la religion, d'autre moins. Ça va être dur à faire.

3ème classe, on leur demande: si vous réalisez que vous êtes attiré par quelqu'un de votre genre, vous le diriez. 3 oui, 17 je sais pas, 19 non et 3 "je me suiciderai" (dont un: en fait non, mes parents m'auront tué avant)

15 sur 32 élèves pensent qu'on choisit d'être homo. Ce qui semble être grosso modo la proportion de la majorité des classes, sauf peut être des classes particulièrement tolérantes.

"Les homos c'est pas normal alors que vous prenez 1 homme, 1 femme, vous les mettez dans la forêts, ils vont se reproduire."

Un garçon demande si les gays sont aussi attirés par les garçons manqué, car lui est attiré par les filles et par les garçons efféminés.

On comparait le racisme, homophobie, handiphobie... "- Ça n'a rien à voir
- Pourquoi ?
- Ben, c'est différent.
- En quoi ... " ad. lib.
Bon, on finit par entendre que, sa couleur de peau, on peut pas la cacher. (On dit pas que c'est identique, mais que des causses et des conséquences se ressemblent. Rejet de la différence, discrimination, insulte...)

Dernière classe, franchement rien de spécial à dire, classe habituel. Juste une petite anecdote pour conclure.

Un gars : "Comment les gays font? C'est trop petit pour.." On lui parle de zone érogène, il dit qu'il n'en a pas car il est un homme.

Notes

[1] Orthographe d'origine, pour une fois c'est pas ma faute

[2] et non pas des folles

mercredi 15 janvier 2014

Commentaire sur les commentaires d'IMS

Voilà, j'ai repris les interventions en milieu scolaire. Cherche ce tag sur mon blog si t'as oublié ce que c'était. Je te ferai quelques compte rendu plus tard, cher blog.

J'aimerai partager deux commentaires auxquels j'ai pensé grâce à des échanges sur des réseaux sociaux.

Je donne - sur twitter d'abord, facebook ensuite, et enfin sur le blog - des extraits d'interventions. Mais je ne précise jamais que je donne les extraits les plus inhabituels, qu'ils soient marrant, particulièrement choquant, ou parfois très touchant. Un de mes buts avoués, c'est de partager l'expérience auprès de ceux qui n'interviennent pas, et d'avoir une trace pour ceux qui voudraient savoir comment les interventions étaient en 2013, car moi même j'aimerai bien savoir comment c'était en 2003. Sauf que ce but n'est finalement pratiquement pas atteint, puisque j’omets les anecdotes qui reviennent à presque toutes les observations, et qui seraient pourtant celle qui contiendraient l'information la plus objective que je puisse donner.

Il y a une solution simple, donner le compte rendu détaillé d'une intervention "classique". Sauf que, en omettant le fait que je ne peux pas légalement enregistrer les élèves et qu'une retranscription de 2 heures serait probablement trop ennuyeuse à lire, et à taper, et surtout en omettant le fait qu'elle serait incompréhensible car c'est parfois plus du brouhaha que du dialogue... bref en omettant tout ça, eh bien en fait aucune intervention n'est totalement classique, il y a toujours quelques remarques inédites, et quelques remarques qui viennent 9 fois sur 10, comme, «c'est pas naturel/normal». «Pourquoi vous avez choisi d'être homo?»... qui de temps en temps n'arrivent pas.

Pire, je réalise de plus en plus qu'il y a beaucoup de mauvaise foi dans mes témoignages. Surtout quand ils sont oraux, quand je parle des IMS et raconte des interventions aux copains. Je donne des histoires marrantes qui se sont produites, mais en fait je me moque. Déjà parce que je prêche un convaincu. Et puis, par exemple quand je "cite textuellement" un élève, c'est souvent pratiquement une moquerie de sa manière de s'exprimer, ce qui est de très mauvaise foi, venant de la différence d'age et de parcours entre un lycéen et moi, qui n'a strictement rien à voir avec le sujet de l'homophobie.

Et pourtant, il y a en plus des tas de remarques pertinentes, intéressantes, de point sur lesquels on accepte de ne pas être d'accord avec les élèves et où leur argument ne sont pas faux, mais j'en parle jamais, ou en tout cas très rarement. D'ailleurs je n'ai plus d'exemple qui me viennent en tête tout de suite, à part à la limite la religion, où je peux difficilement avoir un débat plus poussé que: "certains concilient foi et religion, et il y a même des association qui les réunit".

Ah si, j'ai un exemple, qui m'a bien pris 3 minutes à trouver. Le mot "normal". Quand un élève dit que «être homo c'est anormal», je leur demande ce que veut dire «normal». Et bien parfois, on a des définitions comme: «la majorité». Et bien un élève gaucher pour ne pas se contredire a dit que lui non plus n'était pas normal. Un autre avait définit «qui est accepté par tout le monde» et a accepté de reformuler «ce n'est pas normal» en «ce n'est pas accepté par tout le monde». Alors, certes, je ne connais aucun intervenant qui ira dire qu'être homo c'est anormal. Mais leur raisonnement est cohérent et on a rien à redire à leur conclusion, donc on la laisse. Et bien là, à part le côté provoc/limite mauvaise foi de certains élèves, ça me semble une discussion intéressante, réfléchie, mais pas forcément drôle, donc je n'en parle pas.

D'ailleurs, je crois l'avoir déjà écrit, mais la position «il y a les bons (nous) et les méchants (les homophobes qui pensent pas comme nous)» est extrêmement plaisante. Elle a ses avantages, ça créé un esprit de groupe, et permet d'aider à se construire et s'accepter. Mais je ne l'aime pas (ça se voit, vu comment je la caricature), et elle n'est de toute façon pas compatible avec nos interventions. Donc parfois, ça m'amuse presque de donner raison à des élèves sur des points où je sais très bien que certains militants me tomberaient dessus à bras raccourcis. Typiquement, en intervention je refuse de qualifier d'homophobe ceux qui sont contre le mariage homo dans l'absolu. Dire qu'il y a des homophobe dans le lot oui, mais je ne dis jamais qu'ils le sont tous. Que par exemple, la question de savoir si l'enfant adopté pourrait grandir correctement est légitime, même si depuis le temps que ça existe on a déjà la réponse. Donc je n'irai pas dire homophobe, mais qu'il est utile de se renseigner.


Et maintenant mon deuxième commentaire. Vous excuserez j'espère l'auto promotion de compliment, mais je ne la fais pas juste pour me glorifier, au contraire. Sur facebook un ami me disait "Tu m'impressionnes beaucoup d'arriver a faire ça." et d'autres amis à l'occasion m'ont tenus des propos similaire. Là, comme souvent, je fais mon (faux) modeste «Bof, c'est ma 3ème année, et surtout c'est des actions très ponctuelles. Comparé à ... par exemple, c'est rien.» ce qui embraye sur une discussion sur la modestie/vantardise, et le rapport avec les IMS.

D'abord, ce que j'ai écris, je le pense. Les IMS c'est parfois épuisant (6 heures et 8 heures le lendemain, ça prend bien la tête), mais ça n'a rien de bien plus impressionnant que faire du bénévolat pour soutenir des lycéens en math comme beaucoup de camarade de classe ont déjà fait. À la limite, on a plus d'anecdotes à raconter, parfois plus d'opposition, et surtout les anecdotes sont compréhensible par tous et pas seulement par les matheux.

Sauf que je sais bien aussi que, tel que je le raconte, surtout tel que je le raconte déformé, ça fait impressionnant. Il faut ça pour que ça soit intéressant, et j'essaye d'être intéressant. Donc c'est presque ridicule de ma part de dire que ce n'est rien, car même si pour moi, une intervention n'est plus quelque chose de marquant, il est vrai que le fait de faire des intervention, que l'association en fasse, et que certains intervenant témoigne, ce n'est pas rien.

Et j'irai même plus loin, j'ai toujours été très vantard[1], pour autant que je m'en souvienne, ça n'est pas nouveau et ne semble pas changer. Je n'aurai pas le droit d'en parler, je ne me prendrai pas quelques compliments en retour, je ne suis pas sûr que je continuerai. Que le simple fait de "savoir que je fais un truc bien", si personne n'en était témoin, me suffirait. Je pourrai aller jusqu'à dire que c'est moins du bénévolat qu'une manière de me faire briller.

Et je trouve cette pensée très dérangeante.

Note

[1] Est-ce qu'on naît vantard, ou est-ce qu'on le devient? C'est normal ? On choisit d'être vantard?

mercredi 9 octobre 2013

Venez parler d'homo/trans phobie/sexualité aux élèves

Je vous ai beaucoup parlé des interventions en milieu scolaire du MAG. Celui-ci vient de lancer une campagne de recrutement, et maintenant qu'on est agréé on espère pouvoir parler à encore plus d'élèves. Mais pour ça il nous faut encore plus d'intervenant.

Pour information, il n'est pas obligatoire d'être LGBT pour pouvoir parler de questions LGBT, il suffit d'être intéressé.

Mieux, dimanche 13 octobre 2013 vous avez le temps d'aller à la séance d'information sur les IMS, et d'arriver à temps à l'ENS à 18h30 pour voir Mystérieux Meurtres Mortels.

dimanche 2 juin 2013

Mais c'est quoi ces lycées ?

Bonsoir, est-ce qu'il y a un homophobe dans la salle ?

Ça le fait comme début de sketch ? aujourd'hui je t'offre un petit résumé de ce qui s'est passé depuis le dernier épisode.

Le Mag s'est mis à citer des "perles d'élèves" sur ça page facebook. Si tu n'es pas amis avec le mag tu ne peux pas les voir, désolé pour toi. MAG, c'est Mouvement d'Affirmation Gay. En dehors de toute question de sexisme, je regrette que ça ne soit pas le mouvement d'affirmation lesbien. J'aimerai dire aux élèves "Bonjour, on représente le mal[1]".

CherryCoke s'est aussi mis à twitter des morceaux d'IMS. Et elle au moins utilise le même hashtag - pardon, mot-dièse - que moi. Je suis contagieux !

Et puis Nicole Ferroni en a un peu parlé, j'ai eu le droit à deux #ff [2] de sa part. Si vous ne la connaissez pas, Nicole Ferroni est une humoriste, et on lui doit une chronique géniale sur l'homo/arachnophobie où elle décrit en fait quelque chose qui ressemble à nos IMS.

Humoristiquement, j'adore son monde déjanté ! Mais je ne peux m'empêcher de me demander: je dois le prendre comment qu'une humoriste que j'admire me fasse un #ff pour autre chose que pour mon humour ? Ou alors, ça confirme ce que je pensais déjà, il faut que je prenne tout ça et en fasse un stand-up. D'où la question de début de billet.

Allez, on attaque les citations d'élèves.


Je commence par la citation qui m'a probablement le plus révolté: "Pourquoi vous aimez pas les femme ? Non mais allô quoi les homos réveillez-vous ! 2013 quoi !". Plus sérieusement j'ai eu "Comment comptez vous perpétuer l'espèce humaine dans sa vraie nature, c'est à dire un père et une mère et pas 2 pères ou 2 mères." mais heureusement aussi "pourquoi faut-il un débat alors qu'il ne s'agit que de gens qui s'aiment ?"

J'ai envie de faire une conjecture: le nombre de non-hétéro dans un lycée qui s'assument ne suit pas un processus de Poisson. J'ai vu au total 3 lycée où cet événement s'est produit. Un lycée où dans une classe très homophobe, une fille écrit "je suis bi, chut" sur le questionnaire après débat. Un collège où un jeune me demande si je n'ai jamais voulu essayer avec une fille - et quand l'autre intervenante lui demande s'il n'a jamais voulu essayer avec un garçon, il répond que si - et à la question de sa voisine, il a confirmé qu'il était bi[3]. Dans ce collège, j'ai aussi une bie le marquer sur le questionnaire[4] après débat, et une fille nous questionner sur le mag après le débat. Et enfin, mon dernier lycée avec un(e) trans (ancienne élève, et je ne sais pas quel est son genre), deux gays qui s'affirment dans deux classes différentes, 2 personnes qui se marquent "bi" sur le papier, une en personne après le débat, et une fille élevé par deux mères. Et malgré tout ça, on avait de vrais morceaux d'homophobie dans ces classes, ça m'a étonné, du style "mais si vous aimez les hommes, c'est que vous êtes une femme en fait".

On demande aux élèves s'ils savent ce que portaient les homosexuels sous le régime nazi. L'un propose "Un arc-en-ciel ?", c'est pas drôle, mais presque.

Tiens, encore des citations de questionnaires: "ça n'a rien changé, hétéro et fier de l'être", "aucun avis sur le débat car j'ai trois amis gay" (et comme répond CherryCoke: "Et moi j'ai 1 chat du coup j'ai aucun avis sur le végétarisme"), "je suis pour l'homosexualité" (je sais pas ce que ça veut dire en fait, mais ça semble bien :) ), et "je n'ai pas d'avis car c'est une abomination" (heureusement que l'élève n'a pas d'avis) "Je suis croyante, donc je ne juge personne"

On a des génies en biologie: En France, vous savez qui peut bénéficier de la PMA ?
Réponse d'un élève: uniquement les femmes.

Une élèves nous demande s'il y a aussi des homosexuels vieux. Ça me travaille, j'aimerai comprendre la logique de la question. Je vois trois possibilités et aucune ne me plaise:

  • les homosexuels meurent jeune
  • l'homosexualité est un phénomène récent
  • c'est un passage et on devient hétéro en vieillissant.

Je me moque, mais le pire c'est les questions pertinentes qu'on reçoit. On n'est pas préparé à y répondre. Par exemple, une élève a demandé s'il y a des animaux homo, on a dit que oui, elle a demandé s'il y avait aussi des animaux homophobe - et ça honnêtement je n'en sais rien. Un élève demande "comment on fait pour draguer un homme", et ça pour être honnête, je ne sais pas vraiment non plus. Et puis un en collège nous a dit qu'on devrait parler du coming-out à l'adolescence; il a totalement raison, mais je ne serai pas non plus quoi en dire.

Le dernier lycée était très geek; je l'ai d'abord vu grâce à une trousse Tardis. Et puis parce qu'un élève nous a demandé si les "trans" on parlait de transformer. Le même a d'ailleurs trouvé que "goudou"[5], ça fait nom de pokémon. Et je trouve qu'il a bien raison, même si je lui dois un fou-rire en intervention, ce qui ne fait pas sérieux ! Mais surtout, quand on leur a demandé les orientations sexuelles qu'ils connaissent on a eu "homo, bi, hétéro, extra", et dans la classe suivante quand on a listé les genres qu'ils connaissent, on a eu "masculin, féminin, extraterrestre".

-moi:Selon vous, est-ce qu'on peut reconnaître un homosexuel rien qu'en le voyant ?
-une élève: Oui, si ils s'embrassent. (C'est pas faux)

-moi:comment vous définissez l'homophobie
-un élève : être un bâtard. (ça m'a fait mal au coeur de le corriger)

Quand on parle de l'homophobie, on fait la comparaison avec le racisme, la xénophobie, le sexisme... et on demande aux élèves de nous lister les discriminations qu'ils connaissent. Pour la première fois j'ai eu "misanthropie".

-Moi: comment vous réagissez si un ami vous disait qu'il est homo
-Un élève: Je ferai une blague.
-Moi: Pourquoi ?
-L'élève: Pour le mettre à l'aise.
Moi, je finis par oublier que c'est dur de faire son coming-out au début. Il a bien fait de me le rappeler, me rappeler que ça peut faire stresser. Et ça fait vraiment plaisir de voir que certains y pensent et veulent bien réagir et aider :) !

Je finis par une perle d'une autre intervenante, qui a voulu expliquer la différence entre "sexe" et "genre". "Le genre, c'est le sexe qu'on a dans la tête". Ça ne m'a pas surpris que la classe ait rit !

Notes

[1] Heureusement, le nom complet se rattrape avec "Mag jeunes LGBT", mais quand on expense, ça donne "Mouvement d'Affirmation Gay jeunes Lesbienne, Gay, Bi, Trans"

[2] follow friday, la coutume où l'on dit à ses suiveurs qu'il faut suivre quelqu'un d'autre, en expliquant pourquoi il faut suivre cette personne

[3] Je trouve ça super mignon, à 13 ans, je savais même pas ce que mot voulait dire, et c'était cool de voir que personne ne réagissait

[4] le questionnaire demande ce qu'ils ont pensé de l'intervention et comment leur opinion a évolué, on ne demande par leur orientation, mais je suppose que parfois ça doit faire du bien de pouvoir l'écrire et le dire à quelqu'un

[5] on parle d'insulte homophobe pour les déconstruire, donc on leur demande de nous les citer

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