dimanche 22 juillet 2018

Atlas Shrugged, mon avis, que je n'ai lu nul part ailleurs

Ce billet divulgâche allégrement Atlas Shrugged, en VF: La Grève.

“If you saw Atlas, the giant who holds the world on his shoulders, if you saw that he stood, blood running down his chest, his knees buckling, his arms trembling but still trying to hold the world aloft with the last of his strength, and the greater his effort the heavier the world bore down upon his shoulders - What would you tell him?" I…don't know. What…could he do? What would you tell him?" To shrug.”

“John Galt is Prometheus who changed his mind. After centuries of being torn by vultures in payment for having brought to men the fire of the gods, he broke his chains—and he withdrew his fire—until the day when men withdraw their vultures.”

Personnellement, Atlas Shrugged m'évoque énormément des noms historiques. Mais pas spécialement celle d'Atlas, peut-être que je le connais trop peu. Je pense d'abord au procès de Kafka. Mais un procès où tu verrais les deux côtés. Où l'individu poursuivi n'a pas plus de chance de gagner son procès que chez Kafka, mais où au moins, on connaît la motivation des juges. Je pense aussi à Cassandre. Mais une Cassandre qui aurait décidé de tenir compte du fait que personne ne l'écoute, et de fuir de Troie, seule. Si personne ne l'écoute, j'aurai du mal à la condamner si elle décide de garder ses pouvoirs pour elles-mêmes. Enfin, un résumé extrème d'Atlas Shrugged - de ce que moi j'ai tiré d'Atlas Shrugged, en tout cas - pourrait se trouver dans ce célèbre sketch sur l'expert en traits verts, à qui l'on demande de dessiner 7 traits tous perpendiculaires les uns aux autres. Enfin, Atlas Shrugged m'évoque une notice technique. Qui, de temps en temps, va regarder des détails techniques, l'agencement de ces détails, et comment un grain de sable fini par faire dérouiller tout une mécanique. Je fais parti de ces gens qui aiment les modes d'emplois, je passe parfois des heures entières à les lire la documentations de programme, de langages de programmations, et prendre des notes des points importants dans Anki. Donc pour moi, cette comparaison n'est pas un mauvais signe. Mais je conçois que ce livre n'est pas pour tout le monde, ne serait-ce que parce qu'il est parfois très aride. Dernier paradoxe, si ce livre me fait penser à un activiste de la vie réelle, je penserai à Richard M Stallman. Aux textes où il explique les dérives qui pourraient arriver quand on ne peut pas analyser et modifier le code, dérive qui souvent se produisent, et dont on peut parfois voir des conséquences[1].

Note

[1] doute sur les machines à voter, objets connectés non patchable, impossibilité de savoir quel données sont volées par les programmes.

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dimanche 31 décembre 2017

Mauvaise vulgarisation: pourquoi c'est dur à corriger

Mundaneum Dans un musée, le Mundanéum, j'ai vu un texte expliquant la cryptographie quantique. Je ne suis pas expert, je ne serai pas capable d'écrire un texte juste et accessible en étant certains de ne pas dire d'erreur, mais je suis assez connaisseur pour savoir que ce texte là n'était pas correct. Je m'en suis un peu moqué avec le compte twitter de Trajectoires - comme en plus on préparait une émission sur l'informatique quantique le mois prochain[1], c'est bien à propos. Et le Mundanéum a proposé d'en discuter. J'ai refilé la question à des gens plus calé que moi.

Note

[1] En novembre. Donc ce billet a été écrit en octobre. Deux mois durant lesquels mon pauvre blog était mort.

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lundi 2 février 2015

Les Bogdanov sont ils un problème ?

Une petite interrogation en passant, je ne comprend pas le problème qu'il y a avec les Bogdanov. Je ne suis pas physicien, mais j'ai assez de connaissances qui le sont pour n'avoir aucun doutes sur le fait qu'ils disent n'importe quoi.

Mais en fait, je ne vois pas le problème, car, c'est n'importe quoi, mais sans conséquence, il me semble. Quelqu'un vraiment intéressé par la physique sait assez rapidement qu'il ne peut pas se contenter de livre de vulgarisation, et doit aussi se plonger dans des tas de mathématiques assez moches, dans des expériences ou au moins dans leurs comptes-rendus. J'ai l'espoir aussi qu'aucune personne à responsabilité ne prenne leur avis à eux spécifiquement sur des choix de sociétés. Ils me semblent beaucoup moins dangereux que pourrait l'être un chroniqueur qui pourrait passer des idées racistes, qui influencerait les humains dans la vie de tous les jours. Les Bogdanov n'ont pas amené des particulier à faire des expériences dangereuses chez eux il me semble. C'est pour ça que cet argument porte spécifiquement sur les Bogdanov et n'a pas vocation à se transposer à la sociologie ou à l'économie par exemple.

D'autant que, même avec un bon bagage mathématique, même avec des bons bouquins de vulgarisation, Une courte/belle histoire du temps, de Hawking, ou La nature de la physique, de Feynman, pour être honnête, je ne peux pas dire que j'ai vraiment compris grand choses en les lisant. Et surtout, dans ce que j'ai compris, il y a probablement une grande partie de fausse, car j'ai mal interprété, le mode de raisonnement m'étant par trop étranger. Donc je ne suis même pas sûr qu'un non physicien connaisse vraiment beaucoup plus de chose fausse après avoir lu leur livre qu'un livre plus sérieux. Bien sûr, un physicien verra les erreurs, ça l'énervera sûrement, tout comme un paléontologue pourrait être énervé qu'on ne connaisse que le «Jurassique» et qu'on y place indistinctement tous les dinosaures. On voit sa passion bafoué, c'est rageant, mais je ne comprend pas qu'on puisse dire que ça soit un problème pour la société.

J'ai vu la pub pour leur dernier livre dans le métro, un journal avait titré qu'ils étaient «au somment de leur art». Pas de leurs sciences, non, de leur arts. Je trouve ça très honnête.


J'irai presque jusqu'à dire que c'est peut-être mieux que ça soit eux qui soit régulièrement à la télé. Partant du principe que les gens qu'on voit à la télé sont toujours les mêmes, car au moins les téléspectateurs retrouvent une tête connue, et que les présentateurs télé ne prennent pas de risque en invitant quelqu'un qui est déjà connu pour savoir y parler correctement; alors ça serait dommage qu'un vrai bon chercheur soit à leur place, car ça l'empêcherait de faire de la recherche. C'est d'ailleurs, semble t-il, la malédiction des prix nobels. Ça plus le fait qu'on les interroge sur des sujets loin de leur domaine de compétence et qu'eux aussi se mettent à dire n'importe quoi.

Que ça soit eux ou d'autres, avec un peu de chance, ils peuvent donner goûts à des gens, qui vont chercher à en savoir plus, à aller lire d'autres livres, et à s'intéresser à ce domaine. Il me semble que, pour des gens qui passent à la télé, c'est ça qui est important. Je doute que qui que ce soit de sérieux dise: j'ai voulu faire de la physique grâce aux Bogdanov, car ça entamerait sa crédibilité, mais ça ne me parait pas impossible.

Ceci dit, il va de soit que si les Bogdanov pouvaient être remplacé par un ou deux professeurs honnêtes et compétents, sans prétendre être à la pointe du domaine, je serai totalement pour, le fait de ne pas avoir d'erreur ne serait pas un mal. Donc si je pensais que c'est ce qui se passerait s'il n'y avait pas les Bogdanov, alors je serai aussi «contre» eux. Mais je ne suis pas assez optimiste.