JE D'EGO, le blog personnel d'Arthur Milchior

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dimanche, mai 28 2017

Connaître un mot ne veut pas dire connaître son contexte

Souvent, j'entend des gens se moquer ou insulter d'autres gens car ils connaissent quelque chose. C'est souvent le cas des humoristes, et des élèves que je fréquente. Je ne peux pas interdire aux gens de se moquer, mais j'aimerai au moins que ça soit fait correctement.

Je vous donne deux exemples. Tous les deux liés au monde du X, allez savoir pourquoi c'est un sujet de moquerie. Parfois, un humoriste dit «Merci qui ...» et laisse compléter. Des gens complètent en «Merci Jacquie et Michel». L'humoriste dit alors «ah, on voit les connaisseurs, vous vous êtes dénoncés»[1]. Parfois aussi des élèves sortent le mot «shemale»; on leur dit alors qu'il faut l'éviter, car c'est principalement une dénomination de catégorie de film pour adulte, et qu'en général, les gens concernées utilisent d'autre mots. Ce qui déclenche des moqueries de la part des camarades de classes; probablement soupçonnant que l'élève qui a sorti ce mot est consommateur de ce genre de film.

Sauf qu'on peut remarquer deux trucs. D'une part, tous les spectateurs de la salle connaissent maintenant «Merci Jacquie et Michel», et tous les élèves ont entendu le mot «Shemale». Ce mot n'est pas long, pas super compliqué à retenir, donc certain-e-s se souviendront de ces mots plus tards. Pourtant, ça n'a pas augmenté instantanément le nombre de gens ayant consommé ce matériel. Ça augmentera peut-être plus tard, des gens qui iront voir par curiosité. Mais ça veut dire aussi que, plus tard, quand un autre humoriste redira «merci qui...» ces spectateurs-perroquet répéteront la phrase sans nécessairement avoir le contexte. Que un de ces élèves pourrait aussi ressortir le mot «shemale».

D'autres gens pourraient rajouter que cet élève manque de respect, après tout il emploie un terme qui réduit une catégorie de population à un style de porno, comme si le mot «mère» disparaissait du vocabulaire pour être remplacé par «milf» ou «cougar». Simplement, si l'élève ne s'est pas renseigné, il peut honnêtement ne pas savoir qu'il existe d'autre mot, et que celui qu'il a entendu est considéré comme irrespectueux. Donc, il me semble que, au pire, on peut l'accuser d'ignorance, pas de manque de respect. Sauf s'il continue d'utiliser le terme après avoir entendu l'explication.

Tout ça pour dire: non, c'est pas parce que l'on connaît une expression qu'on connaît le contexte d'origine. Gens qui vous moquez, c'est vous les plus ridicules.

Note

[1] Parce qu'il faut bien sûr avoir honte de dire publiquement de regarder ce genre de vidéo.

lundi, mars 27 2017

Intolérance au mot tolérance.

«C'est un hymne à la tolérance.» est une expression qui m'agace un peu. Et j'aimerai bien indiquer quelques règles, qui, selon moi, rendent ce mot hypocrite ou non. Je ne donnerai pas d'exemples précis, parce que j'ai pas envie de dire de mal de tel ou telle œuvre. D'autant que tous les exemples que j'ai cherche à défendre des idées que, en gros, je partage. Simplement, défendre n'a pas forcément grand chose à voir avec tolérer.

Tel que je comprend tolérance[1], cela se réfère à quelque chose qu'on n'apprécie pas. Ça n'aurait aucun sens de dire que je «tolère» l'homosexualité alors que j'ai utilisé cette étiquette pendant une décennie et que je participe encore à des actions visant à diminuer l'homophobie (entre autre).

Par contre, quand je lis des témoignages de LGBT dont les parents ont été à la manif contre tous, en particulier de jeunes qui ont du y aller avec leurs parents, je ressens l'envie que cette manif' soit interdite. Donc, je peux dire que, consciemment, je tolère l'idée que la manif soit autorisée. Par exemple, parce que je me dis qu'interdire une manif' serait une très mauvaise pente glissante, et que ça ne s'appliquerait pas qu'aux idées qui me déplaisent. Bref, je ne suis pas en train de défendre l'existence de cette manif, encore moins de prétendre qu'il est positif que cette manif' existe. Mais, là, on peut parler de tolérance.

Pour résumer, et si je comprend bien le sens de ce mot, «tolérer» signifie d'accepter quelque chose malgré qu'on soit contre cette chose.

À qui l'œuvre est-elle diffusée ?

Pour moi, c'est la première question à se poser. Si l'œuvre est diffusé uniquement dans un groupe de gens déjà convaincu par le message principal, alors il me semble que le mot «tolérance» n'a RIEN à faire dans la description de l'œuvre. Puisque, justement, les spectateurs/trices, auditeur/trice-s, vont déjà être en accord avec le message. Cela s'oppose donc à l'idée même de tolérance, puisqu'il n'est pas demandé à ce que la personne qui profite de l'œuvre accepte quelque chose qui lui déplaît.

Ou alors, à la limite, si l'œuvre en profite pour avoir un message qui est peu commun dans le milieu visé, pourquoi pas. Disons que le public est majoritairement gay, si l'œuvre encourage les gens à penser à inclure les problématique lesbiennes ou bi, le mot tolérance pourrait commencer à avoir du sens[2]. Ça serait encore plus vrai si l'œuvre encourage ces gays à arrêter de prétendre que ce sont les efféminés qui donnent une mauvaise image, par exemple.

Un dernier exemple, si l'œuvre disait de ne pas en vouloir aux parents qui ont rejetés leurs enfants, pourvu qu'ils aient changé d'avis après, qui tente d'expliquer ce qui se passe dans la tête des parents à ce moment là, qui les humanise, alors on pourrait vraiment parler de tolérance. Je ne suis pas du tout sûr d'avoir envie de voir ce genre d'histoire. Mais, c'est bien parce que c'est quelque chose qui me déplaît que le mot tolérance prendrait son sens. Et honnêtement, j'ai jamais vu d'œuvre décrite avec le mot tolérance et qui me demande vraiment d'accepter quelque chose qui me déplaît.

À qui s'adresse l'œuvre

C'est une question différente, de savoir à qui elle s'adresse et à qui elle est destinée. L'artiste ne choisit pas forcément son public, les visiteurs[3] de son site web, ses lecteur/trices. Pour moi, ce n'est pas une question importante. Si je créais une œuvre, même si je voulais l'adresser à la manif contre tous, j'aurai à peu près aucun moyen de le faire. À la limite, je pourrai m'adresser à quelques personnes individuellement par email, par mention twitter, mais c'est tout. Et pourtant, le docu-fiction sur les interventions en milieu scolaire, ça pourrait montrer à certain-e-s que, contrairement à l'idée qui avait été rependue, on n'est pas là pour apprendre aux enfants comment avoir du sexe[4].

D'ailleurs, je connais des œuvres qui disent «vous» à un auditeurs (imaginaire), en supposant que ce «vous» est homophobe. En fait, «vous» représente la société, dans ce cas là. Sauf que ça ne représente pas le public de l'artiste disant ça. C'est donc assez ridicule quand on y réfléchit. Même si, quand on y réfléchit pas, on peut se dire «je suis avec l'artiste, du bon côté de l'Histoire, et je le soutiens, moi aussi je Vous parle...» Sauf qu'à la fin, le «Vous» est vide, puisque tout le monde sera soit avec l'artiste, soit l'aura ignoré.

Ça a du sens d'un point de vue communication. Et si ça marche, que l'œuvre a du succès, ça augmente aussi les chance que ça soit diffusé à la télé, mentionné dans des grands médias, et donc que ça touche enfin les gens qui sont contre avec l'idée principale du message.

Pour conclure cette partie, prenons une œuvre. Disons qu'elle tente de montrer comment l'homophobie ravage la vie de certains jeunes en questionnement. Selon qu'elle soit projeté dans un festival LGBT ou selon qu'elle soit diffusée sur une chaîne nationale, c'est ça, selon moi, qui permettra d'utiliser de façon non hypocrite le mot tolérance. Ce n'est pas l'œuvre qui est un hymne à la tolérance, c'est bien le choix de la diffuser ou non à un très large public.

Est-ce que l'œuvre explique ?

Selon moi, c'est la seconde question à se poser.

Je vois beaucoup d'œuvres qui partent du principe qu'on est d'accord avec certaines idées et qu'on est déjà un peu au courant d'un certains nombres de faits. Cette dernière phrase est d'une grande platitude[5]. C'est indispensable de partir de ce genre de principe. On partage une culture commune, une langue commune, elles ont avec elles leurs bagages, leurs histoires, leurs sous-entendu clair mais non explicités.

Mais il y a ces idées partagées par, disons, 95% de la population adulte. Et puis il y a des idées partagée par moins de 10% de la population, mais par 95% des gens qui fréquentent régulièrement certains milieux. Ces idées sont répétées, travaillé, reprises, dans ce groupe. Tournent peut-être d'un groupe à un autre, avec des affinités. Mais n'atteignent jamais la notoriété nationale, avec les médias de masses, que ce soit la télé ou l'école.

Idées cachés.

Faire référence à ces idées partagée par peu de gens n'est pas grave en soit. En particulier, si cette référence n'est pas indispensable à la compréhension de l'œuvre. Ça créera un lien plus fort avec le public qui a compris le message, et sera ignoré par le reste des gens. Ça montre aussi aux gens partageant l'idée qu'ils ne sont pas seuls, qu'il y a une communauté, ça peut donner du courage. D'autant plus que ces gens vont voir que des gens peuvent communiquer publiquement à ce sujet.

Mais encore une fois, le mot tolérance n'aura rien à faire là. C'est peut-être une œuvre engagée, politiquement incorrecte, donneuse d'espoir/de leçon, moralisatrice... mais si le message est caché, incompréhensible, on ne peut même pas imaginer que ça pousse quelqu'un à tolérer quelque chose.

Idées non expliquées.

Et parfois, l'artiste est tellement sûr que tout le public est avec iel qu'aucune explication n'est donné pour introduire un long passage. Par exemple, une humoriste se moquait de l'hypocrisies des bourgeois-e-s blanc-he-s défendant Exhibit B. En fait, elle parlait de pleins de choses, mais il se trouve que cette fois, j'avais la référence et je savais quelle était la problématique.

C'est une humoriste engagé, je ne lui retirerai pas ça. À priori, je n'ai pas de raison de supposer que le public soit entièrement acquis à la cause anti-raciste. Enfin, si. Probablement que personne ne se décrira comme raciste; ce n'est pas pour autant qu'iels sauront quels sont les dernières actions (anti-)racistes qui ont lieux en France. Donc, clairement, la réponse a ma première question est «les gens entendant ce sketch ne sont pas tous déjà convaincus». Par contre, puisqu'en pratique, rien n'est fait pour convaincre les spectateur/trice-s de ces idées. Ni même pour les convaincre d'entendre ces idées. Donc selon moi, le mot tolérance ne s'appliquerait toujours pas.

Conclusion

Si un jour, je créé quelque chose pour rendre les gens tolérants, hésitez pas à ressortir ce billet. Je doute que je l'ai oublié. Par contre, je serai peut-être devenu hypocrite.

Notes

[1] Mettons de côté le sens biologique comme celui de la tolérance au gluten

[2] Il y a un bon nombre de gay qui pensent que les questions autours de la PMA ne sont pas importantes, parce que bon, tomber enceinte, ça peut toujours se faire comme on l'a toujours fait. Et les bis sont juste des gens qui assument pas... Je fréquente pas beaucoup de gens ayant ces propos, mais ça m'arrive d'entendre ça.

[3] J'ai voulu dégenrer ce mot... je me suis fait bugger tout seul.

[4] Ce tweet arrive peu avant que je veuille publier ce billet, j'ai une chance pas possible.

[5] Pour le reste du blog, du billet, j'en sais rien. Mais cette phrase, c'est évident.

samedi, novembre 5 2016

Mon livre de recette idéal

Je me permets de rêver à haute voix de ce qui serait, pour mon moi passé, un livre de recettes idéal. Chose que je n'ai trouvée dans aucune librairie en feuilletant les larges rayons cuisines, ni sur amazon. Chose que j'aurai espérée trouver dans cooking for geek mais non.

Un vrai livre d'initiation à la cuisine devrait, selon moi, être une séquence de plats de plus en plus compliqués. Ainsi, le premier chapitre aurait juste «cuire des pates», «cuire un steak» et «nettoyer une salade». C'est certes on ne peut plus simple, et tellement trivial, qu'il n'y a peut-être rien à en dire. Mais c'est tellement effrayant pour un débutant qu'avoir un guide aurait vraiment pu aider.

Ensuite, on pourrait rajouter des accompagnements simples, comme faire sauter des oignons et/ou des échalotes. Ça irait bien avec les pates déjà apprise. Et une vinaigrette pour la salade. Comme ça, on avance petit à petit. Et puis comme ça, l'apprenti aura de quoi manger pendant quelques jours, le temps de pratiquer la suite du livre. Et mettre aussi un gâteau au chocolat des plus simples, afin de découvrir quelque chose de neuf.

Une petite sauce sucrée pour couvrir le gâteau au chocolat en troisième position. Et des adaptations pour la sauce tomate avec des oignons revenus.


De mémoire, ce qui était effrayant quand je commençais à découvrir la cuisine, c'est que je n'avais aucune idée dans le livre de recettes de ce qui serait compliqué ou non. Et ce, même dans les innombrables livres de «recettes faciles». Ainsi, un premier livre qui me retire ce poids de choisir aurait été génial. Et comme parfois je rate des recettes, savoir qu'à chaque page je découvre exactement UNE chose que je ne savais pas faire avant, ça m'éviterait de me demander où j'ai raté. Ainsi, j'ai tenté deux fois de faire des pizzas, j'ai raté deux fois de manières différentes, c'est frustrant de ne pas avoir de moyen simple de savoir ce qui cloche.

L'autre énorme avantage, je trouve, c'est que je vérifierai bien plus facilement si j'ai tous les utensils, puisque je saurai qu'au plus un unique utensil a été rajouté. C'est un autre problème qui rend toujours la cuisine effrayante pour moi, puisque les ustensiles sont rarement listés. Ainsi pour un gâteau que j'ai fait récemment, il fallait deux moules identiques. Et ça je l'ai découvert en cours de recette quand j'avais un moule plein de mélange à gâteau, et que j'ai lu «dans un moule vide, ...». En première lecture, je n'avais pas réalisé que le moule du gâteau ne serait plus vide, et qu'il était donc impliqué qu'il s'agissait d'un second moule. Pour l'anecdote, dans Problème pour se mettre à la cuisine végétarienne j'étais choqué qu'on me demande d'avoir cinq farines différentes. Finalement c'est le cas. Mais comprendre pourquoi ces farisnes et à quoi elles servent rend ça moins effrayant[1].

Je dois insister sur le fait que l'ordre des plats que j'ai proposé au-dessus serait en général assez étrange. En effets, les recettes ne sont pas classées par types. Il faut nécessairement une alternance entre sauces, plat et accompagnement. Ainsi, il serait hors de question de directement proposer «pate à la carbonara», pour un débutant total ça aurait fait bien trop peur de voir tant d'étapes inconnus. Donc il est indispensable de voir les pates seules d'abord.


Pour éviter l'ennuie, vu que je ne m'attend pas à ce que la progression du cuistot débutant soit rapide, il faudrait proposer des alternatives, et dire «ceci se cuit comme cela». Ainsi, pour la sauce tomate avec des oignons, on peut dire «remplacer les oignons par des lardons/champignons/poivrons...» Voire même: «essayer de faire sauter d'autres ingrédients et regarder ce qui se passe.» Ou: essayer de changer une partie de la farine par une autre farine. Ce qui a l'immense avantage de laisser le lecteur découvrir l'improvisation sans pour autant laisser une trop grande libertée qui serait effrayante.

Le plus gros problème que je vois, c'est que si tu ne veux pas/n'arrive pas à faire une recette, ça te bloque pour toutes les recettes plus compliquées. L'exemple qui me vient en tête étant, si tu es végétarien, tu seras probablement bloqué par beaucoup de recettes non vegan. La solution la plus simple serait probablement plusieurs versions du livre de recettes. Mais ce qui réglerait vraiment le problème, ça serait qu'aucune recette ne dépende d'une seule recette précédente. Donc que chaque recette soit accessible en passant par plusieurs chemins différents de difficultés croissantes.


Ce qui n'est pas clair pour moi, c'est de savoir quel serait le boss final de ce livre. Je suppose que ça serait un repas complet, pour 4 personnes. Une salade composée, un bœuf bourguignon avec ses légumes et des pomme de terres cuites au four. Du yaourt maison, un gâteau à plusieurs couches surmonté d'une salade de fruits.

Note

[1] Quoiqu'on peut aussi noter l'aide d'un-e ami-e à qui j'avais demandé de me rapporter des flocons de pois-chiches et qui m'a rapporté de la farine de pois-chiches. Et qui m'a refait le même coup.

dimanche, juin 22 2014

Le rire et le cliché

J'ai vu ce soir un humoriste qui faisait des blagues sexistes.

Je reprend, j'ai vu ce soir un humoriste. Certaines blagues sexistes m'ont fait rire. Bien que je sois intimement persuadé que la remarque que faisait l'humoriste ne soit pas justifiable, ni justifié. Le fond était un cliché éculé sur la différence homme femme. La forme était il me semble inédite, en tout cas, la tournure était bien trouvé. Ce qui continue de me faire me demander, est-ce que la justesse d'une blague à vraiment de l'importance ? D'ailleurs, est-ce que des gens croient à ce que la blague dit? Ou n'est-ce pas juste un sujet plus ou moins universel sur lequel basé sa construction.

D'ailleurs, est-il indispensable qu'on connaisse le cliché, si on introduit une population fictive P, et qu'à un moment on fait savoir que P a souvent une caractérisation C. Est-ce que se moquer de C fonctionnerait moins bien ?

Et à l'inverse, serait-on capable avec des idées "progressiste/politiquement correcte" si elle sont bien tourné, même si l'auditeur pense que ce n'est que du politiquement correct ?

Je me demande, avez vous rit, ou plutôt sourit, quand j'ai repris ma première phrase pour supprimer la partie inutile ? Si oui, c'est un bon exemple, car c'est un cliché; des humoristes ont des one-man sans blague sexiste[1]. Mais j'espère que le fait que ça soit faux a pas empêché de faire sourire. Par contre je n'ai pas d'idée pour faire (sou)rire à partir d'un truc inventé ce soir. Dommage.

Note

[1] Ok, en tant qu'homme, je suis mal placé pour juger, mais en tout cas, des one-man où j'ai du mal à voir quel blague sexiste on peut y trouver

lundi, mars 3 2014

L'humour qui ne se moque pas de minorités

Une connaissance me sort, comme ça, l'air de rien, "De toute façon, l'humour, c'est toujours pour rire au dépens d'une minorité. Tous les humoristes se moquent des homos, des blondes, ou des handicapés..."[1], alors là je m'enrage, et ni une ni deux, sans perdre une seconde, mais un jour entier, je met ma menace à éxecution, j'écris un billet de blog, et même que je lui passerai le lien en espérant qu'il le lise[2] !

L'humour n'est pas forcément au dépend d'une minorité. L'humour peut s'attaquer aussi aux puissants pour en dénoncer les dérives et rire d'eux. L'exemple le plus célèbre de France, c'est les guignols de l'info, malheureusement ils ne se sont pas forcément privé de faire des blagues discriminantes. De même que j'aurai envie de partager des chroniques de Guillaume Meurice, qui parle de la loi du "mariage pour tous", en choisissant de se moquer des députés et pas des homosexuels.

Seulement, me répondit-il, là encore, l'humour se moque de quelqu'un. Et là j'étais content, je pouvais enfin lier le fameux billet d'Une heure de peine sur la sociologie de l'humour... mais en fait, on n'était pas sur internet, donc je dois tenter de le paraphraser.

Effectivement, il y a moquerie. Mais on ne peut pas dire qu'il s'agisse d'une minorité. Enfin si, mathématiquement, l'ensemble des député/sénateur, forme une minorité. Mais pas opprimé. Il s'agit de savoir de qui on se moque, à qui on pourrait faire de la peine - en supposant qu'ils nous écoute. Veut-on continuer à propager les stéréotypes sur les homo qui sont tous efféminés, au risque d'effrayer les jeunes qui se posent des questions sur leurs orientation sexuelle et qui ne verront peut être pas d'autres exemple dans les médias. Veut-on se moquer des roux, à qui pourtant on n'a rien à reprocher[3], ou veut-on se moquer des politiques, en tant qu'homme politique, qui ont parfois une influence sur nos vie, à nos frais. Bref, en acceptant l'idée que l'humour ait des conséquences, quels conséquences veut-on ?

Si j'insiste de se moquer d'eux en tant que politique, c'est bien pour préciser que se moquer du physique, ça n'est pas pertinent. Donc, je vais tout de suite faire un mea-culpa, dans la vidéo lié plus haut, Guillaume Meurice se moque de députés, et entre autre de Christine Boutin, via une phrase portant sur sa vie privée et non politique, donc l'exemple n'est pas parfait. Donc j'en profite pour vous lier un plus vieux sketch, L'heure de la vérité vraie des inconnus.


Il est aussi possible de parler d'une minorité sans s'en moquer, sans prendre le partie de la majorité.

Il y a des versions "neutres", ou en tout cas qui ne se moquent pas mais ne dénoncent pas. Ainsi, de plus en plus d'humoristes(en fait, j'en connais que 2, Franck Brusset et Navo, de mémoire car je n'ai pas de vidéo) ont fait des sketchs où ils disent "homme hétérosexuel" au lieu de dire "homme" quand ils parlent de l'envie que suscite une femme. Les blagues ne sont pas forcément moins sexistes-encore que-, mais au moins elles ne sont plus dans un système hétérocentré, ce que je trouve plutôt cool. De même que j'ai vu un autre humoriste[4], dans un sketch imaginer qu'il est homo. Mais pas pour faire la folle, juste pour dire: Là, je me suis regardé dans le miroir, et je me suis dis que si j'étais homo, j'aurai pas envie de moi. Et ça, ça veut dire qu'il y a un problème. Donc je me suis mis à faire du sport. Le terme "homo" est sorti, sans aucune moquerie.

Et il y a ceux qui "dénoncent" et parlent de ce que la minorité subit. Par example La lesbienne invisible[5]. Malheureusement, je n'ai pas l'impression de voir ça énormément en France, et je ne suis pas très calé en humoriste américain actuel, donc j'ai juste envie de vous rediriger vers un bon quart du tumblr d'une heure de peine.

Pour changer de sujet, Guillaume Bats est excellent pour faire penser aux effets du handicap tout en faisant rire. En passant il se moque des valides, c'est vrai. C'est un retournement suffisamment rare pour être mentionné. Mais on peut se demander si c'est un problème. Personnellement je ne crois pas que se moquer des valides ait le même conséquences que se moquer des handicapés.


Enfin, un dernier exemple, l'humour absurde/loufoque. Quand M. Fraize fait un sketch de 4'30'' où il sort une unique phrase, quand André Sauvé parle de la confusion ou quand je joue un fantôme on se moque de qui ?


Enfin, mon interlocuteur, que je lassais peut-être, a reformulé en : 95% des humoristes se moquent des minorités. Et là malheureusement, j'aurai du mal à dire le contraire. Et pas seulement parce que je n'ai pas compté. Et même si je ne sais pas si les humoristes peuvent prétendre au titre de minorité opprimé, d'ailleurs je ne le crois pas même si ce n'est pas un métier facile, je n'ai pas non plus envie qu'on généralise exagérément sur nous. Enfin sur eux, vu que je ne suis plus humoriste, mais j'ai encore beaucoup d'affection pour cette profession.

Ceci dit, pour finir avec mon auto-critique, je n'ai pas toujours été exemplaire, et je n'ai pas toujours réalisé l’existence de ce défaut que je dénonce. Simplement, j'espère que pour le futur je ne tomberai plus dedans, et sinon j'espère qu'on me le signalera.

Notes

[1] Je ne cite pas au mot prêt non plus

[2] Edis du 1er janvier 2015: c'est marrant, je sais plus de qui je parle ici

[3] à part d'être roux, dirait un humoriste qui se moque

[4] Je suis désolé d'utiliser sa blague, mais c'est l'unique exemple que je connaisse

[5] elle ne fait pas que ça non plus

vendredi, février 28 2014

Les sujets

En humour, comme du reste en art, il y a des petits et des grands sujets.

Mais qui a décrété que la mort était un sujet plus grand que le métro parisien ?

Et si un jour la mort est vaincu et l'être humain immortel, le parisien tirera t-il pour autant moins la gueule dans les transport en communs ?

D'ailleurs, personnellement, j'ai pris le métro plus souvent de fois que je suis mort, et je crois que ce n'est pas prêt de changer. (Et ça, même en additionnant mes morts de Mario, de Link et de Sonic)

Donc, je suis pour qu'on se concentre pour traiter les grands sujet, ou au moins pour qu'on rende les sujets grand.

vendredi, novembre 29 2013

La (patine de) culture au théâtre

Un autre billet de réflexion sur la création, et sur un procédé courant qui me gène. Ça sera peut être une évidence pour les gens ayant fait des vrais études de littératures, et que je découvre naïvement.

Il y a eu l'année dernière une journée autour de Pierre Desproges à l'école normale supérieure, qui était ma foi très intéressante. Contrairement à une conférence de mathématique (enfin, d'informatique), j'avoue que je ne sais pas trop ce qu'il faut retenir de ce genre de réunion, ni d'ailleurs comment retenir quelque chose, car il n'y a pas un bel encadré avec "définition 1", suivi plus tard de "théorème 1".

Un intervenant relevait qu'une technique de Pierre Desproges utilisait souvent, pour faire classe et distingué - après tout Desproges est un homme de goût - était de faire référence à quelque chose qui est connu, ou tout du moins qu'une personne raffiné devrait connaître, mais dont le nom est connu de la majorité. Ainsi dans la phrase "Il est plus économique de lire Minute que Sartre. Pour le prix d'un journal, on a à la fois la nausées et les mains sales.", il y a bien sûr un jeu de mot. Mais il y a aussi le nom d'un auteur célèbre et réputé et de deux de ses créations. On peut supposer qu'une grande partie du public aura entendu parler de Sartre, et même s'ils ignorent ce qu'il a écrit, il peut inférer relativement facilement que "La nausée" et "Les mains sales" sont les titres de deux de ses œuvres[1]. Le tout donne donc à l'auditeur l'impression d'être cultivé, alors que la culture requise est très faible, puisque nul n'est besoin d'avoir lu ces ouvrages pour apprécier le bon mot.

Certes, je fais un long paragraphe pour un bon mot, sur lequel il ne s'éternise pas, ça me semble tout à fait acceptable. Là où je commence à avoir plus de mal, c'est quand une œuvre entière est basé sur ce principe.

En particulier, Alexandre Astier parlait de la physique quantique dans un sketch d'un quart d'heure. De même, dans Que ma joie demeure, il se prend pendant une heure pour Jean-Sébastien Bach, donnant un cours de musique. (Je ne parlerai pas de Kaamelot, que j'adore, je connais moins bien la légende Arthurienne). Mon énorme regret en voyant ces scènes, c'est que ni la physique quantique, ni la musique, n'apportent vraiment quoi que ce soit au sketch. Ici l'auteur fait une promesse, celle de parler de ce sujet complexe, qui n'est finalement pas respecté. Quand il se moque d'un spectateur ou de son acolyte sur scène, ça pourrait être dans n'importe quel contexte, concernant le physique des physiciens, ils pourraient être comptable que ça ne changerait rien. Et quand il prononce des phrases compliquées, tel que la lecture d'une équation, finalement, il se contente de dire sérieusement des mots incompréhensible. La base de ce comique, c'est la même que le latin de cuisine de molière, ou que les français qui se moquent de l'accent des québécois qu'ils jugent incompréhensible. Mais ça semble plus intellectuel.

Bien sûr, Alexandre Astier n'est pas le seul à utiliser ce stratagème, j'ai vu hier les Palmes de M. Schutz, de Jean-Noël Fenwick, une pièce racontant la découverte de la radioactivité par les Curie. Enfin, quand je dis la racontant... C'est faux. Encore une fois et c'est normal, ils ne peuvent pas vraiment rentrer dans les vrais de la physique, 2 heures n'y suffiraient pas. Cela raconte une partie de l'histoire des Curie, l'histoire de la recherche, de ce qu'est la recherche, son but - le savoir pour le savoir, pour le côté pratique, pour l'argent que ça peut rapporter... - l'histoire de gens qui luttent pour leur passions, face à l'administration bornée qui voit à court terme - ce qui nous parle encore aujourd'hui... Il me semble que la passion aurait aussi bien pu être la musique, ou le théâtre, ça n'aurait rien changé, tant que le personnage était persuadé de la beauté de ce qu'il fait, et de l'intérêt universel de sa création. Mais niveau physique, le niveau est 1) y a quelque chose qui cloche dans mes mesures. 2) je cherche où mon instrument de mesure est cassé. 3) Ah en fait, il fonctionne, mais le polonium a un comportement bizarre.

Bien sûr, je ne jette la pierre à personne, Astier et Fenwick ont écrit des œuvres magnifiques, et après tout si elles ont du succès, c'est bien qu'ils ont réussis leur travail d'auteur. D'autant que je n'ai pas d'idée pour faire mieux, et ma lecture de Science en scène dans le théâtre britannique contemporain me donne l'impression que personne n'a vraiment fait mieux pour l'instant [2]. Mais je regrette sincèrement qu'à la place de poser une patine de culture, il n'y ait pas un moyen de mettre un véritable contenu profond dans une pièce[3].

Mais pour conclure sur une note positive, ce qui est beau avec ça, c'est qu'une fois qu'on a les noms, qu'on a les notions et les mots, peut-être que certains se trouveront influencé, et auront envie de découvrir la musique - de Bach ou pas, qu'importe - que ça soit pour jouer, ou pour connaître la théorie. Et peut être que certains auront été enthousiasmé par les propos lyrique de Pierre Curie sur scène, et auront envie de découvrir la science, que ça soit en devenant scientifique, ou au moins avec de la vulgarisation sérieuse.

Notes

[1] Je généralise mon cas

[2] enfin, personne dans le théâtre britannique contemporain, le sujet de ce livre étant malheureusement très limité

[3] Ou dans un film, en tout cas dans quelque chose de visuel est cours, contrairement à un livre

samedi, avril 13 2013

Comedy bible, comic toolbox, et livres sur le one-man

Si tu as envie d'écrire de l'humour, mais tu ne sais pas comment faire, achète The Comedy Bible, de Judy Carter. Pour l'informaticien que je suis, il y a un truc fantastique, il y a un algorithme. Mme Carter guide pas à pas l'écriture. Elle ne se contente pas de dire "il faut éviter de faire ça, et plutôt faire ça", elle donne une méthode à appliquer, jour après jours, pour créer un stand-up à partir de notre vie.

Premier bémol, le travail se fait à deux. Je n'ai pas de "comedy buddy", et même si je connais beaucoup d'humoriste, je ne me sens assez proche d'aucun pour travailler avec lui. D'autant qu'il serait très dur pour un humoriste, il me semble, de dire qu'il a besoin d'un bouquin pour progresser. Alors que les humoristes que je connais, comme moi, font déjà de la scène. Deuxième bémol le livre est en anglais, ça ne me gène pas, mais pourrait gêner certains.

Mais les deux plus grands souci, c'est qu'en fait, ce livre parle de stand-up. D'une part, ça exclut totalement tout l'humour basé sur les jeux de mots comme pouvait le faire Raymond Devos, les Frères ennemis, ou Albert Meslay - qui sont pourtant des gens que j'admire. J'ai déjà un peu parlé des jeux de mots sur ce blog, je rêverai de lire un livre ou une vraie théorie sur ce domaine. Le théoricien que je suis trouve que ça manque, et j'ai beau cherché, je n'en ai pas trouvé.

Et puis même quand l'auteur parle d'écrire pour la télé, pour des séries, pour la radio, le théâtre, et donc aussi de jouer des sketchs, à la base elle parle de stand-up. Cela parle d'avoir le souci de parler de sa vérité, de parler de soi, de son histoire. Moi, j'aime me présenter comme un gars qui fait du stand-up sur la chasse au dragon, sur les relations de couple avec un super-héros. Personne ne pense que c'est vrai[1], je me sens un peu rejeté par ce livre. Mais peut être que c'est elle qui a raison, simplement, si je devais l'écouter et parler que de moi, alors je ne verrai pas l'intérêt et je ne pense pas que j'aurai envie de monter sur scène.

Je ne peux bien sûr pas jurer que le résultat soit à la hauteur des espérances, car je n'ai pas appliqué la méthode. Quoi que justement, je suis en train de relire ce livre car j'essaye pour la première fois d'écrire un vrai stand-up, sur les interventions en milieu scolaire. On verra le résultat. Mais comme ça, au moins, ce bénévolat pourra me rapporter indirectement quelque chose, et égoïstement je n'aurai peut être pas que perdu mon temps.


Sinon, ces derniers temps, à défaut d'écrire beaucoup, j'ai lu d'autres bouquins sur l'écriture humoristique. Je t'avais déjà parlé de celui de Christine Berrou, que j'ai rencontré depuis, Écrire un one-man-show et monter sur scène. Elle en a écrit un deuxième sur les chroniques, qui est intéressant, même si pour moi ça reste à titre de curiosité, je ne me sens aucune vocation de chroniqueur.

Pour rester dans le one-man-show, je ne connais aucun autre livre en français. J'ai eu un vague espoir avec "Devos montreur de mots - Discours comique et construction du sens". C'est une thèse publié en livre, trouvé à la librairie théâtrale. Je ne connais pas l'avis des professionnel de son domaine, mais pour l'humoriste que je suis, pourtant doctorant (mais dans une toute autre branche) c'est totalement illisible quand on ne possède pas les notions théorique littéraire ou sociale requise pour sa thèse.

Enfin, j'ai lu "The comic toolbox", de William Harris. S'il n'y a qu'un livre à lire, je conseillerai celui de Mme Carter, mais celui-ci est loin d'être inintéressant. Ce n'est pas un guide pas à pas, mais il donne des pistes - des outils - et des réflexion très intéressantes sur l'écriture d'une histoire. Et comme ceux qui me connaissent savent que le second one-man-show sera une histoire d'une heure et pas une succession de sketch[2], je peux vous dire que je l'ai dévoré !

Notes

[1] et pourtant si

[2] je ne sais pas comment je ferai pour faire des extraits pour internet/la publicité/les plateaux ou scènes ouvertes par contre

jeudi, mars 7 2013

Pas de blagues sur les nouveautés

Exceptionnellement, je parle d'humour en dehors du one-man-show.

Une règle d'or qui devrait s'appliquer à tout le monde: ne jamais faire de blague sur quelque chose que l'on vient de découvrir. Jamais. D'autres l'auront déjà faites avant.

J'y ai repensé récemment, car j'étais avec quelqu'un à un vestiaire, et le responsable lui donne le numéro 007. Ce à quoi la personne dit "Vous voyez, je suis James Bond !"... Vous serez d'accord avec moi, ce genre de phrase, le responsable doit l'entendre au moins une fois sur deux en donnant ce numéro. Et il doit donner ce numéro tout les jours, au moins. Alors même si ça amuse mon ami, je pense que ça doit surtout être lourd pour le responsable.

Un autre exemple, je voyais un humoriste qui demandait à des gens arrivant en retard d'où ils venaient, ils ont dit "on vient de douai", il répond "vous êtes en retard, vous n'êtes pas doué". Personnellement, j'aurai eu honte, malgré ma profonde admiration pour l'humoriste en question, car c'est quelque chose qu'ils doivent entendre sans arrêt.


Bien sûr, il peut y avoir des exceptions. En premier lieu, une blague peut être acceptable si le sujet est nouveau pour tout le monde. Une blague sur d'actualité, par définition, personne n'aura eu plus de temps que moi pour faire la blague. Ceci dit il faut penser vite - et je ne suis pas doué pour ça - car après quelques heures le sujet sera déjà vieux sur twitter, et après quelques jours il sera déjà vieux sur scène et à la télé. Si c'est une blague sur une émission qui passe à la télé, il est d'ailleurs inutile de la faire plusieurs jours plus tard.

L'autre exception étant si la blague utilise une connaissance spécifique. Par exemple, je me permettrai à des copains de faire une blague geek/matheux sur quelque chose que je découvre, car je suppose qu'il y aura peu de gens qui auront pu faire la même blague.

vendredi, juillet 13 2012

Jeux de mots

J'ai l'impression que le jeux de mots, on est pour ou on est contre, mais un auteur d'humour aura nécessairement un avis tranché sur ce sujet. Je vais donc donner le mien, que je trouve plus nuancé. C'est normal d'ailleurs, c'est le mien, donc il est certainement juste et pas caricatural, contrairement aux avis de tout ceux qui ne sont pas d'accord avec moi !

Par exemple, j'ai récemment découvert Marc Hillman, qui partage à longueur de journée ses trouvailles sur son twitter et qui a même sorti quatre livres: Mots en mêlée, Le petit guide de l'anti déprime, Petites annonces de folie et Ce millénaire m'a mis les nerfs. J'ai eu une courte discussion (sur twitter c'est un pléonasme) dont je retiens principelement "@ArthurMilchior une vanne est plus facile qu'un jeu de mots qui suppose une certaine recherche il me semble : Qu'en pensez-vous Arthur?"

Par ailleurs, je suis devenu fan de Fibre Tigre que j'ai découvert via Ma technique pour écrire des tweets drôles où il écrit "- le jeu de mot. C'est vraiment le degré -1 de l'humour. "le pet de l'esprit" disait Hugo. A éviter, si possible, même si parfois ces horreurs nous démangent." C'est court et sans appel, et malgré mon commentaire, je crains de ne jamais connaitre la raison de sa sentence.


Je pense que nous sommes tous d'accord sur ce qu'est un jeu de mot -et paradoxalement que nous aurons probablement tous du mal à en donner une définition. Wikipédia indique "Un jeu de mots est en général n’importe quel jeu de langue qui manipule les mots ou des sonorités". Par contre, la définition de vanne est sujet à plus de débat, selon wikipédia et le wiktionnaire c'est du langage familier pour blague et plaisanterie respectivement. Alors même que le wiktionnnaire donne une utilisation du mot "vanne" en 1927 dans le sens de moquerie.

Selon moi, la grande différence, c'est que la blague peut être longue. Les grosses têtes ont souvent sorti des blagues durant plusieurs minutes. Une vanne c'est un truc drôle mais cours. A l'écrit c'est 2 ou trois ligne, et à l'oral pas plus de 30 secondes. En particulier, cela interdit d'introduire un contexte, il faut que celui-ci soit déjà connu du lecteur ou de l'auditeur. Bien sûr, lorsque l'on a affaire à une histoire, le déroulement de l'histoire qui installe les personnages, le lieu, la situation, ne fera pas parti de la vanne, même si elle sera nécessaire pour la comprendre, et réciproquement il est rare que la vanne fasse avancer l'histoire.


Tout ceci pour dire que je ne suis d'accord ni avec Marc Hillman, ni avec Fibre Tigre. Il n'y a pas vraiment d'effort à fournir ou d'exploit à trouver plein de jeux de mots, il suffit d'écouter car on peut trouver des jeux de mots dans n'importe quel conversation. D'ailleurs j'ai plusieurs amis qui sont très doué pour cela[1]. Bien sûr, je dis "cela suffit", mais il faut quand même faire l'effort de le faire. De même pour les "vannes" on peut faire rire en commentant ou critiquant tout ce qui nous entour, c'est la spécialité des stands-ups, mais pour trouver une banalité qui soit vraiment drôle une fois mise en exergue, il faut quand même bien observer, et surtout bien formuler la vanne afin qu'elle fonctionne.

Selon moi, pour qu'un jeu de mot soit vraiment bien, il y a trois possibilités. D'abord, s'il vienne du tac o tac, il a alors les mêmes qualités que les matchs d'improvisation, il nous montre l'imagination et la rapidité d'esprit - ainsi que la maîtrise technique - de celui qui fait preuve de son art. Le même jeu de mot écrit à l'avance perdra son intérêt, même si en mettant le jeu de mot dans la bouche d'un personnage on peut tricher et lui redonner sa fraîcheur.

Ensuite, le jeu de mot peut être totalement hors sujet, mais dans ce cas c'est l'absurde plus que le jeu de mot lui même qui fera rire, d'ailleurs dans ce cas, plus le jeu de mot est nul, mieux c'est.

Enfin, il y a le jeu de mot à tiroir, il s'agit alors de l'exercice plus compliqué qui consiste à enchaîner les jeux de mots sur un sujet donné, de manière à ce que chaque jeu de mot soient lié entre eux. Raymond Devos et Boby Lapointe excellaient dans cette dernière catégorie, ils ne se contentaient pas de sortir des jeux de mots, il créait une histoire avec.

"Paradoxalement on peut en même temps être hautain et mal élevé. (ca, c'est un bon mot d'auteur)", est un jeu de mot à tiroir que j'ai écrit récemment, et qui selon moi à quand même un certain niveau.


La dernière possibilité, c'est que le jeu de mot servira uniquement à "relever" un texte. Ainsi, la plupart des sketchs des Frères Ennemis racontent des histoires, ou au moins des extraits de dialogues entre deux personnes, et l'histoire existera indépendamment des jeux de mots qui y sont placés. L'histoire sera peut-être fade en elle même, mais les jeux de mots serviront à lui donner plus de goût. Pour filer la métaphore, je ne comprend pas comment on peut être contre les jeux de mots, tout comme je ne comprend pas comment on peut être contre le sel, mais je ne comprend pas non plus comment on peut se contenter de jeux de mots, tout comme un repas composé de sel uniquement serait inintéressant.

Note

[1] au prix d'un ras-le-bol assez rapide de ceux qui ne rentrent pas dans le jeu

mercredi, février 8 2012

Ecrire un one-man-show et monter sur scène

Ecrire un one-man-show et monter sur scène de Christine Berrou[1] est un livre qui est paru il y a une vingtaine de jours. Je ne sais plus du tout comment je suis tombé dessus, mais je viens de le recevoir, de le lire, et maintenant je vous le conseille.

Tout d'abord, il faut savoir que ça n'est pas un livre drôle. Après tout, "l'humour est une chose trop sérieuse pour la confier à des rigolos". Ce n'est ni l'humour pour les nuls, de Gordon Zola[2], qui semble être principalement un immense recueil de style et de genre d'humour, avec une analyse minimale, ni Le rire de Bergson[3], même si l'auteur fait référence à ce classique - en omettant en passant de mentionner des classiques étrangers du rire, tels que "The comedy-bible" (à quand une traduction française ?)

Donc ce livre ne s'adresse vraiment pas aux spectateurs, même si j'en connais qui l'ont acheter pour découvrir la manière de travailler de ceux qu'ils admirent.


Selon moi, ce qui rend ce livre le plus utile aux humoristes débutants mais qui veulent ce lancer, à ceux qui n'ont pas de vrai production derrière eux pour aider, c'est qu'elle présente de manière concise les détails administratifs qu'il faut connaitre quand on fait du one-man-show: Société d'auteurs, le chomage en tant qu'intermitent du spectacle et comment y cotiser pour un one-man-show... Cependant, c'est sûrement la partie qui sera le plus vite obsolète, puisque les réglementations évoluent. Pire, si vous ne travaillez pas en France, cette partie ne vous servira à rien.

Il y a aussi quelques conseils techniques de bon sens pour les flyers, les affiches et la publicité en général.


La plus grande partie du livre parle de l'écriture en elle même, et de l'analyse des sketchs, comme j'avais essayé de faire dans ma rubrique truc et astuce. Bon, je ne vais pas vous faire de promesses folles, lire ce livre n'est certainement pas suffisant pour devenir l'humoriste préféré des français - la preuve, Christine Berrou n'est pas Anne Roumanoff - et tant mieux.

L'auteure parle de sa "grammaire" de l'humour, je trouve le mot bien choisi. Connaitre la grammaire n'aide pas à faire un bon sketch ou une bonne phrase, quand j'écris je ne pense pas "Sujet/Verbe/Complément", mais ça permet au moins de repérer pourquoi une phrase ou une vanne cloche, et on peut imaginer que parfois, ça puisse permettre de réparer la vanne. Je pourrai aussi comparer ça au solfége. Il y a des improvisateurs qui ont vraiment réussi à apprendre à jouer sans rien connaitre du solfége, mais ça ne fait pas de mal de savoir comment est composée une gamme.

On voit aussi une liste des différents styles d'humours. C'est beaucoup plus classique: humour anglais, absurde, noir, stand-up... il me semble qu'il y a quand même des oublis, - par exemple je ne sais pas où classer le style de M. Fraize - ceci dit, j'imagine qu'il serait totalement impossible d'atteindre l'exhaustivité.

Dans chaque cas, des exemples sont donnés, provenant pour la plupart d'humoristes qui tournent sur les scènes parisiennes[4], ou d'humoriste français et étrangers qui se sont déjà fait un nom[5].


Enfin, elle conseil quelques exercice pour s'habituer à l'écriture comique et la manière de monter un spectacle entier à partir de sketch.

Mon seul regret est le manque de conseil sur la mise en scène. Certe, l'auteur conseille d'avoir un metteur en scène, mais cela ne va pas plus loin. Malgré la grande quantité d'ouvrage sur la mise en scène, il faut bien dire que mettre en scène un one-man-show, ce n'est pas comme mettre en scène une pièce de théâtre classique, et je pense qu'un chapitre, sinon un livre, sur ce sujet pourrait nous être fort utile.

Notes

[1] Full disclosure: Je ne connais pas Chirstine Berrou, je crois que je ne l'ai jamais vu sur scène, ou alors j'ai oublié. Et une rapide recherche youtube me montre qu'elle a fait de la télé (dont Ondar, où elle a su réagir avec beaucoup d'humour à son renvoi et "on achève bien l'info"), et je trouve les sketch que j'y ai vu drôle, sans non plus me paraitre exceptionnel.

[2] que j'ai lu aussi

[3] que je viens de commander

[4] Disons que j'ai vu la plupart des citations sur la scène ouverte du FIEALD ces dernières années

[5] Ce qui pourrait être marrant, c'est d'obtenir une dédicace de tout ceux qui sont cités.Greg Romano, Vérino, Alexandre Barbe, je sens que ça va pas être trop dur. Kyan Khojandi ou Nicolas Canteloup, va falloir plus galérer. C'est pour Chaplin et Churchill, que je m'inquiète vraiment.

jeudi, février 18 2010

Douane glissante

Je trouve que la douane américaine est très laxiste, aujourd'hui ils avaient ma valise, mon savon a fuit, et il ne l'ont même pas arrêté!

lundi, décembre 21 2009

Etre crédible sur scène

Patrick Font dit, sur scène: "Un spectacle est soit sincère soit bien rodé. Je joue des spectacles très sincères". Sans aller jusque là, si vous voulez que le public vous trouve crédible sur scène, faites des petites erreurs !

Par exemple, j'ai écouté le début de mon spectacle, je dis "euh..." à chaque coin de phrase, ça donne l'impression que je créé vraiment le texte et que je ne sais pas ce que je vais dire. Cela donne plus de poids au personnage !

De même, ce n'est pas grave si vous faites des fautes, puisque les histoires que vous jouez, vous n'êtes pas sensé les connaitre par cœur mais les découvrir en même temps que le public. Et, comme me l'a dit un camarade de classe la semaine dernière, mes tics quand je me trompe sont marrants[1].


Et un dernier truc, ne vous inventez jamais d'excuse, on n'en trouve toujours, mais en réalité, il n'y en a pas, et seul le résultat compte, pas le moyen.

Notes

[1] J'ai pas su si c'était un compliment ou une insulte en fait

lundi, novembre 23 2009

Retournement innatendu

Un moyen classique d'amuser et surprendre les gens, c'est de dire une bêtise, puis de dire qu'elle est fausse, mais pas pour la raison que les gens pensent. Mathématiquement, ça donne: "P et Q" ! Non je rigole, en fait "non P" ! (Alors qu'en fait, le public savait très bien que "non Q"). De manière équivalente, on peut dire P ou Q, car P, alors que les gens pensent que Q[1]. Mais le mieux, ce sera peut être un exemple:

Tu sais, il y a deux types de personnes que je n'oublie jamais, ceux qui me doivent quelque chose, et surtout, les beaux garçons... Et tu me dois deux euros depuis le 28 décembre 2005 !

C'est probablement le seul hétéro du groupe ! Non, j'exagère... il était probablement bi !

Quand je vous dis que j'ai tué un dragon à l'aide d'une cuillère c'est faux... J'avais un couteau et une fourchette !


De manière pas très éloignée, un autre classique, c'est de rajouter une élément incongru à une liste. Exemple:

Pendant longtemps, j'ai piqué des textes d'autres humoristes: Raymond Devos, Muriel Robin, Mylène Farmer, Chevallier et Laspallès.

Mais ce qui est encore mieux, c'est si l'élément fait partie de la liste à juste titre, mais est juste inattendu:

Je ne sais pas pour qui m'engager, je n'ai aucun handicap, je ne suis pas sourd, pas muet[2], pas aveugle[3], pas paralysé... Ah si, j'y pense, j'ai la voute plantaire un peu trop plate. (Mais entre nous, c'est très dur de s'engager pour cette cause, on n'a rien à revendiquer. D'ailleurs, as t-on déjà vu une marche de personne gêné par un pied trop plat? Non ! [4].)

Notes

[1] En effet, on voit ici une application du théorème de de Morgan

[2] qui a dit hélas?

[3] D'ailleurs je ne supporte pas les aveugles, et je n'ai pas peur de l'écrire :p

[4] Remarquez que c'est peut être que c'est juste parce que le pied est trop plat pour qu'ils soient capable d'organiser une marche.

jeudi, novembre 12 2009

Inverser ses phrases

Je conseille très fortement à toute personne cherchant à tester une blague d'inverser les éléments de ses phrases.

Pas pour avoir "Mourir vos beaux yeux, belle Marquise, d'amour me font." comme disait le maitre de philosophie du Bourgeois Genthillome[1], ni pour parler comme Yoda Maître.

Mais plutôt parce que, quand deux phrases s'opposent ou se complètent et que chacune pourrait être la chute de l'autre, en pratique, il se peut que sans s'en rendre compte, une formulation est meilleur que l'autre, et ceci même si on aurait pu jurer que c'était l'autre formulation la meilleure.

Par exemple, je disais "Le spectacle s'appelle JE D'EGO car, comme tout le monde le sait, je suis très égocentrique. En tout cas moi je le sais, et c'est ce qui compte"

Maintenant je dis "Le spectacle s'appelle JE D'EGO car je suis très égocentrique, comme tout le monde le sait... c'est à dire moi!"


De la même façon, on peut parfois inverser ses phrases, afin d'obtenir un meilleur effet sans changer le sens. Ainsi, avant, à la fin du sketch sur l'homosexualité, je m'excusai de n'avoir pas pensé aux filles... Maintenant je dis qu'il est normal que je n'ai pensé qu'aux garçons. (Mais je ne suis pas sur que ce soit plus drôle, on verra le 25)

Notes

[1] D'habitude, je donne des liens, mais je suis désolé, je n'ai pas réussi à trouver le blog de Molière

mercredi, novembre 11 2009

Changer légérement la phrase

Un truc que j'utilise assez souvent[1] c'est répéter une même phrase en la changeant légèrement, de manière presque imperceptible. Généralement, si les gens sont d'accord avec la première phrases, ils accepteront la deuxième sans réfléchir, et alors, on peut réussir à faire accepter des absurdité. Typiquement, cela devient clair si on prend la contraposée de la phrase !

Un assez vieil exemple, quand je parle des objet perdu de mon lycée, je dis les vêtements et objets trouvé sont à récupérer dans le bureau du surveillant général d'ici la fin de l'année... Cela fait moins long que le le bureau des objets trouvé où ils restent un an et un jour, mais ça fait moins loin. Je ne vois pas quel élève organisé; quel bon élève, n'aurait pas le temps de passer dans le bureau du surveillant général d'ici la fin de l'année!

On peut effectivement remarquer que j'assimile "organisé" et "bon élève", les règles qu'on nous inculquent font croire que c'est effectivement lié[2], et par contraposée je parle des mauvais élèves.

J'ai d'autre exemple, mais je ne les ai plus en texte, j'éditerai [3] le billet.

Notes

[1] qui est souvent utilisé par les hommes politiques pour mentir discrètement

[2] je pense que c'est faux, mais ce n'est pas la question ici

[3] peut-être

dimanche, novembre 8 2009

Parler seul à plusieurs

Il y a deux choses qui arrivent souvent quand on joue seul, c'est qu'on voudrait avoir une réplique.

Dans les sketch, quand on joue seul en parlant à une personne imaginaire, soit on joue du fait que le publique se demande ce qu'on est en train de jouer, le meilleur exemple étant selon moi du à une interprétation très spéciale d'un sketch de Jean Luc Lemoine.


Mais parfois, on peut avoir envie que le publique ait une idée de ce que dit son partenaire. C'est ce que fait par exemple sans arrêt Muriel Robin dans le sketch Le noir. Sachez que ça passe sans aucun problème, et aussi étonnant que ce soit, le publique ne tilte pas !

Personnellement, je trouve ça insupportable, mais seulement depuis que je me suis rendu compte que je faisais parfois ça, en effet, dans la vraie vie, on ne répète pas sans arrêt ce que dit l'autre ! D'ailleurs, je me vante de ne plus le faire dans mes sketch allo, alors qu'une conversation téléphonique est le cadre typique où l'on pourrait avoir envie d'utiliser ce truc.


L'autre type de réplique qu'on pourrait vouloir avoir, c'est celle du publique, typiquement quand on fait du stand-up et donc qu'on "discute" avec le public. Là, il y a deux solutions, soit avoir quelqu'un dans le publique pour nous donner la réplique, ce qui n'est pas toujours facile, soit, plus simplement, introduire la phrase que le publique est sensé dire par "Vous allez me dire : "...

Par exemple, il y a un moment où je me moque des chanteurs français, et je voudrai que le publique me provoque en me disant cette grande phrase de trollage "c'est facile de se moquer, mais t'es pas capable de faire pareil". Eh bien, si je rajoute "Vous allez me dire" ça passe tout seul, et je peux vraiment faire comme si le publique me l'a dit, donc je répond "chiche!".

vendredi, octobre 30 2009

Extrait et bons mots

Selon moi, un danger auquel on peut être confronté, c'est de vouloir à tout prix placer un bon mot, ou une blague. On se retrouve alors à réécrire l'almanach Vermot...

Par exemple, je suis très fier de "la fumée fait des cendre... dans mon estime!", ou encore, "c'est l'heurre de jouer au carte, il est cinq coeur" (ce qui était surtout drôle au lycée où les cours finissait à 17 heures)

Ces blagues se placent très bien, par exemple, quand on voit quelqu'un allumer une cigarette devant soit. Et il est certainement possible de le mettre dans un texte, où un personnage fume (spoiler: [1]). Mais d'expérience, la sortir comme ça, sans raison, ça ne marche pas.


Une autre remarque, qui s'applique à bien des domaines d'ailleurs, c'est qu'il ne faut pas chercher à comprendre le public. On peut essayer de tirer des grandes règles générales (c'est ce que je fais), mais il faut accepter ses réactions.

J'aurai beau être persuadé qu'un jeu de mot est excellent, qu'un sketch est un véritable joyau, si le public ne rit pas, et bien il ne rit pas. C'est tout! Il ne faut pas avoir besoin de lui expliquer le sketch, car le public n'est pas un imbécile, si il ne rit pas, c'est que c'est le sketch qui est mal construit.

Bien sur, on peut essayer de changer des morceau du sketch et le réessayer une autre fois, mais, au bout d'un moment, insister devient de l'acharnement, et il faut savoir abandonner des morceau de sketch, voir des sketchs entier.

Notes

[1] cette blague fait partie des "dès du destin", qui est toujours en cours d'écriture

jeudi, octobre 29 2009

Calepin et copain

Un truc rapide, simple et utile dans tout plein de domaine: avoir toujours sur soit un petit calepin et un stylo. De préférence un bic bon marché ou un porte mine, juste de quoi gribouiller rapidement.

En effet, beaucoup de jeu de mot viennent comme ça, sans qu'on les cherche, il faut donc les noter, car, comme un rêve, sinon, il disparait.

En général, quand un jeu de mot me plait, je sais vaguement dans quel sketch le mettre, donc je le note aussi, et le rajoute au texte dès que je suis sur un ordinateur (mes textes sont sur google doc, donc je peux les modifier depuis n'importe où)

D'ailleurs, c'est à ce truc que je dois la lettre de la voisine cinglé, puisque, à la base, j'ai rêvé cette lettre. Je l'ai donc noté sur un cahier de cours en me levant, et je ne l'ai tapé (et mis en forme) que bien plus tard!

Enfin, et surtout, ne jamais hésité à noter quoi que ce soit. Souvent, en fait, après coup, la blague est nul, tant pis, on peut toujours effacer. Mais parfois, on trouve des perles, qui seront appréciés par les gens, alors qu'au départ on se dit "bof".

Et de toute façon, ce n'est pas grave si une blague est bonne seulement dans un contexte. Quand on écrit son one man show, on invente son histoire, il est donc tout à fait possible de recréer artificiellement ce contexte.


Dans le même genre de conseil, pour les blagues qu'on met dans les sketch, je pense qu'il faut les tester deux fois avec des amis. En dehors de tout sketch, juste tenter de placer le jeu de mot, et, si on y arrive, voir si il fait rire.

Il faut essayer avec aux moins deux amis différents, car l'humour de différente personne n'est pas le même. Mais, dans la mesure du possible, il faut essayer avec quelqu'un qui rigole facilement et aime l'humour.

Et, par ailleurs, quand un nouveau sketch est écrit, il faut l'essayer devant quelque personne, ce n'est pas forcément la peine d'attendre d'être sur scène pour se rendre compte qu'il est mauvais.

mercredi, octobre 28 2009

Surprise et décalage

Je vais enfoncer une porte ouverte aujourd'hui, mais, pour faire rire, il est bon de jouer sur la surprise. Être légèrement décalé par rapport à ce à quoi le public s'attend, mais pas trop pour que ce ne soit pas crédible.

Ainsi, si je dis "je vais vous faire un aveux, j'aime les ..." même si on ne me connait pas, en général, on n'avoue pas qu'on aime les femmes ou les tarte aux pommes... on avoue plus son homosexualité, et les gens penses "j'aime les hommes". Donc si je dis "j'aime les mathématique" ça surprend suffisamment les gens pour les faire rire. Surtout si avant de prononcer le mot mathématique, je fais des phrases à double sens, pouvant aussi bien parler d'homosexualité que de mathématique.

De même: "hier j'ai tué un dragon avec une cuillère!
Non c'est totalement faux bien sur"
Le spectateur pense que ce qui est faux est que j'ai tué un dragon, il est donc possible de le faire rire en disant: "C'était avec une fourchette et un couteau... " (en fait, je n'ai pas encore essayé cette blague en publique)

Un dernier exemple, je disais hier qu'il ne faut pas faire d'énumération. J'ai ici un contre-exemple, si à la fin de l'énumération, on se trouve avec quelque chose qui ne devrait pas y être. "Anarchiste, communiste, de gauche... voir même socialiste!" (vu qu'en général, on considère que les socialistes sont de gauche, donc je ne devrai pas rajouter ça à la liste) ou encore:

"Entre les Professions de foi et les Profondes absurdités que Profèrent à Profusion les Profane face à ce que nous Professent les Professeurs-belle Profession-, pour pouvoir Profiter de l'avenir qui se Profile devant nous, et dont nous ne pouvons tirer qu'un grand Profit !

J'ai cherché aussi à placer Profiteroles, mais je n'ai pas réussi."

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