dimanche 15 décembre 2013

Humour

En 2011, j'avais écrit un billet Suis-je un humoriste. En ce moment je dis que non - et j'ai mis longtemps à accepter de dire "non", car j'aurai trouvé honteux d'abandonner comme ça, de laisser tomber.

Sauf qu'en fait, avec un peu de recul, en ayant arrêter de fréquenter sans arrêt des humoristes un soir sur deux, à leur spectacle ou en scène ouverte, je peux prendre un peu de recul, et de réflexion. À la base, j'ai choisi de faire des sketchs car c'était le plus simple à faire techniquement parlant. Je pouvais le faire à des camarades de classes (je parle de terminale, c'est vieux) sans aucune préparation. Paradoxalement, aujourd'hui, je refuse de les faire comme ça, hors de scène, car en générale l'ambiance n'y est pas vraiment propice, on n'est pas dans l'esprit, etc...

Bref, la raison même de mon choix de faire des sketchs a disparu, et ces derniers temps je faisais ça uniquement pour continuer un truc que j'avais commencé, et parce que comme je vois tous les copains humoristes faire des flyer, flyer, devoir jouer, jouer, je faisais pareil.

Hier, j'ai joué sur un plateau, avec une dizaine de spectateurs. Ça m'a fait plaisir de revoir des gens que j'apprécie (les humoristes), mais ça m'intéresse pas de continuer à faire ça pour l'instant. D'autant que j'ai un boulot que j'apprécie beaucoup, et n'ai ni le besoin, ni l'envie, de faire ce qu'il faut pour vivre de l'humour. D'un autre côté, des scènes comme hier, ou il y a quelques mois à Orléans, me rassurent car je suis toujours capable de monter sur scène, raconter mon histoire et de faire rire le public !

Donc, non, je ne suis plus humoriste. En tout cas, pas plus que je ne suis musicien. Par contre, je suis toujours créateur, et c'est plus ça qui m'intéresse. Et c'est d'ailleurs un point sur lequel la pratique de l'humour n'a pu que m'aider. De toute façon, j'écris toujours, j'ai même rarement autant écrit que ces derniers mois - à part à l'époque d'ONDAR. Le projet dont je parlais en aout avance bien, même si pas aussi vite que je le souhaitais au départ. Après le placard, ma première pièce - dont je ne suis pas content et que je n'ai jamais monté - j'ai une idée de deuxième pièce, probablement toujours pour les cons comptes de fées fêlées, et cette fois j'espère qu'on ira jusqu'au bout. Spoiler[1].

Et puis j'ai fini mon premier mono, un deuxième est en cours pour le calendrier, toujours avec l'aide de Ian. J'ai toujours l'intention d'apprendre à mixer moi même pour faire mes monos sans aide, et justement, l'univers où je place la pièce de théâtre s'adapterait bien en mono, donc j'espère avoir d'autres créations.

Donc, tant pis si le one-man prend du temps, ça me fait toujours envie car j'adore avoir le public qui rit devant moi, mais ce n'est pas grave s'il semble ne pas avancer.

Note

[1] Ça sera une pièce de science fiction et tout le monde aura le même rôle.

mardi 15 octobre 2013

Est-ce qu'un one-man-show est une suite de sketch ?

Je viens de me rendre compte qu'un sujet me tient à coeur concernant l'humour, qui explique à lui seul l'abandon de Je d'ego, et je l'ai à peine évoqué ici.

Est-ce qu'un one-man-show est une suite de sketch ?

Posé comme ça, normalement la réponse est simple, c'est "oui" ou "non", selon les one-man.

Chez Raymond Devos ou les Inconnus, c'est clairement une suite de sketch. Même s'il y a en plus parfois des gags récurrents, des références à des sketchs passés qui ne seraient pas comprise prise isolément.

Chez les stands-up, c'est aussi une suite. Suite de stand-up, pas de sketch, il n'y a pas de découpage aussi clair, il n'y a pas de noir ou de musique pour marquer les pauses, mais on voit encore une succession de sujet abordé par l'artiste.

On pourrait comparer ces styles aux spectacles de chansons. À part pour les "albums concepts", comme L'homme de Mars de Kent, ou Les aventures de Simon et Gunther de Balavoine, la plupart des albums et des spectacles de chant ne forment pas une histoires. Il s'agit d'une suite de chanson sans rapport sémantiques les unes avec les autres. Il peut y avoir d'autres rapports, par exemple un spectacle de chanson d'un parolier particulier, un spectacle reprenant les chansons du dernier album paru, mais parfois c'est juste un choix de l'interprète qui pioche ce qui lui plait et lui parle le plus dans l'immense répertoire de la chanson française.

Seulement, toute suite de chanson ne ferait pas un bon album ou un bon spectacle, il faut savoir équilibrer, doser, assez d'émotion, de sentiment, de rire aussi, rajouter quelques mots entre deux chansons ou au contraire enchainer sans pause. De même, il est dur de considérer qu'un one-man est une simple succession de sketch.

Dans certains cas, on peut avoir une histoire de fond qui justifie la succession des sketchs. Mais il ne me vient surtout des exemples où l'on voit assez facilement que l'histoire est un prétexte pour placer les sketchs[1].

Ou alors on peut avoir une histoire qui s'insère entre les sketchs. J'ai vu un très joli exemple dans le spectacle d'Aurélia Decker - je n'en dis pas plus pour ne pas spoiler - ; et sinon Pierre Palmade avait un spectacle avec un siège vide au premier rang, il passait tout son temps entre les sketch à savoir pourquoi la personne était absente, craignant au début qu'elle soit en retard, puis qu'elle ait une accident, et à la fin il était persuadé que si elle n'était pas venue, elle devait être morte.

Enfin, il y a des one-man qui sont une seule histoire. L'histoire elle même pouvant être découpée en sketch, comme pour la Rentrée d'Arlette, l'excellent one-woman-show de Zidani. Ou alors elle peut ne contenir aucune pause, comme l'émouvant Que ma joie demeure d'Alexandre Astier[2] ou le touchant Modèle déposé de Bruno Belvaux, interprété par Benoit Poelvoorde. Mais j'en connais certains qui refusent le qualificatif de "one-man-show" à ce genre d'oeuvre, malgré la présence d'un unique artiste sur scène, car ça s'éloigne trop des us et coutume de ce style.

Ce classement est bien sûr totalement ad-hoc, il n'y a pas de frontière fixe.

L'avantage du sketch, c'est qu'il est idéal pour faire sa publicité; sur une scène ouverte, sur un plateau d'humoriste, sur internet, on montre un petit bout et si ça plait le public viendra voir le reste - ou pas. En plus à la télévision, à la radio, dans les meetings on peut vendre de l'humour à la minute.

L'inconvénient, c'est que j'ai vu des humoristes que j'adule, excellent dans quasi tous leur sketchs, mais qui devenait lassant sur une heure. Il n'y a RIEN à jeter, tout est parfaitement travaillé, mais tout est aussi trop uniforme, au bout d'une demi heure il n'y a plus de véritable surprise. Pour dire ça autrement, on a une énumération de sketch parfaits, et je n'aime pas les énumérations.

Et je n'ai jamais vu d'histoire qui tombait dans ce travers, mais d'un autre côté, j'ai vu peu de one-man qui soient vraiment une histoire. Quoi qu je pense que c'est un des points fort qui font que le one-man-show de Yonathan, l'histoire d'un juif qui avait un prépuce est le meilleur que j'ai vu de ma vie[3] et que Julie Villers est folle se classe dans les 5 meilleurs. Et pourtant je ne dirai pas qu'ils sont mes humoristes préférés, car sur 5 minutes, je suis plus fan d'Albert Meslay ou de Garnier & Sentou.

Alors, je n'irai pas dire que tous mes sketchs étaient parfaits, mais même s'ils l'étaient, ça justifiait selon moi l'abandon du one-man. Et c'est aussi pour ça que ça me prend du temps de finir ce deuxième. Car j'aimerai obtenir un résultats que j'aurai envie de voir, et que si quand je débutais mon one-man m'aurait sûrement plus, maintenant je sais que je n'aurai plus envie de le voir.

Full Disclosure: Je cite des noms d'artistes sans leur demander la permission, certains sont des connaissances-j'espère qu'ils ne seront pas vexé s'ils devaient me lire, encore que je crois ne faire que des compliments quand je donne les noms. Mais j'assume que cela puisse fausser mon jugement dans mes éloges.

Notes

[1] Je ne donnerai pas de nom pour illustrer les critiques négatives

[2] Encore que ses sketchs aient une autre particularité sur laquelle j'aimerai revenir un jour. Edit: C'est fait

[3] Bien sûr son spectacle a plein d'autres qualités. D'ailleurs, j'aimerai faire un billet à son sujet, mais ce n'est pas possible sans spoiler le contenu de la pièce; et comme je connais Yonathan, c'est délicat d'écrire à son sujet, ce n'est pas comme écrire à propos de Raymond Devos, qui est mort et que j'admire de loin.

mercredi 18 septembre 2013

Histoire des humoristes

À l'école, je n'ai jamais aimé l'histoire et la géographie. D'autres n'ont jamais aimé les maths. Pourtant, je suis persuadé que les trois peuvent être passionnant. Et pour les maths, j'en suis persuadé.

J'ai toujours du mal avec le premier sujet d'ailleurs, que l'histoire soit réelle ou imaginaire. Par exemple, j'ai voulu tout connaître de Tolkien, mais j'ai autant de mal à me souvenir de l'histoire des terres du milieu que de la vraie histoire. Je sais qu'Iluvatar a créé un monde, Arda - et encore j'ai du googlé pour retrouver son nom - qui se trouva séparé en deux continent, et qu'un continent peuplé de dieux devient pratiquement inaccessible aux hommes.

Par contre, je sais que les morceaux d'histoires que Tolkien a écrit sur la terre du milieu était passionnants, ce qui n'est pas l'impression que me donnaient mes cours d'histoires. Je ne sais pas quoi en conclure.


Cette longue intro n'a pratiquement rien à voir avec le schmilblick. J'avais envie de parler de l'évolution dans le temps et l'espace d'un sujet particulier.

En fait, j'ai récemment pris goût à découvrir l'évolution de tel ou tel sujet qui m'intéresse. Ainsi, j'ai récemment lu deux livres traitant de de l'homosexualité[1].

Réflexions sur la question gay parle - entre autre - de la manière dont l'homosexualité masculine a évolué, entre les grecs, les auteurs tels que Wilde, Pagnol ou Genet, et enfin l'époque de l'écriture du livre -en regrettant cependant que les pratiques homosexuelles de célébrités soit plus facile à décrire aujourd'hui que celle des gens du peuple, qui était peut être fort différente, mais dont il ne reste aucun témoignage. Ça m'a intéressé de savoir que dans les années 20 on regrettait la mode de la pédérastie, qui est né avec le contact des allemands durant la grande guerre, et on déplorait déjà qu'il faille en être pour être crédible en tant qu'artiste... Et je parle pas des années 2020. (D'ailleurs, j'ignorai que pédérastie - pédé - était le mot utilisé pour s'autodésigner, pour utiliser l'illustre passé des grecs comme argument. Et que ce n'était pas une insulte.)

Et Global Gay, dont j'ai écrit une longue critique où je le recommande chaudement. Ce livre traite de la "géographie" de la question, la manière dont elle est traité dans différents pays.


Ceci était encore une digression. Ma réflexion me vient de ''Il était une fois la chanson française'' de Marc Robine, un auteur et interprète que j'adore, qui a beaucoup travaillé à faire revivre, en livre et en cd, l'histoire de la chanson française, des trouvères à nos jours. Bien que passionnant, ce bouquin est un peu léger à mon goût. Mais l'auteur a l'excuse d'être mort avant de l'avoir fini, donc je me consolerai avec le reste de son œuvre.

La chanson francophone a une histoire magnifique. Des jolies petites histoires de personnes dans la grande histoire qui s'est créé avec l'évolution des styles et des modes, des chansons réalistes aux yé-yé, des interprètes, comme Reggianni ou Gréco, aux auteurs-compositeur-interprète comme Brassens ou Goldman.

La chanson francophone est aussi inspirés de la chanson étrangère bien sûr, inspirations et adaptations. Personnellement, je n'arrive pas à ressentir sur de l'anglais -même quand je le comprend- le plaisir que j'ai avec une bonne chanson en français, mais ça ne m'empêche nullement d'apprécier Traces de Pascal Rinaldi, un cd de chanson traduite en français.


Mais l'humour ?

Je ne sais pas, je réalise que l'humour semble avoir ni histoire ni géographie. Et ça m'attriste.

Bien sûr, j'exagère, l'humour c'est vague, le genre de la comédie est très vieux, et le cinéma nous offre des films hilarant provenant d'un peu partout.

Mais disons, l'humour en solitaire, ou en duo, face à un publique, c'est quoi son histoire ? Sans faire un mémoire sur le sujet - ce billet est déjà bien long - vous m'accorderez que la nuance entre un sketch, un spectacle de sketch, et une pièce de théâtre, même comique, est grande. (Même si on pourra toujours trouver des cas où une œuvre serait dur à classer de manière certaine dans une catégorie ou l'autre).


Et puis de même, c'est quoi l'existence du seul en scène en dehors de la France ? Je connais des humoristes québécois, quelques belges, un suisse. Je connais des humoristes américain ou anglais. Après, plus rien. Même si je ne comprendrai pas un humoriste allemand ou indien dans le texte - en supposant qu'ils existent - pourquoi est-ce qu'ils ne sont pas traduit, quand leur chanson peuvent être traduites ?

Bien sûr, Devos serait probablement intraduisible, à cause des jeux de mots. Mais tous ne font pas ça. Bien sûr, il manquera toujours un peu de contexte - indispensable à l'humour -, mais après tout j'ai ce même problème quand un humoriste québécois cite le nom d'une personnalité de chez eux, et se moque de l'anglais d'unetelle, ou de l’embonpoint d'untel, mais ça ne m'empêche pas de comprendre globalement de quoi ils parlent. Donc je ne vois pas pourquoi je ne comprendrai pas une histoire d'un humoriste allemand; et je serai justement curieux de savoir à quel point je pourrai rire à une sketch d'un indien, dont la culture m'est plus éloigné.

D'ailleurs, reprendre un humoriste étranger est mal vu en France. Tout comme un "bon" chanteur doit être auteur compositeur interprète, un humoriste doit nécessairement écrire son texte, ou au moins le co-écrire. Je n'ai jamais compris de raison profonde pour laquelle il n'y a pas d'humoriste interprète - comme il peut y avoir des chanteurs qui se font toute une carrière en interprétant les autres, en faisant des reprises de textes du passé, voir en traduisant en français une chanson étrangère. Pourquoi est-ce que le francophone ne pourrait pas apprécier en français les textes de Georges Carlin ou d'Eddie Izzard[2].

La nuance existe quand même sur un point: les chanteurs qui traduisent donnent sur le cd le nom de la chanson originale, quand les humoristes connus pour voler des vannes à l'étranger se gardent bien de citer leur auteur. L'histoire se répétant, les comptes à succès ont le même problème sur twitter.


Retournons à l'histoire.

Historiquement parlant, je connais des noms d'anciens humoristes, Élie Kakou, Raymond Devos, Les Frères Ennemis, Fernand Raynaud, Robert Lamoureux, Pierre Dac... Qui ne sont d'ailleurs pas si vieux que ça; à part Fernaud Raynaud, je connais des gens ayant connu tous ces humoristes là.

Et avant eux ? Rien. Je sais qu'il y a eu des pétomanes, des comiques troupiers, des comiques dans les caf-conc' et les cabarets, sans que j'ai le moindre moyen de savoir aujourd'hui ce qu'ils y faisaient, quel était leurs styles, leurs propos, leurs textes... Même l'article humoriste de wikipédia est pratiquement vide, sans un mot sur notre histoire.

Au mieux on peut trouver à la librairie théâtre quelques vieux recueils d'une dizaine de page comprenant des sketchs de comiques troupiers, datant du début du siècle dernier, et d'aussi vieux recueils de "monologue" à dire en famille. Il y a aussi quelques recueils de Saynète, encore que le seul que j'ai vu jusqu'à présent soit celui de Feydeau, surtout connu pour son théâtre de boulevard.

Mais tout ça, ce n'est pratiquement rien comparé à des ouvrages comme la clef du caveau contenant plus de 500 pages d'airs connus - de timbre - du 18ème et 19 siècle. Et qui pour le coup proviennent de bien plus qu'un seul compositeur (enfin, on suppose).


Est-ce que ça veut dire que le seul-en-scène a tout au plus un siècle et demi ? J'ai du mal à le croire. Et ça m'attriste sincèrement de ne rien connaître de nos ancêtres spirituels (très spirituels j'espère). Et surtout, de ne pas connaître leur styles.

Aujourd'hui, deux styles se partagent la scène: le sketch de personnage, et le stand-up. On joue à se faire la guerre, même si en vérité beaucoup d'humoristes - dont je fais parti - disent se placer entre les deux. Le stand-up est sensé être moderne, même si Robert Lamoureux faisait déjà du stand-up comme M. Jourdain de la prose. Mais n'y a t-il pas de troisième style ? Un qui est oublié ? Ou qui serait à inventer peut-être. Est-ce qu'à force de tout classer dans ces deux styles, on rate l'émergence d'un troisième qu'on veut forcément faire rentrer dans une case d'aujourd'hui ?

Et sinon, si le seul en scène comique a vraiment moins de 150 ans, j'aimerai beaucoup connaître ce qui a provoqué ce changement. Pourquoi est-ce je connais seulement une dizaine d'humoriste mort quand j'en suis 137 sur twitter ? Le petit théâtre de Bouvard, La Classe, le Jamel Comedy Club puis Ondar ont lancé des humoristes, tout comme l'a fait le petit conservatoire de Mireille avec certains chanteurs. Ces émissions ont sûrement créé des vocations, mais j'ai du mal à croire que ça explique tout à lui tout seul.


Pour conclure, je ne sais pas si je suis geek de Tolkien. J'aimerai être au moins geek de l'humour, mais en fait c'est dur, notre histoires est moins documenté que celle de la terre du milieu, je ne comprend pas pourquoi et je le regrette amèrement.

Notes

[1] en fait plus, mais les autres n'entrent pas dans mon propos

[2] OK, Eddie Izzard joue en français, mais pas tout son répertoire non plus

mardi 18 juin 2013

Humour et chanson

Pour prendre le contrepied de ce que j'écrivais il y a un an, c'est à dire "on a de la chance les humoristes", je vais maintenant formuler quelques regrets.

Quant un chanteur a un grand succès, il peut demander au public de chanter avec lui. Souvent la majorité du public ne connait qu'une petite partie, mais il fait quand même sa avec son artiste. Et si c'est la première fois que tu entend la chanson, peuvent répéter le refrain dès sa 2ème ou 3ème occurrence. J'aimerai bien pouvoir voir cette même communion avec un sketch.

Pour être honnête, il y a des "fans" qui connaissent par cœurs des sketchs d'artistes télédiffusés[1], et qui débitent le sketch en même temps que l'humoriste. Mais au contraire, ça gâche le sketch, ce n'est pas possible de jouer en groupe ce qui a été prévu pour un.

Encore pire, un chanteur ou un groupe de musique (sonorisé, ou alors avec plein d'instrument) peut se faire applaudir "en rythme" par le public pour lui donner de la pêche. C'est totalement inenvisageable pour un sketch. D'ailleurs, ça reste vrai qu'on parle d'applaudissement ou de tout autre bruit - par exemple Magoyond un groupe de rock-zombie que j'ai découvert récemment et vous conseil, de vrai texte français, qui raconte une histoire classique mais toujours sympa de zombie, et une mise en scène marrante- demande une minute de silence, et le public se met à gueuler sur les instruments (ou alors les instruments accompagnent le public qui gueule à l'annonce de la minute de silence, j'en sais rien.) J'aime beaucoup l'idée, car ça fait gueuler pour une raison précise, et puis car ce gueulement est accompagné de musique. Alors que sans fond sonore, je crois qu'il serait probablement juste ridicule.

Je vais encore me contredire - j'espère que je ne me vexerai pas - mais ce que je décris là, ça s'appelle chauffer une salle, ce que des tas d'humoristes font, et que je déteste faire car je trouve que ça ne va pas du tout avec les jeux de mots, ni avec les histoires - mais c'est peut-être eux qui ont raison et moi qui fait encore une certaine forme de snobisme. Donc en fait, je ne sais pas de quoi je me plains.

C'est pas grave, bonne soirée à vous.

Note

[1] je n'ai jamais vu ça avec des fans de "petits" artistes

mardi 15 janvier 2013

Humour et science

J'avais envie de rebondir sur un truc que Maxime Bird - "Comédien et Paléotologue" selon sa bio twitter - m'a dit[1] récemment.

@ArthurMilchior Mais dans le fond, l'humour et la recherche, c'est un peu pareil :p

En fait, il m'a aussi dit des tas d'autres trucs, mais ça te regarde pas, et surtout, je ne me souviens pas de tout ce qui m'a été dit par des humoristes - déjà qu'il m'arrive de temps en temps (mais rarement) de ne plus savoir ce que je dis, ou ce que je dois dire. Ce qui me fait penser, cette nuit, j'ai rêvé que je faisais mon premier match d'improvisation théâtrale (ce qui n'est pas absurde, ça va faire presque un an que je prend des cours avec les N'Improtequoi, un jour j'irai peut-être sur scène, qui sait.), et dans mon rêve, j'étais mort de trac car je n'arrivais pas à me souvenir de mon texte. C'est bête un subconscient.

Tout ça pour dire, je pense effectivement que la recherche est l'humour, c'est très similaire. Superficiellement, car on cherche à faire rire, et parce qu'un petit mot drôle aide à avoir l'attention des personnes à qui on présente ses résultats[2].


Dans les deux cas, on commence par voir ce qui a été fait par les autres - car on ne part jamais vraiment de rien - on cherche des sujets sur lesquels travailler, on réfléchit et on trouve des idées. Selon sa personnalité, on décide de les noter, ou on fait confiance à sa mémoire. A partir du moment où on a théorisé un modèle précis/qu'on connait le texte et la gestuelle, on va pouvoir expérimenter, c'est à dire jouer sur scène devant du public.

Mais paradoxalement, c'est une vision de la recherche qui sera vraie là où l'on modélise. En science sociale, physique, biologie, mais pas en mathématique ni dans ma branche de l'information. Or officiellement je fais de la recherche en informatique et en vrai, je fais des mathématiques, et pour mon grand malheur, c'est là où l'humour et ma science divergent totalement, il n'y a aucun théorème prouvable disant qu'une blague ou un sketch donné fera forcément rire.

Notes

[1] si je le cite, est-ce que je lui doit des droits d'auteur ? Je ne sais pas comment ça marche avec la sacd à ce niveau là.

[2] Ceci dit, si je réussi à avoir mon article de recherche accepter et que je vais à Computability in Europe à Milan, ça sera moins drôles que le one-man-show. Et mon exposé du 29 janvier 2013 sur la logique d'ordre supérieure en complexité descriptive ne devrait pas donner lieu à de franches rigolades.

samedi 27 octobre 2012

Évolution du one man show

Salut toi.

Cette année, j'ai vu énormément de spectacles. J'ai pas arrêté de faire des scènes ouvertes, et même quelques plateau (D'ailleurs je fais un plateau demain dimanche 28 à 14H30 à l'espace Miller de Clichy, et y a plein d'humoristes que j'adore !), grâce à ça j'ai rencontré pleins d'humoriste et souvent j'ai été voir leur spectacle (et ce qui est encore plus cool, c'est que souvent ils m'invitent. Après tout je suis un collègue). Donc j'ai vu beaucoup de one-man-show, quelques pièces comiques, d'autres qui se voulaient comiques - ce qui me fait réaliser que je suis en plus totalement inculte niveau tragédie, et je ne parle même pas de tout ce qui va concerner la danse ou le théâtre contemporain.

Grâce à ça, j'ai encore plus d'idée de ce à quoi peut ressembler un one-man-show aujourd'hui, et donc j'ai des idées de ce que je voudrai pour le mien (et aussi quelques idées de truc que je tiens absolument à éviter parce qu'il y a aussi des spectacles où je me suis ennuyé ferme, comme par exemple - une personne dont je donnerai pas le nom, ça ne se ferait franchement pas. Mais il y en a un qui m'a sincèrement choqué en sortant une blague sur les probabilités - un truc qui vaudrait un 0 à n'importe quel étudiant tellement c'était mathématiquement faux )

Tout ça pour dire que quand le one-man-show reprendra, il aura bien changé. Je d'égo était une succession de sketch sans transitions. Si tout va bien, le nouveau sera moins décousu (même si je garderai probablement un certain nombre de sketch de l'ancien one-man). Avec ça il changera enfin de nom, de flyer, et accessoirement j'ai encore changé de costume.

Bon, par contre, faudrait que je me mette sérieusement à l'écriture de la nouvelle mouture. Mais figurez vous que j'ai une allocation de thèse - et même qu'un jour je devrai recevoir le salaire qui va avec, et ça ça fait plaisir ! - et mine de rien, ça prend du temps ce truc là, et comme je suis un garçon sérieux et qu'en plus j'ai la chance d'adorer mon boulot, eh bien j'ai pas eu trop le temps d'écrire ces derniers temps.

Et puis y a la pièce dont j'avais parlé - ah tiens non, je t'en ai pas encore parlé mon blog, donc je vais pas le faire histoire d'éviter de tuer la peau de l'ours avant de l'avoir vendu. Mais disons que c'est pour la troupe qui a fait Robin des Bois - et ça je t'en ai déjà parlé - et que pour moi ça a priorité !

Je te fais la bise et je te dis à la prochaine.

mercredi 21 mars 2012

Tiens, un ours

Je crois qu'un ours est en train d'agoniser, et j'ai presque envie de vous vendre déjà sa peau. Alors disons que si tout va bien, demain soir, il faudra vraiment que je me fasse un beau flyer et une belle affiche.

A part ça, j'ai fini mes examens de master 2, je suis donc en stage de recherche en informatique. Eh bien, c'est une information exclusive que vous allez avoir sur ce blog, mais il semblerait que FO(+) sur les mots soit équivalent à AC0-FO(+) régulier. Mais j'ai pas encore fini ma démonstration[1].

Concernant le flyer, ça me semble absurde de juste mettre une photo, j'aurai bien envie d'y rajouter d'un coté un petit texte, du style de la lettre de ma voisine, je me demande si ça serait efficace. Et surtout je me demande quel texte mettre.

Note

[1] en fait, je n'ai même pas trouvé comment la commencer.

mercredi 15 février 2012

Costumes

Depuis la toute première représentation de mon one man show, j'ai tenu à porter des tenues différentes pour montrer qu'il s'agit de personnages différents.

Maintenant je me dis qu'il me faudrait vraiment une tenue qui représente celui que je suis sur scène. La seule constante que j'ai ces dernières années, c'est de mettre une cravate arc-en-ciel - qui d'ailleurs n'était justifié que par mon ancien nom de scène, Arthur Rainbow. Aujourd'hui, je n'ai pas d'idée précise de ce que je voudrai.


Il y a aussi certains sketchs qui pourraient justifier un costume à part. En particulier, j'ai un sketch à propos de la chasse au dragon que je compte dorénavant le jouer en costume de chevalier. Par chance, j'ai une amie costumière amateur qui est prête à m'aider pour créer un tel habit, en copiant celui utilisé par le chevalier blanc d'Alice dans notre pièce l'année dernière. (Ce qui m'évite d'avoir à me creuser la cervelle pour créer une armure depuis rien)

Mais là, il y a un blason sur cette armure. Et je n'ai vraiment aucune idée de blason. Qu'est-ce que ça peut bien avoir comme blason un chevalier qui a tué un dragon à la cuillère[1] ?


En fait, c'est triste, mais je me rend bien compte que dès qu'il faut faire autre chose qu'écrire du texte, je suis totalement perdu.

Note

[1] Une grande cuillère, pas une cuillère à café, faut pas non plus se vanter

dimanche 12 février 2012

Comment un chanteur mesure-t-il son succès ?

la fin de mon dernier one-man-show, j'ai eu l'occasion de partager un diner avec mon chanteur préféré. Commentant le spectacle, je dis "Je suis quand même content; j'ai eu vraiment beaucoup de rire" et il me répond que ça, c'est vraiment une phrase d'humoriste.

Cette reflexion m'a amené à me questionner: comment sait-on si on est un bon chanteur ? Ou même un bon comédien de pièce dramatique.

Nous autres humoristes avons une chance folle, comme notre but est de faire rire, il est vraiment simple de savoir si on fait du bon travail ou non, on n'écoute la salle. Si le public veut être gentil avec nous il peut se forcer à applaudir, mais il ne peut pas se forcer à rire. On aura beau me dire que j'ai été très bien, si je n'ai pas entendu rire, je n'en croirais pas un mot.

Mais comment un chanteur peut-il savoir s'il a été bon ? Comment peut-il savoir ce qui fonctionne et ce qui ennuye le public ?

mardi 1 novembre 2011

Suis-je vraiment un humoriste ?

Suis-je un humoriste ?

C'est la question que certains semblent se poser. D'autant que le jury a déclaré que je n'étais pas vraiment humoriste.

C'est quoi être vraiment humoriste ? Nous n'avons pas de diplôme, pas de certification. Aucun huissier n'est jamais venu controller que les spectateurs riaient dans les one-man-show et contrairement aux avocats, aux banquiers, au médecins, aucune réglementation ne définit qui a le droit de se prétendre humoriste.

J'ai pris des cours de théâtre entre le cm2 et la première seconde[1], j'ai commencé à jouer des sketchs en cours et aux amis en quatrième[2] et j'ai écris mon premier sketch en première. Je fait des scènes ouvertes depuis 2006, j'ai monté mon premier one-man-show JE D'ÉGO en 2007 à 20 ans. Je ne suis donc pas un débutant - et d'ailleurs je n'aime pas briser les espoirs, mais je doute très fortement que quelqu'un puisse rester à ONDAR sans avoir une vraie expérience de la scène avant.

Tout ça pour dire que je pense que je peux donc me dire humoriste amateur. Surtout si vous riiez quand j'étais à ONDAR - après tout, que demandons nous de plus à nos humoristes ?

Ceci dit, si un humoriste, c'est quelqu'un qui gagne sa vie en faisant des one-man-show, ou qui joue au moins une fois par semaine, alors non je ne suis pas humoriste. J'ai fait au maximum deux représentations[3] par an depuis 2007 et en plus la moitié des représentations étaient gratuites.

Notes

[1] oui, j'ai redoublé

[2] notre professeurs de Français nous avait fait travailler du Raymond Devos, bénit soit-elle

[3] D'ailleurs à chaque représentation j'ai changer le spectacle. En fait, à part le nom, JE d'ÉGO n'a presque plus rien du spectacle originale.

vendredi 27 mai 2011

Je veux devenir un hebdromadaire

Ça fait un moment que j'y pense, et j'en avais déjà parlé sur le blog, je veux devenir un hebdromadaire. Alors bien sûr tu va me demander, "c'est quoi un hebdromadaire ?", et comme je suis un garçon sympa je vais même te répondre.

Un hebdromadaire est un humoriste qui bosse une fois par semaine.

Il y a des tas de petites salles pas excessivement chères, et je me dis que, bon, il faudrait que je me donne un coup de ceinture et me mette à en louer une, une fois par semaine. J'ai les moyens, et si ça marche pas trop mal, je pourrai théoriquement avoir un gain.

En plus, comme le spectacle est déjà écrit, c'est finalement pas un si gros boulot que ça, probablement moins que de monter un ou deux spectacles par an... Donc ça ne devrait pas tellement empiéter sur les études... j'espère

Bon, je sais bien qu'en fait, il faut faire plein de scènes ouvertes pour se faire de la pub, Mais en dehors du moment de mon passage, je peux espérer que je réussirai à continuer de bien étudier.

Allez, soyons fou optimiste, l'idéal pour la pub, ce serait de passer dans une émission du style de celle de Ruquier, et de réussir à rester plusieurs semaines... Là ça risquerait de vraiment poser problème, puisqu'il faut écrire toutes les semaines... mais j'en suis pas encore là, donc on verra quand ça arrivera (si ça arrive).

Comme toutes les salles se louent pour une heure, et que j'ai 2 heures de sketchs, le truc sera simple, le spectacle changera à chaque fois. La meilleure partie sera fixe, et j'alternerai d'autres sketchs... C'est pratique aussi pour tester les nouveautés, vu que j'espère avoir plus d'inspiration si je joue beaucoup... Et tant pis pour le régisseur, je n'ai jamais eu un spectacle où je n'ai pas fait faire des erreurs à la régie, et c'est pas bien grave :)

Comme ça, si le publique peut venir plusieurs fois et avoir des spectacles différents. Mieux encore, il pourra payer plusieurs fois ! Oui, car, c'est bête à dire, mais à la question "peut-on rire avec tout le monde", j'ai envie de répondre "non, uniquement avec ceux qui ont payé leurs billets"[1].

Souhaitez moi bon courage, je pense que je vais en avoir besoin à la rentrée !

Note

[1] Je suis pas doué, mes deux derniers one-man-show étaient gratuit

lundi 23 mai 2011

Réactions aux réactions du publique.

Aujourd'hui, je me suis fait engueuler. J'ai croisé dans la rue une professeure de mon lycée qui était venu me voir en 2009... Et bien j'aurai du la prévenir que je rejouais ! Et mine de rien, ça fait plaisir de se faire engueuler pour ça.


Le seul truc qui m'attriste un peu, c'est que je ne peux jamais savoir si les gens disent ça pour être gentil avec moi - après tout c'est souvent des gens que je connais, et que je fréquente ou fréquentais souvent - ou si ça plait vraiment. On m'a déjà conseillé d'arrêter de faire ma pub, que mes amis et les amis de la famille vont venir pour me faire plaisir - ou pour faire plaisir à mes parents qui sont leurs amis, mais que franchement c'est leur faire perdre 2 heures plus les transports, et que c'est égoïste de ma part.

Je n'ai jamais su quoi en penser, d'un coté, quand un enfant fait un spectacle en cours de théâtre, c'est clairement comme ça que ça se passe, on va le voir pour faire plaisir à l'acteur, mais on sait qu'on ne va pas voir un bon spectacle - sauf rare surprise. Ce qui fait que le comportement de mes camarades de classes ou de sport - qui ne sont jamais venu au one man show[1]- me semble plus logique. Et puis, comme je dis souvent, je fais tout le temps tellement de mauvais jeux de mots que c'est normal qu'ils ne veulent pas venir en subir pendant plus d'une heure !

Mais, d'un autre coté, je pense avoir fait un travail bien plus conséquent que la pièce de théâtre que ma classe avait monté et écrite en CM2. Pièce dont je n'ai plus de trace, malheureusement, sauf le texte de la très courte chanson que j'avais écrite et qui a eu un certain succès dans l'école:

Nous sommes les fantômes
Voici notre royaume
C'est ce manoire
Qui est tout noir.

Mais de toute façon, j'ai un tel besoin de la scène que je sais que je ne peux simplement pas m'arrêter. C'est cliché, mais ça serait comme me demander de faire veux de célibat.

Tout ça pour dire, chers amis et connaissances - je suis sincèrement désolé - mais je ne sais pas si je vais jamais réussir à croire à vos compliments (alors que les critiques - surtout les constructives - sont très appréciées).

Inversement, jeudi je jouait l'Avare, et alors que j'étais devant l'entrée de Censier, un garçon m'a croisé, il était à mon one-man-show début mai et il m'a complimenté et présenté à deux copains avec qui il était. Eh bien, même si j'étais assez pressé, ça m'a vraiment mis fou de joie qu'il me demande de lui jouer un extrait. (Ce que j'ai bien sur fait !)

D'ailleurs, c'est marrant, je me suis rendu compte que l'Avare ne m'a pas du tout fait stresser. Après un one man show de pratiquement deux heures, un petit rôle comme ça, ça ne me donne pas le trac. Il faut dire aussi que le texte n'est pas de moi, donc j'ai finalement moins peur d'être jugé.

Note

[1] sauf une exception

jeudi 7 avril 2011

Jouer régulièrement

Voici la question que je me pose:
Est-ce que je devrai essayer de jouer plus régulièrement ?

D'un point de vue pratique, il existe énormément de petite salles, certaines sont spécialisées dans les one-man-show[1]. Et, au vu de certains humoristes ayant déjà un spectacle en scène, je n'ai pas trop de doute sur le fait que je pourrai me faire accepter par une salle.

D'ailleurs, j'ai envie de remercier le FIEALD car de temps en temps, ils me servent aussi à me souvenir de ce à quoi je ne veux pas ressembler ! (Bien sûr, il y a souvent des choses vraiment très bien, simplement, c'est aléatoire !)

Attention, la question n'est pas aussi simple qu'elle à l'air. Bien sûr j'adore jouer et si je pouvais gagner ma vie avec ça ce serait génial[2]. Sauf qu'il est aussi certain que je ne gagnerai pas tout de suite ma vie avec, et qu'il faudra attendre avant de peut-être réussir à me faire découvrir. Et si cette année car j'ai fait une pause dans le Master d'informatique, ça risque d'être moins facile de conjuguer les deux activitées l'année prochaine. Et ça serait pire encore si je par en thèse.

Encore que, une fois le one-man-show écrit et monté, jouer une fois par semaine ne prendrait pas trop de temps. Sauf qu'en plus il faut aller faire de la pubilicité là où l'on peut, ce qui risque de finir par être chronophage.

Ce qui m'emmène sur le second point, je n'ai pas la moindre idée de comment faire de la publicité. Je ne suis même pas persuadé que je réussirai à rembourser ce que ça me coutera (au moins la salle et les flyers).
Car si je n'ai pas le droit de faire payer pour le festival de l'ENS, au moins ça ne me coûte rien$$Enfin, sauf le transport jusqu'en bretagne et les 30 euros pour le festival, mais c'est le cas pour la totalité des artistes présents.$$, et le festival m'assure d'avoir un minimum de publique, donc de me faire connaitre - et avec un peu de chance il y aura des normaliens arrivant à des postes important dans les médias qui se souviendront de moi (oui, je rêve).

Par exemple, il y a 4 ans je m'étais renseigné pour une salle d'une quarantaine de place à l'arrière d'un bar. C'était: au chapeau, avec 50% pour le bar, et le bar prend un minimum de 50 euros (donc si le chapeau à moins de 50 euros, l'artiste y est de sa poche). Et en échange on avait la salle et une personne à la régie pour une heure[3]. Je ne connais pas les tarifs des autres salles, je ne trouve rien en ligne pour aider les humoristes qui se lancent à comparer, ça finalement l'air assez opaque. Mais ça a l'air assez dur d'être rentable à la longue, car là il faudra clairement que j'arrive à faire de la pub en dehors de l'école, de la famille et des amis de la famille.

Enfin bon, je suis tout ouï pour vos conseils. Moi je ne sais pas quoi faire. Mais je sais que "ne pas faire de choix", c'est à dire "ne rien faire", c'est déjà un choix, et que je ne veux pas garder le choix par défaut simplement par paresse ou par peur !

Notes

[1] d'ailleurs, j'ai découvert le paname hier, vu la taille de la scène, il y a difficilement plus d'une personne dessus

[2] Non pas que je m'imagine arrêter les maths/informatique, j'aime trop ça

[3] Je trouve qu'une heure c'est court, mais c'est le "norme" dans ce milieu...

samedi 2 avril 2011

Evolution de Je d'Ego

Mon premier one-man-show date de 2007. Il s'appelait déjà Je d'Ego.

Saumon Fragile, qui connaissait le one-man-show par cœur à l'époque et qui a eu l'immense amitié de revenir à Paris pour ma première, me fait intelligemment remarquer que puisque le spectacle a beaucoup changé entre la première version de 2007 et celle de 2011 il faudrait peut-être changer le nom (D'où le billet d'hier)...

Sauf que le spectacle de 2008[1] a juste eu deux sketchs en plus par rapport à 2007. Puis J'ai retiré un texte et j'en ai rajouté un dans le premier spectacle de 2009[2], puis j'en ai rajouté 2 en novembre 2009. Là, en mars 2011, j'ai retiré le plus gros sketch et rajouté 5 nouveaux, dont 2 très cours et un que je ne jouerai plus[3]. Il y en aura encore un nouveau en mai 2011, et je vais aussi arrêter celui sur mon lycée[4]. Dans tout ça, quand est-ce que le spectacle a arrêté d'être Je d'Ego ? D'ailleurs, il y a encore une demi douzaine de sketchs en communs sur la vingtaine que compte le spectacle aujourd'hui.

Pour résumer, si je change le titre en changeant peu le spectacle c'est de la publicité mensongère pour les gens qui m'ont vus récemment. Si je garde le titre et que le spectacle n'a rien à voir avec un spectacle du même nom datant d'il y a 3 ans et demi je risque de perdre des spectateurs qui pourraient légitimement vouloir revenir. - Quoi que quand je revois les vidéos de 2007, je me rend compte à quel point j'étais mauvais[5] donc je ne sais pas si un spectateur voudrait vraiment revenir.

Ce qui me fait ouvrir une parenthèse: Je sais que mon spectacle est parfois dur à comprendre, car il y a beaucoup de jeux de mots capilotracté, et que je parlais trop vite [6], mais je suis bien avoué que je suis toujours surpris quand je vois des gens revenir[7] - ils connaissent déjà les histoires et à priori ont a moins de surprise. Bien sûr, ça me fait très plaisir, mais comme m'a dit Subbak, je crains que mon spectacle supporte mal d'être vu plusieurs fois.

Enfin, j'ai un dernier problème, je n'ai pas d'idée de bon jeux de mots cours pour faire un titre, et j'aime beaucoup "Je d'Ego". D'abord car ça fait un jeu de mot avec le Je de Go, que j'aime bien les jeux de mots[8][9] et donc qu'un type qui ne me connait pas et voit le titre comprenne rapidement qu'il y a des jeux de mots dedans. Et en plus, comme je parle beaucoup de moi, ça décrit bien le contenu !

Notes

[1] Montréal

[2] 48 heures des arts de 2008/2009

[3] Orange, qui a été un bide, mais j'aurai du m'y attendre

[4] Je le garde pour jouer devant des lycéens/collégiens et des parents d'élèves, mais je pense que ce n'est pas intéressant pour des gens qui sont trop loin du lycée.

[5] et j'espère réaliser la même chose en 2015 en regardant un enregistrement de 2011

[6] ça s'améliore visiblement

[7] Sauf la famille bien sûr, qui se sent un peu obligé de venir.

[8] même si je ne connais rien à ce jeu, à part la base des règles et l'article de wikipédia français

[9] D'ailleurs, Ego était en majuscule car il est courant de ne pas mettre d'accent sur les majuscules (même si aujourd'hui je sais écrire Je d'Égo sans problème). Ce qui fait que je n'ai jamais décidé quel était la manière correcte de prononcer le titre, en général je dis un truc batard où l'ont ne sait pas si c'est un "é" ou un "e".

Équipe

Ces derniers temps, je me rend compte que je n'aime pas travailler seul. En tout cas pour tout le travail autour du spectacle, j'ai besoin d'être avec des gens à qui je fais confiance. Pour le travail scientifique c'est différent, j'aime passer beaucoup de temps à lire, à réfléchir seul, et même du temps où je codais, je détestais que d'autres lisent par dessus mon épaule. L'idée d'échanger des réflexions en cours me déplait, probablement car j'ai toujours peur de passer pour un imbécile si la réflexion ne mène nul part... Ce qui ne m'empêche pas de temps en temps de poser une question[1]

Je pense que c'est assez paradoxale, cette idée de vouloir être en équipe, et de faire un one-man-show. Mais en fait, le one-man-show est aussi un peu un travail d'équipe, et c'est là où c'est encore plus pervers. Sur les deux pièces que je travaille cette année, l'Avare et Encore Alice/De l'Autre Coté des Merveilles on est une troupe d'environ une dizaine de personnes. On a le temps de beaucoup travailler ensemble, des personnes sont là pour donner un œil extérieur et m'indiquer comment jouer et mes défauts. Et dans Encore Alice, on aura le temps de se préparer avec une personne à la régie, pour qu'ils sachent où mettre les noirs, les musiques, etc... Alors que le one-man-show, je travaille seul, et souvent je n'ai pas vraiment l'occasion de travailler toutes la partie de la régie avant.

Au même titre qu'une énorme partie du spectacle vivant d'ailleurs, mais ce billet se résumera à ma maigre expérience d'humoriste.

À chaque fois que j'ai joué, j'avais un régisseur. Les 3 premières fois j'ai eu un professionnel qui "venait avec le théâtre", d'ailleurs c'était les seules fois où j'ai joué dans des vrais théâtres.

Note

[1] Je n'attends pas de réponse de ta part, cher lecteur, c'est quand même très technique.

vendredi 1 avril 2011

Relooking

J'en ai marre de me laisser aller, alors, c'est décidé, je vais changer radicalement de look !

Je lisse les cheveux (au lieu de les laisser mi-long et bouclé), et je les rapporte sur le devant, et même je me fais des mèches.

Et puis j'achète des vêtements plus cool, je me faire piercer et probablement tatouer...

J'ai envie de ressembler à ça

Et surtout, je pourrai renommer mon spectacle en "Je d'Emo" !

mercredi 23 mars 2011

Improvisation

Je ne ferai pas d'improvisation. Ça fait parti de ce qu'on ne verra pas sur ma scène.

Attention, je n'ai rien contre les improvisateurs, même que je suis sincèrement impressionné quand je vois quelqu'un imaginer vite fait quelque chose. Alors que moi c'est tout simple, j'ai simplement 45 pages de texte à apprendre par cœur.

Bon, ce n'est pas vraiment improvisé, mais juste un petit "à ne pas dire, à ne pas faire" pour l'équipe d'improvisation qui a joué dimanche matin à Ker-lann:

Merci de m'avoir rappelé pourquoi je préfère écrire mes textes à l'avance !

jeudi 17 mars 2011

Éthique de l'humoriste

Je regardais une interview de Raymond Devos. Je reste assez énervé contre Universal/Mercury qui a publié "80 ans 80 sketchs" et qui semblent avoir fait les choses un peu par dessus la jambe. Par exemple:

  • pourquoi, alors qu'ils mettent des extraits de spectacle et pas les spectacles entiers, ont-ils décidé de remettre plusieurs fois les mêmes sketchs ?
  • Quel est l'intérêt de monter l'interview de façon à ce qu'on n'ait pas un discours suivi mais simplement un tas de bout de phrase !

Pour l'interview, il faut dire qu'il était clair que M. Devos était mentalement diminué et peinait à s'exprimer correctement. Mais une chose m'a touché et j'ai envie de la partager:

Si tu emploies des mots qui sont déjà dévalorisés, tu les dévalorises encore pour qu'on en rit et c'est la vulgarité. C'est ce que font certains comiques, on ne va pas parler de ça. Ils n'ont pas compris qu'il y a cette loi. Il y a des limites. Tu peux dégrader pour amuser, mais il ne faut pas aller au delà. Si tu dégrades des choses déjà dégradées tu les menaces de mort. C'est pour ça que tu peux t'attaquer à dieu, il résiste. Il faut s'attaquer à des valeurs solides, si tu veux faire rire les gens honorablement il faut que tu t'attaques à des valeurs solides, des valeurs que tu ne risques pas de tuer. Ça, c'est quelque chose que j'ai découvert : la vulgarité c'est dégrader des choses qui le sont déjà.

C'est très peu clair, et je suis triste qu'il n'ait pas plus écrit sur son métier, car ça aurait pu être passionnant à lire. Mais en tout cas, j'ai envie de respecter au moins cette éthique là - et je crois que je ne l'ai pas toujours fait.

Mais c'est aussi pour ça que j'ai toujours dit que je ne me moquerai jamais de quelqu'un à cause de son nom, ou de son physique. Beaucoup de gens le font, c'est même un thème récurrent contre le président Sarkozy. Mais je trouve, sincèrement, que ceux qui se moquent de son physique, eh bien, c'est petit !

Parlant d'éthique, je n'ai pas vraiment de commentaire à faire sur l'enfer du décor, mais la description de l'éditeur me met vraiment très mal à l'aise. D'autant plus que j'ai déjà lu une biographie par le secrétaire dont elle parle. En particulier, "un procès est en cours", je pense qu'il auraient pu attendre la fin pour sortir le livre !

Je me demande si je vais l'acheter, il aurait pu y avoir des choses intéressante, mais du linge sale en public, c'est moche.

jeudi 20 janvier 2011

Stand up

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais, beaucoup de stand-up commencent leurs sketchs par "je ne sais pas si vous avez remarqué".

On en connait tous, de ces humoristes, qui pour justifier la justesse des observations qu'ils nous servent en tant que blague précisent qu'on connait tous des gens qui ont fait un truc particulier qu'ils se doivent de commenter. En particulier, on a tous connu une fois où l'on s'est entendu dire qu'on a tous connu quelque chose, et en fait non, nous, on ne l'a jamais connu.

Je suis ouvert d'esprit, mais je ne supporte pas ceux qui font suivre "je suis ouvert d'esprit" par un "mais" car ça veut dire qu'ils ne le sont pas. Encore que, honnêtement, je vais vous dire, s'il faut préciser qu'on est honnête quand on parle, c'est probablement qu'on ne l'est jamais totalement assez. D'ailleurs, il est toujours mauvais de généraliser; on le fait trop souvent, et les humoristes ne font rien d'autre que de tomber dans les clichés.

samedi 15 janvier 2011

Mise en scène

Cette année, j'ai rejoint un groupe de théâtre, et je joue Maître Jacques, dans l'Avare. Eh bien, c'est sportif, mais je m'amuse bien.

Je ne me rendais pas compte, mais ça faisait depuis la seconde que je n'avais pas joué en groupe et depuis la classe de 5ème que je n'avais pas joué dans une pièce entière [1]. C'est très étrange comme sensation.

C'est frustrant de jouer à plusieurs. Il y a de long moments d'attente que, forcément, je n'ai pas dans un one man show, et puis je ne suis pas forcément d'accord avec tel ou tel interprétation quand je suis sur scène, et j'ai l'impression de voir un truc qui serait mieux autrement, etc... (Et je créé surement la même sensation aux autres). En plus, je n'ai jamais le dernier mot, puisque j'écoute scrupuleusement notre metteur en scène (ce qui ne m'empêche pas de lui faire des propositions, souvent rejetées).

De l'autre, c'est vraiment sympa d'avoir une mise en scène, de voir qu'on peut faire quelque chose en plus que le texte. Et il y a bien sur le fait qu'on travaille en groupe et qu'on est donc soutenu. Je vais comparer à ce que je connais bien, le one-man-show, c'était vraiment dur la dernière fois, quand il fallait s'occuper de tout tout seul et que je n'avais personne pour m'aider. Et puis, souvent, je ne suis pas sûr de ce que je dois faire sur scène, de ce que sont mes déplacements - Sauf bien sûr si je prépare un gag visuel ou un tour de magie, mais c'est quand même assez rare.

En tout cas, je me pose une question, est-ce que j'aurai le même trac que pour mon one-man-show ? Est-ce que je serai aussi à l'aise que du temps des cours de théâtre du soir ? Et si j'ai le trac, est-ce qu'il s'arrêtera avec le début de la pièce, ou est-ce qu'il durera jusqu'à ce que j'entre en scène ? Car, comme je rate toujours mon premier sketch à cause de la nervosité, ce serait bête que je gâche ma première scène, acte III scène 1, qui est pourtant bien marrante ! Voir, pire, est-ce que le trac va revenir entre la fin de mon premier passage sur scène et le début du second ?


Tout ceci pour dire, je recherche un metteur en scène (rémunération au pourcentage des recettes possible, mais je vous préviens, j'ai gagné 87 euro et 25 dollars canadien en 2010 donc on n'en vivra pas)

Note

[1] Le bourgeois Gentilhomme, où j'étais Monsieur Jourdain dans l'acte II

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