mercredi 21 février 2018

Problème du Trolley, ce que vous devez faire si je suis sur la voie

TW: mort, suicide et meurtre. Problème du Trolley.

Un problème super classique d'éthique est le suivant: tu es devant une voie de chemin de fer. Un train arrive. Il va rouler sur 4 personnes qui sont attachés aux rails de la voie principale. Mais tu peux le faire changer de voie pour qu'il roule seulement sur le seul type attaché à la voie secondaire. Doit tu le faire changer de voie ?

Je pense que la manière la plus intéressante de poser cette question est: que choisis tu si tu es sur une des voie ? En particulier, si tu es sur la voie secondaire, celle vers laquelle le train ne se dirige pas encore. Dans mon cas, la réponse est simple, je souhaite que la personne au levier n'ait aucun doute sur le fait qu'elle doit détourner le train ! Parce que, n'ayant aucune autre information, je suppose que les 4 autres personnes sont aussi des copies de moi. Grosso modo. Pas des clones moi, mais indistinguable pour toutes questions pratiques. Autrement dit, je suppose que j'ai une chance sur 5 d'être seul, et 4 chances sur 5 d'être dans le groupe de 4. Et je préfère mourir avec 20% de chance, à cause d'une action d'un autre, que de mourir avec 80% de chances parce que personnes n'a voulu prendre de responsabilités.

Je sais que des gens auraient du mal à faire changer le train de voie. C'est pour ça que j'écris ce billet, que je dis publiquement mon opinion à ce sujet. Et surtout, c'est pour ça que j'aimerai qu'énormément de gens déclarent aussi partager cette opinion. Parce qu'alors, la personne qui se trouve effectivement en charge du changement de voie saura qu'elle peut effectuer ce changement la conscience tranquille. Et ne subira pas de conséquences négatives de la société pour son action. Ce qui, in fine, augmente ma chance de survie de 60 points !

Et si ça arrive ?

À noter que je ne dis rien de plus que ce qui est littéralement écrit dessus. Je me réserve pleinement le droit de l'incohérence, que le jour où je serai sur la voix seul, je plaiderai autant que possible pour dire de ne pas tourner le bouton, pour faire croire que les 4 autres personnes sont pire qu'Hitler, pour tenter de faire croire à celui qui va changer la voie qu'elle aura ma mort sur la conscience. Bref, une fois que je sais que c'est 100%, et non pas 20%, je soupçonne fortement que je tenterai de survivre. En particulier, si je suis sur la voie seul et que c'est moi qui peut détourner le train, je ne m'engage en aucun cas à appuyer sur le bouton.

Ou alors je réussirai à être cohérent. Dans la chaleur de mon appartement, là où le pire danger que je peux prévoir est que mon contrat de travail ne soit pas renouvelé l'an prochain, c'est impossible d'imaginer ce que je ferai vraiment. Je peux juste dire que j'espère réussir à être cohérent. Parce que donner ma mort sur la conscience à la personne qui a fait changer la voie, ça serait excessivement injuste et n'aurait aucune utilitée.

Paradoxalement, je ne vois qu'un seul vrai problème lié à la politique que je défend ici. S'il devait arriver que cette situation se répète suffisament souvent pour que ce choix ait une influence sur la survie d'une population entière, alors les populations altruistes finiraient par disparaître au profits des populations égoïstes. Je vais donc tenter de faire preuve d'optimisme, et, dans ce billet, rester dans l'hypothèse que le problème du trolley ne se pose que de façon exceptionnelle.

Préalable

Comme beaucoup de problèmes de ce genre, il me semble qu'un des souci principal est tout ce qui n'a pas été dit. Tout ce qui fait le problème en pratique, qui est ignoré dans le cadre tellement théorique qu'il est impossible.

Ainsi, si le super vilain à attendu de connaître l'opinion des gens, et qu'il a décidé de mettre, sur la voie principale, que des gens préférant qu'on ne change pas le train de voie. Et sur la voie secondaire quelqu'un préférant qu'on change le train de voie, alors je serai sur la voie secondaire, et m'écouter me tuerait alors que je survivrai si on écoutait la majorité. En écrivant la phrase précédente, je remarque qu'il y a un côté assez paradoxale. Mais ce qui m'intéresse à la base, c'est que sous cette hypothèse, on détruit l'hypothèse 20/80 %. Et c'est un peu ce qui me fait peur en écrivant ce billet, que ça serve d'argument pour sacrifier ce qui tiennent le même propos que moi, plutôt que d'en sacrifier d'autres. Dans un cas où je n'ai rien dit, puisqu'ici, l'hypothèse implicite «on est placé au hasard» ne tient plus.

Un autre préalable que j'ai ignoré est: qui sont les autres personnes attachées ? Si le train me tue, alors que les 4 autres sont pire qu'Hitler, ça m'ennuierait un peu. Enfin non, puisque je serai mort. Mais disons que, théoriquement, si on mettait Hitler et quelques autres tyransd en face, je préfèrerai quand même avoir la vie sauve. Je suis contre la peine de mort, sans exception, et plutôt pour le droit à un procès équitable, toujours sans exception. Mais ici, ce n'est pas la question qui m'intéresse. Dans ce cas là, j'ignore encore quel serait la réponse que je préfère. Je n'ai aucune envie que ma vie soit sacrifié pour sauver des tyrans. Mais je n'ai pas non plus envie d'être le genre de personne qui considère que sa vie vaut mieux que celle de 4 autres personnes, a fortiori que ça peut se décider en quelques secondes.

Le dernier préalable qui a été ignoré, c'est comment on en est arrivé là. C'est quand même pas anodin comme question. Surtout si on veut éviter que ça se reproduise. L'hypothèse d'un super vilain est assez fantaisiste. Par contre, il semble que des problèmes de ce genre arrivent, pour de vrai, dans des cas techniques où des décisions doivent être prises rapidement. La question peut alors se poser entre un piéton et une voiture remplie de passager. Ou bien 4 piétons et une voiture avec une seule personne. Ou bien des employé à un poste solitaire VS des employés à des postes où ils sont en groupes, etc...

Pour être encore plus cynique, 4 personnes ayant le pouvoir face à une personne n'en ayant pas. Alors ma demande d'action ne pousse pas ces 4 personnes à éviter la reproduction de l'incident, puisque chaque fois elles sont sauves. Et que chaque fois, une unique personne est tée, même si à long terme, ça aurait été moins mortel de les forcer à changer les conditions qui créent ce dilemne. Dans ce cas, encore une fois, je ne demande plus nécessairement que la personne effectue une action pour changer la voie.

Conclusion

Bref, tout ça pour dire, je prend un engagement très fort, pour des conditions tellement fortes que je n'envisage pas qu'elles se produissent. N'empêche, avant d'écrire un billet sur Atlas Shrugged (Spoiler alert), je sentais que je devais expliquer pourquoi je n'aurai pas prêté le serment “I swear, by my life and my love of it, that I will never live for the sake of another man, nor ask another man to live for mine.” Ou alors je l'aurai prêté de façon cynique, non par choix, mais parce que, même si ce serment me semble néfaste à long terme, il m'aurait permis une survie à court terme.

dimanche 11 février 2018

Quitter un groupe, selon le réseau social utilisé

Parmi les quelques modes de communications que je connais, twitter a une particularité assez étranges. Il est particulièrement difficile de s'éloigner d'un groupe.

AFK

Le premier mode de communication est celui AFK. Avec des gens qu'on voit physiquement. À part mes grands-parents, il n'y a personne avec qui c'est le canal privilégié. C'est aussi celui qu'il est le plus jouissif de quitter. Ne jamais retourné au lycée - sauf pour voter, c'est cool.

Quitter un lieu qui a eu de l'importance pour moi, c'est un peu étrange. Souvent, ça me met un moment avant d'avoir envie de revenir devant l'adresse exacte où a eu lieu ce qui était important. Comme ça, pour voir si je croise quelqu'un par hasard. C'est assez libérateur quand ce sentiment disparait. Sauf que justement, s'il disparait, je ne réalise pas qu'il disparait. D'autant que, souvent, c'est parce que ce lieu devient attaché à autre chose. Par exemple, j'ai eu une petite peine de cœur à Chatelet. À une époque où je sortais peu. Depuis que j'ai fait mes études au centre de Paris, forcément, chatelêt à été détaché de tout attachement émotionnel, c'est juste devenu un point quotidien.

Le seul problème de l'AFK, c'est que parfois, on croise effectivement des gens par hasard. Ainsi, j'ai été prendre un déjeuner dans un commerce aléatoire qui servait un plat végétarien. Puis je découvre que j'avais connu, autre fois, la personne qui me sert. Qu'il fait parti d'un groupe que j'avais laissé derrière moi. Poli, il demande comment je vas, mais s'excuse de pas avoir le temps de discuter, puisqu'il y a beaucoup de clients. Ce qui me fait bizarre, vu que je venais pour me substanter, et pas spécialement pour parler. Donc il s'excuse d'un truc que je cherchais même pas à la base. Il avait mon numéro de téléphone, s'il avait un truc qu'il devait me dire, il pouvait toujours au pire. À la limite, j'ai bien songé à partir, si ça avait simplifié les choses. Sauf que ça aurait été étrange aussi d'entrer, puis partir sans rien prendre.

Bref, le problème de l'AFK, c'est que, dans les situations non voulues, c'est encore plus difficile de s'ignorer.

Discussions

Les premiers modes de communications en ligne auxquels je peux penser sont MSN, AIM, Skype. C'est majoritairement des conversations privés, donc j'ignorerai ce cas ici, puisque je parlais de groupe.

Ensuite, il y a les chats, que ça soit IRC, slacks, ou des conversations groupées. Et les mailings listes. Là, il y a rarement des traces, et même si quelqu'un conserve les logs, c'est pas en ligne. Dans les deux exemples ci-dessous, si je m'en vais, je quitte un groupe, et hop. Ou alors une personne décide de venir me contacter en privée pour une raison précise. En tout cas, ce groupe ne me revient pas par hasard dessus.

Forum

Concernant les conversations publics, il y a les forums. La majorité de ceux que j'ai connus ont fermés. Et en tout cas, si je quittais un forum, j'en rentendai rarement parlé. Ou alors d'un membre, à la limite, que je recroisai ailleurs, s'il avait pas changé de pseudo.

Facebook

Facebook est différent. Ici, les amitiés sont de pairs à pairs mais les conversations sont groupée. Chaque membre de différents groupes que je fréquente, je peux choisir de les ajouter ou retirer séparémment. Mais les gens peuvent se répondre les uns-les autres. Régulièrement, je fais la liste des «amis» facebook et j'en retire un paquet. Il y a eu les gens qui m'ont rajoutés à cause d'ONDAR. Il y a eu les intervenants en milieu scolaire, que je retire dès qu'ils arrêtent d'intervenir. Il y a des humoristes que j'apprécie moyennement ou peu, croisé sur des scènes ouvertes, certains devenus célèbres depuis. Ensuite, il y a eu les gens du café poly. Il y a eu les créateurs de sagas mp3, que j'avais ajouté en masse. J'aurai bien retiré les camarades de lycées, mais je les ai jamais rajouté de base. Bien sûr, dans chaque cas, il y a des exceptions, j'ai gardé quelques gens que j'apprécie vraiment parmi les intervenants, des gens qui m'ont connu à ondar et avec qui j'ai eu des discussions intéressantes. Des gens du café poly qui appartiennent à un milieu dont je n'ai pas cherché à me séparer. Dans tous les cas, facebook ne me rapporte plus de nouvelles de ces gens, ne me proposent pas de les rajouter de nouveau comme ami. Bref, la séparation a effectivement lieu.

Ça a un côté étrange, puisque c'est le seul endroit où partir est effectivement une action. Alors qu'un lieu, on arrête simplement d'y revenir. Une personne, on ne lui envoie plus de texto. Donc pour certaines personnes, j'ai en tête ce que arrêter une intéraction signifie. Par exemple, j'avais donnés mes cheveux longs à quelqu'un pour qu'elle s'en serve comme accessoire. Je ne verrai peut-être jamais ce que mes cheveux sont devenus, ou même si elle a réussi à les utiliser. Mais ça vaut pas forcément le coup de rester dans un milieu pour lequel j'ai perdu mon intérêt juste pour ça.

Un côté paradoxale, quand je retire des gens, c'est qu'il est parfois plus simple de retirer de sa liste d'«ami» les gens que je connais. Il y a des gens, je ne sais plus qui ils sont, donc ça me prend du temps de relire les conversation, regarder le profil, pour essayer de deviner. C'est le cas, en particulier, d'amis qui ont acquis une notoriété, et qui ont passé leurs profils en privée afin de ne pas être ajouté par tous leurs fans. C'est aussi le cas d'ami-e-s qui out changés de prénom depuis que je les ai connus. Ou qui ont quitté leurs pseudo pour mettre leurs noms.

Twitter

La différence de twitter, par rapport au reste, c'est l'asymétrie. Ainsi, il arrive que des gens que je ne suis plus me suivent. Je ne bloque pas des gens quand j'arrête de les suivre, il serait paradoxale que n'importe qui puisse lire ce que j'écris sauf des gens que je connais. À la limite, je trouve même intéressant de me dire en toute connaissance de cause que ce que j'écris, je dois être prêt à ce que parent et/ou directeur de post-doc le voit s'ils décidaient de venir lire twitter/le blog. Je ne masque même pas les gens dont je m'éloigne. Après tout si cette personne souhaite me contacter, je ne veux pas l'en empêcher[1]. Et si la personne pense m'envoyer un message et ignore qu'elle est masquée, ça me semble assez ennuyeux. Puisque la personne pensera m'avoir contacté, ignorant que ce n'est pas le cas. Donc je trouve que ça serait presque mentir de faire ça. Or je pars indiférrent, mais pas faché.

L'asymétrie donc je parle plus haut à une conséquence qui m'étonne un peu. C'est que je revois régulièrement des milieu dont je me suis éloignés. Parce que ces personnes likent, ou plus rarement répondent et/ou retweetent.

Et puis, il y a des gens que je suis parce que j'apprécie leurs tweets sur la science, mais qui, en plus d'être scientifiques, sont aussi engagés dans des questions qui m'avaient intéressé autrefois. Donc qui partagent les tweets de gens que j'ai arrêté de suivre, que je retrouve donc dans mon flux twitter par des biais détournés.

Note

[1] En effet, je souhaite juste m'éloigner, pas ignorer. Ce n'est pas parce que je n'ai pas envie de moins intéragir avec quelqu'un que je serai contre le fait que la personne me rende les livre que je lui ai prêté. Je suis, aujourd'hui, incapable de compter le nombre de gens qui doivent me rendre un livre. Je peux au moins dire que je possède des livres dans au moins 5 villes différentes. Je pense aussi à une fois où quelqu'un m'a demandé si j'ai des nouvelles d'une tierce personne qui a disparu depuis des jours.

lundi 4 mai 2015

Pardon

Après le «merci», les «pardons».

C'est marrant... OK pas marrant, je devrai vraiment arrêter de l'utiliser, ça me cause des problèmes. Pour moi, «marrant» est synonyme d'intéressant. Par exemple, je dis que «ce qui est marrant avec les maths», alors que les maths me passionnent mais me font pas rire... Bon, sauf Blagues mathématiques et autres curiosités, encore que la blague dont le ressort est sexiste, ou celle dont le ressort est l'insulte «pédé», je m'en serai bien passée.

C'est intéressant, autant j'aime pas entendre «merci», autant je suis impressionné quand on me dit «pardon», ou «excuse-moi». Bon, sauf si c'est «excusez-moi, je voudrai passer». Peut-être trop impressionné, si mon co-auteur avait pas pris du temps pour s'excuser en 2013, j'aurai jamais perdu un an et demi à accepter de retenter de bosser avec lui.

Et pourtant, c'est dur à dire «pardon». Et parfois, je dois le dire, vu que je suis pas un être parfait,


Je remarque quelques points communs dans toutes mes excuses:

  • Je les fait à l'écrit. J'ai récemment vu quelqu'un auprès de qui je voulais m'excuser. J'ai rien dit. Bon, faut dire qu'au lieu de me dire bonjour, quand la personne m'a vu, elle a quitté la pièce. Et la fois d'avant, y avait pleins de gens autour de nous, et j'avais pas moyen de prendre la personne à l'écart... Bref. L'avantage, c'est que ça évite de sortir des bêtises en parlant, à l'écrit on peut se relire et on dit moins de bêtise... Ou pas:
  • J'ai envie de rejeter la faute. C'est systématique. Tu m'as mal compris. J'écris toujours ça dans mon email. Puis je le supprime de l'email. Mais sérieusement, la personne a des supposition sur ce que j'ai voulu dire/faire, et même que ces suppositions sont insultantes pour moi. Et puis, cette personne a fait quelque chose qui a causé ce truc qui l'a vexé/insulté/lui a fait peur, c'est sa faute aussi. Puis je re-supprime tout ça de l'email.
  • J'ai une question pour la personne. Ça permet de justifier l'email. Je n'écris pas que pour m'excuser, je suis au dessus de ça, l'avis des gens, je m'en fiche, si on est à ce point là, c'est que de toute façon, c'est pas mon ami-e, je n'ai pas envie de faire perdre encore plus de temps à la personne, surtout si elle me trouve désagréable, et lire une lettre d'excuse lui prendrait du temps. À chaque fois, la lettre va à quelqu'un que je fréquente régulièrement, et que pour diverses raison, je ne peux pas ne pas fréquenter[1], donc la question naturelle est:
    • Comment faire pour que ça aille mieux et ne se reproduise pas. Avoir des détails sur ce qui est gênant, pour comprendre ce qui doit changer.
    • Mais ça peut aussi être de savoir si ça le dérange que je fasse un truc qui le concerne. Parce que, même si j'évite la personne qui m'apprécie pas, avec des connaissance en commun, un intérêt commun dans un domaine qui ne comportes pas des millions de gens actifs, on finit par se recroiser.
  • Je relis l'email. Énormément de fois. Même mes messages pour candidater à Normal Sup ou au doctorats ont pas été autant relu. Certes, ces messages sont plus factuels, un CV, tu peux pas trop inventer ce que tu mets dessus. Alors qu'une lettre d'excuse, faut réfléchir à ce qui est vraiment pertinent. D'ailleurs:
  • C'est probablement parmi les rares emails où je mets moins que ce que je voudrai mettre. Je suis TRÈS bavard[2]. J'ai tendance à faire des emails longs, à mettre tout ce que je veux dire dedans, voir à faire des listes. En théorie, c'est plus simple comme ça, pour mon interlocuteur, comme ça il n'oublie rien de mes demandes et peut vérifier qu'il a répondu à tout. Comme ma lettre d'excuse est une question par contre, je suis un peu forcé par cohérence de ne mettre que ce qui correspond à la question, pour ne pas faire perdre de temps à l'interlocuteur.


Ceci dit, j'ai découvert récemment un truc encore plus marrant[3]: les excuses anonymes. C'est à dire que deux personnes A et B me disent qu'il y a des personnes que j'ai vexé, qui ont trouvé que j'étais hautain avec elles. Que je leurs coupais la parole... Entre autre.

Ce qui est totalement possible. Déjà parce que j'ai l'habitude quand quelqu'un cherche ses mots, de lui proposer des mots, voir de compléter la phrase à sa place. Parfois à tort. Aussi parce que j'ai parfois tendance à être franc, à vouloir qu'on me dise en face ce qui va pas, et que je fais de même. Que quand on me demande une critique sur une œuvre ou un retour sur une activité, je fais une critique complète, que j'essaye constructive, avec entre autre tous les points négatifs, et pas seulement les positifs[4]. Parce que, quand je demande des retours, j'aimerai vraiment les avoir[5].

Je sais pas trop ce que mes amis pensent de moi, mais, j'ai cru comprendre que je suis bizarre même pour ceux qui sont eux-même geek/bizarre. Et ça me va très bien. Je suis parfaitement au courant qu'on peut aussi ne pas m'apprécier à cause de ça, et ça m'est égal. Les gens dont je parle là, ceux auprès de qui je m'excuse, je ne cherche pas/plus à être ami avec eux. Juste à ce que tout se passe cordialement quand les événement nous forcent à interagir ensemble, histoire d'avoir le moins de souci possible pour la suite.

Pour revenir à ce que je disais plus haut, deux personnes m'ont signalé des problèmes avec d'autres personnes. Et je suis TRÈS reconnaissant à ces personnes de me l'avoir dit. Sincèrement. Mais y a un truc marrant[6], c'est que:

  • Vu que l'information me parvient indirectement, je sais même pas exactement ce qu'il faut faire pour s'améliorer. La répétition déforme le propos original, et A et B me disent pas exactement la même chose, la vision qu'ils ont de moi influencent probablement leur propos.
  • Comme je sais pas qui est concerné par ce souci, la lettre d'excuses, je ne sais pas à qui l'envoyer. Ou plutôt, ben... elle est envoyé à pleins de gens. Pleins de gens potentiellement concernés. Qui sauront donc tous qu'il y a eu un problème- ce qui est pas bien grave vu que je prétend pas être parfait- mais qui a le risque d'encore plus détruire l'ambiance du groupe.
  • Et comme je sais pas qui est concerné, je sais pas qui éviter, ou à qui je peux encore demander des -échanges de- service. Vu que si ça se trouve, la personne avec qui je pensais m'entendre super bien, elle fait parti de ceux qui m'apprécient pas, mais qui osent pas me le dire en face car je suis trop hautain, ou car elle estime que c'est pas de son devoir de me faire m'améliorer, ou pour un tas d'autres raison.


Et puis, il reste un dernier truc marrant. Attendre la réponse. 48 heures de stress à chaque fois que Thunderbird annonce un nouvel email. La peur d'encore plus se faire enfoncer, d'apprendre que j'étais encore pire que ce que pensais.

Réponses qui parfois vient pas. Ou parfois super rapidement. Et qui de mon point de vue est toujours incomplet. À côté de la plaque. Mention spéciale à quelqu'un à qui je proposais de ne pas me rendre à un événement qui nous intéresse tous les deux, au cas où ça le mettrait trop mal à l'aise... Et où il me répond qu'il a pas le pouvoir de m'interdire de m'y rendre[7].


Et mes excuses si vous trouvez que vous avez perdu du temps à lire un billet pas intéressant.

Notes

[1] L'exception étant une lettre à M. Benguigui, qui avait très mal pris le sketch où je le tuais. Je ne sais pas s'il a reçu la lettre, si la responsable des humoristes lui a transmis. En tout cas, je n'ai eu aucune réponse.

[2] Je dis ça, car je vois pas comment vous auriez pu le remarquer sur ce blog :p.

[3] qu'est-ce que je disais...

[4] La question étant: pourquoi est-ce qu'on me demande ça, pour ne pas en tenir compte quand l'œuvre est rendue publique. Pourquoi quand je dis que j'ai pas compris un passage, l'auteur au lieu de rajouter des explication m'explique à moi ce qu'il signifie ? Viendra t-il l'expliquer à chacun de ses lecteurs ?

[5] Pas en sortant de scène, un peu plus tard, sinon je suis pas capable de les encaisser.

[6] Encore ?

[7] Je sais très bien qu'il peut pas. Et même s'il pouvait, les gens se poseraient des questions et il aurait pas forcément envie de répondre. C'est bien pour ça que je lui propose de moi-même de pas y aller.

mercredi 22 avril 2015

Merci

Un des mots qui m'effraye le plus ces derniers temps, c'est «merci».

Pas pour:
«Tu peux me passer le sel, s'il te plait ?
-Voilà
-Merci.»

Parce que je vis seul, et partant de là, il faut toujours tout faire ici.

Encore moins un merci d'un combat de chevalier, je ne suis pas assez investi dans mes cours d'escrime ancienne pour en avoir eu besoin.

C'est plutôt des mercis réflexes et contradictoire du style:
«Tiens, je te rend ton livre.
-Merci.
-Pourquoi tu me remercies ? C'est moi qui te remercie pour m'avoir prêté quelque chose pendant un certains temps.»


Je remarque que je suis souvent remercié pour des choses pour lesquels je ne devrai pas l'être. Parce que souvent, j'ai eu l'impression que ça impliquait que ce pour quoi on me remerciait n'avait pas toujours été obtenu.

Ainsi, je connais une personne gender-fluid, avec qui je suis ami, qui souhaite ne pas être genré. C'est à dire que quand on lui parle, rien n'indique ni masculin ni féminin. Il parait qu'on s'habitue à l'oral, qu'au bout d'un moment on n'y pense plus. Mais pour l'instant, vérifier que les e des adjectifs ne s'entendent pas au féminin, donc que la prononciation de l'adjectif est neutre, c'est dur.

Ceci dit, nous sommes amis[1], donc ça me semble naturel pour son amitié d'acceder à son désir. Je pourrais certes dire que c'est trop complexe, que c'est n'importe quoi, mais quel ami serai-je ? Donc je trouve inquiétant que cette personne[2] me remercie[3]. Mais je suis remercié et tout d'un coup je réalise que c'est aussi parce que peu de personne font cet effort. Je sais bien, je connais suffisament le monde pour savoir que la plupart des gens en ont rien à faire, vont dire que c'est une excentricité, que c'est n'importe quoi. Voir vont entendre la demande et l'oublier, ne la prenant pas au sérieux ou ne se reconnaissant pas la personne à leurs prochaines rencontre. Ou encore un prof considérera que ça ne le regarde pas et gardera le genre et nom marqué sur la liste des étudiants.

Et tout d'un coup, je réalise que le merci, par contraste, montre quelque chose d'extrémement négatif, et qui m'attriste pour l'être à qui je parle.


Un autre exemple. Hier soir, je discutais avec quelques personnes, dont un chanteur et une spectratrice. Une chanson, par ailleurs fort drôle, parlait de régime. Proposant une solution fort simple pour manger deux kilos de viande sans prendre un gramme: Il suffit d'se manger un bras. Il avait regardé cette spectatrice en disant ça.

Au bar, la spectatrice, lui demande pourquoi il la regardait en disant ça. J'étais assis à 2 places d'elle, et je me permet de faire remarque que si quelqu'un avait besoin de régime, c'était moi bien avant elle.

Il explique que c'est les femmes qui parlent sans arrêt de faire un régime. Que le régime est un problème de femme. Je répond ce que tout bon-ne féministe - ce que je suis pas - aurait répondu. Que ça serait plutôt un problème de partiarchie, qu'on arrête pas de juger les femmes sur leur physique, le leur rappeler. Ce sûr quoi, simultanément, elle me dit merci, et il me dit que je parle de la cause, lui juste du fait[4].

Et ce merci m'inquiète. Déjà, car en fait, elle me remercie pour quelque chose que je ne fais pas pour elle. Pas spécialement pour elle en tout cas. C'est un réflexe d'intervenant contre le sexisme qui revient naturellement. D'ailleurs, si ça la concerne et qu'elle est d'accord, elle aurait pu le dire et je parle à sa place sur un sujet qui la concerne. Et puis vu la manière dont elle remerciait, elle semblait soulager, je suppose que c'est quelque chose qui arrive régulièrement. Et ce «merci» m'inquiète.


Un dernier exemple, restons sur les interventions. Il m'arrive de me faire remercier pour les faires et pour en parler. Ainsi, à force d'en parler, je sais qu'une fille à rejoint SOS Homophobie pour en faire, un prof en a entendu parler grâce à moi et m'a demandé comment en faire faire, et j'espère que ça a pu être fait. Et de manière plus général, des gens me remercient car c'est intéressant. Ça me va très bien, c'est pour ça que j'en parle[5].

De même, souvent, prof, infirmière, cpe, nous remercient d'être venus. Parfois les élèves aussi. Le plus valorisant étant quand un élève qui a été en désaccord avec moi tout le long de la séance vient nous dire bravo d'avoir le courage de faire ce qu'on fait. Et nous remercier. Je suppose que c'est un merci d'avoir écouté sans juger, d'avoir tenu compte de ses arguments et répondu en expliquant et sans argument d'autorité. En acceptant aussi de ne pas être d'accord et d'admettre qu'il reste libre de penser ce qu'il veut, même si ça nous semble faux. Je suppose, car sinon, je vois pas trop de quoi il remercie.

Mais parfois notre responsable, ou des élus de l'associations, me remercient. En particulier, j'ai la chance d'avoir un emploi du temps assez flexible, de pouvoir être libre assez facilement en dehors de mes heures de cours. Donc j'ai souvent pu dépanner des jours où sinon il n'y avait personne, ou alors ou il n'y avait qu'un seul autre intervenant. Il se trouve en plus que j'intervient beaucoup. Donc j'ai pu être remercié par ces personnes pour avoir dépanner, pour faire tant pour eux...

Et ça fait trois ans que ça me met mal à l'aise. Parce que justement, je ne le fais pas pour eux. Malgré toute l'amitié et la sympathie que je porte à nos responsables successifs, je ne suis jamais intervenu pour eux. J'interviens pour les élèves. Je veux qu'ils aient les IMS, par moi ou par d'autres, l'important c'est que ce sujet ait été abordé. Donc il n'y a absolument aucune raison que ces gens là me remercient. Et même si c'est sûrement poli, pour moi, leurs merci traduit une pensée qui est loin de la mienne et qui me gène.

Je m'explique: Si j'ai apporté des cookie ou une quiche aux formations entre intervenants, c'est pour eux, là le merci me va très bien. Mais si je fais des IMS, et qu'ils me disent merci, ça sous-entend que je fais ça pour eux. Que je leur rend un service. Que j'avais fait un effort pour leur faire plaisir, pour les aider. Et je trouve que c'est totalement injustifié, c'est un compliment non mérité. Voir que je leur rend un service. Et ça me ferait peur qu'on pense qu'on me doive un service, ou un traitement particulier car j'ai fait tant, ou car j'ai pu être libre au bon moment. Parce que j'ai peur que ça puisse fausser les rapports et la perception de l'autre.


Merci de m'avoir lu.

Notes

[1] Et là je suis content que le masculin l'emporte, donc cet adjectif indique mon genre à moi

[2] Je triche avec le mot «personne». Dans la vraie vie je triche aussi en utilisant son nom, mais je n'aime pas mettre de nom sur ce blog.

[3] Ou plutôt me remercie d'essayer, parce que parfois je fais des gaffes: J'ai par exemple dit «tu est plus grand/e que moi». Alors que j'aurai pu dire que sa taille est plus grande, que sa tête arrive plus haute, etc...

[4] Et là je manque de réparti pour signaler que pourtant, il est lui même en partie la cause, avec son comportement. Aussi bonne soit ses chansons par ailleurs, et j'admire vraiment ce chanteur.

[5] Même si c'est vexant d'entendre que c'est le truc le plus intéressant que j'ai écrit de la part d'un ami qui a lu ma pièce de théâtre et vu mon one-man.

jeudi 19 février 2015

Physionomiste

Je ne suis pas physionomiste. J'ai pas grand chose à dire sur le sujet, mais je me suis rendu compte que j'en entend pas souvent parler, à part dans le cas de maladie spectaculaire. Donc une petite question au début suivi de témoignages.

J'aimerai savoir, les gens qui disent «mais fait un effort», c'est quoi l'effort qu'on peut faire pour se souvenir d'un visage ? Certes, on peut faire l'effort explicite de se souvenir «il est blond», «elle a un grain de beauté près de l'oreille gauche». Mais c'est complexe, et pas aisé de se souvenir de tant de détails. Et si ça marche pour apprendre une personne à la fois, comment faire pour un groupe.

De ma scolarité, je n'ai jamais connu le nom de tout mes camarades de classes, et ce n'est pas (que) de l'indifférence. Autant j'étais assez solitaire jusqu'au lycée, autant à normal sup, je trouvais les gens sympathiques, mais rien que sur les math-infos de ma promo/de celle d'après (j'en ai fréquenté deux pour diverses raisons), il y avait trop de monde pour que je réussisse à me souvenirs de ceux que je croise fréquemment.

Pire, parmi les indices pour se souvenir de quelqu'un il y a le lieu. Ainsi j'ai un plus petit ensemble de nom dans lequel cherché si je suis au laboratoire. Mais quand j'ai croisé une chercheuse dans une salle de théâtre, j'ai fait semblant - par politesse- de voir qui c'était, j'ai dit bonjour et tout, mais je cherchais son nom parmi les humoristes/fan d'humours que je connais, et forcément, je n'ai jamais trouvé avant d'avouer que je ne la replaçais pas.

Ça a l'air de rien, mais en lisant un roman, j'ai réalisé que ça a un petit côté triste de ne pas être capable de se représenter le visage de ses parents dans sa tête. Heureusement, je reconnais mes parents quand je les vois, mais je serai bien incapable de les décrire. À part sur des points précis, par exemple, je pourrais vous dire qu'ils sont légèrement plus petit que moi, car je me souviens, ado, avoir été choqué la 1ère fois que ma mère m'a demandé de lui prendre quelque chose haut dans un placard. Mais la couleur des yeux, je n'ai aucun souvenir lié à ça et n'ait aucune idée de ce que ça peut être.

Un exemple de conséquence étrange, je lisais un article qui parlait de racisme et qui expliquait que si dans un groupe de gens, il n'y en avait que de la même couleur, c'est signe qu'il y a/a eu un problème quelque part. Je me posais alors la question par rapport à un groupe donné, et me disait, «ah oui, il y a un problème.» Sauf qu'en faisans le tour des membres un par un et regardant les photos, je me suis rendu compte qu'il y avait deux personne noire et un asiatique. Mais avec juste la liste des noms, ça m'était sorti de la tête.

Le plus étrange est peut-être que je vois des ressemblances entre des gens qui pour beaucoup de gens ne se ressemblent pas. Donc il m'arrive de reprendre avec quelqu'un une conversation commencé avec un autre, j'ai un exemple en particulier avec une administration où ça m'a posé problème et j'ai mis des semaines à le comprendre, car je parlais alternativement avec 2 responsables différents en croyant systématiquement parlé à la même personne.

Pour un autre exemple, il m'est déjà arrivé de féliciter à la sortie d'un one-woman-show une spectatrice qui ressemblait à l'humoriste. Ou plutôt qui, du point de vue de ma mémoire, lui ressemblait. Sauf qu'en fait non, mais comme cette spectatrice ce soir là est aussi actrice et que je les ai découverte dans la même scène ouvert, mon cerveau a mélangé les deux. En fait, ça m'est meme arrivé plusieurs fois d’appeler un humoriste par le nom d'un autre humoriste. Et forcément, quand j'ai confondu deux humoristes noirs, je me suis fait traité de raciste. Ce qui est assez triste, mais je vois pas comment démentir. Et pourtant c'est vrai que j'ai jamais confondu deux humoristes de couleur de peau différentes.

lundi 26 janvier 2015

J'ai changé. Hélas.

Je ne supporte que difficilement qu'on me signale que j'ai changé. Que j'ai vraiment changé. Dire que j'ai changé de longueur de cheveux, c'est une platitude vu que je ne les ai pas coupé depuis 2011, pour moi ce n'est pas vraiment un changement. Dire que j'ai changé professionnellement, c'est certain, je ne suis plus étudiant mais doctorant, j'enseigne, je fais de la recherche, j'ai un bureau, un salaire, mais tout ça, c'était «prévu», c'est dans le cours normal des choses, la raison des études. D'ailleurs, ça, c'est pas «changer», c'est «progresser», de même que je progresse en cirque ou en musique en pratiquant.

Mais intellectuellement. J'ai du mal à supporter qu'on me signale que j'ai changé. Et pourtant, j'ai beaucoup changé depuis... Depuis longtemps. Par exemple, sur le physique, je ne comprenais pas ceux qui y faisaient attention, jugeant superficiel et ridicule d'y mettre temps et argent. Eh bien, les cheveux long, ça prend du temps, ça coûte plus cher en shampoing, après-shampoing... Et n'étant ni Samson ni Dixie Kong, ça n'a pas vraiment d'avantage. Donc en fait, les cheveux traduisent un vrai changement, puisque si je fais cet effort, c'est que j'y trouve un avantage. Je suppose.

Je vais prendre d'autres exemples, j'ai trouvé ridicule l'idée de faire un débat sur le mariage pour tous avec que des gens pour, ce qui a été fait par l'association homo de l'ens. À une époque je n'aimais pas le stand-up, partageant l'avis commun «Ils racontent leurs vies, qu'est-ce que j'en ai à faire de leur vie, je veux des histoires, des gags, de l'imaginaire, voir de l'artistique !».

Finalement, j'ai compris où j'avais tort, ou au moins une partie de mon erreur. Je trouvais qu'une bonne journée, c'était une où je n'avais pas besoin de sortir de chez moi, aujourd'hui, je me suis habillé alors que j'étais pas forcé, juste pour aller voir le nouveau one-man d'Alex Ramires[1].

Un dernier exemple, me pourquoi j'arrête d'aller dans un endroit. Si j'arrête d'aller à un endroit, c'est sûrement que j'ai finit par réaliser qu'il n'était pas pour moi, que je n'y avait pas ma place et que j'y ai perdu mon temps.


Eh bien, tout ça me fait me rendre compte qu'avant, j'avais tort. En tout cas que je ne suis plus d'accord avec celui que j'étais. Et comme je crois fondamentalement à l'unicité de la personne, je ne peux pas dire «c'était le moi d'avant qui avait tort», donc j'ai honte. J'ai vraiment honte. Qui pis est, je me sens parfois forcé de m'excuser, de justifier ce que je faisais/pensait avant, reconnaissant par là-même que j'ai été bête.

Qui pis est, si j'ai eu tort quand j'étais si sur de moi, peut-être, envisageons le, que aujourd'hui aussi, j'ai tort, sur des points que je ne soupçonnais même pas ! Et ça fait peur.


Pour résumer, et même si c'est ridicule car c'est le contraire de l'effet voulu: me dire «tu as changé», paradoxalement, même si c'est pour dire «tu as changé en bien», c'est le risque de me donner un sentiment de honte.

Note

[1] Que je conseille toujours, j'adore le côté grand enfant de cet humoriste !

vendredi 31 octobre 2014

Ne pas être invité à un mariage.

J’écrivais récemment «Après tout on m'a appris récemment que certains se vexent de n'être pas invités à un mariage. »

Un autre ami (j'en ai plusieurs) m'a dit que je faisais l'extraterrestre. Que c'est à peu près évident, usuel. Donc, voilà mon point de vue sur le sujet, et tant mieux s'il est inhabituel, il m'en semble plus intéressant. (D'ailleurs, faudra que je dise pourquoi ce blog)

Voilà, un ami va se marier. J'en suis ravi pour lui, ça lui fait plaisir, ça fiancée est très sympa aussi, je leur souhaite d'être heureux. Je me pose pas plus de question que ça, c'est certainement important pour eux, mais je demande pas ce que ça va changer à leur vie, quel est le contenu du contrat de mariage, si c'est juste pour la forme, car la famille le demande, ou si c'est pour une raison administrative, ça ne me regarde pas, sauf s'ils décident de me le dire. Mais ça fait plaisir qu'ils soient content.

Maintenant, il y a une cérémonie de mariage, et une fête après. Eh bien, honnêtement, je ne comprend pas pourquoi je serai vexé de ne pas y être invité. La fête, c'est quelques dizaines d'euros par personnes au minimum, c'est une salle de taille limité, c'est aussi des gens à gérer pour faire le covoiturage entre la mairie et la fête, entre Paris et la fête, c'est un gros boulot.

J'ai dit que c'était un ami, pas «Mon meilleure ami jusqu'à la fin de ma vie», «un de mes amoureux», ou «mon frère». C'est donc quelqu'un avec qui j'ai des activités plus ou moins régulières, que j'ai vu à des petites fêtes sans prétention comme un anniversaire ou juste un week end entre ami. Mais souvent, c'est juste qu'on est là, au même endroit, pas loin, on en profite. Si l'un part, on restera probablement en contact, via facebook par exemple, on se verra de temps en temps quand on sera dans la même ville, c'est pas vraiment grave.

Des amis, j'en ai plusieurs (cf le début du message), lui aussi. Je ne suis pas «moins» son ami si je ne suis pas invité, ça ne change pas. Simplement, ça signifie qu'il a N personnes plus proches que moi, qu'il apprécie encore plus que moi. Ben c'est une excellente nouvelle, que cet ami ait des proches. Ici N est le nombre d'invités possible, c'est pas comme si on pouvait facilement faire varier N. Donc je sais très bien qu'il ne peut pas inviter tout le monde. Mais en plus, il veut et doit inviter des gens qu'il voit plus rarement. Des proches qui viennent de l'étranger pour l'occasion par exemple, ou des personnes âges qui peuvent plus difficilement se déplacer et qui tiennent à être là et font un effort pour. Ça n'a donc rien de choquant de pas être invité à cet événement en particulier s'il estime ne pas pouvoir le faire.

En fait, je trouve la réciproque encore plus absurde. Dire «Je suis déçu que tu ne m'aies pas mis dans tes N invités» ça implique «Je suis déçu qu'il y ait N personnes que tu apprécies tellement que tu les apprécies plus que moi.». Et c'est étrange de souhaiter à un ami d'être pas trop bien entouré.


Je rajouterai même que, je sais être parfois «spécial», d'ailleurs je parlais plus haut d’extraterrestre. Ça peut donc légitimement gêner de me présenter à d'autres. Il a le droit d'avoir de la famille qui apprécierait pas tel ou tel trait de ma personnalité qu'il m'arrive de mettre en avant, d'avoirs d'autres amis qui ont des opinions totalement incompatible. Alors il faut choisir, et en tant qu'ami, ça serait bizarre de me demander de changer, de faire semblant, donc ne pas m'inviter à cet événement serait probablement plus poli.

Après tout, ce n'est pas comme si on arrêtait de se voir totalement. Qu'il me disait, je veux plus jamais te parler ni entendre parler de toi. Là je serai déçu, surpris, gêné. J'aimerai bien comprendre, sauf si on me dit qu'on ne veut pas m'en parler[1], et surtout je serai sûrement un peu gêné en revoyant cette personne, tout en l'ignorant.

Mais ne pas être invité une fois, ça n'en est quand même pas là.

Je conclurai cependant en étant plus «humain». Je suis conscient qu'il es absurde d'appliquer un raisonnement logique comme la contraposée à un sentiment humain. Je ne dis pas qu'il faut raisonner comme moi, qu'il est inutile ou absurde d’être vexé. Juste, je ne comprend pas.

Je finirai par une question que j'aime peu. Ne serait-il pas plus cohérent d'inviter quelqu'un qui se vexerait de ne pas y être plutôt que moi. Ça ferait une personne de vexé en moins au total. Donc, ne pas le faire, c'est à dire tenir à ce que moi je vienne quitte à en vexer un autre, je reconnais quand même trouver ça flatteur.

Note

[1] C'est arrivé récemment aussi

vendredi 17 octobre 2014

Vol

J'ai un peu de magie dans mon one. Rien d'extraordinaire, mais c'est intéressant car on ne s'y attend pas. Je reste amateur. Et comme c'est pas un spectacle de magie, le détournement d'attention nécessaire reste minime.

Cette intro car j'ai vu un très beau détournement d'attention il y a 2 heures environ. Le nez dans mon portable, à relire les aventures de Morgoth l'Empaleur, un homme m'aborde. Pensant à une demande d'argent, j'ignore, jusqu'à entendre qu'il demande le nom d'une rue.

Je ne connais pas les rues, après tout c'est mon quartier, j'ai pas besoin de les lire pour me déplacer.

Il me demande si je ne répond pas car je suis raciste, que tous les musulmans ne sont pas terroriste - ce à quoi je ne peux qu'acquiescer - et que non, je ne connais vraiment pas la rue.

Je précise qu'il avait l'air un peu bourré, ou en tout cas avait la langue bien délié, et une envie de parler à un inconnu largement supérieur à la mienne. Je rajouterai même que j'aurai trouvé dommage qu'il me croit raciste pour ça, vu que j'aurai probablement eu la même réaction envers n'importe quel inconnu bourré.

Toujours est-il qu'il me propose une danse, me passe un bras autour du cou et sa jambe entre les miennes, avant de la lever et redescendre pour danser. Il précise que c'est la danse traditionnelle, et qu'il m'apprend. Je précise qu'à part recevoir ses talons dans ma jambe gauche de manière répété, je ne vois pas trop ce qu'il fait.

Toujours est il que, même s'il est plus grand que moi, je réussis à me dégager, et à me rendre dans le Simply qui était l'objet initial de ma marche. Au moment de payer (je vous passe les courses) je trouve sur moi, mon carnet, le stylo, mes clefs, mon porte feuille, mon harmonica, des chewing gum.

Là, ma question c'est de savoir si le détournement passe par écrit. Car il manque dans la liste l'objet cité dans le 2ème paragraphe.


D'un point de vue de magicien amateur, il s'agissait finalement d'un très beau détournement d'attention.
De tout autre point de vue, je dirai : «Mon portable. On m'a volé mon portable !!!!»

mercredi 9 juillet 2014

Secret

Ce billet a été écrit y a un certain temps. Il a été programmé, histoire qu'il ne soit pas relié à ce qui l'a déclenché. Histoire d'avoir le temps de le relire et d’être sur et certain de n'en pas trop dire(de toute façon, l'histoire est modifiée, et mélange plusieurs histoires).

Le point qui m'a le plus touché chez Sheldon, c'est son horreur des secrets. C'est mon cas, au point que je ne veux pas d'avant première, si j'ai l'interdiction par l'auteur de spoiler et même de teaser. Et ceci même si je suis fan de l'auteur !

Les chatouillis sont incompréhensible pour quelqu'un qui n'est pas chatouilleux. Je crois qu'on est dans un cas similaire. Si on n'a pas peur des secrets, je pense qu'on peut très bien ne pas voir où est le problème. Je vous propose donc un petit tour de ce qui a tourné dans ma tête durant une soirée quand j'ai appris un secret.

Imaginons que j'ai croisé sur un site de rencontre gay sous le pseudo "rigolo1er" un humoriste prénommé Arthur, qui est pas out. Voici ce qui pourrait se passer dans ma tête.

Flûte[1], faut pas que je me goure et que je l'appelle Rigolo1er la prochaine fois que je le vois. En même temps, y a pas de raison que je l'appelle Rigolo1er, c'est pas son nom. Sauf que, maintenant que je me suis dit ça, je vais y repenser en le voyant, et en me disant "le fait pas, le fait pas", une chance sur trois que je me trompe et le fasse. En même temps, je peux juste dire "Bonjour", ce qui est probablement ce que je fais à chaque fois en plus, et y a pas de problème.

En plus, si j'utilise le pseudo, il va croire que je le fais exprès pour le narguer, alors que pas du tout. Mais comment il peut savoir que je suis de bonne foi, il est pas dans ma tête !

Qui plus est, si on est ensemble sur une scène ouverte et que je fasse le sketch où je me cherche un copain pour la nuit, je risquerai peut-être d'avoir l'envie de le choisir lui. Et puis certains trucs feraient presque un bon sujet de sketch - «comment réagir quand on connait quelqu'un sur un site de rencontre ?»; mais il va croire que je parle de lui: c'est pas sur que ça amuse qui que ce soit- à part moi - en tout cas certainement pas lui.

Et puis, ça tourne en rond durant des heures, j'arrive plus à bosser, à écrire, à penser à autre chose[2]Ok, ça vous donne un indice sur le mec, mais ce qui n'est pas très discriminant, comme Danielle, la doyenne des humoristes parisienne, j'ai dû complimenter le physique d'au moins la moitié des humoristes qui tournent à Paris$$. Mais si maintenant je le complimente lui, va t-il penser que c'est spécifiquement car je l'ai vu sur le site ? D'ailleurs, est-ce qu'il sait que je l'ai vu, et est-ce qu'il sait qui je suis ? j'ai pas non plus sa notoriété, ça fait des années qu'on se croise sans vraiment se parler. Peut-être qu'il a pas fait le rapprochement quand il m'a dit qu'il n'était pas intéressé. D'un autre côté, si je ne dis rien sur lui, alors qu'objectivement il est vraiment mignon, ça peut être suspect pour ceux qui me connaissent...

Là, faut que je relâche la pression. Comme j'ai peur de donner de l'information, la meilleures méthode que je vois, c'est de dire que j'ai un truc que je sais que je n'ai pas le droit de dire. Aucune chance qu'on devine que je parle de lui, j'ai plusieurs centaines d'ami facebook, c'est pas comme si on risquait de deviner de qui je parle. Et si par malheur quelqu'un me pose la question, je sais improviser un mensonge. (Si c'est un informaticien, je dis que c'est un humoriste; si c'est un humoriste je dis que c'est un informaticien - vu que je peux pratiquement partitionner mes connaissance dans ces 2 domaines)
Donc j'ai mis sur facebook un truc du style "j'aime pas quand y a un mec -que vous connaissez peut-être-, j'ai un ragot que j'ai pas le droit de répéter". C'est bête, mais ça me soulage Vraiment. C'est le petit jet de la cocotte minute qui fait que j'explose pas intérieurement tellement je stresse, et qui pourtant ne peut pas créer de problème puisque l'information est quasi-nulle...

Je veux dire, si vous savez de qui je parle, chapeau[3]! Je pense pas que vous ayez plus d'information qu'au début du billet; vous savez juste que je connais quelqu'un qui est gay qui n'est pas out. (Ou alors vous faites le tour de mes connaissances hétéro, mais faut vraiment que vous n'ayez que ça à faire de vos journées)

Tiens, là justement, j'ai eu envie de twitter: "C'est bizarre d'écrire un billet sans le publier tout de suite." Mais si je l'avais fait on pourrait savoir quand j'ai écrit le billet et ça servirait à rien de le poster avec retard.
Bref, voilà pourquoi j'ai une haine profonde des secrets.

P.S.
À la demande d'un Arthur j'ai retiré le message facebook, je suppose que je pourrai faire pareil pour ce billet, mais cette fois ci, j'aimerai quand même bien que vous m’expliquiez où se trouve le problème d'un message sans nom.

Notes

[1] Oui, je dis vraiment flûte

[2] donc je me retrouve à ranger mon studio, vu que c'est la seule activité pertinente qui ne demande pas de cerveau). Surtout que l'humoriste est mignon

[3] si tu es Arthur, ça compte pas

dimanche 22 juin 2014

Boire et fumer

Je ne bois pas, ne fume pas, ne me drogue pas, mais au moins...

Hors sujet.

C'est fou à quel point une question revient régulièrement: pourquoi je ne bois pas d'alcool[1]. Récemment encore, un ami qui tenait à tout pris à m'aider à "changer d'état" - afin d'avoir plus d'imagination pour écrire. Ou encore une spectatrice à Orléans, un samedi, qui nous a offert après le spectacle une coupe de champagne[2].


Je pourrai parler du risque de mourir; dire que c'est pour la meme raison que celle qui me pousse à ne pas coucher sans préservatif: le plaisir ne vaut pas le prix qui serait d'avancer l'espérance de la date de ma mort... Sauf que je te préviens, ma réponse va sembler bête.

Je ne sais pas me contrôler, avec moi c'est rien ou beaucoup. Par exemple, avec les bonbons/gâteaux, ça se voit sur mon ventre. Même si maintenant à défaut de ne rien manger, je me contente d'ignorer les bonbons qui sont sympas mais pas excellent, et je ne prend plus que les gâteaux que je sais être délicieux ou que je me fais moi même (ben oui, faut bien m’entraîner à cuisiner maintenant que j'ai une cuisine - car j'ai déménagé), de manière à maximiser l'intérêt gout/calorie[3].

Ceci étant dit, vous imaginez mon état si je me mettais à boire autant que je mange de sucre ? Donc je préfère éviter.


En plus, ceux qui me connaissent en vrai savent que j'ai pas besoin de boire pour dire des bêtises. J'aurai plutôt tendance à trop en dire, à jeun, alors si j'étais bourré... Il parait que ça décoince; mais ça fait 6 ans -depuis Montréal en fait - que je n'ai plus de problème à complimenter le physique ou faire des avances à n'importe quel beau mec que je connais depuis 5 minutes[4].

Ou pour prendre un autre exemple, je n'ai aucun problème dans mon état normal à discourir sur la chasse au dragon au XXIème siècle ou à dialoguer avec Le Temps. Donc je ne suis pas sûr que changer d'état aiderait vraiment.

Notes

[1] et encore, j'ose pas imaginer ce que subissent les végétariens

[2] 1ère fois que je vois ça, et ça me touche

[3] En particulier, le St-Honoré à la Rose de Ladurée, ou l'éclair au fruit de la passion de certains de Neuville sont mes favoris.

[4] À l'exception des collègue, j'estime que ça n'a rien à faire là-bas, même si certains doctorants sont très mignons.

samedi 29 juin 2013

Réflexion sur la question geek

Je me demande si je suis geek. En tout cas, je viens de finir la thèse de David Peyron, La construction sociale d’une sous-culture: l’exemple de la culture geek. et ça m'a valu quelques réflexions que je crois bon de partager. Ce n'est pas un commentaire de la thèse, car je ne crois pas que vous ayez lu ces 488 pages de sociologie[1], même si certains seront peut être intéressé par lire l’œuvre d'un geek des geeks.

Je ne dis d'ailleurs pas que cette oeuvre soit la meilleure à lire sur le sujet, il se trouve que je suis tombé sur David à citegeek et ait été intéressé. Les circonstances seraient autre, j'aurai peut être eu une autre porte d'entrée sur le sujet. Elle contient plusieurs réflexions intéressantes, ça me suffit. Je sais juste que par rapport à Geek la Revanche, que j'ai aussi lu, elle est intéressante parce qu'elle contient une vraie réflexion, et pas une simple énumération de sujet disparate[2].

De toute façon, la thèse fait un résumé des avis de ceux qui ont été interviewé - je me dis d'ailleurs que j'aurai probablement pu être interviewé et tenir beaucoup de ces propos - donc je devrai pas répondre à la thèse, mais aux "geeks" qui parlent dedans et avec qui je ne suis pas d'accord. Je pense d'ailleurs que ça influera ma manière de me tenir avec ce docteur quand j'aurai l'occasion de prendre un verre avec lui. Mais comme souvent les geeks réfléchissent sur eux même, ça ne déparera pas tant que ça.


Le mot geek a beaucoup évolué. Et pas seulement depuis 2 ans ou une décennie. J'ai été surpris d'apprendre qu'à la base, ça désignait des gens tuant des poulets en mangeant leur cou. Et qu'autre fois le mot anglais "geek" était traduit par "plastron". Donc vous m'excuserez j'espère de ne pas tenter de définir ce mot ici.

Une remarque qui revient souvent sur l'impossible définition du mot geek, c'est la quantité de sujets qu'un geek doit aimer. De Star Trek aux mangas. Je veux avancer une explication qui n'est pas nouvelle, mais peut-être pas assez mise en avant à mon goût.

Dans tous les cas, si j'aime rencontrer d'autres geeks, même s'ils sont geeks de sujets que je ne connais pas bien, c'est parce que j'aime leur façon de penser. Pouvoir pinailler sans qu'on me dise que je me prend la tête pour rien, savoir que si j'ai une erreur de raisonnement, même subtile, on pourra me corriger. Le fait de connaître très bien un sujet, qu'il soit technique ou imaginaire, serait alors une sorte de rite de passage, une preuve que l'individu est capable de penser d'une manière qui m'est proche, ce qui ne sera pas le cas de la majorité des gens. En ceci la matière dans laquelle on est geek peut être un prétexte et non une fin en soit. Ce qui ne retire rien du tout à l'intérêt qu'on porte à cette matière.

Pour faire une comparaison, se demander comment on peut mettre autant d'intérêt différents sous le seul terme "geek" peut être aussi absurde que se demander comment on peut utiliser le même nom de "docteur" pour un sociologue que pour un informaticien. Simplement, nous sommes tous capable de faire des efforts de réflexion, de créations, et de rédaction, sur une durée assez longue.

Un geek, c'est entre autre quelqu'un qui s'intéressera aux mondes imaginaires. Une question posée est: comment définir un monde imaginaire ? En quoi est-ce que Mme Bovary est moins imaginaire de Coruscent ? Personnellement, il me semble que la plus grande différence est que je ne serai pas surpris de rencontrer Mme Bovary, je croise tous les jours des nouvelles personnes. Je serai surpris de découvrir Coruscent car je ne voit jamais de nouvelle planète. En cela un imaginaire est plus crédible que l'autre.

Partir dans un monde imaginaire, ça peut être parce que notre monde est ennuyeux. Pour citer approximativement Pierre Dac: Tout va pour le mieux dans le meilleurs des mondes, mais je regrette que les choix soient si limités. Ennuyeux ? Pourtant j'ai envie de citer Feynman, le tome 1 de ses cours de Physique: "Quels hommes sont ces poètes qui peuvent parler de Jupiter lorsqu'il prenait la forme d'un homme, mais qui se taisent si c'est une immense sphère de méthane et d'ammoniaque en rotation ?". J'ai donc presque envie de dire, plus j'en connais sur notre monde à nous, moins je comprend ce besoin.

Que le monde soit imaginaire ou pas, un intérêt reste: connaître le plus de détail possible sur le monde. Moi même, au collège j'ai lu tout ce qu'écrivait Tolkien et je voulais connaître toute l'histoire de la Terre du Milieu. Une fois qu'on connaît tout, il faut essayer de deviner et compléter ce qui n'est pas dit, pour remplir les trous, car un univers n'est jamais complet[3]. En particulier, il faut chercher les inévitables incohérences, et les justifier, que l'univers complété soit autant cohérent que possible. Ce qui rapproche d'ailleurs du travail du scientifique[4] qui ne peut qu'émettre des hypothèses et espérer que tout ce qu'il découvrira concordera.

En ceci odieux connard et ses spoilers est un vrai geek, même si je doute qu'il se qualifie comme tel. C'est d'ailleurs marrant, un autre gars drôle que je qualifierai de geek, c'est Yacine - il a quand même mis une borne d'arcade dans l'entrée de son théâtre et parle de sujets connotés geeks dans son spectacle [5], et lui aussi se moque des geeks. Je me demande pourquoi je ne connais personne qualifiant son œuvre de geek.

Nous aurions donc un énorme intérêt pour les énormes univers, que ça soit la terre du milieu, celui de Star Wars, ou Donjon et Dragon, car il permet de toujours plus se plonger dedans[6]. Alors je ne suis plus geek, surtout depuis que j'ai découvert Borges. Pour le paraphraser, je ne suis plus intéressé par lire des tomes et des tomes, pourquoi raconter des histoires si longues quand on peut simplement avoir l'essentiel en racontant l'histoire d'une histoire ?

Une question gratuite, le dernier bar avant la fin du monde est qualifié de bar geek. Quand j'entendais quelqu'un parler de "bar gay", je lui demandais systématiquement pourquoi le reste du temps il ne précise pas "bar hétéro" [7]. Alors si je veux être cohérent, pourquoi quand quelqu'un parle de bar geek, je ne lui demande pas pourquoi il ne parle jamais le reste du temps de bar noob ?

Une autre question, un geek aime créer son univers, ou au moins créer son coin dans un univers plus grand. Typiquement, c'est ce qui se fait avec des légos, avec les jeux de rôles, avec la programmation, ou avec des jeux vidéos où des œuvres se construisent. Le geek aime aussi signaler qu'il est geek via son t-shirt. En mélangeant cela, pourquoi si peu de geek créent leur t-shirt à eux ?

Notes

[1] Si vous voulez la lire, sautez la partie méthodologie, elle me semble fort peu intéressante

[2] même si ça peut être intéressant de connaitre l'histoire de tel objet ou monde geek, et d'avoir des pistes de lectures et de vidéos pour les jours où on cherche quoi faire pour passer le temps.

[3] Quoi que je ne sois pas d'accord avec cette assertion. Je considère que la description de Flatland, en particulier de son sous-univers de dimension 1, est totale.

[4] non mathématicien

[5] que je vous conseille fortement de voir

[6] la comparaison tarte à la crème serait alors de parler de fractales, on regarde de plus en plus de détails et on ne s'arrête jamais

[7] alors que paradoxalement, un couple gay a plus de chance d'être mal vu en "bar" qu'un couple hétéro dans un "bar gay"

dimanche 24 mars 2013

Quelques reflexions

Trois réflexions aléatoires que je me suis faites récemment.

J'ai récemment parlé de t-shirt personnalisés. J'ai oublié de vous donner le lien. Étonnamment, spreadshirt m'a averti qu'une personne avait acheté le t-shirt canard. Il y a donc un individu quelque part qui a porte ou portera un t-shirt où j'ai écrit. C'est bizarre.

En tout cas, c'est cool de voir la réaction des gens aux t-shirt qu'ils n'avaient jamais vu avant. Un de mes étudiants [1] m'a dit qu'ils attendaient chaque semaine de voir ce que j'aurais comme t-shirt(Mais ça ne lui vaudra pas de points en plus). Et comme avec les vannes sur scène, on se rend compte que certaines marchent et d'autres ratent seulement une fois qu'on est devant le public/les amis. Mais là, j'ai déjà payé 12 euros, ce qui fait chère la vanne ratée. En particulier mon hommage aux Monthy Python est un échec total. Et le canard a déçu ceux qui espéraient voir un dessin de canard derrière. Ce qui m’amène à ma question, il n'y a pas quelqu'un qui aurait un dessin de canard se cachant, ou faisant "chut", libre de droit (où alors qui me donne les droit), de préférence en vectoriel avec au plus 3 couleurs (au mieux une, le fond ne compte pas).

Personnellement, ce qui m'inquiète le plus avec ces histoires de "manif pour tous", comme ils se nomment eux-même, ou "manif homophobe", comme certains opposants les nomme, ce n'est pas l'homophobie. L'homophobie, j'en voit beaucoup depuis que je vais en lycée avec le mag, et même qu'on est là pour parler de ça. Donc l'homophobie, ça ne me fait pas peur, même si c'est probablement car je ne connais aucun homophobe, et les seuls insultes homophobes qui ont étés spécifiquement dirigées contre moi, c'était après mon deuxième sketch à Ondar, celui où je parlais des "Lascars Gay".

Ce qui m'inquiète, c'est de voir à quel point des gens, certains que j'apprécie beaucoup, sont capable de simplement haïr, rien qu'à cause d'une opinion qui diffèrent de la leur. Alors qu'individuellement, je suis sûr que des gens qui sont contre le mariage gay peuvent être des personne forts sympathiques[2]. C'est bête à dire, mais on dirait que pour certains ils représentent le mal absolu (et que c'est réciproque) - alors que chacune de ces personnes a sûrement aussi ses bons côtés. Pour donner un autre exemple, que j'ai déjà du raconter: On m'a donné un tract pour la "manif pour tous", j'ai pris le tract, ai relevé la manche pour montrer le bracelet arc-en-ciel, et j'ai déchiré en 4 le tract devant celui qui le donne. J'ai envie de dire que ça fait plaisir de faire ça; c'est de la par pure provocation et ne fait clairement avancer aucun débat (heureusement, en lycée, on ne balaye pas comme ça ce que les autres disent). Mais je dois dire que quand le monsieur m'a dit de ne pas jeter par terre et d'aller le mettre à la poubelle, ça me l'a rendu un peu plus sympathique. Il n'était pas obligé et ça nous fait au moins un point commun, préférer ne pas salir - tandis que d'autres avaient visiblement jeté leurs tract par terre à l'entrée du métro - et même si je suis de leur avis sur le contenu du tract, je n'apprécie pas le geste.

De même, je crois ne jamais m'être rendu compte à quel point ça pouvait être énervant de voir des gens défendre une opinion que je partage en utilisant des arguments que je trouve faux. Dernier exemple en date, dire que les gens participant à la manif pour tous ont voulu la suppression d'une course caritative contre les problèmes cardiaques. Alors, même si on peut déplorer cette annulation, je n'arrive pas à approuver ceux qui essayent de les faire culpabiliser; jusqu'à ce soir, je n'avais jamais entendu parler de cette marche, et je ne pense pas me tromper en me disant que ça doit probablement être le cas de la majorité de ceux qui défileront demain. Je ne crois pas qu'ils s'opposent à cette marche, et que si on posait la questions ils seraient probablement d'accord pour qu'elle ait lieu - au moins tant que leur manifestation n'est pas annulé. Je peux rajouter qu'en tout autre circonstance, la plus grande majorité des gens, qu'ils soient pour ou contre, n'auraient de toute façon rien eu à faire du résultat de cette marche, qu'il y ait du monde ou pas, en tout cas pas plus d'importance que la plupart des autres activités caritatives qui se déroulent sans arrêt en France.


Ma dernière réflexion est une constatation qui m'attriste, mais à laquelle je ne trouve pas le moindre début de solution - ce qui m'attriste encore plus. Pourquoi est-ce qu'à chaque fois ou presque qu'on parle de science, on ne parle pas de mathématique ? Ou alors - et encore rarement - que pour expliquer quelque chose qui se passe dans un autre domaine, et pas pour les mathématiques elles-même. Quelques exemple, une page facebook à 4.300.000 de "like", I freaking love science, le webinet des curiosité pour moi le meilleur blog francophone en ce qui concerne la vulgarisation scientifique, ou encore http://sciencetonnante.wordpress.com. Je suppose que ça vient du fait que les maths sont moins visuelles, on voit plus ce qu'est une planète, l'espace (même si notre intuition dessus est totalement fausse), un animal, ou un résultat d'ingénieurie tel qu'une impression 3D, d'ailleurs on peut souvent illustrer avec de beau graphiques ou de belles photos.

Bien sûr, il existe aussi des sites de vulgarisations mathématiques, à commencer par images des maths du CNRS (dont j'aimerai bien un meilleur flux rss), ou encore le magasine Tangeante. Mais je ne sais pas pourquoi les maths sont toujours à part, et jamais mélangée aux autres sciences.

Notes

[1] Je sais plus si je t'ai dit, je suis chargé de td

[2] Je peux au moins sortir un exemple, qui n'ira probablement pas manifester, mais qui est contre le mariage pour tous. Et par ailleurs très sympathique.