Cheminement de pensée: Personne introvertie et pas toujours certains des bienséances

Situation

Je suis mentalement épuisé après avoir parlé à des tas de dizaines d'inconnus, plusieurs jours d'affilés.

Une amie A me propose de venir la voir chez elle. Pas plus de 2 heures longtemps, car elle a un rdv après avec B et qu'elle voudra être seul avec son autre rdv. A me propose du thé, ainsi qu'à C, un autre ami à elle, qui était sur place.

B arrive plus tôt que prévu. Alors que le thé infuse mais n'est pas servi. On nous présente, et A demande à l'autre invitée si elle veut une tasse. A précise qu'on se retrouvera avec des tasses moins remplies. Mais c'est pas grave.

Panique

J'ai alors un petit moment de panique intérieur. Dois-je partir où non ? Plusieurs arguments se déroulent en même temps. Il serait probablement malpolie de montrer à l'autre invité qu'elle nous chasse, surtout si elle savait pas qu'on serait là et qu'elle venait ignorant cette conséquence. D'un autre côté, si elles veulent être seul, je la gênera à être là.

C aussi empêcherait la solitude. Et pourtant il ne semble pas chercher à partir. Même si A rappelle plusieurs fois à C que celui-ci avait déclaré devoir partir. Il me semble que A est assez directe normalement, et que si elle voulait être seule, elle l'aurait directement dit à C. Mais peut-être que son comportement avec C est différent de son comportement avec moi, pour des raisons que j'ignore.

Donc peut-être que A tente de faire partir C, qui ne remarque pas ces encouragement au départ. Et, puisque je suis pas forcément plus à l'aise socialement que C, il y a peut-être des encouragement à ce que je parte que moi non plus je ne remarque pas.

Par exemple, quand A déclare que les tasses de thés seraient moins remplis, peut-être que cela m'indique que cela rendrait la situation moins confortable pour nous tous. Mais je doute que A me fasse ça, il me semble qu'elle est plus franche que ça. Ou au moins qu'elle l'est quand on est que tous les deux.

D'un autre côté, si A dit que j'aurai une tasse plus petite, c'est probablement qu'elle me propose toujours du thé. Donc qu'elle veut encore bien que je sois présent. Et dans ce cas, partir après avoir fait infusé du thé pour moi serait un gâchis, ça serait malpoli. Puis-je réalise que cette pensée est ête, si B prend mon thé, finalement, ça serait pas gâché. Ce qui ne retire rien à l'impolitesse.

À la limite, si j'étais avec A seul, je pourrai lui demander directement tout ça. Mais, ne connaissant ni B ni C, je ne suis pas capable de savoir comment ils prendraient les questionnements que j'évoque plus haut. Et je voudrais pas insulter les invités de A. Ce qui implique donc que je ne sais pas si je peux demander à lui parler en privé, à lui parler sans que B écoute. Je pourrai à la limite envoyer un texto à A. Mais si A demande à haute voix pourquoi je lui envoie un texto, je reviens au problème précédent.

Je reste

Finalement, je reste. Je bois le thé, qui est d'ailleurs excellent (de l'hojicha cookie). Et là je réalise que, dans l'état de fatigue où je suis, rencontrer deux nouvelles personnes, c'est bien trop épuisant pour moi. D'ailleurs, un moment, je le dis explicitement que l'arrivée de B ne m'aide pas à me reposer. Je ne doute pas que A comprend la différence entre «rencontrer quelqu'un me fatigue et je suis déjà crevé» et «j'en veux à B d'être là.» Sauf que un problème similaire au précédent ce repose, je ne connais pas B, et ignore donc si la nuance est claire pour elle.

Il y avait une raison pour laquelle je parlais de mon incapacité à me reposer. J'ai dit à A que la présence de B et C me fatiguait pour expliquer pourquoi j'allais partir alors que ça ne faisait même pas une heure que j'étais chez elle. Après avoir dit que B et C me fatiguaient, je réalise que je serai en train de littéralement dire à B: je pars à cause de toi. Finalement, je décide de rester un peu. Quand bien même B comprendrait que j'ai dit ça, il serait moins évident de me le reprocher.

Je reste encore

Je trouve que je suis un peu ridicule. Après tout:

B est l'ami de A. Je doute donc que ça soit une personne qui attendent de voir des gens tenant à respecter les conventions sociales.

Si A et B voulaient être seul, elles ont moins pu profiter de leur solitude si je reste.

Et je pouvais dire que, finalement, j'étais fatigué, sans avoir à justifier la cause de ma fatigue. Quand bien même je trouve contre-intuitif d'imaginer que cette fatigue arrive sans que je puisse l'anticiper.

Je pars donc.

Conclusion

J'ai envoyé un texto pour m'excuser de mon comportement à A. Elle a déclaré que, à part avoir parlé fort, je n'ai rien fait de mal. Le plus ridicule dans cet histoire, c'est que toutes ses pensées ci-dessus étaient finalement entièrement inutile. Sauf qu'il m'était impossible de le savoir, par manque de connaissance sur B.

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