J'aimerai dissiper un malentendu que ce blog risque de donner.

Ce n'est pas parce que je parle de quelque chose ici que ça m'intéresse. Même si j'en parle souvent. Je vais dire la contraposé de cette phrase: je parle de choses qui ne m'intéressent pas. Et je fais pareil dans la vie de tous les jours.

Il y a des choses qui m'intéressent: le cirque, les cordes, faire des câlins, les mathématiques, la science-fiction, faire rire des gens, la saga mp3... et j'en parle autant que je peux. Ceci dit, je n'ai pas forcément grand chose à dire sur la moitié de ces sujets. Soit qu'il me semble que c'est évident, par exemple pour les câlins: on aime prendre quelqu'un dans ses bras, ou on aime pas, dans les deux cas, y a pas grand chose à dire de plus à ma connaissance. Soit je ne sais pas comment l'exprimer. C'est le cas des mathématiques, je n'ai pas d'idée de comment parler du côté passionnant de cet art.


Mais j'ai aussi énormément parlé de polyamour, d'homosexualité, de LGBTphobie, de genres... Alors, je vais être clair: ça ne m'intéresse vraiment pas. Le souci, c'est que même si ça m'intéresse pas, je m'y trouve confronté. Dans Le mot et l'ami, je parlais d'un vrai problème qui s'est posé à moi. Un problème lié à un sujet que je ne trouve pas intéressant, mais c'est pas parce qu'il ne m'intéresse pas que je peux ignorer le problème. J'essaye régulièrement avec la poussière, ça m'intéresse pas de faire la poussière, mais au bout d'un moment, j'ai pas le choix.

Bien sûr, je ne suis pas forcé de blogger. Mais mine de rien, ça m'aide de coucher mes idées par écrit. Et aussi de pouvoir derrière en discuter avec quelques proches à qui j'ai passé le billet. Donc je ne parle pas de ces sujets car ça m'intéresse, mais parce que c'est une étappe vers la résolution du problème mentionné. Ou au moins j'en ai l'espoir.a

Pareillement, l'homosexualité en tant que concept ne m'intéresse pas. Pas plus que de lire des ouvrages sur le cirque. Ce qui m'intéresse est de pouvoir pratiquer. Je ne m'y intéreses en fait que pour une seule raison: aider à s'accepter homo. D'abord, moi. Avoir lu Fur-Piled m'a aidé à accepter ça. Puis aider les autres, d'où la traduction de cette bd, car je ne connais pas d'équivalent en Français.

Encore une fois, traduire, à la base, ça ne m'intéresse pas. Mais ça m'intéresse que ça soit traduit, donc je m'y met. C'est comme passer le balais, ça m'intéresse pas, mais marcher sans avoir les pieds sales si. Et je sais bien que la plupart du temps, personne le fera à sa place[1].

Ensuite viennent plusieurs soucis. C'est quand même plus simple d'aider les gens à s'accepter s'il y a moins d'homophobie, donc lutter contre l'homophobie est l'étape d'après. Mais pour le faire efficacement, pouvoir répondre aux questions, je me trouve «forcé» à lire des ouvrages sur ce sujet, à me renseigner, et à fréquenter d'autres gens ayant ce but. Parce qu'en intervenant, on constate rapidement que son propre témoignage ne suffit pas.

Donc on rencontre d'autres gens, des gens parfois intéressé par ce sujet, car j'ai cru comprendre que pour les sociologues, l'humain est intéressant en soit. Mais plus j'en apprend, plus je réalise que y a pleins de nuances, partant parfois loin de ce sur quoi je voulais lutter au départ. Ce qu'on appelle l'intersectionnalité. Ainsi, j'en arrive naturellement à la biphobie, puis à ceux qui aiment au delà de deux genres, ou qui n'ont pas toujours eu le genre de naissance. Aussi au fait que l'homophobie ne se traduira pas de la même manière selon les milieux et les cultures, selon les genres ou les professions. Et qui si je veux répondre de manière correcte aux élèves sur ces sujets, je dois donc me renseigner un minimum sur le sexisme, la transphobie, la non binarité, le racisme, etc... un cercle sans fin.

Et puis, par ailleurs, ça ne m'intéresse pas, mais c'est une chance, il faut bien le dire, que ça puisse ne pas m'intéresser. Je parlais de sexisme; et bien pour un cas concret, le «harcélement de rue» m'intéresse pas[2]. Mais j'ai de la chance de ne jamais avoir à écrire dessus, car j'ai la chance de ne jamais y avoir été confronté. C'est pas 3 ou 4 compliment par des gens bourrés qui croient que cheveux long=femme, qui vont me faire dire que je connais directement ce sujet.

Donc c'est une chance de pouvoir ne pas être intéressé. Ça veut dire que je peux choisir ce que je vais décider d'attaquer comme problème, car aucun problème ne s'impose à moi. de même qu'à force de diminuer ma quantité de viande, je pourrai probablement devenir végétarien[3], et me mettre à militer dans une association végétarienne si ça m'amusait plus.


J'avais tenté de faire du bénévolat avec Talens, un programme à l'ens de tutorat de lycéen. Sauf qu'en regardant le programme, je comprenais rien à la physique de l'option math-physique. Ils semblaient partir du principe que tous les tuters scientifiques on fait de la physique après la terminale, (i.e. ont fait une prépa scientifique), donc j'ai abandonné dès la journée de présentation de Talens. C'est dommage car ça aurait pu être passionnant d'aider à faire avancer en maths des élèves intéressé, et faire découvrir l'informatique.

Eh bien, si j'avais pu faire le bénévolat avec eux, j'aurai pas fait d'intervention en milieu scolaire, et ce blog serait TRÈS différent.

Notes

[1] Toi qui te reconnaitras, tu me manques. Et pas que parce que tu as passé l'aspirateur quand je t'avais laissé seul chez moi.

[2] C'est très étrange à écrire, comme phrase.

[3] Le truc qui me retient vraiment, c'est quand je suis invité à manger, faire choisir un restau qui sert des plats végétariens/ou demander à l'hôte un plat spécial. Mais ça fait des mois que je n'ai pas cuisiné un plat de viande chez moi.