Surveillance d'examen

J'ai la chance d'avoir un métier passionnant. Enfin, principalement, il y a comme souvent des cotés ennuyeux comme de la paperasse administrative, où parfois des travaux dirigés avec des étudiants pas intéressé[1].

Mais il y a une chose qui prend des heures et qui est vraiment ennuyeuse, et en plus inutile, c'est la surveillance d'examen. Déjà, je vais commencer par l'unique raison pour laquelle le prof/moniteur doit être présent, c'est pour répondre aux questions des étudiants, en particulier s'ils croient que le sujet à une erreur. Et ça arrive.

Mais ça ne justifie pas que tous les surveillants soient des gens avec au minimum un master[2], et pour beaucoup un doctorat. Cependant, comme tous les examens ont lieu la même semaine, je suppose qu'il serait dur d'avoir des surveillants, vu qu'ils n'auraient du boulot que 8 semaines par an, et qu'il en faudrait plusieurs dizaine vu tous les examens en parallèle.


Je disais et je maintiens, ces heures sont inutiles. Je m'explique en faisant une comparaison. Certains milieu parlent de «théâtre de la sécurité» dans les aéroports. Les tests à l'entrée des avions sont long et envahissant, mais ça permet de montrer «On pense à votre sécurité». Même si en vrai, ça veut juste dire qu'un terroriste devra trouver un autre moyen de détourner un avion, puisqu'on ne cherche que les moyens déjà employés.

Et bien nous faisons pareil, et je ne sais même pas dans quel but. Nous savons très bien qu'un étudiant qui veut vraiment tricher le peut, pourvu qu'il s'y soit préparé en avance. Ou alors il faudrait un examinateur par étudiant.

Par exemple, dans un examen avec document, comme on fait souvent dans mon domaine, les documents sont posés à coté de l'étudiant. Mais aussi à coté de son voisin. De là à ce que le document soit une feuille avec des réponses que l'un passe à l'autre, on ne peut pas être sûr.

On les autorises bien sur à avoir une montre, voir pour certains une petite pendule sur la table. Un étudiant un peu bricoleur pourrait faire une fausse avec du bricolage et communiquer avec d'autres gens.

Encore moins compliqué. On ne doit pas envoyer plus d'un étudiant à la fois aux toilettes, certes. Mais vu qu'ils peuvent avoir leurs téléphone dans la poche - on va pas les fouiller - et avoir un complice doué dehors, par exemple un ami qui a fini en avance, rien n'empêche de tricher. D'ailleurs, à partir de ce moment là, l'interdiction de sortir avant la fin de la 1ère heure, i.e. avant l'heure à laquelle les retardataires sont acceptés, n'est que du théâtre sécuritaire.

D'ailleurs, si on reste dans l'optique du complice, il y a encore plus simple, envoyer quelqu'un qui ressemble, même de loin. On vérifie les cartes d'étudiants, et cette carte a une photo, donc en théorie on peut vérifier l'identité de l'étudiant. En théorie. Sauf que la photo date du début de la 1ère année, autant dire que la moitié des étudiant ont changés de look: cheveux, lunettes, barbe... Et à partir du moment où on accepte ce changement de look, on accepte forcément les gens qui ressemblent de loin à la photo. Qui de toute façon est totalement délavé - puisqu'il n'y a pas de protection autour de la carte, et qu'elle sert de carte de cantine, de bibliothèque...


Tiens, 2 petits problèmes en faisant le tour de vérification des cartes. Je retrouve mes étudiant de l'année dernière parfois, j'aurai bien envie de discuter, mais c'est pas le moment. Et puis sinon, un étudiant avec un t-shirt «En passant par la Lorien» de Naheulbeuk, ça donne VRAIMENT envie de chanter cet air.

À part ça, on fait rien. On attend et on récupère les copies. Il y a ceux qui attendent une heure et qui rendent une pratiquement blanche. Et puis au bout de 2 des 3 heures, on voit ceux qui abandonnent et ceux qui ont finis rapidement. Forcément, la curiosité pousse à jeter un œil aux copies, mais c'est une bêtise, car parfois c'est dur de ne pas rire.

Par exemple, on demande de prouver une proposition A. L'étudiant tente une preuve, à un moment indique «on voudrait faire ceci mais ce n'est pas possible. Donc A est indécidable». Ce qui est assez osé, de dire que puisqu'il sait pas faire alors c'est impossible. Ou encore on a une question du style «Est-ce que B», certains répondent «oui» d'autres «non» et quand la démonstration manque on a à peu près autant de bonne que de mauvaise réponse.

Ceci dit, après 2 secondes de réflexion, il n'y a pas de quoi rire, car ça veut dire surtout qu'on a mal fait notre travail d'enseignant pour qu'il y ait de telles réponses. Et là, bien enseigner, ça pose d'autre questions, ça sera pas pour ce billet.

Notes

[1] Mais j'ai de la chance, ça ne m'est plus arrivé depuis ma première année

[2] Je suis conscient du coté élitiste de cette phrase, en ce que j'indique en creux vouloir refiler la partie ennuyeuse du travail à quelqu'un de moins diplômé

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