Lors d'une discussion sur la notion de consentement, j'ai découvert qu'un point qui me semblait évident ne l'était pas tant que ça. Si tu as suivi des cours de commerce, de debating, si tu as lu le best seller qu'est le petit guide de manipulation à l'usage des honnêtes gens, etc... tu es sensé savoir persuadé des gens, les influencer. Où alors ces objets on mal fait leur boulot. Ça ne suffit pas pour controler leurs vies ou pousser ces gens à faire quelque chose avec lequel ils sont fondamentalement en désaccord. Mais ça peut être assez pour vaincre une hésitation.

ce qui pose un souci, si tu tiens à respecter le consentement de la personne avec qui tu es - En particulier le consentement enthousiaste. Quand tu demandes à quelqu'un s'il/elle est consentant-e pour une activité X, parmi toutes les manières de formuler ta phrase, tu ne peux plus prendre une formulation aléatoire. On pourrait imaginer que quelqu'un, sans ses formation, choisira une formulation ou une autre, et en moyenne on peut considérer que cette personne aura une réponse honnête. Mais la personne avec ses formation n'aura plus la possibilité de juste prendre une formulation quelconque, puisqu'elle sait automatiquement ce que tel ou telle formulation implique.

À ce problème, j'ai proposé une réponse qui me semble évidente[1]. Formule ta proposition de manière à pousser l'autre à refuser X. Et là, si la personne veut toujours, tu sais qu'il y avait un consentement enthousiaste.

Deux petites précisions. Je n'encourage pas à dire «je ne veux pas faire X», ou de manière générale à mentir. Si l'autre refuse juste parce qu'elle croit qu'on n'en a plus envie, ça ne répond pas à la question initiale. Et surtout, je ne dis pas d'utiliser de la psychologie inversée, de la provocation. Ni de lui dire «je vais te faire refuser X». Simplement, si on admet l'hypothèse qu'effectivement tu sais persuader, alors tente, en toute bonne foi, de persuader de refuser l'activité.

Note

[1] Et certains m'ont dit que ce n'était pas le cas.