JE D'EGO, le blog personnel d'Arthur Milchior

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Minorité › Orientation sexuel/romantique

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lundi, mai 22 2017

Coming-out homophobe

Je dois vous faire un coming-out. J'ai mis du temps à l'accepter, mais mes lectures twitter/tumblr me forcent à me l'admettre: je suis homophobe. Parce que, dans le désordre:

  • Il m'arrive de considérer que l'orientation sexuelle et l'orientation romantiques sont deux notions différentes. Alors que dire que des gens sont attiré sexuellement sans amour, c'est renforcer le cliché homophobe sur les homos qui ne cherchent qu'à coucher.
  • Il m'arrive de considérer que les asexuels et aromantiques (rappel, considérer que c'est différent est homophobe), peuvent avoir leur place dans des groupes LGBT. Alors qu'en fait, ielles tentent de se réapproprier notre histoire. La preuve, personne ne leur crache dessus dans la rue au moment où ielles montrent ne pas respecter la norme sociale.
  • Il m'arrive de considérer que les polys peuvent avoir leurs places dans des groupes LGBT alors même que ça renforce les clichés homophobes de personnes sex-addict ne pouvant se contenter d'un-e seul-e partenaire
  • Il m'arrive de considérer que les polys peuvent avoir leurs places dans des groupes LGBT alors qu'il y a des poly cis-het, et ça serait un moyen pour ielles d'entrer dans des lieux non-mixtes. (En fait ça marche aussi pour les asexuels hétéroromantique et les aromantiques hétérosexuels)
  • Il m'arrive de considérer qu'on peut toujours se dire hétéro, même si on a couché avec des gens de son genre, et même si on a apprécié, et même si on envisage de le refaire (en fait, je suis pour l'auto-définition, sauf quelques très très rares exceptions). Autrement dit, il m'arrive d'accepter que des gens restent dans le placard et refuse d'assumer (et de s'assumer à ielles-même) qu'ils sont homo ou bi, et à effacer les bis. Qu'ielles contribuent à l'hétéro-centrisme, en restant dans la norme au lieu de tenter de la détruire.
  • Je n'ai absolument rien contre les gens qui préfèrent le terme MOGAI au terme LGBT. Pourtant, certains MOGAIs utilisent des arguments totalement stupides qui ne sont pas dénoncés par le reste de la communauté MOGAI.
  • Si quelqu'un me dit être attiré sexuellement mais pas romantiquement par son genre, j'accepte. Alors qu'au lieu de faire confiance à quelqu'un qui semble sûr d'ellui, je devrai l'aider à réaliser que c'est son homophobie intériorisé qui parle et le/la pousse à faire socialement ce qu'on attend d'iel.
  • Je n'ai rien contre Pouhiou[1]. Et pourtant il ne reconnait pas ses privilèges. : il a déclaré qu'il aime bien qu'on lui signale quand il dit quelque chose de problématique, car ça lui permet de s'améliorer et de ne pas le refaire. C'est bien la preuve que pour lui, c'est qu'une question d’apparence, et qu'il peut se permettre d'être problématique; après tout, c'est aux autres de faire le boulot pour lui. (j'aurai bien rajouter Mr Yéyé aussi, mais je vais éviter de rajouter toutes les preuves de ma transphobie et de mon acceptation de la culture du viol, sinon la liste va être longue)
  • Et en conclusion, l'argument qui m'est le plus personnel: Je suis totalement pour le fait que des associations luttant contre l'homophobie collaborent avec des administrations et avec des entreprises. Alors qu'en fait, tout le système est homophobe, et que ces association participent au pink washing: se donner une bonne image à peu de frais sans rien avoir à changer dans le fond.

Hésitez pas à compléter la liste. Je demande juste à ce que ce soit des arguments que vous ayez vraiment lu, défendu par quelqu'un-e au 1er degré. Je ne prétendrai pas être 100% de bonne foi, mais tout est basé sur des vrais textes.

P.S.: En même temps, il y avait un signe; il y a deux jours, j'ai écrit un article de blog où je disais que La Manif Pour Tous avait raison sur un point où elle se faisait attaquer par des gens n'ayant pas vérifié les faits.

Note

[1] Disclosure: J'ai déjà rencontré Pouhiou; celui-ci a eu la grande gentillesse de faire la pub pour deux de mes créations, la traduction de Khaos Komix et le docu-fiction: témoignage d'une intervention en milieu scolaire. Une personne dont je suis proche m'a découvert grâce à la pub par Pouhiou, je suis donc très biaisé dans le fait de n'avoir rien contre lui.

jeudi, mai 18 2017

Défendez-vous un combat de la manif pour tous sans le savoir

Défendez-vous un combat de la manif pour tous sans le savoir ?

La question est un peu vague, donc je prendrai une question très précise: pensez vous qu'il ne faut pas que l'on enseigne la masturbation aux élèves ? Si c'est le cas, vous partagez une idée de LMPT. C'est pas grave[1], ils pensent certainement qu'il faut se brosser les dents après chaque repas, ça n'en fait pas une idée ridicule pour autant. Pensez vous en plus qu'il est ridicule de prétendre que des gens parlent de masturbation aux élèves ? Dans ce cas, vous en concluez peut-être que, si c'était avéré, il faudrait l'interdire. Alors vous partagez un combat de LMPT.

Puisque c'est ridicule, certain-es tirent la conclusion qu'il est bien sûr faux que qui que ce soit incitent les élèves à se masturber. «Personne n'incite les élèves à se masturber» est une prédiction, une affirmation qui peut être vraie ou fausse. Et si on découvre des gens qui incitent les gens à se masturber, et que vous trouvez ça ridicule, alors si vous êtes de bonne foi, il faudra reconnaître que LMPT avait raison, et qu'en pensant vous moquez de LMPT, vous lui donniez raison.


Si je parle de tout ça, c'est parce que LMPT à fait un site, que je trouve très cool: École et Sexe. Ce site semble assez factuel, répertoriant tout un tas de ressources qui ont été créé et qui s'adressent aux jeunes. On peut reprocher que le nom de LMPT soit en bas de la page, et donc pas visible au premier abord; mais ils ne cachent pas en être les auteurs contrairement à ce que certain-e-s https://twitter.com/kacha1286/status/863675175086292993. Et ce n'est pas non plus des contenus qu'ils ont créés, contrairement à ce que certains semblent prétendre en voyant des captures d'écran qui peuvent sembler ridicule hors contexte. En vrai, je ne serai pas choqué d'apprendre que des ami-e-s à moi partagent ce site, tellement il répertorie des documents intéressant et pertinents. Pas pour les IMS du mag, puisqu'on n'y parle pas de sexualité, mais ça peut intéresser les établissement dans d'autres cadres.

Je n'ai pas tout lu, il y a beaucoup de ressources. Mais, de ce que j'en vois, il y a des ressources qui s'adressent, aux hommes comme aux femmes, homo comme hétéro, en leur parlant du pénis, du vagin, du clitoris. Ça mentionne aussi l'existence de zones érogènes, indique qu'il peut falloir faire des expériences pour découvrir ce qu'on aime, ou pas. Qu'il peut y avoir des ratés, que tout n'est pas parfait du premier coup. Je n'aurai pas dit qu'il s'agissait d'enseigner la masturbation, mais il est indiscutable que ça incite à s'y essayer. De même que, quand les brochures expliquent comment se protéger lors de tel ou telle pratique, ils peuvent pousser des élèves à l'essayer.


Tout ça pour dire, on peut reprocher la formulation choisie par LMPT: quand on dit que l'éducation nationale incite les élèves à faire un truc, j'imagine que les profs le donnent comme un devoir. Ou alors qu'il y a un mémoire à faire à ce sujet, que ça sera noté, ou que ça sera fait sur les heures de cours. On dirait aussi que c'est fait par les profs.

Ici, ce n'est bien entendu[2] pas le cas, personne ne vérifie ce que les élèves ont fait ou pas fait. Mais reprocher une formulation, ce n'est pas la même chose que dire qu'ils inventent et mentent. De plus, ces textes sont souvent l'œuvre d'associations agréés par les ministères, académies. Ce qui fait une petite différences, parce que ça peut être plus simple de parler de ces sujets avec quelqu'un qui ne t'as jamais donné de mauvaise note ou d'heurre de colle.

Après, bien sûr, on peut discuter de savoir s'il est pertinent que les enfants/adolescent-e-s entend parler de ce sujets à l'école; à quel age il/elle-s doivent en entendre parler, ce qu'il faut dire et ne pas dire; après tout aucune de ces brochures ne traitent de la totalité des pratiques. On peut discuter des buts à atteindre: est-il plus important de diminuer le nombre de rapport sexuel ? Le nombre de transmission d'IST et de grossesses non désirée ? En absolue, ou proportionnellement au nombre de couple sexuellement actif ? Le nombre de pratique que les gens connaissent ? Tout ces buts peuvent être contradictoire, on peut imaginer que si on parle moins de sexe, moins de gens le pratique, mais que ces gens se protègent moins, et qu'en diminuant le nombre de pratiquant, on augment le nombre de transmission ? On peut donc discuter des manières de parvenir efficacement au résultat voulu ? Mais tout ça, c'est extrêmement différent des moqueries et accusations que je mettais en lien plus haut.

Notes

[1] Je pars du principe que la majorité des mes lecteur/trice-s sont opposés à LMPT par principe.

[2] En disant ça, je refais une prédiction vérifiable. Et si on découvre qu'un prof a ordonné aux élèves de se masturber, alors je partagerai le combat de LMPT sur ce point précis, ce prof ne devrait pas enseigner.

mardi, avril 19 2016

Être monosexuel/romantique est sexiste

À vu de nez, je pense que tu C'est moi! Bonjour, comme Arthur a écrit ce billet me concernant, je lui ai demandé de pouvoir le modifier et apporter des notes. Vous me verrez donc poper fréquemment de la sorte ne seras pas d'accord avec au moins une affirmation de ce billet. Même si tu es la personne qui m'a inspiré ce billet, et qui est la seule personne que je connaisse à défendre la première thèse dudit billet, celle qui est indiqué dans le titre, je sais que tu n'es pas d'accord avec la conclusion. Moi-même, je ne suis pas intimement persuadé de la véracité de la thèse de ce billet. Pas que je pense que cette thèse soit fausse, juste que c'est très contre intuitif.

La personne à qui je dois ce billet défend l'idée que "Être gay, c'est sexiste". En fait, qu'être lesbienne ou hétéro aussi, mais vu que je me disais gay, j'ai eu le droit à la version gay. En fait, "Être monosexuel, c'est sexiste"[1]. La thèse serait presque "ne pas être pan[2], c'est être sexiste", mais vu que certains disent "bi" et se comportent comme des pans, ça serait trop généraliser. a, ça irait aussi, évidemment. Comme je l'explique plus tard, ce qui est genant est le terme, et pas ce qu'il implique

Voici donc l'explication que j'ai obtenu: «Se dire homosexuel, c'est agir différemment en fonction du genre, donc c'est sexiste par définition.» En effet, dire "je suis gay" peut avoir plusieurs implications.

  • Quelqu'un peut le dire pour signifier "je n'ai été en relation qu'avec des gens de mon genre", ceci dit, c'est étendre beaucoup le sens de cette phrase, parce que ça pourrait être vrai en étant bi/pan[3], ou même en étant hétéro sans l'avoir toujours été. Bref, l'information pertinente est caché.
  • Certains l'utilisent comme excuse envers les filles pour toucher les seins/fesses, mais au second degré. Là j'espère ne pas avoir besoin d'argumenter que c'est sexiste.
  • Enfin, ça peut être pour dire à une fille "je ne suis pas intéressé, je suis gay". Et, comme dans le cas précédents, ça veut dire que la personne va traiter différemment une fille qu'un garçon. Ça veut dire aussi que le fait que la personne soit une fille est vu avant même la personnalité, que c'est nécessairement un élément fondamental de la personnalité. Annecdote qui me marque beaucoup: L'excuse "je suis hétéro" est beaucoup utilisé pour refuser d'encorder quelqu'un. Ce qui me semble stupide vu que: 1) je ne vois pas pourquoi il y aurait besoin de justifier un non et 2) que du coup s'il y a une personne assigné/e fille qui demande et que cette personne n'est pas a son gout, ben... Cela revient pas mal aux relations entre le genre et la beauté qui se recoupent je trouve, beaucoup


De mon expérience, le plus gros problème n'est pas tant le sexisme que le cissexisme impliqué par la notion de monosexualité. L'idée de homo/hétéro présuppose que tu sois capable de dire qui est un homme et qui est une femme. Et toute personne ayant suffisamment fréquenté de trans et de non binaire sait que c'est totalement faux. Si tu te dis gay car le physique masculin est plaisant à tes yeux, tu seras peut-être attiré par quelqu'un qui a une apparence masculine, mais qui ne sera pas un homme pour autant; mais si t'es attiré par quelqu'un qui n'es pas un homme, le mot gay a t-il du sens ? Et surtout, du point de vue de la personne, si tu te qualifies de gay et lui dit que t'es intéressé, tu la renvoies à un genre qui n'est pas le sien, ce qui est extrêmement cisexiste.

Réciproquement, si tu as à faire un homme trans, répondre "désolé, je ne suis pas intéressé car je suis gay" revient à invalider le genre de la personne. Il faudra aller chercher plus profondément pour avoir une raison qui ne soit pas cissexiste. Dire que son apparence n'est pas assez masculine revient à décreter ce qui est masculin ou pas, ce qui redevient sexiste(si on est pas convaincu, est-ce que vous trouvez que dire à une femme comment elle doit être pour être une vraie femme n'est pas sexiste ?) Ça peut être qu'on tient à ce qu'il y ait l'organe génital habituel, auquel cas ça réduit vraiment la personne à ses organes. Ou alors c'est que la notion de trans met mal à l'aise, ce qui n'est peut-être plus cissexiste, mais me semble en tout cas transphobe.


Je tiens à faire une précision. Il devrait être évident qu'il n'y a aucune obligation à justifier à l'autre son manque d'intérêt. Donc, quand je parle de donner une explication au refus, au désintérêt, je parle tout aussi bien d'explication qu'on se donne à soi-même. Il est possible de ne pas tenir de propos cissexiste, ce qui va éviter de vexer les non-cis, ce n'est pas pour autant qu'on a pas de pensée cis-sexiste.


Je précise que je ne parle pas de situation théorique. J'ai été, deux fois, dragué par des hommes trans. La première, je n'étais pas au courant qu'il était trans, je ne connaissais pas vraiment cette notion. C'était en 2010, et je ne peux pas dire que j'ai bien réagi en l’apprenant. Je ne suis pas vraiment capable de dire pourquoi, mais, à l'époque, et je sais qu'on est beaucoup de cis à avoir eu ce genre de questionnement transphobe, je me suis demandé si ça remettait en cause mon orientation sexuelle. Ce qui est d'autant plus grave que l'homosexualité est quelque chose qui a pu être dur à assumer, et après avoir passé du temps à la revendiquer, c'est pas pratique de revenir dessus. À posteriori, je me sens juste con; d'autant que c'était probablement un des mecs les plus sexy que j'ai eu la chance de voir s'intéresser à moi.

Plus récemment, un très charmant jeune homme, qui s'avère être trans, a eu peur que je lui mette un râteau car j'étais surtout gay, et que, selon ses dire, il n'est pas très masculin. Ma première réaction à été de dire que, de toute façon, j'étais pas gay. Ce qui est une connerie, puisqu'en l’occurrence, ce n'était pas pertinent vu qu'il s'agit d'un homme. Ça sous-entendait: ton côté un peu féminin me gène pas, ce qui n'est surtout pas un truc que j'avais envie de dire, puisque ça semble plus correcte de ne pas attirer l'attention sur ce côté dans le cas où il existe. D'ailleurs, pire, que je me retrouve à valider ce côté non masculin ou pas, je me retrouve dans la position de juger de la masculinité de quelqu'un, ce qui, comme indiqué plus haut, me semble sexiste. J'ai du mal a voir en quoi dire que l'on est pas gay sous-tendrait de tels jugements. Et quand bien même tu dirais "j'accepte tout", n'est-ce pas en soi non-exclusif? Bref, je ne comprends pas bien


Il me semble avoir deux solutions pour résoudre le sexisme indiqué au dessus. Arrêter d'utiliser les mots homo/hétéro/gay/lesbienne qui sont sexiste. Puis retirer aussi bi/pan qui n'ont plus de raison d'être Ça me semble raisonnable. Comme j'ai dis, ce qui est gênant, c'est pas que quelqu'un ne sorte qu'avec telle classe de gens, mais mette un mot dessus. Utiliser un tel mot enferme son ensemble des possibles ainsi que catégorise les gens avec qui cette personne sort. Sauf que si ça résous un problème, le sexisme, ça créé le problème que ces mots ont quelques intérêt: par exemple dans les luttes contre les oppressions. C'est le point qui est le plus ambivalent pour moi. C'est vrai que c'est utile de pouvoir dire "J'aime bliblablou et c'est parfaitement okay". À la fois, je ne sais pas si un tel niveau de détail est important? J'ai conscience que les problématiques L ont des points de différence avec les G, notamment vis-a-vis du sexisme, mais est-ce qu'un terme comme Marginalized Orientation ne suffit pas?. Ou pour savoir que la personne qu'on drague a une orientation sexuelle compatible, et qu'on a moins de chance d'être rejeté, ou au moins, moins de chance de se faire casser la gueule par un homophobe qui n'apprécie pas qu'on croit qu'il en est. Bref, dans un monde idéal de mon point de vue, on pourrait probablement se passer de ces mots, tout comme il n'y a pas de mot usuel pour les gens qui préfèrent les blond/brun/roux/rasés... C'est d'ailleurs de cette constation qu'est venue l'idée

Encore que ce mot aurait encore un intérêt, il me semble, pour désigner les couples de même genre; par exemple les couples hétéros ont statistiquement plus de facilité à avoir des enfants que les couples homo[4]. Le truc, c'est qu'actuellement, homo désigne à la fois l'orientation d'une personne et la configuration d'un couple. Je critique le premier, si tout le monde est d'accord sur le second, je ne vois pas de problème


Bref, je défend l'idée que ces mots doivent être gardés, au moins pour l'instant. L'autre solution est encore plus ridicule que de supprimer des mots, mais je vais quand même la défendre.

Je disais plus haut, je ne suis pas persuadé par les arguments que j'avance. Et la plupart des gens à qui j'en parle trouvent ça juste ridicule. Il y a une vraie raison à cela, en tout cas quand les personnes n'admettent pas être (cis)sexiste[5]. Souvent, quand on nous dit qu'on est sexiste, qu'on discrimine quelqu'un ET qu'on croit que les humains sont égaux indépendamment de leur genre ou sexe, on se dit qu'il faut faire quelque chose pour ne plus être sexiste. Ou en tout cas qu'il faut arrêter de faire les actions sexistes. Sauf qu'il est aussi admis que l'orientation sexuelle ne se choisit pas J'attire l'attention que si l'on ne choisit pas ce que l'on ressent, on décide de ses actions. En somme, la phrase ô combien célèbre "on ne choisit pas d'être gay" me semble simpliste en ce que l'on choisit de sortir avec les gens en question ou de faire truc ou whatnot, et donc qu'il est homophobe de dire à quelqu'un qu'il doit changer son orientation sexuelle. Il n'est pas possible de se forcer à être attiré par tous les genre, et je ne connais pas d'argument qui iraient dans le sens de traiter les hommes comme les femmes quand on fait des avances à des gens. Encore une fois, ce n'était pas mon point. Je parle vraiment dans le fait de se désigner et de considérer le futur. Après, certains diront qu'il est opressif de cibler uniquement un groupe de minorité, donc c'est un point qui me semble obscur

Il me semble donc que, la raison principale qui bloque pour accepter l'idée que être monosexuel est sexiste, c'est qu'il faut alors accepter l'idée qu'il peut être acceptable, dans certains cas, d'être sexiste. J'ai beau relire, ce passage me semble toujours une non-sequitur. Il faut alors défendre l'idée, rarement défendues, qu'il existe des discriminations qui n'ont pas à être combattues. Il me semble que c'est peu défendable pour au moins trois raisons:

  • Si quelqu'un sort ça de son contexte, je vais me faire haïr, et que les militants ne sont pas toujours tendre entre eux Ce qui est dommage[6].
  • Les «il existe» se transforment trop facilement en «pour tout». La phrase «il existe des discriminations qui n'ont pas à être combattues» risque d'être reprise en «les discriminations n'ont pas à être combattues», ce qui donnerait des (mauvais) arguments à ceux qui voudraient nous voir arrêter nos actions. Et il ne s'agit pas d'ennemis imaginaire, entre les journées de retrait de l'enseignements et le procès fait à SOS Homophobie, il y a des gens qui tentent vraiment de faire arrêter les interventions.
  • Et surtout, c'est contraire à la plupart des convictions, parce que souvent une conviction doit être simple, et une conviction universelle et plus simple à partager qu'une conviction qui demande de réfléchir à ce qui va être acceptable ou pas - d'autant qu'on risque fortement de ne pas être tous d'accord sur là où se trouve la limite. Et, partant de là, il sera plus simple de dire que ce qui est de l'autre côté de la limite n'est pas une discrimination que de dire que, ça en est une (puisque ça respecte la définition, ça respecte le fait de faire une différence entre différent gens) mais que ça va. Ça me convainc pas du tout. Une opression par définition est un système qui exclut ou marginalise des gens. Je vois l'idée de "C'est ce que je veux et je sais que c'est problématique", mais n'y a-t-il pas interêt a le challenger? Pour prendre une analogie vaguement similaire, j'ai quelque fois entendu le point que préférer les filles aux cheveux longs était sexiste, car se basant sur un code de critère dont l'on ne veut pas. Dès lors, ce point de vue ne m'en semble que l'extension

Notes

[1] Mono(sexuel/romantique) signifie ici: être attiré (sexuellement/romantiquement) par un seul genre. Cela comprend principalement les homos et les hétéros, et ça n'a rien à voir avec le monoamour qui consiste à n'avoir qu'un-e seul amoureux-e à la fois.

[2] pansexuel: attiré par tous les genres.

[3] en ayant jamais été en relation

[4] Je parle de stat, car il y a des tonnes d'exceptions.

[5] Parce que certaines personnes, dont je fais parti, disent qu'on est tous (cis)sexiste, puisqu'on a grandi dans une telle société et qu'il est impossible de ne pas avoir été influencé et d'avoir éradiqué la totalité de ces réflexions inconsciente due à cette société.

[6] Mais pour l'instant, j'ai eu une chance phénoménale, probablement car je ne me lie pas d'amitié avec les gens avec qui je milite et que je limite les contacte aux moments des interventions.

dimanche, janvier 3 2016

Les (bonnes) résolutions de SOS Homophobie

sosh.jpg

Cette affiche me met assez mal à l'aise. J'ignore si je suis le seul. À plein de niveau en plus. Et vu que je suis membre actif de SOS Homophobie, je ressens le besoin de m'en distancier cette fois.

D'abord, prendre une bonne résolution pour les autres me laisse perplexe. D'abord, c'est ce que SOS Homophobie fait, mais n'y connaissant rien en communication, je vais éviter de me prononcer sur l'efficacité d'un tel choix.

Mais ce Nicolas Sarcooly prend une résolution pour les autres. Et pour le coup, l'idée qu'il doive choisir pour les autres me met assez mal à l'aise. En particulier pour ses «amis» (Parce que, si c'était en tant que président de parti, qu'il donne des consignes, pour le coup, ça me semble plus classique.). S'il pouvait choisir pour ses amis, si ses amis le suivaient juste parce qu'il a fait un tel choix, alors là, l'image de mouton serait justifié.

Croyant encore assez naïvement à l'idée de liberté des opinions, il me semble que je n'aimerai pas qu'on me juge sur ce que pense mes amis, je sais bien qu'on est pas d'accord sur tout, ce n'est pas pour ça que j'aimerai couper les ponts. Plus le fait que rester entre personne ayant les mêmes idée me parait pas forcément logique si on veut faire avancer un débat. En tout cas si on imagine que «débat» n'est pas égal à «défense jusqu'auboutiste d'une opinion».


L'autre point qui me gène, c'est les moutons. Chaque affiche montre un animal (au moins) et un dérivé d'un nom de personne politique. Donc il semble clair que l'interprétation voulu soit que (les amis de) Sarcooly soient des moutons. Ce qui est une insulte.

Que la communication insulte les adversaires me convainc pas. Encore une fois, je ne m'y connais pas en communication, et aurai du mal à imaginer si c'est vraiment efficace. Dans l'absolu, c'est bien aussi de rappeller aux gens «non, tout le monde n'est pas d'accord avec vous !», mais ayant une opinion assez tranché sur ce sujet, je pourrai aussi bien être qualifié de moutons que les militants de la manif contre tous.

Certes, je sais que des gens ont insultés SOS H de tous les noms, comme de manière générale le «lobby LGBT»(Encore que je ne connaisse pas d'exemple qui viennent d'instance officielles de la manif contre tous.). Donc, des insultes en communiquant, dans l'absolu, pourquoi pas.

Sauf que SOS Homophobie est une association qui fait des Interventions et Formations Pour Adulte(IFPA). J'ai commencé récemment, c'est quelque chose dont je suis d'ailleurs plutôt fier. Et ces interventions ne sont pas systématiquement devant des gens LGBT-friendly qui veulent juste apprendre à comment mieux nous aider et ne pas nous exclure par inadvertance. Je ne peux pas trop m'exprimer sur ces IFPA parce que, contrairement aux IMS, on s'adapte à chaque publique, et qu'il serait bien plus dur d'en parler en restant vraiment aussi vague que quand je dis «une classe de 2nde en île-de-France».

Statistiquement, on doit intervenir de temps en temps devant des sympathisant de la manif pour tous; ou alors en IMS devant des élèves dont les parents sont sympathisants. Et franchement, ça me met mal à l'aise d'intervenir, en venant d'une association qui les a traité publiquement de moutons.

mercredi, septembre 23 2015

Être bi ?

Aujourd'hui, c'est la journée internationale de la bisexualité. L'occasion idéale de parler de ce sujet. Je crois.

D'abord, pourquoi parler de ce sujet ? Déjà, pour lutter contre l'invisibilisation des bis, faire savoir qu'ielles(on?) existent(ste?), un bi n'est pas un homo qui assume pas totalement ou un hétéro cherchant à être cool. Et puis parce que je remarque que l'étiquette "gay" me reste accolé alors même que ça doit faire plus d'un an que je ne dis plus l'être[1]. Et si la plupart du temps ça m'est aussi égale que quand quelqu'un me dit "madame" par erreur, parfois, c'est ennuyeux.

En fait, si, il y a une raison pour laquelle ça m'énerve qu'on me dise "madame", c'est qu'après la personne me fait perdre 30 secondes à expliquer pourquoi elle s'est trompé, et à s'excuser, s'excuser de quelque chose qui n'est pas une insulte. À ce sujet, côtoyer des non-binaires à un effet étrange; quand ils me demandent si je suis aussi non-binaire, je me retrouve par contraste à m'"affirmer" homme. Alors qu'en vrai, je ne tiens pas le moins du monde à m'affirmer homme. Mais je ne tiens pas non plus à m'affirmer non-binaire, vu que je ne comprend toujours pas ce que c'est[2]. Et que se dire "homme" c'est beaucoup plus pratique quand on a 28 ans d'habitude sous cette étiquette.

Je disais donc, cette étiquette de gay, que je me suis mis il y a plus de 10 ans, c'est parfois ennuyeux. Parce que ça influe parfois de manière non voulue sur ce que les gens vont supposer de moi[3], ou vont penser que je pense d'eux. D'abord, parce qu'une fille cis s'imagine que ça va me déranger qu'elle me touche et qu'on fasse des trucs ensembles parce que j'étais gay[4]. Prenons l'exemple des cordes; je trouve qu'attacher est un jeu; donc refuser d'attacher quelqu'un à cause de son genre me semblerait aussi étrange que de refuser de porter quelqu'un en acrobatie à cause de son genre[5].

Ce qui pose en fait la question de savoir bi... quoi comme prefixe ? Bisexuel, biromantique, bicalin(on peut inventer), bi...

Je peux aller plus loin dans les soucis que ça cause. Si je m'intéresse à une personne non-binaire qui me croit surtout gay, ielle pourrait croire que ne vois/ne suis intéressé que par une partie d'eux, que par la partie que je considérerai comme masculine. En particuliers avec les non-binaires assigné homme à la naissance. Et avec une femme trans, ça serait encore pire.

Et puis, ce passé en tant que gay influence aussi la manière dont je me vois; de manière assez étrange, ça m'a retenu de faire des avances à une fille qui me plaisait et qui pourtant semblait s'intéresser à moi aussi, parce que j'étais surpris qu'une fille me plaise. Et pourtant, quelqu'un dont le travaille de recherche tourne entre autre autour de Terry Pratchett ne peut être que quelqu'un de génial !


Bref, juste avoir retiré l'étiquette gay ne suffit pas, l'expérience montre que l'utopie de pouvoir dire "je ne veux pas d'étiquette" ne fonctionne pas, il faudrait peut-être en mettre une autre. De toute façon, la biphobie se fout de savoir si la personne concerné se dit bi, pan, donc autant choisir l'étiquette moi-même avant de me la retrouver coller de force.

De manière consistante depuis un moment, je considère que quelqu'un est homo/bi/pan/hétéro/un homme/une fille/agenre/furry/geek/otaku/arbre... si et seulement si cette personne dit l'être[6]. Comme je me dis pas bi, je le suis pas. Fin de la discussion... Ou alors je me dis bi et je le suis. Comme disait un ami logicien, cette question n'est pas décidable. Donc, je suis pour l'auto-définition, ça évite de se poser des tas de question sur l'autre, on part du principe qu'il se connait mieux qu'on le connait, et basta. Mais sur soi-même ça marche pas trop.

Bon, déjà, je suis pas pan. La définition que j'ai le plus entendu indique que quelqu'un de pan est quelqu'un qui s'intéresse à tout les genre de manière indifférent, alors que moi je vois le genre des gens, et il ne m'indiffère pas. Encore que j'ai pu avoir une pan me demander quel était le sexe d'une personne agenre dont je lui parlais; ce qui me fait supposer que tous les pans ne sont pas totalement indifférent non plus. (Mais, pan ou pas, je trouve la question assez choquante; quel peut bien être l'importance des organes génitaux d'une personne ?)

D'un côté, mon intérêt physique se porte principalement sur les gens d'apparence masculine ou androgyne. Ce qui aujourd'hui implique un fort biais vers les hommes. S'il n'y a personne de féminin qui m'attire, ça me parait étrange de me dire "bi". À part à redéfinir "bi" en "attiré par les hommes et les non-binaire", mais je vais pas y gagner niveau clarté. D'un autre côté, je prétend ne pas faire de différence entre amour et amitié, et je ne pense pas faire de différence chez mes amis en fonction du genre, par transitivité, je ne devrai pas faire de différence en amour en fonction du genre.


Ce qui revient à la question plus haut, je parle de quelle orientation ? Car à force d'avoir mélangé toutes ces notions, d'amour, d'attirance et de sexe, c'est pas clair. Point de vue attirance, je l'ai déjà dit plus haut; elle va principalement vers les gens masculins ou androgyne, donc peu vers les filles.

Point de vue sexuel, je réalise que ça dépend de ce qu'on appel sexuel. Parce que si les cordes sont un art et un jeu, pour beaucoup c'est considéré comme une pratique sexuelle. D'un autre côté, d'aucuns pensent que sexe=pénétration, d'autres répondent que le dîner en tête à tête peut déjà être un début de la pratique sexuelle. Sans savoir où se trouve où se trouve la limite entre les activités "sexuelle", et les "non sexuelle", comment se dire bisexuel ? Car il est possible de telle pratique, on l'envisage plus avec des gens de tel genre, et tel autre pratique avec des gens de tel autre genre. Mais ça redevient complexe. En plus, je ne suis pas sûr que cette distinction soit plus pertinente que de dire qu'il y a des trucs qui sont mieux à faire avec des gens qui pèsent 50 kg et d'autres qui sont mieux à faire avec des gens qui en pèsent 110.

Finalement, point de vue amour... Si j'ai dit que définir le sexe c'est compliqué, l'amour, c'est pire. Il y a un an j'écrivais être aromantique. Si c'est le cas, alors la question de biromantique ne se pose pas. Mais en un an, j'ai évolué. Et si je ne comprend toujours pas le fait d'avoir envie d'être en relation amoureuse, je ne rejette pas l'ami avec qui les choses se rapprochent assez pour être qualifié d'amour. Ça semble être ce qui s'appelle le demi-romantisme. Et c'est cohérent avec mon idée que l'amour est juste une forme évolué d'amitié. Pour le dire de manière différente, je n'appuie pas sur B lorsque
"Amitié évolue !
Félicitation ! votre amitié évolue en Amour !"

Bref, si une relation amoureuse avec une fille n'est pas quelque chose que je recherche, c'est étrange de se dire (demi-)biromantique. Mais comme ce n'est plus quelque chose qui me semble inenvisageable[7], dire (demi-)homoromantique serait tout étrange. Et ceux, sans même prendre en compte le fait que je me sois rapproché de personnes non binaire, ce qui fait que dire "homoromantique" est, de fait, faux.


Tout ça pour dire, bon courage aux bis dans leurs (nos?) luttes. C'est horrible les étiquettes, c'est trop compliqué ! J'en arrive même à comprendre les non-binaires qui le sont car ils ne comprennent pas leur genre. Mais faites gaffes aux étiquettes, on peut vouloir les enlever ou les recouvrir, mais c'est dur à enlever, et pas possible de recouvrir correctement !

Notes

[1] À part aux élèves en IMS pour simplifier.

[2] Ce qui ne m'empêche pas, j'espère, de me comporter correctement avec eux.

[3] Je ne parle pas d'homophobe là.

[4] et pourtant elle a bien conjugué le verbe être au passé

[5] Ceci dit, beaucoup m'ont dit "désolé, je n'attache que des filles". Je ne sais pas s'il y en a qui n'attachent que des garçons, vu qu'on ne m'a jamais dit "désolé, je n'attache que des garçons."

[6] Je fais juste une exception pour les titres, ainsi, si je vois un Docteur (en médecine), je tiens à ce qu'il soit reconnu comme tel, car c'est une garantie pour ma santé. Mais ça ne m'empêchera pas de dire "Docteur" si je croise Matt Smith, ou de dire "Professeur" à François Rollin.

[7] Le plus probable étant en se rapprochant d'une amoureuse d'un de mes amoureux-se.

jeudi, juin 25 2015

Pourquoi je n'ai pas été à la Gay Pride

J'ai déjà eu la traditionnelle question: «tu iras à la Gay Pride ?» La réponse est non, et voilà pourquoi. J'avais déjà écrit un billet à ce sujet, mais c'était il y a 6 ans, donc ça va, je me répète pas trop non plus. Et puis, mon avis a un peu évolué.

Je ne vais pas à la gay pride pour 2 raisons.

  • La première, c'est que ça ne s'appelle pas comme ça. Ça s'appelle la marche des fiertés, à Paris. Et que déjà que j'y vais pas à Paris, je vais pas me déplacer dans une ville qui a gardé le nom «gay pride».
  • La seconde c'est que je vois trois raison d'aller à la marche, et aucune qui m'intéresse:
    • Pour le développement personnel: Pour qu'il y ait un jour dans l'année où on n'ait pas besoin de se cacher. De ce point de vue là, je pense que quiconque me connait sait que je me cache pas trop.
    • Pour passer un moment sympa: Voir des amis, s'habiller de manière non conventionnelle et profiter de la musique. Ça, c'est pas trop ma tasse de thé. J'aime bien voir des amis, mais de manière plus calme, c'est pas trop mon style de musique. Bref, je souhaite à ceux qui y vont pour ça de bien s'amuser, mais c'est pas pour moi.
    • Pour militer: En effet, il faut se rappeler que, à la base, c'est une manifestation. Je sais pas exactement ce qui est revendiqué précisément cette année, mais le principe, c'est quand même de réclamer plus d'égalité. Et de ce point de vue là, je pense que, avec les IMS[1], je donne déjà suffisamment de mon temps, et de manière bien plus efficient.

Sur ceux, bonne marche à ceux qui y vont.

Note

[1] et je parle des vrais, pas de la vidéo qui a été vue surtout par des personnages déjà convaincues que j'ai raison

vendredi, avril 5 2013

Il n'y a pas que l'homophobie

J'en ai plus que marre d'entendre parler, et de parler moi même, d'homophobie. Plus précisément, qu'il soit presque impossible de parler d'homosexualité sans parler d'homophobie. Je vous donne des exemples, et ensuite je m'explique.


Le premier exemple qui me vient en tête, c'est les intervention en milieu scolaire. La plupart des sujets qu'on peut/doit aborder concernent l'homophobie. Mais comme vous n'avez pas fait d'IMS, je vais chercher d'autres exemples.

Prenez les publicités de prévention, le refuge où l'on voit un jeune homme expulsé de chez lui, le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche où l'on nous explique que c'est dur d'être homo entouré d'homophobes (je résume) et le projet It gets better[1] (littéralement, "Ça s'améliore", ce qui implique que ça ne va pas pour le moment) où des gens expliquent qu'avec le temps, c'est allé mieux pour eux.

J'ai déjà écrit sur les chansons, pour résumer, l'immense majorité des chansons parlant d'homosexualité parlent d'homophobie. De lutte contre l'homophobie, de la difficulté à s'accepter ou à révéler son amour autour de soi. De même, prenez les pièce de théâtre, attention, spoil: l'histoire de Jeffrey, c'est un mec qui lutte contre sa manière de vivre l'homosexualité avant de trouver l'amour. L'histoire d'"En ballottage", c'est un jeune politique homo qui apparaît comme homophobe pour flatter l'électorat.

Pour un sujet que je connais bien mieux, prenez les sketchs - malheureusement je ne trouve que très peu de lien en ligne. Laurent Ruquier avait fait un très bon sketch où il faisait son coming-out en essayant de ne pas choquer son public[2]. Pierre Palmade a très souvent traité le sujet: il a été dans un univers où la norme serait les trouples et depuis cet univers il image la vie de couple doit être dur et la commente comme si c'était quelque chose de tabou, un autre ou il parle à un ami d'homosexualité sans arrêt, son ami lui demande si Pierre Palmade est homo, et de lui répondre "comment t'as deviné" (ou quelque chose comme ça). Mais il a aussi eu des propos plus sombres: Sans compter la pièce Le Comique où pour le coup il compare son homosexualité à son alcoolisme dans "Ils s'aiment" il avait joué un couple homophobe mais qui restait hypocrite devant l'ancien ami homo. Bien sûr je connais d'autres humoristes qui parlent de leur homosexualités, mais je peux difficilement prendre en exemple ici quelqu'un que peu de gens connaît(et puis y a moi, mais j'ai déjà fait mon auto-critique).

En dernier exemple je prendrai les bds, fur-piled, Khaos komix, Kyle's bed & breakfast, on tous une grande partie de leur histoire basée sur le fait qu'il a été dur pour les protagoniste de s'accepter ou d'être homo dans un monde très homophobe(et pour Khaos, d'être trans dans un monde très genré).


Tout ça pour dire, j'aimerai qu'on soit capable de dire que ce n'est pas une lutte permanente. Que les jeunes, en particulier les jeunes homos, sachent que ce n'est pas forcément quelque chose à cacher. Avant d'être une question de peur, de secret, de "je le dis, je le dis pas", être homo, c'est avant tout une question de sentiment, d'attirance, d'émotion, et même - mais j'ai pas envie d'écrire ce mot tellement la phrase va devenir fleure bleue - d'amour[3]. Il y a des garçons et des filles pour lesquels ça se passe aussi bien - et parfois aussi mal - que pour les couples hétéros. Tomber amoureux, se prendre des râteaux, sortir, rompre, se disputer, faire une vie commune ou juste un soir, etc...

En tout cas, je ne sais pas si je suis une exception, mais avec le recul, je suis capable d'affirmer que si j'ai eu peur en faisant mon coming-out, et si j'ai tardé à le faire, ce n'est pas à cause de l'homophobie autour de moi - je ne crois pas en avoir jamais vu directement - mais simplement car tous les sites que j'ai lu à l'époque -ainsi que le psy que je voyais[4]- me disaient qu'il faut faire attention, que souvent ça se passe mal. Pour le dire autrement, j'ai l'impression que tout ces textes s'adressant aux jeunes gays prennent tellement de précaution qu'ils peuvent faire plus de peur que de bien.

J'ai donc envie de penser aussi aux jeunes qui seraient dans une situation comme la mienne, et qu'on pense aussi à dire qu'on ne doit pas forcément s'en faire !


Bien sûr, et heureusement il y a des exceptions a la liste que j'ai dressé plus haut. Les publicité canadiennes. "Au secours" de Muriel Robin, où elle se définit comme bie sans que qui que ce soit n'ait de problème avec ça (quoi que son imprimeur semble être surpris). "La lesbienne invisible" d'Océane Rose-Marie, qui fait une heure de stand-up sur la vie lesbienne, loin des clichés, ce qui fait du bien. (Et j'aimerai vraiment voir l'équivalent gay de son spectacle, ça serait génial !), ou encore la pièce "Comme ils disent" des Kicekafessa[5], qui est exactement la pièce que j'aurai rêvé de voir[6], car pour le coup on voit une simple vie de couple, mais de couple gay.

Disclaimer: j'ai eu l'occasion de jouer un sketch avec M. Rocher, et de faire quelques passages dans l'émission de M. Ruquier. Je ne crois pas que ça ait influencé les compliments que j'ai fait sur leurs œuvres, mais je ne peux l'affirmer. Je connais l'auteur de fur-piled, et ça a sûrement influencé mon avis. Mais de toute façon, je doute qu'ils lisent ce blog (sinon bonjour Pascal, Laurent ou Husky). Je ne connais pas les autres personnes dont je parle ici.

Notes

[1] Avant qu'on me le signale, je sais que le créateur est sensé être raciste, sexiste, transphobe, etc... Mais j'aime à considérer le projet indépendamment de son auteur

[2] Paradoxalement, le même texte écrit aujourd'hui pourrait presque passer pour homophobe, tellement on trouverait incongru les précautions qu'il prend en évoquant ce qui aujourd'hui est banal.

[3] et de sexe aussi, ok

[4] pas à cause de l'homosexualité, mais c'est un sujet dont j'aimerai traiter un jour, mais qui mérite un billet à lui tout seul

[5] La troupe de théâtre, et non pas le duo. Enfin si, c'est aussi un duo, aussi avec Pascal Rocher, mais le deuxième interprète est un homme

[6] et je regrette de m'être arrêté au nom de la chanson, que je n'aime pas, pour avoir décider de ne pas aller les voir sur scène

lundi, mars 18 2013

Chanson gay

Dans un vieux billet j'avais parlé de la chanson, et de son hétérocentrisme. La chanson d'amour est presque toujours niaise, fleure bleue, pas réaliste, etc... je ne dirai pas bête, car il faut être vraiment doué pour en écrire une bonne, une qui touche et parle aux gens. C'est cliché, mais chacun a "sa" chanson, lié à sa jeunesse, à son premier flirt/amour/nuit à deux, son premier slow/disco/... selon l'époque.

Mais je continue de regretter que ça soit si souvent une chanson hétéro. Un chanteur qui parle de femme, une chanteuse qui parle d'homme. Et si un jour je devais être en couple et avoir "ma" chanson, je m'imagine mal qu'elle parle de fille si je suis avec un mec. Les chiffres les plus bas parlent de 5% d'homosexuels dans la populations, je n'entend pas une chanson sur 20 parler de désirs homosexuels. Alors j'imagine que ça pourrait être marrant de créer un blog/wiki communautaire où l'on poste des chansons en changeant le genre. Il fait beau, il fait bon, chaque fois qu'un garçon est aimé d'un garçon.

Je vois deux problèmes principaux qui rendent le tout non trivial. Une chanson ce n'est pas que du sens - souvent, il n'y en a pratiquement pas - c'est surtout des rimes, de la métrique et des sons. Donc il faut que le changement respecte tout ça, on ne peut pas juste remplacer "elle" par "lui" ou "il", "homme" par "femme", "mademoiselle" par "mondamoiseau", ça ne rime pas. Et même en milieu de vers, on ne peut pas remplacer "fille" par "gars", ou "Fernande" par "Fernand", car dans le dernier cas, il manque un pied alors que le chanteur cherche à le prendre. Enfin, il faut respecter le sens logique, dans l'état actuel de la médecine en cloque ne peut pas parler d'un homme, - sauf peut-être un transexuel non opéré - et la fin ne peut pas être chantée par une femme.

Et l'autre problème, bien sûr, c'est les droits d'auteurs. La Sacem aura le droit de demander des droits d'auteurs ou la fermeture, même si heureusement, en pratique tous les blogs qui repostent des chansons ne se font pas fermé[1].

Par contre, ce qui est marrant, c'est que ça permettra de se rendre compte que des tas de chansons sont déjà potentiellement homo, car elle peut aussi bien parler d'un homme que d'une femme. Un exemple fantastique est l'Hymne à l'amour, c'est ce qui lui permet d'être chanté aussi bien par Édith Piaf que par Johnny Hallyday sans en changer une seule parole(car je m'imagine mal M. Hallyday chanter une chanson gay, vu les propos homophobe qu'il a pu tenir, même si je serai ravi d'être détrompé.) Dans le même style, un humoriste m'a confié un jour qu'il a écrit son sketch sur sa relation de couple en étant totalement agenré. Et là je me suis rendu compte que j'étais hétérocentré, car je ne m'en étais pas rendu-compte avant qu'il ne me le signale.

Je parle d'homosexuels et d'hétérosexuels, je n'oublie pas les bis, les pans, etc... mais j'ai beaucoup de mal à imaginer à quoi pourrait ressembler une chanson bisexuelle, il faudrait que l'amoureux parle de deux personnes, de sexe différent, soit qu'il passe d'un homme à une femme ou d'une femme à un homme, ce qui est assez rare en chanson. Quoi que J'ai besoin de toi, chanté par Nicole Croisille, pourrait tout à fait être bisexuelle. Elle doit choisir entre "toi" et "lui", et rien n'empêche "toi" d'être une femme.


Pour ne pas être totalement homocentré, on pourrait aussi traduire des chansons homosexuelles en hétérosexuelle. Transformer le condamné à mort en chanson hétérosexuelle serait un bel exploit. Surtout si on tient compte du fait que c'est une histoire qui se déroule dans une prison, donc non mixte. Et on sait qu'échanger "femme" et "homme", "noir" et "blanc", etc... permet de voir si un propos est sexiste, raciste. De même, transformer une chanson équivoque en chanson hétérosexuelle permettrait peut-être de voir que, malgré sa bonne volonté, elle reste légèrement homophobe - au sens premier du terme, au sens de peur, pas de haine.

Note

[1] En tant que membre de la s.a.c.d. -grâce à ondar- j'ai le droit de voter à son A.G. Il faudrait que je m'y intéresse, et vote pour des gens qui comprennent internet, je ne sais pas s'il y en a qui se présentent. Et surtout, je suis trop paresseux pour m'impliquer dans quelque chose qui me concerne si peu - je ne touche plus de droits d'auteurs.

jeudi, février 7 2013

Badges "oui à l'égalité", "mariage equality", etc...

J'ai acheté un badge qui est sur mon sac à dos depuis 2011, qui dit "mariage equality". Ce qui ne signifie pas que je suis absolument pour le mariage pour les couples homosexuels, après tout on aussi bien l'égalité en supprimant le mariage des couples hétérosexuel[1]. En fait, j'ai même acheté trois badges, car les deux premiers se sont cassés ou sont tombé du sac à dos.

Ce qui me pose de manière plus générale la question suivante: si la loi sur le mariage pour tous passe, le badge perd totalement sa valeur, le gouvernement a t-il pensé à nous indemniser ? Car je doute que les magasins acceptent qu'on les leur retourne[2] et ça va être impossible à revendre d'occasion.

Ou alors, et plus sérieusement, pourquoi on ferait pas une collecte de ces badges pour les envoyer dans les pays qui n'ont pas encore l'égalité le mariage [3] ?

Notes

[1] blague que je vais bientôt être forcé de supprimer du one-man, d'autant que tout le monde la fait aujourd'hui !

[2] d'autant que celui de 2011, je l'ai acheté dans le Massachusetts, et je crois qu'avec l'avion, j'y perdrai.

[3] égalité juste parce qu'une femme mariée à une femme n'aura pas égalité de droit avec une femme marié à un homme en ce qui concerne la procréation médicalement assisté, et que cette loi s'éloigne de plus en plus.

jeudi, décembre 13 2012

Mariage pour tous et nom de famille

Je ne pensais pas parler du mariage pour tous sur mon blog, vu le nombre d'autre blog qui ont largement dit tout ce que je pensais pour expliquer pourquoi il faut absolument qu'il passe.

Ceci dit, par curiosité intellectuel, j'ai aussi lu des blogs d'opposants au mariage pour tous, pour voir s'il y avait de meilleures raisons que "Je suis contre le mariage pour qui que soit"[1]. Et comme je suis honnête, que j'aime être l'avocat du diable et que je vois un argument pour s'opposer à la version actuelle du projet de loi je vous le livre tel quel avec toute la mauvaise foi dont je peux faire preuve.

Si on vote ce mariage pour tous, alors on déstabilisera la répartition des noms de familles en France en faisant diminuer à très très long terme les noms de familles en Z au profit des noms de familles en A ! En effet en cas d'adoption d'un enfant par un couple homosexuel, par défaut il aura comme nom de famille le premier nom dans l'ordre alphabétique de ses parents. (Contrairement au cas où le couple est hétéro et où le nom par défaut est celui du père) !

Eh bien, je pense que la réforme est évidente, il faut choisir le nom de famille des enfants à pile ou face !

Note

[1] Ce qui est une très bonne raison, mais j'ai jamais vu militer pour.

dimanche, juillet 3 2011

Straight camp

Il existe aux états-unis ce qui s'appelle des "straight-camp". Visiblement, c'est une horreur déprimante, où des parents coincés envoient leurs enfants qui ont une phase homosexuelle afin qu'ils deviennent hétéro.

Attendez... envoyez un garçon dans un camp rempli de gay sous prétexte qu'il est gay... euh... C'est sensé être une punition ?

Hein ?

--

C'est là où je regrette de ne pas savoir dessiner, car ça rendrait probablement mieux dans un strip, avec la face étonné à la fin.

dimanche, juin 12 2011

Mariage Homo, essai 1

Si certains l'ignorent, mardi prochain, le 14 juin 2011, l'assemblée nationale se prononcera sur le mariage homosexuel. Vu que l'homosexualité est un sujet récurrent du blog, je pense que je dois dire un petit mot dessus. Et expliqué, pourquoi, à titre très personnel je ne suis pas pour.

Tout d'abord, honnêtement, je m'en moque pour l'instant... je veux dire, le petit ami homo, je pense que ça serait déjà un premier pas.

Et de toute façon, ça reste très restrictif, vu qu'il faudra l'autorisation du président de la république... Non, je ne rigole pas, l'article 163 donnerait "Le mariage est encore prohibé entre (...) tante(...)", et l'article 164 rajoute "Néanmoins, il est loisible au Président de la République de lever, pour des causes graves, les prohibitions portées :(...) par l'article 163 aux mariages entre (...) tante(...). "

Qui plus est, le mariage homo, on l'a déjà. En 2004, Noël Mamère l'avait fait une fois. Le 4 juin, un couple de lesbienne s'est marié[1].

En plus, j'ai sur mon sac à dos un pins "Mariage equality"... si on a l'égalité, je n'ai plus de raison de garder le pins, et j'aurai perdu 1 dollar!

Et, plus grave, je parle de cette inégalité dans le one-man-show... si le mariage passe, il ne me reste plus qu'à jeter ce passage:
"Mariage equality. En français, ça donnerait "Égalité pour le mariage"... attention, ça ne veut pas dire que je suis pour le mariage homosexuel, je suis juste pour l'égalité. La suppression du mariage hétérosexuel irait aussi très bien."

Un dernier détail tout bête, j'admire les rédacteurs pour avoir pensé à des truc qui ne me semblaient pas évident à priori. Par exemple, avant, si une femme accouche, on supposait que l'autre géniteur était la personne avec qui elle est mariée. Maintenant, on le supposera uniquement si c'est un homme.

De même, avant, un frère ne pouvait pas se marier avec sa soeur... maintenant il ne pourra pas non plus se marier avec son frère ! (Je pense que c'est l'amendement qui a le plus de chance de passer, même les homophobes devraient être d'accord pour interdire un homme d'épouser son frère.)
Arthur, qui veut se marier avec son ours en peluche, qui ne l'a jamais trompé !

Note

[1] Dont une transgenre, qui n'avait pas fait changé son état civile, certes

mercredi, mai 25 2011

J'ai rencontré un gay

Préliminaire: Ce billet est un énorme fouillis, et il a probablement aucun intérêt, vu qu'il essaye de coucher des réflexions qui me trottent périodiquement dans la tête depuis 7 ans, concernant un truc qui s'est produit il y a 2 mois[1], et sur lesquelles je n'ai de toute façon toujours pas trouvé de conclusions.

Je viens d'apprendre[2] qu'un garçon que je connaissais était gay. Honnêtement, ça surprend.

Je veux dire, je suis bien sûr conscient qu'il y a d'autres gays, et que statistiquement je devais en connaitre dans les gens que je fréquente un peu, mais la première fois que j'en rencontre un sans s'y attendre, et bien, par définition, je ne m'y attendais pas !

Bon, j'en ai déjà connu, mais à chaque fois c'était parce que j'étais allé dans une association homo ou parce que j'avais été sur un site pour homo[3]. Il y avait donc toujours une démarche explicite pour trouver un homo.

Par contre, ne me demandez pas ce que je dois en penser. Franchement j'en sais rien. D'ailleurs, depuis que je sais que je suis gay (i.e. la classe de première) je m'étais toujours demandé comment je réagirais en apprenant que quelqu'un est homo... Je veux dire, on dit qu'une fille et un garçon ne peuvent pas réellement être ami, car le garçon aura toujours le risque de tomber amoureux de la fille, ou simplement de quelque part avoir envie de coucher avec[4], dans quel mesure cela ne serait-il pas vrai si je découvrais qu'une connaissance est homo ? (Bon, ok, il m'arrive souvent d'avoir envie d'un garçon hétéro, et je m'amuse souvent à draguer des hétéro, mais j'essaye de toujours rendre clair que ce n'est qu'une blague et qu'il n'y a pas de doute sur le fait que ça n'a rien de sérieux)

Certes, ça a souvent été vrai au Mag que des gens me plaisaient plus qu'amicalement, mais j'étais trop timide pour oser en parler. Et depuis je n'ai été qu'une fois dans chaque association où j'ai été (sans jamais savoir pourquoi j'y allais, "pour voir", et toujours trop asocial pour trouver de l'intérêt aux conversations à bâtons rompus), et les 3 homos rencontré via le net je les ai rencontré une ou deux fois, donc la question n'a pas tellement eue le temps de se poser .

D'un autre coté, c'est pas du tout ma première surprise sur la vie d'homo... Peut être que je retarde, mais l'acceptation de l'homosexualité autour de moi me surprend beaucoup.

En particulier, un garçon[5] s'était étonné que je dise que la mailing liste de l'association homo de Normale sup devait être gardé secrète. J'avais du mal à concevoir que ça ne paraisse pas normal de se cacher - moi on m'a souvent dit que ça risque de me poser des problèmes plus tard si je tombe sur un homophobe, au travail par exemple, et que je ferais bien de ne pas en parler[6]. Cela fait un énorme changement par rapport à un garçon qui avait dit lors d'un cours d'ECJS que l'homosexualité était une monstruosité[7].

Ou encore mon voisin, aux états-unis, qui se plaignait de tout ce qu'il devait faire pour sa petite amie, et qui pensait qu'en fait, c'était peut-être les homos les plus chanceux. Otant toute notion de galanterie, et de cadeau que l'homme doit faire à la femme, ça facilite la relation. J'entend tellement parler d'homophobie que les réactions de ce genre me surprennent.

Bon, désolé pour le fouillis de ce billet, Et sinon, pour la conclusion, je sais juste que finalement, j'ai l'impression que ça n'a rien changé d'apprendre qu'il était homo ce garçon m'énerve toujours autant... mais peut être qu'il m'énerve encore plus car il me fait me reposer ce genre de questions, donc la conclusion est pas forcément bonne.

Notes

[1] Je ne savais pas que ça se produirait en mars 2011, j'aurai cru que ça serait beaucoup plus tôt, mais de toute façon j'étais certain que ça arriverait.

[2] Bon, en mars, mais ça fait un moment que ce billet me trotte dans la tête

[3] L'unique exception de ce classement étant un garçon qui commente ce blog et qui se reconnaîtra surement. Mais il a découvert ce blog en cherchant un "blog gay math", ce qui reste dans la même optique de quelqu'un cherchant à rencontrer un homo

[4] Je n'ai pas dis "envie de coucher avec la fille quelque part"

[5] que je suppose hétéro, mais en fait j'en sais rien

[6] ignorant totalement la question de "comment trouver un petit ami si les autres homos savent pas que je suis gay"

[7] mais il m'a pas spécialement plus mal traité après mon coming out, vu qu'il me méprisait déjà avant

jeudi, février 24 2011

Mariage

Récemment j'en suis venu à me poser des question sur le mariage.

Si je comprend bien, la loi française ne parle pas de droit à se marier, elle décrit juste les conditions et les formes. Notre constitutions est muette sur ce point, il faut aller chercher la "convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales" pour trouver

Article 12 – Droit au mariage

A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme ont le droit de se marier et de fonder une famille selon les lois nationales régissant l'exercice de ce droit.

Mais la cour européenne des droits de l'homme considère que cela ne garantit pas pour autant le droit aux mariages aux personne du même sexe. La constitutions est respecté car dans l'absolu un homme aura effectivement le droit de se marier, même si ce n'est pas avec celui qu'il aurait voulu.

Certes, pourquoi pas, j'ai déjà vu plus absurde comme réglementation... mais si j'ai bien compris, ça veut dire que j'ai le droit de me marier; tout comme j'ai le droit à un logement. Or, un candidat à la présidentielle en 2007 avait bien expliqué qu'on pouvait faire respecter ce droit en faisant un procès à l'état. C'est ce qu'on appelle le "droit au logement opposable"... Une petite question alors, à qui je peut opposer le droit de me marier ? Est-ce que je peux obliger l'état français à me trouver une personne à épouser ?


Une autre remarque plus courte: j'ai à l'arrière de mon sac à dos un petit pins avec "Mariage equality" sur fond arc-en-ciel. Pourquoi est-ce que tout le monde croit que je suis "pour le mariage homosexuel" ? Ce n'est pas ce que ça dit ! La suppression du mariage hétérosexuelle entrainerait aussi l'égalité. Non mais !

mercredi, juin 10 2009

Petite blague à une vieille prof

La vengeance est un plat qui se mange froid. Tout comme l'inventeur de la paupiette à Saucisse, je ne peux pas voir les gens que je fais souffrir, mais le plaisir est là. Je vous explique:

Au Collège, j'ai eu une professeur de Musique. Une dame un peu âgée, catholique croyante et pratiquante, jamais marié et qu'il fallait appeler Mademoiselle.

Visiblement, le fait que la signature de ma mère utilise un nom de famille différent du mien la choquait beaucoup.

Je me souviens encore qu'elle nous avait dit, en 5ème ou 4ème je ne sais plus, qu'il fallait dire à nos parent d'écrire au président de la république pour qu'il refuse de signer le pacs, qui était une mesure monstrueuse. (Je ne suis pas sur de l'adjectif, mais l'idée était là) Ça m'avait un peut surpris, car il y a écrit PAXS sous une grande statue de Marie dans l'école.

Moi, ignorant tout de la politique, j'ai bien sur répéter le soir à mes parents ce qu'il fallait que je leur dise. Je ne me souviens plus tellement de leur réponse, je sais juste qu'ils n'étaient pas vraiment d'accord avec la prof.

Dans ma mémoire c'est une question de copains qui habitent ensemble, et que je ne comprenais pas pourquoi la prof de musique voulait nous interdire d'aller dormir chez nos amis si l'ami était aussi un garçon, et que de toute façon je ne connaissais pas de fille qui voulait jouer au jeu vidéo avec moi.

J'ai recroisé cette dame hier. Elle se souvenait de moi (prénom+nom de famille, c'est bien la preuve qu'elle n'inventait pas), m'a demandé ce que je faisais, en quel classe j'étais, etc... J'en suis entre autre venu à lui dire que oui, depuis ses cours de théâtre, ou elle nous avait fait faire le bourgeois Gentilhomme avec la professeur de Français en 5ème, je suis remonté sur scène. J'ai même écrit un one man show..

Et c'est la où la vengeance arrive: je lui ai donné le nom de ce site web, et dis d'aller voir les vidéos sur youtube avec le premier lien. Si vous ne savez pas de quoi je parle, je vous laisse jetez un coup d'oeuil. Moi, j'aimerai beaucoup voir sa tête quand elle va regarder "le même homme" !

Mais bon, je ne lui en veux, c'est son éducation qui veut ça, et comme je dis toujours, "Je n'ai rien contre les homophobes, c'est très joli, des anti-lopes'.

mardi, juin 9 2009

Leonard Matlovich

Vers la fin de "le même homme", sketch sur l'homosexualité, que je vous invite à aller regarder sur youtube si ce n'est pas déjà fait, je dis ceci

Un exemple de l'horreur qu'est l'homophobie, c'est cet épitaphe d'un ancien GI, "médaillé pour avoir tué deux hommes, renvoyé pour en avoir aimé un."

Une connaissance m'en avait parlé il y a des années de cela, sans me donner de nom. Juste une référence vers un livre que je n'ai jamais pris le temps de chercher. Aujourd'hui, je suis tombé par hasard sur la page qui lui est consacré sur wikipedia.

Vous pouvez aussi voir la photo de sa tombe.

Pour information, ma phrase que je viens de citer, je vais la changer, car en fait, ce n'est pas l'horreur de l'homophobie mais de la guerre... A la limite, on pourrait parler de la bêtise lié à l'homophobie, qui a été de le renvoyer. Mais d'un autre coté, un militaire de moins c'est toujours... un peu moins de gens dans l'armée, est-ce vraiment si mal?

Enfin bon, je ne sais plus pourquoi j'ai dit cette phrase pendant tant de représentation. J'ai un petit peu peur d'être tombé dans ce travers que je vois chez tant de monde, de n'avoir plus qu'un seul axe de lecture, ici l'homosexualité.

samedi, mai 9 2009

L'homophobie n'existe pas

En tout cas, selon le correcteur d'orthographe d'open office et selon mon dictionnaire. C'est déjà ça.

Sinon, si vous voulez vraiment embêtez les homos, je vais vous donner un truc: légalisez le mariage entre deux personnes quelconque, mais faites que le divorce soit toujours entre un homme et une femme!

mercredi, avril 15 2009

Extrait d'une lettre de Benoit XVI

Ces dernier temps, il semble bien vu de crier haro sur le pape en sortant de leur contexte certains de ces propos, et en reparlant de vieux truc. Je vais donc jouer au jeux en ressortant une de ses lettres, trouvé sur le site du Vatican, et qui mériterait d'être plus connu.

Il faut fermement déplorer que les personnes homosexuelles aient été et soient encore l'objet d'expressions malveillantes et de gestes violents. Pareilles réactions, où qu'elles apparaissent, méritent la condamnation des pasteurs de l'Eglise. Elles manifestent un manque de respect pour les autres qui lèse les principes élémentaires sur lesquels se fonde une juste convivialité civile. La dignité propre de toute personne doit toujours être respectée dans les paroles, dans les actions et dans les législations.

Lettre aux évêques de l'église catholique sur la pastorale à l'égard des personnes homosexuelles, paragraphe 10 alinéa 1, signé par JOSEPH CARDINAL RATZINGER prefet en 1986, actuellement connu sous le nom de pape Benoit XVI.

Source:site officiel du Vatican.

Encore une fois, il vaut mieux remettre dans son contexte, je vous encourage donc à lire le reste de la lettre si le sujet vous intéresse.

Je n'ai pas détourné le sens de ce qu'il a dit, et même si le reste est moins aimable j'espère très naïvement que on entendra un petit peu moins parler d'acte homophobe du à des personne ayant des idée religieuse bête et arrêtée, que même les plus hautes instance réprouvent.

Maintenant, si en disant "bête" j'ai blessé des homophobes qui me lisent, je vous prie de m'excuser. De toute façon ils ne comprennent rien, je peux continuer sans eux. [1]

Note

[1] Citation de Patrick Font

mercredi, avril 1 2009

Amoureux d'une fille?

En anglais, la licorne se dit "unicorn", probablement en opposition au chevaux qui eux en ont deux.

La licorne est un animal de légende, comme les filles dans mes rêves.

Par là, je veux dire que je n'en ait jamais vu.

Et pourtant. Là si. Alors je m'interroge. Et si je me mettais à devenir hétéro? Est-ce que c'est par ce que je ne fréquente presque que des hétéros et qu'ils parlent de fille?

Bien sur, ma casquette scheme (define (arthur rainbow) gayk) au rancard, avec mon t-shirt Haskell

Hugs> boyfriend
ERROR - Undefined variable "boyfriend"

A la limite, c'est pas grave.

Bien sur, je garde Tatouage, Associated Studend Bodies les deux tomes de Fur-Piled, et un jour je finirai la traduction quand j'aurai du temps. Ça reste de très bonnes histoire qui toutes ont façonné ma pensée et ma vie d'une certaine manière.

Je vais même continuer à jouer Le même homme, vu que ça fait rire. A la limite, ce sera peut être plus drôle à jouer maintenant si ça ne me concerne plus. Je n'aurai plus l'impression de défendre ma chapelle. (Je n'ose pas écrire mon Homônerie puisque ça existe déjà).

Ça va faire bizarre de prévenir la famille et les amis... Enfin pas prévenir, je pense que le principe du "coming-out" n'est pas le plus intelligent. Quand bien même au niveau du développement interne, il semble indispensable, puisqu'en fait, c'est surtout le moment où on ose se dire à soi même qu'on est homo et qu'on en a pas honte. Mais ça va surprendre les gens si je fais des commentaire sur les filles et pas les garçon. (Je ne devrais d'ailleurs pas écrire "on" mais "eux" si j'étais logique. Alors que justement j'ai mis très longtemps à assimiler que "eux" c'est nous.)

Je me demande comment mes parents vont le prendre.

Mais le pire, c'est peut être qu'il n'y a aucun jeu de mot équivalent à gayk!

Arthur Rainbow qui n'a plus de pseudo, doit changer de site web. Mercredi 1 er avril 2008, où les rêves font des farces.

samedi, janvier 17 2009

Du fait de ne pas cacher l'homosexualité.

Un article auquel je pense depuis un moment, pour répondre à une question que j'ai entendu plein de fois.
Rien que le titre est dur à trouver... peut être:

Pourquoi je ne cache pas mon homosexualité

Encore que on m'a plutôt demandé pourquoi j'« affichais » mon homosexualité.

Ça me fait un peu de bien d'y penser et de mettre le fruit des réflexions par écrit, et au moins la prochaine fois je saurai quoi répondre... De plus, ce n'est pas si dure, plein de personne on déjà réfléchie à la question avant moi, et je peux faire plein de citation!
« l'art de la citation appartient à ceux qui n'ont pas assez d'esprit pour penser par eux-mêmes » aurait dit Voltaire[1], c'est probablement encore vrai... Mais je ne prétends pas être un grand penseur.
Enfin, je précise qu'aucun nom ne correspond à une personne réelle... Donc tous les garçons s' appellerons Arthur, et toute les filles Zoé[2].

On peut très bien vivre sans se poser la question «Je suis homo, je le dis ou je fais comme si de rien n'était », surtout si on est hétéro. En fait, uniquement si on est hétéro, un gay se la posera forcément d'une manière ou d'une autre, voilà pourquoi:

Si j'en crois les personnes d'un certain age, quand elles étaient à l'école, les discours entre élèves étaient très prudes... Je n'apprendrai rien aux élèves d'aujourd'hui en disant que ce n'est pas toujours le cas, et que écrire qu'on peut parfois entendre des allusions ayant potentiellement un double sens est une énorme litote.

Sans aller extrêmement loin, si l'on me demande par exemple: « qui est-ce que tu trouves jolie dans la classe », avec le e de joliE sous-entendu... Je n'y ai pas réfléchi, mais je peux à la limite trouver un nom... Dans un lycée avec deux filles pour un garçon, il y en avait des belles. Mais ensuite vient, "tu voudrais sortir avec ?", plusieurs solutions sont possibles: mentir et dire oui... au risque d'ailleurs que ça aille plus loin sans qu'on le veuille. Dire non, et être insultant... Ou rester évasif, ce qui a toujours été ma méthode, arguant que Figaro disait « Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur. », et je ne veux insulter personne, donc j'ai toujours refuser de répondre à la première question.

Cela m'a donné une réputation de benêt, de sot, que j'ai un peu cultivé parce qu'elle m'amusait. Elle étaient d'ailleurs mérité, puisque si j'avais remarqué que je ne ressentais envers les filles aucune de ces envie décrite par les autres garçons, il a fallu attendre la première pour que je réalise que les garçons me plaisent, et que j'apprenne ce qu'est l'homosexualité.

Enfin, il existe une dernière réponse, ce que j'ai fait, un jour, en terminale, et que je n'ai jamais regretté:
« Avec qui tu voudrais sortir?
-Arthur »

Soit dit en passant, Arthur, qui ne s'appelle pas Arthur, l'a très bien pris, m'a dit que j'étais sympathique mais qu'il était hétéro... Presque comme s'il s'excusait. C'est à ce moment là que j'ai compris la citation entendue sur le disque de Nicolas Bacchus. « Il avait dit non ou quelque chose comme ça. Pire, il l'avait dit si gentiment qu'on aurait jurer avoir entendu le contraire. »

Mais ça, certains l'appellent « afficher » son homosexualité, et certains disent qu'il ne faut pas. Soit parce que la personne est homophobe, ce qui est un autre problème, soit simplement parce que ça peut gêner, c'est de la vie privée et ça c'est sacrée... C'est à ça que je tente de répondre.

Alors, venons au fait: pourquoi je ne me cache pas. Tout d'abord par égoïsme, car, comme disait Ruquier, « ça ne se voit pas forcément et ça fait rater des occasion, c'est bête. ». Encore quel les résultat ne soient pas flagrants.

Plus sérieusement, je disais plus haut que souvent, on avait le choix entre mentir, éluder, ou jouer à l'hétéro. Je vous assure que c'est très très dur mentalement, et quand je dis ça, je parle vraiment d'une sorte de douleur, ainsi que d'impression de chose honteuse à cacher, et je ne connais aucun gay qui ne soit pas de mon avis. Aujourd'hui encore, entendre que je devrai me taire me donne soit envie de pleurer soit me met dans une rage folle, souvent les deux. Je n'ai aucune explication rationnelle, je vous livre les fait bruts.
« Ce n'est pas comme avouer un mensonge
d'ailleurs, je n'ai pas honte de moi
c'est crever l'abcès qui me ronge
et finir en paix avec moi » Le privilège, [3].

Je ne me cache pas, aussi, pour des raisons « communautaire », mais pas dans le sens où une communauté vivrait ensemble, tel qu'il peut y avoir au Village ou dans le Marais. Simplement dans le sens « pour les autres ».

Je n'apprendrai rien à personne que l'homophobie a existé, et existe encore, et c'est d'ailleurs pour se « protéger » d'eux qu'on conseille de se cacher. « Oui mais, tu comprends, avec google, n'importe qui peut faire une recherche avec ton nom, ils vont trouver ce billet, et si le DRH est homophobe, t'auras pas le boulot ». Certes, c'est possible, il y a forcément un peu de risque... J'ose les assumer, ce qui d'ailleurs n'est pas une tache énorme.

Je ne suis pas un expert de l'histoire de l'homosexualité, mais j'ai cru comprendre que beaucoup ont du se battre pour permettre une avancée de nos droits, en payant parfois un très lourd tribut. Harvey Milk avait dit « Si une balle devait traverser mon cerveau, laissez-la briser aussi toutes les portes de placard », et il est effectivement mort par balle.
Je n'ai rien d'un martyr, en ce lieu et en ce temps, je doute fortement qu'on me tue à cause de ça, mais j'aime à penser que c'est un hommage à eux, de vivre une vie gay sans avoir à se cacher. Un peu comme l'élection d'Obama n'a pu se faire sans penser à Luther King.

Si l'on vit sans se cacher, les gens voient qu'on n'est pas différent, et ça aide à faire accepter... c'est ma petite lutte.
D'ailleurs, il y a des choses en retour qui fond vraiment chaud au cœur, comme cette personne qui m'avait fait comprendre que c'est en me voyant m' « assumer » (sic), et en voyant qu'il n'y avait pas de problème, qu'il a osé faire son « coming-out ».
Cela donne vraiment l'impression d'être utile et d'aider.

Notes

[1] D'après un spectacle de Gerald Dahan, qui l'aurait piqué à Ruquier.

[2] Début et fin de l'alphabet, j'ai pas mieux... et je ne connais aucune Zoé

[3] chanson au répertoire de Michel Sardou, avec des paroles de Didier Barbelivien